L’appropriation du XO par les enseignants à l’étude à Saint-Denis

2 février 2012

OLPC France s’associe cette année à un projet d’étude sur l’appropriation du XO par les enseignants, il donnera lieu à un déploiement de XOs dans une école de Saint-Denis (93). Dans ce billet, Sandra nous présente ce beau projet. Nous ne manquerons pas de vous tenir informé des prochaines étapes.

Différentes évaluations des programmes OLPC à travers le monde (cf. Nugroho & Lonsdale, 2010) ont montré que l’impact de l’utilisation du XO sur l’apprentissage dépend pour beaucoup de la façon dont il est utilisé en classe et dont les enseignants l’intègrent à leur pratique. Or, ceux-ci éprouvent souvent des difficultés à l’intégrer (Barrera-Osorio and Linden, 2009) et à adopter une pédagogie constructiviste.
Aussi, il est crucial de mieux connaitre la façon dont les enseignants s’approprient ce dispositif, en analysant les ressources qu’il leur offre, mais aussi les obstacles qu’ils rencontrent, ceci afin de développer une méthodologie pour accompagner les enseignants dans ce processus.
C’est pourquoi nous réalisons cette année une étude afin de tester une méthodologie des enseignants et d’étudier la façon dont ce dispositif technique est adopté par les enseignants. Nous nous intéresserons notamment à la façon dont l’introduction du dispositif transforme l’activité de l’enseignant et des élèves, comment son usage évolue au cours de temps, ou comment l’enseignant devient créateur en modifiant le dispositif et les situations d’apprentissage.

La méthodologie proposée, inspirée du projet POGO, consiste à construire en amont du déploiement un modèle de l’activité des enseignants dans une situation de référence avant de présenter l’ordinateur et ses potentialités. Des scénarios d’utilisation de l’ordinateur seront ensuite construits en s’appuyant sur le modèle de l’activité proposés.
Cette étude se déroulera dans une l’école Robespierre de Saint-Denis (93) avec un groupe de 5 enseignants de cycle 3 (CE2, CM1 et CM2).

De janvier à mars, des réunions auront lieu pour construire le modèle de l’activité des enseignants et des scénarios d’utilisation. De mars à juin l’ordinateur XO sera utilisé en classe, une trentaine de XOs seront donc déployés à cette effet. Des observations seront réalisées par 2 étudiantes réalisant un master recherches en éducation à l’UCP.

Françoise Decortis, Professeur en ergonomie,
Equipe conception, créativité, compétences et usages, laboratoire Paragraphe, Université Paris 8
Sandra Nogry, Maître de Conférence en Psychologie des apprentissages
Equipe Compréhension, Raisonnement et Acquisition de Connaissances, laboratoire Paragraphe, UC

XO 1.75: la nouvelle génération de XO

21 janvier 2012

Le XO 1.75 est le dernier né des ordinateurs de la fondation OLPC. OLPC France a la chance de disposer en avant première depuis quelques semaines, de 2 modèles beta 1 de cette machine. Revue de détail de la machine et des changements qu’elle apporte.


Sur la forme le XO 1.75 est strictement identique au XO 1.0 et au XO 1.5 qui lui a succédé: c’est toujours le petit ordinateur vert lancé en 2007. Il hérite donc de la même coque que ses ainés et il en reprend les éléments principaux: même écran double mode(PixelQi), même clavier en gomme, même TouchPad que le XO 1.5 et même ports (3 USB, 1 casque, 1 micro et 1 port SD).

En fait c’est dans ses composants internes et notamment sa carte mère que le XO 1.75 fait sa révolution. Le XO 1.0 disposait d’un processeur AMD, le XO 1.5 disposait d’un processeur VIA. Tout deux s’appuyaient sur une architecture x86 qui est celle qu’on retrouve sur nos PC ou Mac. Le XO 1.75 lui s’appuie sur un processeur Marvell d’ architecture ARM qui est l’architecture sur laquelle s’appuie la plupart de nos smartphones et tablets. Avantage de ce type de processeur: il sont moins chers qu’un processeur x86 et ils consomment beaucoup moins d’énergie (d’où leur usage sur des terminaux légers). Deux avantages très importants pour le XO.

Côté énergie, même s’il est trop tôt pour disposer d’un benchmark complet de la consommation du XO 1.75. Il promet de consommer encore moins que ses ainés (qui pour mémoire sont déjà parmi les ordinateurs les plus économes du marché), on a par exemple vu récemment un XO 1.75 s’alimentant directement (sans batterie) sur un panneau solaire.

