Edition numérique : les convergences

9 juillet 2010

L’édition numérique devient un sujet central et un point de convergence pour plusieurs secteurs d’activité. Ce constat résulte d’un faisceau d’indices concordants : l’enrichissement de l’offre de livres électroniques, l’émergence d’ordinateurs de type tablette numérique, la maturation des projets d’informatique éducative, en particulier dans les pays en développement.

La pertinence des questionnements qui sont suscités par ces évolutions est illustrée, dans l’actualité immédiate, par les événements suivants :

Une journée d’étude

Le 3ème BookCamp, une journée d’ateliers consacrée au livre numérique, sera organisé à Paris, le 25 septembre 2010, dans les locaux de La Cantine.

« L’idée de cette journée est de proposer une demi-journée d’expérimentations et de réflexions autour du livre et du numérique. Une série d’ateliers « main à la pâte » pour mieux partager les impacts de l’innovation numérique sur la chaîne du livre. Une occasion de rencontre et d’échanges entre bibliothécaires, libraires, éditeurs, auteurs, critiques et lecteurs avec pour mot d’ordre, « tous participants ». »

Un manuel pour produire des livres numériques

Rédigé par James Simmons, le manuel « Reading and Leading with Sugar » (version PDF provisoire) a pour ambition de démocratiser la lecture et la production des livres électroniques, notamment sur la plate-forme pédagogique Sugar du  Sugar Labs, dans le contexte de l’extension du projet éducatif OLPC, auquel plus d’un million d’enfants des pays en développement ont désormais accès.

L’édition numérique dans les pays du Sud

Un appel d’offre (en français et en anglais) coordonné par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, concernant la réalisation d’une étude sur l’édition numérique dans les pays du « Sud » a été ouvert. Les propositions de projets sont à  remettre à l’organisateur pour le 29 août 2010 ; le comité de sélection rendra son avis le 20 septembre 2010.

Clairement, les synergies de cette thématique des livres numériques avec les projets de bibliothèques numériques des communautés Sugar/OLPC de par le monde, et, en particulier, avec les projets de bibliothèques numériques auxquels participe OLPC France (comme notre partenariat avec l’éditeur malgache Prédiff, qui a donné lieu au premier livre jeunesse malgache en numérique), sont évidentes.

Cette thématique est en effet à replacer dans le contexte de la sortie prochaine de la tablette XO 3, pour laquelle il faudra trouver des contenus à proposer aux déploiements OLPC, notamment dans l’espace francophone, en Afrique, dans les Antilles, l’espace Océan indien et ailleurs.

La route est longue mais la voie est libre !

8 juillet 2010

Alerte ! le projet éducatif OLPC est sur le point d’échouer !

Comment cela est-il possible ? Et cela n’est-il pas paradoxal, alors que nous ne cessons, à OLPC France, de nous faire l’écho des avancées de ce projet éducatif dans le monde, en particulier dans ce blog !

L’échec, paradoxalement, c’est quand on est à deux doigts de réussir, mais que, pour diverses raisons, on imagine que tout est gagné, ou que les autres vont prendre le relais et faire aboutir un projet !

Or, nous sommes engagés dans des projets éducatifs ! Ceci implique une action sur la durée, et la participation d’acteurs divers dans les écoles et autour : communautés villageoises, communautés d’enseignants, familles, enfants, communautés de développeurs, etc. L’action de chacun, même à distance et en amont ou en marge des classes dans lesquelles les ordinateurs éducatifs sont utilisés est primordiale.

D’ailleurs, côté développement logiciel, l’effort ne faiblit pas, comme le montrent les dernières annonces :

*Announce: OLPC software strategy

*Announcing the OLPC OS 10.1.1 final release!

A l’autre « bout de la chaîne », c’est aussi la même mobilisation, par exemple, dans l’actualité récente :

* au Rwanda : Teachers Capacity Building kickoffs OLPC implementation in Rwanda

* en Uruguay : Ceibal high-school project update

* en Argentine, au Paraguay : « Con un procesador más rápido no se aprende más rápido »

* au Chili : Experiencia piloto de Sugar en Macul

* etc. (voir la Revue de presse sur le wiki OLPC France)

Ce ne sont que des exemples, mais ils sont significatifs du dynamisme des actions entreprises.

Par conséquent, l’échec menace quand on croit avoir suffisamment avancé. Deux exemples, parmi les actions de notre petite association OLPC France :

Le projet CLIS Mornant

CLIS Mornant

Nosy Komba

Nosy Komba

et Préparation du debrief Nosy Komba

Chacun de ces projets a besoin d’aide, de votre aide ! Pour que chacun de ces essais soit transformé en succès !

Vous trouverez quelques indications sur les possibilités de contribution à la rubrique « Contribuer au projet OLPC » du wiki OLPC France. A bientôt !

[Nosy Komba] Cérémonie de remise 2010

6 juin 2010

La cérémonie de remise des XOs aux enfants est toujours un moment émouvant. C’est l’aboutissement de plusieurs semaines de travail pour l’équipe sur place et pour les membres d’OLPC France. L’équipe nous décrit aujourd’hui ce grand moment et sa préparation.

J-5

Lundi après midi nous avons terminé l’enregistrement des données des XOs à partir du School Server. Cette partie a été source de nombreuses difficultés techniques pour nous car il semble difficile de contrôler le moment où se déclenche la sauvegarde de la machine. Par ailleurs nous ne parvenons pas à visualiser le contenu des sauvegardes.

Au final, une quarantaine de machines sont sauvegardés, nous avons donc un échantillon d’activités des enfants qui nous permet d’analyser le travail effectué pendant un an.

J-3

Mercredi matin nous avons flashé tout les XOs que nous avons apporté cette année, ils sont maintenant totalement installés et prêts à être donnés aux enfants. Quant aux XOs de 2009 que les enfants nous avaient remis, nous leur avons ajouté du contenu (activités et livres électroniques) que nous avions présélectionné lors de nos réunions à Paris.

Nous avons également réalisé plusieurs grandes affiches pour chaque salle de classe pour que les enfants n’oublient pas les éléments principaux qui ne sont pas encore intégrés par tous. Nous sommes rendu compte en effet que plusieurs enfants rencontraient des difficultés car ils oubliaient certaines manipulations de base. Les affiches rappellent ainsi qu’il est important d’arrêter une activité avant d’en ouvrir une autre ou encore expliquent comment résoudre les problèmes de souris…


L’après midi nous avons effectué une seconde formation individualisée avec les professeurs. Chaque professeur a travaillé sur les activités qui sont adaptées à sa classe et à son rythme avec un membre de l’équipe.