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A puissance d’horloge égale, le processeur ARM est également beaucoup plus véloce qu’un processeur x86 équivalent. Nous avons ainsi réalisé un test comparatif du temps de démarrage des 3 machines: XO 1.75, XO 1.5 et XO 1.0. Le XO 1.75 arrive incontestablement en tête. Une rapidité qu’on constate également à l’exécution des différentes activités et ou l’arrêt de la machine.

http://www.dailymotion.com/video/xnt5rw

Autre particularité du XO 1.75 par rapport au XO 1.0, sa mémoire de stockage est fournie par une carte MMC au lieu de barrettes soudées à la carte mère. L’avantage est que sa taille (de 4Go à 8Go) peut être choisie à la commande sans changement de l’architecture de la carte mère. L’autre avantage est que ce type de mémoire est moins soumise aux variations de prix du marché de la mémoire flash (un point très important également). Sur le modèle B1 dont nous disposons, cette mémoire MMC peut également être complétée via une carte SD interne (en plus d’une carte sur port SD externe).

Enfin le XO 1.75 embarque un nouveau composant que l’on retrouve de manière assez standard sur les smartphones aujourd’hui: un accéléromètre 3 axes. C’est-à-dire un composant qui détecte l’orientation de la machine, un simple gadget mais qui permet déjà d’envisager des utilisations ludiques dans des activités. Ici par exemple un petit jeu développé avec Etoys.

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Côté logiciel, l’utilisation d’un processeur ARM a néanmoins un inconvénient: le code binaire généré sur un processeur x86 n’est pas compatible avec le binaire d’un processeur ARM. Heureusement, Sugar, le système d’exploitation qui équipe le XO s’appuie sur une distribution GNU Linux Fedora. Or, Fedora a été porté non seulement sur x86 mais aussi sur des processeurs ARM. Ainsi, la dernière version de Sugar pour le XO (11.3.0) qui s’appuie sur Fedora 14 est parfaitement fonctionnelle sur le XO 1.75, même si quelques réglages, en cours de résolution, sont encore nécessaires (support des drivers spécifiques du XO).

Pour ce qui est des différentes activités développées pour les versions précédentes du XO, elles s’exécutent correctement pour la plupart sur le XO 1.75. En effet, le langage de développement privilégié de développement pour Sugar est le langage Python qui est un langage interprété et donc complètement indépendant du binaire et du type de processeur. Seuls poseront problème les activités compilées pour x86. Au cours de nos tests ça a été le cas de l’activité kiwiX, Oo4kids et RiverHex. Leur portage sur le XO 1.75 nécessitera une recompilation ou un repackaging.

Le XO 1.75 est donc une évolution naturelle du XO, il propose un rafraichissement des composants tout en préparant le terrain pour le futur XO 3.0 qui héritera de la plupart de ses composants (dont le processeur). Bref, du nouveau dans la continuité !

Retours d’expériences éducatives uruguayennes

13 novembre 2011

L’actualité récente du projet One Laptop Per Child dans les pays du Cône Sud (Uruguay, Argentine) et en particulier en Uruguay, est riche, avec notamment la parution de deux ouvrages et d’un documentaire vidéo relatant les expériences de la mise en oeuvre du Plan CEIBAL dans les écoles primaires et les établissements secondaires d’Uruguay, tant dans l’enseignement général que dans l’éducation spécialisée, à destination d’élèves vivant avec des handicaps divers.

Mobilisation sociale pour le Plan CEIBAL

Le premier ouvrage est une compilation d’un collectif de 30 auteurs de différents pays, impliqués dans des activités sociales de soutien de projets « Un ordinateur par enfant » en Uruguay et dans le monde.

Ce projet poursuit différents objectifs :

  • Divulguer. Faire connaître quelques-uns des groupes issus de la société civile, qui ont commencé à s’organiser et à  travailler pour exploiter au mieux les nouveaux instruments mis à disposition par les projets 1 à 1.
  • Réfléchir. Analyser les enseignements tirés et les évaluations réalisées, notamment du point de vue de l’impact social obtenu. Apprendre à partir des expériences des enseignants ayant intégré ces réseaux. Penser à l’avenir de ce projet.
  • Sensibiliser. Mettre l’accent sur l’importance et le potentiel des réseaux de mobilisation sociale impulsés par les TIC. Souligner la nécessité de les écouter de manière active et de les soutenir.
  • Inspirer. Encourager l’élargissement des domaines de participation. Malgré l’existence de nombreux groupes, la carte de la mobilisation sociale semble avoir commencé à se structurer, tout en laissant un espace et un désir d’espaces d’action plus présents quantitativement et qualitativement.
  • Unir. L’effort requis pour créer une mobilisation sociale est considérable. Partager les expériences des différents groupes peut aider à en tirer des enseignements et à mettre en place des canaux de communication afin d’unir leurs forces.

Movilización social para Ceibal. Miradas al contexto nacional e internacional de proyectos de un computador por niño [Mobilisation sociale pour le Plan Ceibal. Regard sur le contexte national et international des projets "Un ordinateur par enfant"]. Collectif, Günther Cyranec (éd.), Pablo Flores. Montevideo, 2010 : UNESCO. 237 p.