Avec joie nous avons remarqué que les professeurs travaillaient chez eux, ils nous ont posé des questions en dehors des heures de formation et sont enthousiastes à l’idée de travailler avec les XOs.

XOs disparus

L’inventaire effectué à notre arrivée nous avez fait constater que plusieurs XOs étaient manquants, nous devons réagir.

Les enfants dont le XO a disparu sont donc convoqués individuellement devant les enseignants, l’équipe et Stéfano qui sont réunis pour l’occasion. Chaque enfant est interrogé individuellement pour savoir comment son XO a pu disparaître. Deux XOs sont retrouvés très rapidement. Mais au fur et à mesure des réponses des enfants, nous nous rendons compte que de nombreux XOs ont été échangés entre les enfants. En effet même si la couleur du personnage affiché sur le XO change, plusieurs ont la même couleur. Il y a ainsi eu des inversions lors des séances de chargements. Pire: lorsque les premiers XOs ont disparu, certains enfants ont pris le XO d’un autre enfant pour le remplacer.

Enfin, il semble que deux enfants sont effectivement retournés à la montagne en emportant leur XO. Pas possible de les récupérer dans l’immédiat.

J-1

La réunion d’hier nous fait réfléchir et nous laisse un goût amer, nous donc préparons encore plus précisément la cérémonie remise des ordinateurs.

Avec les professeurs nous établissons une liste complète des enfants qui possèdent déjà un ordinateur et de ceux qui n’en n’ont pas. Nous attribuons un XO à chaque enfant en relevant le numéro de série de chaque ordinateur et le numéro de carton. Tout est donc répertorié et enregistré dans une feuille de calcul pour le grand jour.

Mieux, pour éviter les échanges et les pertes, nous décidons d’inscrire au marqueur indélébile le nom et la classe de chaque enfant.


Enfin nous convenons avec les enseignants qu’ils surveillent à chaque séance que les enfants utilisent bien leur propre machine. Nous convenons également qu’un inventaire soit réalisé chaque mois dans chaque classe.

Jour J

Après un réveil très matinal, nous avons mis en place la cérémonie de remise des XOs aux enfants. Nous avons acheminé tous les XOs de notre QG à l’école, classés par classe et par numéro.

La cérémonie a lieu vendredi matin, exceptionnellement à la place de l’école. Chaque professeur a un rôle précis de façon à ce que tout se déroule sans problème.

Stefano a fait un discours sur les XOs avec un petit bilan de l’année précédente et des consignes pour l’année future. Il revient sur la disparition de certains XOs et indique clairement qu’il s’agit de malhonnêteté et que le vol n’est pas admissible pour l’ambiance du village surtout lorsqu’il concerne les enfants et l’éducation.

Après le discours la cérémonie démarre, les enfants sont appelés individuellement, classe par classe.



Tous les parents sont présents et doivent accompagner leur enfant lorsqu’il récupère son ordinateur. Ils signent également une charge de responsabilité.

L’ensemble est répertorié dans une feuille de calcul d’inventaire : 137 ordinateurs sont déployés en tout.

A la fin de la cérémonie, nous lançons un Grand Concours qui durera une semaine afin de mobiliser les enfants. Chaque classe doit réaliser une activité avec le XO. Pour les CP1, CP2 : faire l’activité Mémoriser le plus rapidement ; pour les CE : réaliser le plus beau dessin, pour les CM1, CM2: écrire une présentation d’eux-mêmes, une poésie ou une histoire avec le plus possible de couleurs et changements de formats. Les deux meilleurs élèves de chaque classe seront récompensés par des lots.

Enfin à la fin de la matinée, nous organisons les traditionnelles photos de groupe.


Ce fut une journée très réussie rythmée par les chants et les rires des enfants.

[Nosy Komba] Formation de l’équipe

5 juin 2010

Comme l’année dernière OLPC France est partenaire de G du cœur pour mener le projet Nosy Komba. Ce sont donc quatre étudiants de l’ESG qui sont partis cette année.


(De gauche à droite sur la photo: Margaux, Quentin, Laura et Vahé)

A part Quentin qui était membre de l’expédition l’année dernière et qui pilote le projet sur place cette année, aucun ne connaissait le XO et Sugar au départ. L’enjeu pour nous: en faire des spécialistes capables de déployer un serveur, flasher les machines, former les enseignants et faire découvrir le XO aux enfants !

Cette année, nous avons décidé d’être très ambitieux et ce n’est pas moins de 8 ateliers de formation que nous avons organisés avec l’équipe. Quand on sait que nous sommes tous volontaires, que nous avons donc nos contraintes et que l’équipe doit en parallèle gérer ses cours et ses examens: c’est un vrai challenge.
Pourtant à chaque fois, c’est un ou plusieurs membres d’OLPC France qui ont transmis leur savoir à des étudiants surmotivés et qui en demandait toujours plus.

Voilà ci-dessous le détail de ces ateliers.

Découverte du XO et des activités (2 ateliers) : dans un premier atelier, Quentin a présenté à l’équipe les manipulations de base de la machine et un aperçu des différentes activités. C’est aussi l’occasion de découvrir les capacités de fonctionnement collaborative : tchat et rédaction à 6 mains d’un document. Dès ce premier atelier, chaque membre de l’équipe reçoit un XO qui ne le quittera plus jusqu’au départ.


Quinze jours plus tard, c’est Clément qui prend la relève et entre dans le détail de chacune des activités. Il fait également découvrir son activité fétiche, ArtTortue et les principes de programmation géométrique : une excellente initiation au constructivisme.

Pédagogie (2 ateliers) : C’est Bastien qui assure la formation. Il fait d’abord une introduction sur les théories sous-jacentes au projet (constructivisme, constructionisme et socio-constructivisme). La formation s’appuie ensuite sur les manuels pédagogiques Gabon et Pérou. Ces deux guides présentent l’utilisation des Activités Sugar dans un contexte pédagogique. Ils permettent d’aider l’enseignant à découvrir les activités qui pourront le mieux appuyer son enseignement.

Entre les deux ateliers, c’est à l’équipe d’inventer de nouvelles activités en s’appuyant sur le cursus scolaire qu’avait présenté les enseignants l’année dernière. C’est Margaux qui prend la tête de ce sujet.