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TIC et éducation spécialisée

L’OEI (Organización de Estados Iberoamericanos para la Educación, la Ciencia y la Cultura / Organisation des Etats Latino-Américains pour l’éducation, la science et la culture), vient de publier une étude sur le projet CEIBAL d’Uruguay :
Laptop, andamiaje para la educación especial. Guía práctica computadores móviles en el currículo [L'ordinateur portable, étayage pour l'éducation spécialisée. Guide pratique des ordinateurs portables dans le curriculum]. Montevideo, 2011 : UNESCO/CREATICA/Plan CEIBAL. 307 p. ISBN : 978-92-9089-151-2.

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Les auteurs de ce guide, Roxana Elizabeth Castellano et Rafael Sánchez Montoya, s’intéressent à un projet placé sous l’auspice de l’Unesco, donnant une orientation théorique et pratique large pour les éducateurs spécialisés, dans leur utilisation des TIC. Les auteurs s’appuient sur des exemples faisant appel à des ordinateurs portables et à leur environnement d’apprentissage XO de la Fondation OLPC. Chacune des huit unités de cet ouvrage poursuit une interrogation centrale, qui constitue le fil directeur de la didactique.

Les deux premières unités, concernent un premier axe thématique : « Développer le potentiel des enseignants et des élèves » :
* Unité 1. Ordinateur portable, intelligence et cerveau
* Unité 2. Recherche d’expériences cristallisantes

L’axe thématique « Microprojets : un axe intégrateur du curriculum » consacre les unités trois à huit à l’approfondissement de la question des objectifs des différents domaines dans le curriculum.

* Unité 3. Autonomie, sensomotricité et capacités sociales
* Unité 4. Communication et langage
* Unité 5. Domaine des mathématiques
* Unité 6. Domaine de connaissances de l’environnement naturel et social
* Unité 7. Domaine de connaissances artistiques
* Unité 8. Itinéraires en fonction des besoins éducatifs spécialisés

On trouvera dans cet ouvrage une illustration de l’utilisation des activités Sugar dans l’élaboration de cursus adaptés aux besoins de l’éducation spécialisée.

Documentaire « A Laptop Per Child – Uruguay »

La réalisatrice uruguayo-autrichienne Julieta Rudich a réalisé un documentaire sur le programme CEIBAL en Uruguay. Diffusé sur la chaîne de télévision autrichienne ORT, ce documentaire est disponible en anglais (avec une transcription disponible ici).

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[Nosy Komba] Repérages

21 mai 2011

Les choses sérieuses ont commencé à Nosy Komba: Jonathan, accompagné de Charlotte et Fanny qui viennent d’arriver, a lancé les premières actions de préparation de la mission.

Pour la mise en place de l’accès WiFi, le premier objectif a été de repérer les meilleurs lieux pour l’installation des antennes. Le but étant de réaliser une connexion WiFi longue distance entre Nosy Komba et Nosy Bé. Grâce aux relevés topographiques et à Google Earth en France, nous savions qu’il n’y a pas de visibilité directe entre Nosy Komba (le village d’Antitourne) et Nosy Bé (le quartier de Hell Ville); nous avons donc besoin d’un point relais entre les deux pour avoir une continuité réseau.

Plusieurs positions sont envisagées sur les hauteurs de l’ile (sommet ou rochers); ceux-ci sont plus ou moins accessibles (entre 30 mn et 1 heure de marche en forêt). Jonathan a fait plusieurs expéditions de repérage pour identifier chaque lieu pouvant être un bon compromis entre accessibilité, visibilité de Nosy Bé et capacité d’y installer un mât.


Sur le plan pédagogique, la première action a été un état des lieux: comment les enseignants ont-ils utilisé le XO depuis l’année dernière ? Quelles difficultés ont-ils rencontrées ? Pour répondre à ces questions, Jonathan a réuni l’ensemble des enseignants tandis que Charlotte et Fanny apportaient leurs observations après avoir assisté à une journée de travail avec les enfants (en CM1/CM2 et en CE).

Bonne nouvelle:  avec la stabilisation des problèmes énergétiques rencontrés l’année dernière, les enseignants et les enfants ont vraiment pu profiter du XO cette année. Très concrètement, l’utilisation des XOs se fait à travers des « séances du XO »; celles-ci se tiennent du lundi au jeudi, de 14h à 17h chaque semaine (lundi le CP1, mardi le CP2, mercredi le CE, jeudi le CM1-CM2. Le groupe électrogène est mis en route à chaque fois ainsi les enfants présents peuvent charger leur XO, qu’ils suivent ou non la séance (elle n’est en effet pas obligatoire); certains élèves viennent d’ailleurs faire charger leur XO puis s’en vont jouer au foot :-)

Chaque enseignant a décrit brièvement les activités qu’il utilise :