En parallèle l’infatigable Samy pilote la traduction en Français du Guide Pérou à laquelle s’attelle Jean-François, Cécile, Lionel et Kaçandre. Bastien et Antoine assureront la relecture.

Réparation (1 atelier)
Le XO est conçu pour être démonté facilement. Cela permet lors d’un déploiement d’envisager une réparation localement plutôt que de devoir réexpédier la machine. La réparation est donc un élément important de la formation des enseignants.
C’est Xavier et Lionel qui ont assuré la préparation de l’équipe à cette tâche lors d’un atelier au /tmp/lab. C’est un moment ludique qui permet de constater à quel point n’importe qui, même peu familier des travaux manuels, peut démonter et changer les pièces majeures (écran, clavier) d’un XO.



Serveur école (School Server) (2 ateliers)
La mise en place du serveur école était une de nos ambitions majeures cette année. Cela a été un long travail à la fois pour l’acquisition et le montage du matériel mais aussi pour l’installation et la configuration du logiciel.


Ce sont deux longues soirées et plusieurs rendez-vous spécifiques qui ont permis la préparation de l’équipe. L’objectif était à la fois qu’ils soient capables de le remettre en fonctionnement sur place et qu’ils maîtrisent les opérations élémentaires, notamment la sauvegarde des données des XOs.

Pas simple de comprendre les aspects techniques et l’infrastructure nécessaire sans une connaissance réseau préalable. Ce sont Xavier et Nicolas qui ont assurés la formation. Laura ayant été désigné comme responsable de cette partie de la mission.

Evaluation (1 workshop)
Pierre Varly de passage à Paris anime avec Bastien un atelier de réflexion dédié à ce sujet. L’objectif: estimer comment peut être évalué l’apport du XO sur place: à la fois sur le travail des enseignants et sur l’apprentissage des enfants.

Pour cela, Pierre présente les tests d’évaluations du PASEC qu’il a déjà mis en oeuvre à Madagascar pour évaluer le niveau des élèves en français, mathématiques et malgache. Un plan d’action est proposé notamment afin de comparer les résultats en début et en fin d’année et de les comparer avec une autre école proche n’utilisant pas les XOs.

Plus encore, Pierre propose à l’équipe une véritable « checklist » des actions à réaliser pour préparer cette évaluation. C’est Vahé qui est désigné responsable de ce sujet.

Voilà, après plusieurs semaines de formation, l’équipe est partie à Nosy Komba avec la tête bien pleine. Peut être trop pleine même ! Mais encore une fois nous avons essayé de lui proposer le maximum d’information pour les préparer au terrain.

Un grand merci à l’équipe pour sa patience et sa motivation et à tout les animateurs pour leur travail.

[Nosy Komba] Livres en îles : les voix du Sud !

4 juin 2010

Clément Monjou (Ebouquin/OLPC France) et Marie Michèle Razafintsalama (Prediff/Jeunes Malgaches)

Une rencontre autour de la bibliothèque numérique

Créer une bibliothèque numérique pour les élèves de l’école d’Antitorona sur l’île de Nosy Komba, au Nord de la Grande Île : tel était le fil directeur de la rencontre qui a réuni, ce 4 juin 2010, à Paris, l’éditeur Prediff/Jeunes Malgaches, le magazine d’actualité sur la lecture numérique Ebouquin et les associations GduCoeur et OLPC France.

Ainsi, c’est dans une ambiance tout à la fois détendue et studieuse que Marie Michèle Razafintsalama, Clément Monjou, Jonathan Ragot et votre serviteur ont pu faire plus ample connaissance et discuter de l’actualité de l’édition numérique dans le contexte malgache.

La discussion a été l’occasion de feuilleter différents prototypes de livres numériques sur différentes liseuses (ou « livres électroniques », livrels, ebooks) telles qu’un ordinateur XO du projet OLPC, un ebook (Ipad) et un netbook (Asus) sur lequel fonctionnait la dernière version – Mirabelle – de la plateforme d’apprentissage Sugar, dans sa variante sur clé USB « SOAS » (Sugar On A Stick).

L’innovation à l’ordre du jour

Cette rencontre a été l’occasion d’examiner, en avant-première, les premiers résultats d’une collaboration autour d’un projet de livre numérique pour le public scolaire de Madagascar en général, et pour les élèves de l’école du village d’Antitorona, sur l’île de Nosy Komba en particulier.

Il s’agissait en effet de faire le point sur le premier ebook que nous prévoyons de réaliser, à partir du catalogue de Prediff/Jeunes Malgaches.

Marie Michèle Razafintsalama évalue le prototype de livrel sur le XO

Il s’agit d’un projet révélateur du dynamisme et de l’esprit d’initiative des éditeurs indépendants des pays du Sud et en particulier des éditeurs de l’Afrique francophone, dont Marie Michèle Razafintsalama a évoqué les projets et les défis.

La situation de l’édition est en effet un sujet qui lui tient à coeur, dans un contexte difficile, à travers une initiative fédérant à ce jour 54 éditeurs africains, réunis au sein de l’association Afrilivres, dont elle est la présidente.

Le projet de livre électronique qui nous réunissait a bénéficié du soutien technique de James Simmons, développeur des logiciels de lecture d’ebooks Get Internet Archive Books et Read Etexts et auteur du manuel « Reading and Leading with Sugar », édité par la Floss Manuals Foundation.

Outre des conseils utiles pour constituer une bibliothèque numérique, en particulier dans un contexte scolaire, ce manuel s’intéresse aux outils logiciels et aux méthodes permettant de produire des livres électroniques ainsi qu’aux applications de lecture électronique.

Prototype d'ebook malgache

Vers la tablette XO 3

L’annonce du XO 3, résultat du partenariat entre l’industriel Marvell et la fondation OLPC pour réaliser une tablette dotée de fonctions de livre électronique notamment, donne aux projets de bibliothèques numériques sur lesquels travaillent les équipes OLPC de par le monde (par exemple « Le tour du monde en 80 ebouquins« ) une acuité accrue.

Les bibliothèques numériques sont en effet un projet central, à l’instar du projet « Internet Archive », présenté dans l’article « Making Books Available » par Sayamindu Dasgupta, auquel on doit par ailleurs la synthèse « Books, Sugar and OLPC« .