  • CP1: Surtout des jeux : Memorize, Labyrinthe, Implode,
  • CP2: Memorize pour apprendre à compter, Speak (l’enseignant pose la question, l’enfant tape la réponse et fait parler Speak), Enregistrer qui plait beaucoup (les enfants auraient notamment filmés des chorégraphies des enfants du collège),
  • CE: (Classe d’Edwige qui est là depuis la première année) : Calculer, Speak, Dessiner à partir d’un modèle au tableau, … Il semble qu’elle donne des devoirs à faire sur le XO et vérifie que ce soit fait d’une semaine sur l’autre,
  • CM1-CM2: (Classe d’Ephrem qui est là depuis la première année) : Traitement de texte, mise en page, recopie de phrases écrites au tableau ou à partir d’un livre. Dessins en couleurs : maison, environnements (arbres, la mer, …).

Le programme est généralement imposé par l’enseignant mais, pour lutter contre la lassitude et l’absentéisme (parfois seule la moitié des élèves est présente), certains cours sont « programme libre ». Plusieurs enseignants indiquent avoir cherché des activités à faire dans les documents que nous leur avions remis l’année dernière (pour mémoire : Guide Gabon et le début du livre « L’ordinateur XO dans la classe » dont nous avions commencé la traduction).
Charlotte et Fanny ont pu constater que les élèves présents étaient très concentrés et appliqués sur leur petites machines vertes et qu’il y avait beaucoup d’interactivité et d’entraide.

Autre événement important la semaine dernière: Charlotte et Fanny ont apporté avec elles les équipements réseaux qui seront mis en place. Pour cela, nous avions confié à Charlotte une grosse valise d’une trentaine de kilo contenant tous les équipements (antennes, panneaux solaires, régulateurs, batterie, …) A l’origine, ils auraient dû être apportés par Xavier et Stéphane fin juin mais leur avion faisant escale à Tananarive, il y avait un risque de complication douanière: nous avons donc préféré prendre en charge un supplément de bagage pour garantir l’arrivée des équipements. La contrepartie en a été que Xavier et Stéphane ont eu moins de temps pour finaliser la configuration et les tests des équipements en France. Tout est affaire de compromis ! La photo ci-dessus montre le déballage des équipements avec, en fond, les XOs que Fanny et Charlotte ont commencé à récupérer pour réaliser l’inventaire.

A suivre…

Nosy Komba 2011: c’est parti !

8 mai 2011

La semaine dernière Jonathan est arrivé à Nosy Komba. C’est le premier d’une équipe de 8 volontaires d’OLPC France et de G du cœur qui vont se succéder pendant 3 mois là-bas.
C’est la troisième année que nous intervenons sur l’ile et comme les autres années, le plan de travail de l’équipe est ambitieux:

Pédagogie: comme dans tous les déploiements, les enseignants sont la clé de la réussite du projet Nosy Komba. Encore une fois, nous avons porté un effort particulier cette année sur ce point afin de les aider à tirer tous les bénéfices du XO. Charlotte mènera les opérations avec le soutien de Raphaèle et de Guillaume-Alexandre. Le programme de l’accompagnement a été soigneusement préparé avec Bastien. L’équipe s’aidera également de la récente traduction du livre « L’ordinateur XO dans la classe« .

Evaluation: Quel est l’impact du projet OLPC à Nosy Komba ? c’est une question essentielle à laquelle nous essaierons d’apporter des éléments de réponse. Pour cela, Fanny s’appuiera notamment sur un questionnaire qu’elle fera passer aux enfants, aux enseignants et aux parents. Nous essaierons ainsi d’avoir leur perception qualitative sur le déploiement.

Contenu: Une nouvelle mise à jour des XOs sera installée cette année. Elle contiendra: une nouvelle version de la librairie Nosy Komba et une nouvelle activité appelée Madagascar. La nouvelle librairie numérique, recueillie par Clément, permettra à chaque enfant de disposer désormais d’une quarantaine de livres électroniques sur sa machine. La nouvelle application Madagascar, réalisée par Bastien est une extraction des pages malgaches de Wikipédia. Elle permettra aux enfants et aux enseignants de disposer à portée de main de ressources sur Madagascar (Géographie, Histoire, …).

School Server: L’année dernière nous avions apporté et installé un serveur XS (School Server) à Nosy Komba. L’équipe avait rencontré pas mal de difficulté pour le connecter et l’utiliser pour réaliser les sauvegardes des XOs. Cette année, Laura reprend le flambeau avec objectif d’extraire les journaux des ordinateurs et les analyser. Elle sera appuyée techniquement par Xavier et par Tiago qui déploiera des panneaux solaires afin d’alimenter le toit de l’école.