Les voix du Sud passent par l’écrit

Ainsi, pour se faire entendre, les voix du Sud doivent repenser le livre de demain avec les acteurs qui le font vivre : lecteurs, auteurs, traducteurs, illustrateurs, bibliothèques, enseignants, éditeurs, libraires, centres culturels, etc. Paradoxalement, la faiblesse économique et numérique peut être un atout, face aux appétits des majors pour qui l’édition est un marché global « à prendre », car ils ont la capacité, en unissant leurs forces, de faire entendre la voix de la diversité culturelle et des sans voix, notre patrimoine commun.

Références

* Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (UNESCO, 2005), ratifiée par la Commission européenne, le 19/12/2006

* Analyses sur la « bibliodiversité » et la « prédation« , par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants

* Objectifs du millénaire pour le développement (ONU) – Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous

* « Ebooks Madagascar » (wiki OLPC France)

http://olpc-france.org/wiki/index.php?title=Ebooks_Madagascar

[Nosy Komba] Quels contenus pour les XOs ?

2 juin 2010

L’année dernière nous n’avions pas eu le temps d’adapter les contenus des XOs déployés à Nosy Komba. Les XOs étaient donc équipés avec une image standard de Sugar 802. Cette année nous nous sommes fixés plusieurs objectifs sur les contenus:

  • Traduction Malgache
  • Paramétrage système automatique
  • Nouvelles activités
  • Livres électroniques

Traduction Malgache

Sugar est un système libre et ouvert, c’est ce qui permet de l’adapter à chaque déploiement. L’une des premières adaptation concerne la langue du système et des activités.

Sugar et la plupart de ses activités ont été conçues pour être adaptées facilement dans n’importe quelle langue et dialecte. Ainsi, Sugar est déjà traduit ou en cours de traduction dans plus de 60 langues différentes.

Pour cela une plateforme de localisation basée sur le serveur Pootle a été mise en place par la fondation. Elle permet aux équipes de traduction de « localiser » le système et les activités Sugar dans de nombreuses langues simplement en utilisant un navigateur web. Ces équipes sont constituées de locuteurs natifs de la langue cible, traducteurs professionnels ou amateurs, contribuant de manière collaborative à l’effort collectif (voir détail ici).

C’est OLPC France, et en particulier Samy, qui a initié la traduction de Sugar en langue Malgache et a essayé de réunir une petite équipe de volontaires répartis entre Madagascar et le reste du monde. L’année dernière la traduction n’était pas suffisante pour envisager le déploiement. Cette année grâce aux efforts de Gabriella qui porte pratiquement seule la traduction aujourd’hui, le taux de traduction est maintenant de 37%.

C’est beaucoup car la traduction n’est pas techniquement complexe mais, comme Gabrielle nous l’expliquait récemment, elle pose parfois de véritables questions. L’absence de livres de référence/dictionnaires spécialisés constitue un obstacle pour un certain nombre de termes liés à l’informatique. Il existe à Madagascar des académiciens qui, comme en France, inventent des termes nouveaux en fonction de l’apparition des nouveaux concepts, mais leur travail est très insuffisant. Il existe également un dictionnaire en ligne compilé par Jean-Marie de La Beaujardière ses collaborateurs, dans lequel peuvent se trouver la traduction de quelques termes, certains utilisés couramment par des malgaches, mais la plupart (inventés à l’époque de la malgachisation de l’enseignement) sont méconnus de la jeunesse malgache actuelle.

A noter également qu’il existe 18 dialectes ethniques à Madagascar. La traduction Sugar est en malgache officiel (issue du dialecte Merina de Tana) mais il est possible que les élèves des autres provinces de Madagascar ne soient pas familiers avec ce dialecte. Dans la région de Nosy Komba, ce sont les dialectes Sakalava,Tsimihety, Antakarana qui sont parlés. Il serait évident préférable que le langage utilisé sur le XO soit un des dialectes parlés par les élèves d’Antintourne mais cela rendrait la traduction encore plus complexe, nous avons donc conservé le malgache officiel qui pourra ensuite être facilement adapté en dialecte local.

Un premier aperçu de la traduction est visible ici. Un taux de traduction 37% ne nous permet pas néanmoins de déployer en Malgache. Gabriella a essayé de mobiliser des volontaires à Madagascar mais le bénévolat n’est pas évident là-bas. De notre côté, nous n’avons hélas pas eu le temps ni les moyens de mobiliser la communauté Malgache en France pour nous aider. Nous ne baissons pas les bras. Si vous pensez pouvoir nous aider ou connaître quelqu’un qui pourrait le faire, n’hésitez pas à contacter Samy.

Paramétrage système automatique

Lorsqu’un XO, qui vient d’être installé avec une image standard de Sugar, lorsqu’il démarre la première fois, plusieurs paramétrages sont nécessaires. D’abord il est nécessaire de spécifier la langue d’utilisation (par défaut l’anglais). Puisque nous ne pouvons utiliser le Malgache, le français doit être choisi via un changement dans le panneau de contrôle.

De plus, au premier lancement, Sugar affiche sur la page d’accueil un message d’avertissement demandant d’effectuer une recherche de mise à jour. Même si cela semble anodin, ces deux actions se sont montrées perturbantes pour les enfants l’année dernière.

Notre idée a donc été d’adapter l’image du système afin d’installer une version de Sugar déjà pré-configurée et sur laquelle, de plus, nous pourrions choisir les activités visibles sur la page d’accueil. C’est Bastien qui s’est chargé de cette action.

La création d’une nouvelle image système est un processus documenté sur le wiki de la fondation. C’est néanmoins une activité technique qui nécessite une bonne connaissance des commandes Unix et des outils git et pilgrim.

Après quelques heures/jours, un nouveau fichier image spécifique a finalement été réalisé. Un script Python y a ensuite été ajouté afin de supprimer le fichier responsable du message d’avertissement.

Deux problèmes se sont néanmoins posés:

  • Le fichier responsable du message d’avertissement n’est créé qu’au premier démarrage, il n’est donc pas visible par le script au boot,
  • L’installation de l’image sur le XO refuse de s’exécuter en indiquant un problème de licence

Après divers échanges sur la liste devel@lists.laptop.org et grâce notamment à l’assistance de notre ami Daniel Drake (présent au premier CodeCamp OLPC France), nous avons compris que nous étions confronté à un problème lié au mécanisme de sécurité du XO. Le BIOS refuse en effet l’installation d’une image système qui n’est pas signée numériquement avec la clé de fondation. Bien entendu cette signature ne peut être réalisée que par la fondation, ce qui nous a obligé à abandonner cette idée.