Internet: C’est évidemment le projet phare de 2011. L’objectif est l’installation d’une liaison Internet via la mise en place d’un réseau WiFi longue distance relié à Nosy Bé. Le projet nécessitera en autre l’installation d’un relai en haut de Nosy Komba alimenté par des panneaux solaires. C’est Xavier et Stéphane qui y travaillent depuis des mois, aidés par Kevin.

Encore une fois le déploiement 2011 est donc un vrai travail d’équipe qui mobilise non seulement les gens qui partent mais aussi les équipes OLPC France qui y travaillent en amont, assurent le support et décortiqueront les résultats en aval. Nosy Komba 2011, c’est maintenant parti ! Ce blog vous fera suivre l’avancée de ce beau projet, restez à l’écoute.

Qu’il nous soit permis de remercier nos généreux donateurs et notamment la Fondation d’Arfeuille et à OLPC Europe qui nous soutiennent encore une fois cette année.

Afghanistan: et si les dollars servaient l’éducation plutôt que la guerre ?

26 février 2011

Par l’intermédiaire de Clément, nous avons eu l’opportunité il y a quelques semaines d’échanger avec le déploiement pilote du projet OLPC en Afghanistan. Ce billet présente le contexte de ce déploiement.

L’Afghanistan présente les syndromes malheureux d’un système éducatif en ruine. Sujet à une instabilité chronique depuis près d’un siècle et durablement marquée par des conflits longs et destructeurs (invasion soviétique 1978-1992, guerre civile 1992-1996, opération de l’OTAN à partir de 2001), l’Afghanistan n’a pas eu le temps de se relever dans l’intermède qui a précédé la mise en place d’un régime fondamentaliste entre 1996 et 2001 : le régime taliban. L’éducation des enfants n’a pas été une priorité de ce régime, que cela soit pour les garçons et surtout les filles dont l’accès leur a été interdit.

Le constat pourrait être qualifié d’alarmiste. Aujourd’hui, seulement 52% des enfants afghans en âge d’aller à l’école primaire sont scolarisés. Le manque d’établissements en milieu rural mais aussi d’enseignants exclue de fait un nombre trop important d’enfants. Quand ils ont la chance d’accéder à l’éducation, les conditions d’enseignements sont insuffisantes.

  • 50% des garçons ne vont pas à l’école
  • 75% des filles ne vont pas à l’école
  • 25% des enseignants sont analphabètes

Les faibles moyens dédiés à l’enseignement obligent certains établissements à faire se succéder trois sessions différentes dans une même journée. Le temps passé à étudier à l’école se limite à 2h30 par jour. L’inexistence d’un programme national n’empêche pas les disparités entre les régions tandis que l’illettrisme des enseignants (qui touche 25% d’entre eux) et leur faible implication ne permet pas de fournir le soutien dont les enfants ont besoin, en particulier à ceux qui connaissent des difficultés d’apprentissage.

Il va sans dire que l’Afghanistan dispose d’un système éducatif largement en dessous des moyennes des pays de l’OCDE, qui se reflète dans un niveau d’alphabétisation particulièrement bas (36%). Le temps passé à l’école est faible tandis que le soutien habituellement prodigué par les enseignants aux enfants est inexistant. Enfin, le manque de contenus éducatifs est criant. Les écoles et les bibliothèques n’ont pas de moyens suffisants pour acquérir ces contenus et assurer leur conservation.

Le projet OLPC travaille actuellement à offrir une réponse adéquate aux difficultés que connaît le système éducatif afghan. Après plusieurs déploiements, ciblés dans des écoles rurales (3000 XOs déjà déployés, voir photos d’illustration), la fondation OLPC et son antenne locale OLPC Afghanistan planifient un déploiement d’envergure (environ 10 000 XO) afin de de vérifier les résultats positifs obtenus à l’échelle locale.

Plusieurs éléments font du XO un outil éducatif en mesure d’améliorer l’accès à l’éducation des jeunes afghans. Comme chaque enfant possède un ordinateur (qu’il remporte chez lui après l’école, selon le principe de saturation), un élève moyen sera capable de continuer son enseignement chez lui et ainsi d’accomplir les objectifs du programme scolaire. Cela compensera des journées de classe réduites et rendra l’élève plus autonome.

Même si l’enfant complète son apprentissage de manière autonome grâce au XO, il renforce le rôle de l’enseignant qui pourra fournir des évaluations et du soutien de manière régulière. En plus de cette aide personnalisée, le recueil de telles données va favoriser l’émergence d’un système d’évaluation standardisé et scientifique, un des facteurs permettant l’élaboration d’un système éducatif moderne.

Le XO permet aussi un accès à des contenus riches et localisés (contrairement à la plupart des outils informatiques commerciaux qui ne sont pas traduits en afghans). La liberté d’accès aux contenus numériques facilite le prêt et l’échange entre élèves, partageant ainsi leurs découvertes au sein d’une classe ou d’un groupe. Constamment mis à jour, ces contenus ne seront jamais dépassés. Financièrement, le coût joue en faveur du numérique. Développer des contenus évolutifs et interactifs revient, à volume égal, à acquérir et entretenir ces mêmes documents en version papier, seulement sur une période de 3 ans. Enfin, la variété des contenus conçus pour le XO permet un éveil constant du jeune étudiant, renforçant ainsi ses compétences en littérature, langues ou sciences.