Seule alternative: le déblocage du XO via une clé développeur. Un XO débloqué supporte en effet l’installation de n’importe quelle image système. Ce déblocage se réalise via une procédure spécifique d’installation avec une clé USB équipée d’une clé développeur. Mais cette clé est un fichier spécifique à demander à la fondation POUR CHAQUE XO (voir ici) !!! Après de nouveaux échanges et l’aide de Reuben, la fondation nous a finalement fourni les clés développeurs pour les 160 machines de Nosy Komba.

Même si cela résout notre problème, nous avons néanmoins renoncé à mettre en œuvre cette solution car elle aurait nécessité un mode opératoire complexe pour l’équipe sur place: d’abord installer la clé développeur sur chaque machine puis reprendre chaque machine pour faire l’installation de la nouvelle image.

Nouvelles activités

Sur Sugar, les applications s’appellent des Activités. Ce sont des outils de base que les enseignants peuvent combiner pour créer des activités à but pédagogique. Ainsi les enfants peuvent réaliser un exposé en combinant les activités Enregistrer (photos, vidéos, audio), Dessiner et Ecrire.

Nous avons souhaité installer de nouvelles activités. D’abord parce que ce sont autant de possibilités offertes aux enseignants. Ensuite parce que ce sont autant d’opportunités de découvertes pour les enfants et enfin parce que, sans accès Internet, il est complexe d’ajouter de nouvelles activités à postériori.

Pour choisir les nouvelles activités, nous nous sommes appuyés sur l’avis des membres de l’association et sur l’expérience d’Antoine qui nous a fait un retour des activités les plus utiles pendant le pilote au CLIS Mornant. Voici la liste des activités retenues (suivre le lien pour en apprendre plus):

  • Aide: l’aide en ligne en Français de Sugar et du XO que nous avions réalisé l’année dernière,
  • Arithmetic: un quizz mathématique pour les additions, soustractions, multiplications et divisions,
  • Clock: une activité pour apprendre à lire l’heure,
  • Colors: une activité de dessin type aquarelle,
  • Falabracman: un jeu d’arcade où un petit personnage court après des lettres: très addictif,
  • FBReader: un lecteur « non officiel » de livres électroniques (voir plus loin),
  • GCompris Geography: une activité du package GCompris pour apprendre la géographie mondiale,
  • Image Viewer: un outil avancé de visualisation d’images,
  • Listen and spell: une activité pour apprendre à prononcer et épeler les mots,
  • Physics: un jeu pour apprendre les règles de l’équilibre et de la physique,
  • Ruler: une activité qui affiche une règle en cm et mm à l’écran,
  • Sugar Commander: un utilitaire pour explorer les fichiers du journal,
  • Typing Turtle: un jeu pour apprendre à taper sur le clavier.

A défaut de pouvoir créer une nouvelle image système intégrant ces activités, nous avons utilisé un autre mécanisme appelé « Customization key« . Il s’agit d’une clé d’installation mais à laquelle s’ajoute un mécanisme qui, après la mise à jour du BIOS et le flashage du système, installe les nouvelles activités. Voici le contenu de l’arborescence de cette clé « magique »:

q2e41.rom
gg-802-1.img
fs.zip
customization-2
/boot
    runos.zip
    bootfw.zip
    actos.zip
/bundles
    typing_turtle-26.xo
    sugar_commander-4.xo
    ruler-4.xo
    physics-4.xo
    listenandspell-2.xo
    image_viewer-14.xo
    falabracman-1.xo
    colors-15.xo
    clock-5.xo
    arithmetic-1.xo
    aide-5.xo
    GComprisGeography-13.xo
    FBReader-4.xo

Avec cette clé, l’équipe sur place peut facilement installer les nouvelles machines. Il suffit de démarrer en appuyant sur le pavé droit et l’ensemble des opérations se réalisent toutes seules.

Par contre, la clé supprime irrémédiablement le contenu de toute la machine. Pour faire en sorte que le contenu de toutes les machines soient uniformes, nous avons souhaité installer également ces nouvelles activités sur les machines de l’année dernière. Mais bien évidemment, il n’est pas question d’effacer les réalisations des enfants en 2009. Pour éviter cela nous avons réalisé une deuxième version de la clé qui ne fait qu’installer les nouvelles activités. Voici à quoi elle ressemble:

customization-2
/boot
    runos.zip
    actos.zip
/bundles
    typing_turtle-26.xo
    sugar_commander-4.xo
    ruler-4.xo
    physics-4.xo
    listenandspell-2.xo
    image_viewer-14.xo
    falabracman-1.xo
    colors-15.xo
    clock-5.xo
    arithmetic-1.xo
    aide-5.xo
    GComprisGeography-13.xo
    FBReader-4.xo

Là-aussi, le mode opératoire est simple: il suffit de mettre la clé et de laisser le XO booter sur la clé. L’installation se fait automatiquement et il n’y a qu’à attendre que la machine s’arrête à la fin du processus.

Livres électroniques

Les livres sont la première ressource des enseignants. Ils sont évidemment très peu nombreux dans l’école de Nosy Komba. La mémoire flash du XO nous permet d’embarquer une grande quantité de livres et, encore mieux, de les mettre à disposition de tous les enfants simultanément. Là encore cela permet à la fois d’offrir aux enfants des opportunités de lire par eux même et aux enseignants d’utiliser des livres comme support de leur enseignement ce qui n’est pas envisageable actuellement.

Mais encore faut-il identifier les contenus à intégrer ! C’est Clément, notre spécialiste des e-books et accessoirement le rédacteur de l’excellent ebouquin.fr qui s’est chargé de ce travail.

Pour cela, nous nous sommes appuyés sur des livres électroniques libres de droits, principalement depuis le site du projet Gutenberg. Le site compile de nombreuses oeuvres d’auteurs classiques mais qui ne sont pas forcément adaptés à des enfants de 6 à 12 ans. Après un tri draconien (mais nous en avons peut-être oublié), nous avons retenu les grands classiques: La Fontaine, Grimm, Andersen, Lewis Caroll, … soit une douzaine de livres pour un total de plusieurs milliers de pages de lecture potentielle.