Au-delà de la fracture entre les enfants des villes et de ceux vivant en milieu rural, l’Afghanistan souffre aussi d’une grande disparité entre les deux sexes. L’accès à l’éducation pour les jeunes filles est très limité. Le projet OLPC est une chance unique de permettre aux jeunes filles de suivre les mêmes enseignements que les garçons. En effet, les coutumes conservatrices poussent les filles à rester dans le domicile familial ou à vivre ensemble dans des communautés fermées. L’intégration du XO permettrait aussi de compenser le déficit de femmes enseignantes en donnant un accès à des contenus interactifs et permettant à plusieurs établissements de filles de communiquer entre eux. Ainsi, les moyens d’enseignements seraient mutualisés, et les élèves de plusieurs établissements en mesure d’échanger entre eux. De partager, d’apprendre, de créer.

L’Afghanistan est l’exemple type de l’aide que peut apporter le projet OLPC au développement d’un système éducatif moderne, base de la reconstruction d’un pays meurtri par des décennies de troubles. Ces changements devront être pensés sur le long terme mais l’apport d’un outil éducatif comme le XO, qui permet un accès à des enseignements variés et qui offre la possibilité d’augmenter le temps passé par un enfant à étudier, est sûrement à ce jour la meilleure opportunité pour le ministère afghan de l’Education.

D’ailleurs, les moyens à engager pour organiser un déploiement d’envergure en Afghanistan ne seraient pas démesurés. Aujourd’hui, les forces internationales dépensent 2 milliards de dollars par semaine tandis que seulement 2 millions de dollars par semaine sont alloués à la reconstruction du système éducatif afghan. Une plus grande considération des budgets alloués à l’éducation permettrait de développer un projet éducatif à la hauteur des besoins de l’Afghanistan, en se basant sur le projet OLPC et ses valeurs. Il s’agirait juste d’utiliser les enfants comme l’outil de changement, au lieu des armes.

Pourquoi l’éducation ?

9 février 2011

La réduction de la fracture numérique, la possibilité de donner à tous l’accès à l’information, à la connaissance et à l’éducation sont des points fondamentaux de la mission de la fondation OLPC. Pourquoi ? voici une tentative d’explication.

L’EDUCATION EST UN DROIT

L’éducation est d’abord un droit:

Selon l’UNESCO, « Le droit à l’éducation est un droit fondamental de l’homme, indispensable à l’exercice de tous les autres droits de l’homme. Il promeut la liberté individuelle et l’autonomisation et apporte des bénéfices importants en matière de développement ».

L’article 26 de la déclaration universelle des droits de l’homme indique que « toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. ».

L’article 28 de la convention des droits de l’enfant indique que « les Etats doivent reconnaitre le droit de l’enfant à l’éducation, et en particulier, en vue d’assurer l’exercice de ce droit progressivement et sur la base de l’égalité des chances. ».

La plupart des pays ont inscrit le droit à l’éducation dans leur propre constitution. C’est le cas pour la France bien sûr mais c’est aussi le cas dans les pays en voie de développement. Par exemple, pour Madagascar où OLPC France mène un projet de déploiement, l’article 23 de la constitution stipule « Tout enfant a droit à l’instruction et à l’éducation sous la responsabilité des parents dans le respect de leur liberté de choix ».

L’EDUCATION EST UN OBJECTIF CENTRAL DES NATIONS UNIES

L’éducation est également un objectif central des Nations Unies. Ainsi, l’éducation Pour Tous (EPT) est le second des dix Objectifs du Millénaire fixés en l’an 2000 par les nations unies et approuvés par la majorité des pays participants: « L’objectif concret est d’ici 2015 de donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires ».

Or selon un rapport de l’UNESCO plus de 70 millions d’enfants n’ont pas aujourd’hui accès à l’éducation, rien que pour l’Afrique sub-saharienne.
Dans les pays en voie de développement, le manque de ressources est considérable, principalement à cause du peu de budget alloué à l’éducation. Le schéma ci-dessous montre la proportion de dépense d’éducation de chaque pays rapporté à sa taille. Certains pays disparaissent complétement de la carte.

Ce manque de ressources se traduit notamment par un important déficit d’enseignants. Selon le rapport de l’UNESCO, pour atteindre les objectifs du millénaire en Afrique sub-saharienne, c’est plus de 18 millions d’enseignants manquants qui devraient être formés.