En terme de format, nous avons privilégié l’utilisation du format ePub ou du PDF lorsque nous ne pouvions pas faire autrement. Si ces deux formats sont nativement supportés par Sugar, le format ePub nous a posé quelques difficultés. En effet, un certain nombre de problèmes de restitution du format ePub se posent dans l’activité Lecture native de Sugar. Hélas ces problèmes sont dues à des couches systèmes qui ne sont mises à jour que dans une version récente de Sugar :-( . Grâce à l’aide de Sean et à un nouvel appel à la liste Sugar-devel, nous avons finalement pu contourner le problème en installant une autre activité de lecture, FBReader.

Pour installer notre bibliothèque sur le XO, nous l’avons compilé dans un Content Bundle qui est un package spécifique regroupant des contenus (textes, images, vidéos, …). Concrètement, il s’agit d’un fichier compressé contenant un fichier HTML qui pointe sur les contenus. Voilà le contenu de notre fichier appelé « ebook_library_nk.xol »:

index.html
/ebook
    wilde_portrait_m_wh.pdf
    SaintExupery_PetitPrince.epub
    Orwell_LaFerme.epub
    LaFontaine_FablesII.epub
    LaFontaine_FablesI.epub
    JulesRenard_PoilCarotte.epub
    Grimm_ContesII.epub
    Grimm_ContesI.epub
    Dumas_Pierrot.epub
    Carroll_Alice.epub
    Andersen_Contes_II.epub
    Andersen_Contes_I.epub

/library
    library.info
    Books.png

Ce fichier a été ensuite copié sur nos deux clés magiques décrites ci-dessus et il s’installera en même temps que les activités supplémentaires. Pour l’enfant, la librairie est ensuite accessible simplement depuis la page d’accueil en lançant l’activité Naviguer.

Nous avons effectué d’autres démarches afin de compléter notre bibliothèque. Clément a ainsi travaillé avec une grande maison d’édition de livres de jeunesse en France pour qu’elle nous ouvre exceptionnellement son catalogue. Samy a lui entamé des discussions avec un éditeur de livre scolaire malgache pour traduire ses contenus en numérique. Hélas ces démarches n’ont pas abouties à ce jour. Nous restons mobilisés sur ce sujet.

Voilà qui termine ce long billet sur les contenus de nos XOs pour Nosy Komba. C’est un sujet capital sur lequel nous avons essayé d’avancer sur tous les fronts. Le chemin est encore long mais nous avons posé des bases importantes pour fournir aux enfants et aux enseignants le meilleur de ce qui est envisageable.

Eny mahavita isika / yes we can!

27 mai 2010

Actuellement, à Madagascar, 3 écoles, représentant plusieurs centaines d’élèves, utilisent l’ordinateur XO du projet OLPC, à Nosy Komba, Ambatoharanana et Maroantsetra.

C’est initialement pour ces écoles que le projet de traduction en malgache des activités de l’ordinateur XO a été lancé (voir l’article « Traduire Sugar / le XO« ).

Ce travail, en cours de réalisation par plusieurs volontaires, est désormais visible, à l’occasion de la sortie de la version 3 de l’application SOAS (Sugar On A Stick), qui permet d’utiliser l’environnement Sugar et ses applications pédagogiques sur un ordinateur classique ainsi que sur l’ordinateur XO.

Désormais, nous sommes au milieu du gué : une partie du projet traduction est réalisée, grâce aux efforts remarquables des traducteurs et traductrices, auxquels nous exprimons nos remerciements.

Il reste à finaliser ce projet, qui est encore incomplet, puisqu’il suit le rythme des mises à jour logicielles, comme on peut le voir ici, lorsque de nouvelles fonctionnalités sont ajoutées :

Les contributeurs (traducteurs et relecteurs) sont donc les bienvenus.

Retrouvez-nous sur la page de l’équipe de traduction du projet Sugar Labs, ainsi que sur  la liste Localization. Ensemble, Eny mahavita isika / Yes we can!

[Nosy Komba] Semaine 2

25 mai 2010

Deuxième billet de Quentin qui nous envoie des nouvelles de Nosy Komba et qui nous racontent que nos efforts de préparation du School Server sont récompensés.

La semaine dernière je vous avais fait part de notre arrivée musclée et des fortes émotions que nous avions vécu en posant un pied sur le sol Nosy Kombayen. Cette semaine, la team NK2010 est entrée dans le cœur de l’action. Nous optimisons notre temps ici en se levant vers 6h pour commencer la journée à 7h30. Les premiers réveils ont été durs mais on finis par s’habituer à se lever en même temps que le soleil. Ici c’est la nature qui rythme nos journée.

Nous avons récupéré le dernier XO laptop Mercredi ce qui nous fait 89 ordis d’élèves et 6 de profs sur 105 déployés en 2009. Pour 10 autres XOs, nous menons l’enquête car les profs et les élèves nous ont dit qu’ils les ramèneraient « bientôt » ou « peut-être » et en malgache ça veut souvent dire jamais :-( Sujet à suivre: il est évident que nous ne pouvons laisser se « perdre » des ordinateurs d’une telle valeur, il en va de notre crédibilité.

Nous nous sommes installé dans l’atelier de mécanique qui est devenu le « hacker Space » de Nosy Komba. Plus de 150 ordinateurs y sont installés, branchés, classés par année et bientôt par classe. Une vrai armée de XO!!

Nous avons installé un School Server sans trop de problème grâce à la formation approfondie et très efficace des 2 hackers qui se reconnaitrons. Ce server nous permet de connecter tous les XOs de 2009 sur une plateforme et d’ensuite récupérer toutes les données des activités qui ont été faites par les enfants de l’école primaire pendant un an.
Alors bien sur, inutile de vous décrire en détail la réaction qu’on a pu avoir en tombant sur des vidéos prises par des gamins en train de chanter, de raconter des histoires et d’éclater de rire en se voyant sur l’écran!!

En même temps nous n’avons pas perdu de temps avec les enseignants. Nous les avons rencontré à 2 reprises pour les relancer dans ce programme pédagogique d’une grande ampleur. Nous avons donc mis en place des cours de soutien personnalisés (un prof par membre de NK2010) afin d’approfondir les connaissances de chacun. Bien sur, s’est posée la question du positionnement que nous devions avoir, nous, simple étudiant d’une vingtaine d’année face à des professeurs qui sont considérés comme des « maitres » ici du fait de leur aisance à écrire et à lire. Certains ont un niveaux très avancé de connaissance de la machine, comme Lalatiana par exemple mais pour un des profs nouvellement arrivé c’est très difficile. Après quelques séances, il parvient dorénavant à réaliser les principales manipulations. Ouufff

Par ailleurs et pour parler un peu plus de notions humaines concernant l’équipe, J’ai coupé l’équipe en 2.

Laura et Moi passons nos matinées dans le hacker space à faire nos « geek » à gérer des problèmes d’énergie et d’informatique pendant que Margaux et Vahé sont au potager avec Jean et Monique.

A ce propos avec Laura on se dit souvent qu’on va finir par être débile à rester enfermé toute la journée entourés de machines, de câbles, et de groupe électrogène!! Non mais c’est sympa quand même car à 10h tous les jours à la récréation tous les gamins viennent nous voir, grimpent aux fenêtres, s’accrochent aux arbres et nous observent calmement en se demandant surement ce qui passe dans la tête de ces 2 hommes blancs qui passent leurs journées dans ce trou à rat, accroupis autours de cette armée de clones de XOs!!!

Par ailleurs l’équipe NK2010 s’est à plusieurs reprise transformée en équipe de tournage d’un clip vidéo. Nous avons plus de 150 acteurs âgés de 3 à 15 ans tous plus mignons et bons danseurs les uns que les autres et surtout toujours très enthousiastes à l’idée de se montrer ce qu’il savent si bien faire.

Cette action est épuisante car le fait d’organiser plus de 100 gamins qui courent, grimpent, sautent et rigolent à longueur de journée, tout en leur demandant de danser de manière synchro, de bien se positionner pour avoir les plus beaux plans et le tout en malgache!! Je n’en dit pas plus sur ce clip et vous laisse attendre sa sortie dans les salles à partir de fin juin 2010 ;-)

Bon comme vous pouvez le voir, tout se passe à merveille.

[Nosy Komba] School server et Internet

21 mai 2010

La connexion est un élément fondamental du projet OLPC. C’est à la fois un moyen d’accéder à des ressources partagées et à Internet mais aussi de réaliser des activités ensemble.

Internet, à quel prix

L’accès à Internet est évidemment une chose complexe en Afrique, et encore plus à Madagascar sur l’île de Nosy Komba. En fait, l’île n’est pas raccordée au réseau téléphonique fixe, il n’est donc pas possible d’envisager une solution type « ADSL » comme celle que nous utilisons en France.

Une autre possibilité est d’utiliser le réseau de téléphonie mobile avec une solution de type 3G. La solution est hélas peu adaptée et peu pérenne d’autant que seules certaines parties de l’île sont couvertes aujourd’hui.

Deux autres solutions sont envisageables:

Un réseau de type WiMax: c’est une technologie Hertzienne de type radio directionnelle. Elle nécessite l’installation d’un mat d’au minimum 5 mètres de haut et d’avoir la visibilité avec une station de base qui sera connectée au réseau de l’opérateur. C’est envisageable puisque l’ile de Nosy Komba fait face à Nosy Bé qui elle dispose d’un accès Internet. Mais évidemment cela nécessite que l’opérateur supporte ce genre de solution.

(photo source Wikipedia)

Une connexion type VSAT-IP. Il s’agit simplement de placer une antenne parabolique qui va être connectée à Internet par satellite. C’est évidemment beaucoup plus souple et c’est ce genre de connexion qui a été mise en place sur de nombreux déploiements OLPC isolés.

(photo source OLPC)

Nous sommes aujourd’hui en discussion avec un opérateur local afin d’étudier la meilleure solution possible: à la fois sur le plan de l’infrastructure à mettre en place, pour obtenir le meilleur débit mais aussi sur le plan financier car le coût de ces solutions peut être très élevé (de 30€/mois à plus de 300€/mois) et nous n’avons toujours pas pu boucler notre budget à ce jour.

Connectés ensembles

Dés que deux XOs sont proches, ils peuvent communiquer et réaliser des activités ensemble. Cela est possible même sans aucune infrastructure réseau car les XOs peuvent communiquer en point à point via la carte WiFi Mesh qu’ils intègrent.

Pour accéder à Internet, le XO doit pouvoir se connecter à un point d’accès WiFi ce que lui permet également sa carté réseau.

La combinaison du WiFi Mesh et du WiFi permet ainsi à un ensemble de XOs d’accéder à Internet en se connectant de proche en proche jusqu’au point d’accès WiFi.

School Server

C’est le XO School Server, Serveur d’école ou XS qui doit permettre aux XOs d’accéder à Internet. Le School Server est un ordinateur de type serveur. Il s’agit d’un PC un peu plus musclé qu’un PC de bureau. Dans notre cas, c’est Xavier et Laura qui en ont fait l’acquisition dans le célèbre quartier de la rue Mongallet à Paris. Ses caractéristiques sont:
- Processeur Intel Core2 Duo 2.93 Ghz,
- 3Go de RAM
- Disque dur: 1To
Le plus important: le serveur d’école doit disposer de deux cartes réseaux. Une carte qui sera relié à une antenne WiFi (pour la connexion des XOs), l’autre qui sera raccordé au routeur fourni par l’opérateur.

Évidemment, le serveur d’école doit être alimenté électriquement pour pouvoir réaliser son rôle. Dans la situation difficile de l’installation électrique de Nosy Komba, nous avons bien sûr porté une attention particulière à la partie électrique. D’abord, nous avons fait l’acquisition d’une multiprise parafoudre, cela protégera le serveur en cas de choc électrique. Indispensable également: un onduleur, il permettra de lisser la tension électrique qui peut bien sûr varier dans des proportions qui pourrait détériorer le serveur. Plus encore, l’onduleur permet d’assurer une réserve d’électricité (via une batterie intégrée) en cas de coupure de courant: soit en attendant le retour de l’électricité, soit pour permettre une extinction « propre » de la machine si la coupure est prolongée.

Pour cela, Xavier et Nicolas ont relié l’onduleur au PC via un câble USB et l’ont configuré pour qu’il soit « esclave » de l’onduleur. Ainsi, dés que le XS Server reçoit du courant de l’onduleur il démarre automatiquement sans aucune intervention humaine.
De même, si l’onduleur descend à 20% du niveau de batterie, il envoie un signal au XS Server qui s’éteint automatiquement. Il est possible aussi de l’éteindre via un bouton en façade.