LE PROJET OLPC EST UN PROJET EDUCATIF

Nicholas Negroponte, à l’origine de la fondation OLPC, a déclaré que le projet One Laptop Per Child n’est pas un projet informatique mais un projet éducatif. Il cible les pays en voie de développement où l’éducation est absente. Il a pour objectif de faciliter l’apprentissage et s’appuie pour cela sur les théories de l’apprentissage.

« It’s an education project, not a laptop project », Nicholas Negroponte

Dans les racines du projet OLPC et du système d’exploitation Sugar se trouve des travaux de chercheurs comme Maria Montessori, Paulo Freire, Seymour Papert et Alan Kay. Tous ont réfléchi à la pédagogie et à la richesse de l’expérience d’apprentissage de l’enfant et son autonomie dans l’apprentissage.
La conception de l’ordinateur XO se présente comment une fusion des théories pédagogiques. Le design du système d’exploitation du XO s’inspire des méthodes à la fois constructiviste, socio‐ constructiviste, et constructioniste. Il place l’élève au centre du processus d’apprentissage et, selon la conception constructioniste de Seymour Papert, est conçu dans le but d’améliorer les apprentissages chez l’élève.

Produit du constructivisme, le XO place l’apprenant au centre des activités comme le prône Jean Piaget : ses affordances amènent l’apprenant à construire sa propre connaissance grâce aux activités que le concepteur lui propose, par exemple l’activité « dessiner ». Comme produit du socioconstructivisme, il permet à l’apprenant de réaliser certaines activités de manière collaboratives, exemple, les fonctions « discuter »ou « écrire » qui mettent en inter action l’apprenant et les autres. Le design du système d’exploitation du XO est comparable à une boite à outils. Autrement dit, un ensemble d’activités permettant à l’élève de construire son savoir. Le XO s’inscrit dans la mouvance des découvertes en neuroscience qui ont mis en évidence la relation entre l’âge et le processus d’apprentissage : plus on est exposé tôt à un apprentissage, plus on a des chances de l’apprendre, et de le maîtriser. Cela relève comme susmentionnée des théories constructioniste, constructiviste et socioconstructiviste.

SYNTHESE

L’éducation est un droit fondamental de l’homme et du citoyen et un objectif central de développement selon les nations unies.
Par son action pour apporter l’éducation dans les endroits les plus reculés de la planète, le projet OLPC contribue de manière notable à la réduction de la fracture numérique et permet aux citoyens du monde d’accéder à la connaissance et à l’information.

A travers l’ordinateur XO, c’est la matérialisation concrète du droit de l’enfant d’avoir l’éducation à la portée ses mains qui se réalise. Voilà, ce qui guide notre action de volontaires sur le projet OLPC. Aidez-nous à promouvoir ce droit pour chaque enfant.

L’Inde annonce sa tablette « Sakshat » : vers un rapprochement avec OLPC ?

29 juillet 2010

L’annonce par le gouvernement indien du projet de produire une tablette numérique estimée à 35 dollars (« Low Cost access-Cum-Computing Device Unveiled by Shri Kapil Sibal« , The Hindu, 23/07/2010) a suscité de nombreux commentaires, parfois sceptiques quant au coût annoncé et à la faisabilité du projet, d’autant qu’il fait suite à la triste histoire du PC à 10$.

Cette tablette est associée au programme éducatif « Sakshat« , la « National Mission on Education through Information and Communication Technology » (NMEICT), et au projet « National Programme on Technology Enhanced Learning » (NPTEL) de création de contenus numériques pour l’enseignement.

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Par ailleurs, d’autres projets de tablettes voient actuellement le jour en Inde, comme celle qui a été développée par la société Allgo Embedded Systems, basée à Bangalore (Inde), pépinière de talents et berceau du Simputer, son mythique prédécesseur. Cette tablette a été présentée à l’occasion du « Freescale Technology Forum » (21-24 juin 2010, Orlando, USA), comme on peut le voir dans cette vidéo :

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Le chiffre de 35 $, fréquemment mis en exergue par les médias, fait référence à la nomenclature du produit (le « Bill Of Materials »). A la suite des déclarations teintées de polémique du ministre indien, qui pose cette nouvelle tablette en concurrent du projet OLPC, plusieurs commentaires ont été publiés, notamment sur le site d’informations indépendant OLPCNews :

En Inde, la presse replace l’annonce dans son contexte, comme on peut le constater dans l’article « Low-cost PCs fail to boot up fast in India« , qui rappelle le défi de l’industrialisation d’un projet de recherche et développement dans un pays comme l’Inde.