Les logiciels du XS
Le XS n’est pas équipé de Sugar mais d’une distribution Linux à base d’une Fedora 11 intégrant des packages dédiés réalisés par la fondation OLPC pour assurer la gestion des XOs. Les fonctionnalités du serveur sont notamment:
- Installation pilotée d’activités ou de nouvelles images systèmes sur les XOs,
- Site web Moodle pour donner accès à des contenus partagés (cours ou ressources pédagogiques),
- Sauvegarde automatique ou programmée du journal des XOs,
- Activation/Désactivation des XOs pour éviter les vols.

C’est la fonctionnalité de sauvegarde du journal qui nous est apparue la plus importante dans un premier temps. Au-delà de la possibilité de conserver le contenu des XOs de chaque enfant, cela nous permettra de faire le suivi du déploiement en analysant régulièrement les activités réalisées.

Une fois démarré, le serveur est visible depuis les XOs comme un point d’accès habituel sur la vue réseau.

Lors de la première connexion, ils peuvent ensuite s’y enregistrer via une des options du menu central. L’association School Server est alors stockée et notifiée au XO. A partir de ce moment, le serveur XS peut piloter les XOs.

L’interface d’administration du serveur est accessible simplement via l’activité Naviguer d’un XO ou d’une autre machine. Elle permet de visualiser l’ensemble des XOs qui sont enregistrés et de réaliser les différentes tâches d’administration.

C’est Xavier et Nicolas qui ont réalisés l’installation du serveur avec l’aide de Samy et les conseils de Sean. C’est un bel exploit et c’était le premier school server que nous parvenions à mettre en place. Naturellement, nous l’avons appelé « Nosy Komba » et avons réalisé une série de tests avec l’équipe avant son départ. L’objectif: qu’il soit prêt pour le voyage et qu’il suffise de le déballer sur place pour qu’il soit opérationnel. Nous verrons si le pari a été gagné.

[Nosy Komba] L’arrivée

18 mai 2010

Premier billet de Quentin qui nous raconte avec émotion le premier jour mouvementé de l’équipe à Nosy Komba. Nous sommes tous en pensée avec eux.

Après une année de recherche de fonds, des centaines d’heures de préparation de nos actions,
Après 11 heures de vol jusqu’à Madagascar,
Après 4 heures de négociations ardues avec Air Madagascar et la douane pour faire passer nos 200kg de fret (15 cartons de matériel informatique et pédagogique),
Après une demi heure de traversée en 4×4 dans la jungle et une heure de pirogue avec tout le chargement,

L’Equipe Nosy Komba 2010 est arrivée sur les côtes de l’île aux lémuriens!!!

L’épisode de l’aéroport de Nosy Be a été révélateur des difficultés face auxquelles nous devrons nous confronter durant notre mission.

Imaginez vous avec un chargement qui vaut tout l’or du monde pour vous et que vous êtes face à des gens qui n’ont pas l’air de comprendre ce que vous dites, qui ne sont jamais responsables de rien, qui passent leur temps à se contredire, qu’on vous dise à un moment que vous pourrez récupérer votre marchandise mais seulement dans une semaine et que vous savez très bien que si ça se passe comme ça vous ne mettrez plus jamais la main dessus, qu’une minute après on vous dit que la palette de 200kg et de 14 000 euros a été perdue et que vos papiers ne valent rien, puis que finalement elle a été retrouvée mais que la machine qui l’a porte est tombée en panne et que la palette est coincée à hauteur d’un avion. Imaginez voir repartir l’avion qui vous a déposé sans savoir si le convoi a été retiré de ses soutes, le tout dans un aéroport sombre et sale avec une température de 35° à l’ombre après 11 heures de vol!!
Vous imaginez??

Bienvenue à Madagascar!!!

Bon après votre imagination va vous faire rêver.
Nous voici en pleine jungle dans un 4X4 assis à l’arrière sur les 15 cartons voguant sur une route de terre, propulsés à toute allure par un moteur qui fait plus de bruit qu’un super-tanker à la sortie d’un port.

A nos côtés est assis un homme qui a le visage aussi sec et abimé que l’écorce d’un arbre. Il nous fait profiter de son sourire magnifique à 5 dents.

Arrivé au port, à peine je sors du pick up que j’accroche mon regard à toute notre marchandise de peur de nous la faire voler.

Tout se passe bien. Les malgaches nous aident à porter les cartons (sur la tête bien sur) et chargent le convoi sur une pirogue en bois avec un petit moteur de 15 chevaux.
L’embarcation est pleine à craquer. hooouuu… le stress revient!!


En cours de route sur la mer, Vahé me demande, « c’est quoi cette île là bas? » et là, je cris: « NOSY KOMBA!!!!!! »

ça y est on y était.

Le lendemain on décide d’aller assister à un cours à l’école qui se fait avec les XOs (les ordinateurs).
On arrive dans la classe, tous les gamins ont une petite bête verte entre le mains (celles déployées en 2009).
A peine je fais un pas que j’entends en chorale: « Banjour Missieu!!! » Et là forcement, je craque….
Je fais le tour de la salle et observe des petits doigts taper avec précaution sur les minuscules touches vertes des XO. Certains sont très fier de nous montrer une carte de Madagascar qu’ils ont trouvé sur Wikipédia, d’autres qu’ils arrivent à finir le jeu éducatif « Mémoriser » en moins de 4 minutes.

Et puis l’image de la petite fille qui arrive à tout faire et qui fait le tour de la classe pour aider ses camarades qui sont plus lents…. ça donne des frissons…

Peu après je leur dit de ranger les XOs dans les cartons et d’amener le tout dans l’atelier de mécanique qui sera notre QG durant notre séjour. Les mêmes petites mains qui appuyaient sur les touches utilisent maintenant la même précaution pour mettre l’ordinateur et le chargeur dans le carton. Puis, une fois fait, tous les enfants prennent leur trésor éducatifs et sortent de l’école en chantant avec leur XO sur la tête.
Une autre petite larme….

Entre temps je sors les grandes photos que j’avais utilisé pour les expos photos du projet 2009 (ESG, Levallois-Perret, St Germain en Laye).
Jamais j’aurais pensé que des enfants pouvaient courir aussi vite!!
Tout d’un coup une vingtaine de petites têtes tressées ou rasées se sont retrouvées à me coller en train de crier les noms de tous ceux d’entre eux qu’ils voyaient sur les photos.
Des rires, des ricanements, des étonnements; tout se résume par ça ici…


L’équipe des 3 vazahas se portent bien malgré quelques plaintes de piqures de moustique, d’une eau parfois pas très bonne et des pauses toilettes assez régulières.