Nicholas Negroponte, l’initiateur du projet OLPC, a publié quant à lui sur le blog OLPC une lettre ouverte (« Welcome: $35 tablet for education« ) appelant au rapprochement entre les deux projets éducatifs. Nous vous en reproduisons ci-après le contenu intégral, en exclusivité :

« Bienvenue : Une tablette à 35 dollars pour l’éducation »

One Laptop per Child (OLPC) félicite le Ministre Kapil Sibal de faire la promotion d’une tablette à 35 dollars. L’éducation est la première des solutions pour éliminer la pauvreté, préserver l’environnement et créer la paix dans le monde. L’accès à un ordinateur portable ou à une tablette connecté constitue le moyen le plus rapide pour permettre un apprentissage universel. Nous sommes entièrement d’accord avec vous et je vous prie de considérer cette lettre ouverte comme l’engagement d’OLPC de permettre à l’Inde d’accéder librement à toute notre technologie et notre expérience reposant sur 2 millions d’ordinateurs portables que nous avons déployés dans plus de 40 pays et dans plus de 25 langues. Le but humanitaire et caritatif poursuivi par notre organisation est à l’opposé d’une quelconque volonté de concurrence. Au contraire, nous privilégions la collaboration et nous vous invitons à agir dans le même esprit.

Dans le même temps, permettez-moi de partager avec vous les six suggestions ci-après :

1. L’importance de viser les enfants de 6 à 12 ans. Ce sont eux qui représentent la ressource naturelle la plus précieuse de votre nation. Pour les élèves du cycle primaire, une tablette n’est pas une question d’informatique ou d’école, c’est une question d’espoir. Ainsi, la passion devient le premier outil au service de l’apprentissage.

2. Votre tablette doit marquer la fin de l’apprentissage « par coeur » au lieu d’être un instrument qui le favoriserait. Une société créative ne se construit pas sur la mémorisation de faits mais sur la capacité d’apprendre à apprendre. La répétition et la pratique sont des mécanismes hérités de l’ère industrielle, à une époque où la répétition et l’uniformité étaient systématiques. L’ère numérique est quant à elle celle de la personnalisation, de la collaboration et de l’appropriation. L’approche didactique du projet OLPC est connue sous le nom de constructionnisme. Nous espérons que vous l’adopterez également.

3. Les tablettes sont l’avenir. OLPC a annoncé la sienne il y a huit mois de cela. Il convient toutefois d’être attentif à un aspect des tablettes, à savoir que l’apprentissage ne se réduit pas à la consommation de médias. L’enjeu est d’en faire un outil de création. De par sa conception, l’iPad est un médium voué à la consommation. OLPC vous demande instamment de ne pas faire cette erreur.

4. L’aspect matériel est plus simple. Cependant, un matériel robuste, un écran lisible au soleil et une faible consommation sont des caractéristiques moins évidentes. Notre ordinateur est régulièrement alimenté par énergie solaire car il est de loin le portable le plus économe en énergie. Malgré cela, il ne faut pas négliger la production humaine d’électricité – grâce à une dynamo où à d’autres méthodes que les enfants peuvent employer la nuit ou lorsqu’il pleut. Ce serait une erreur de tout miser sur le solaire. Par ailleurs, un matériel robuste doit être capable de supporter l’eau ou une chute d’une hauteur de 3 mètres sur un sol de pierre.

5. L’aspect logiciel est plus difficile. Le choix de Linux est une évidence, mais quoi que vous fassiez, ne faites pas l’erreur d’en faire un système dédié doté d’un petit nombre de fonctions. Il est important que cela soit un ordinateur généraliste, permettant à tout un chacun de développer des logiciels, d’inventer des applications et de programmer. Nous savons que lorsque les enfants programment, ils pratiquent une activité idéale pour « penser à penser ». De même, lorsqu’ils corrigent leurs programmes, ils apprennent à apprendre. Là est la clé.

6. Par ailleurs, l’avis le plus important et sans doute le plus facile à négliger parmi les avis que je prends la liberté de partager avec vous, c’est celui d’un design industriel solide. Réalisez une tablette abordable mais pas une tablette au rabais. Faites en sorte qu’elle soit attractive, que chacun ait envie de l’aimer et ait plaisir à la posséder. Inspirez-vous d’Apple en la matière, et aussi, pourquoi pas, d’OLPC. Mettez-y la meilleure équipe de designers qui existe en Inde.

L’Inde est si immense que vous avez toutes les chances de vous satisfaire de votre marché intérieur. Mais ne vous arrêtez pas là car le monde a besoin de votre réalisation et de votre leadership ! Votre tablette n’est pas une « réponse » à l’ordinateur XO du projet OLPC ou son « concurrent ». Elle appartient à une famille vouée à la paix et à la prospérité grâce à la transformation par l’éducation. Pour conclure, je vous réitère mon invitation à vous offrir un accès total et gratuit à toute notre technologie. Je vous invite vivement à envoyer une équipe au MIT et à OLPC à la date qui vous conviendra, de manière à nous permettre de partager nos résultats avec vous.

Nicholas Negroponte
Fondateur et président
One Laptop per Child Foundation
Cambridge, Massachusetts
USA

[Traduction par "OLPC France" de "Welcome: $35 tablet for education"]

Cette lettre ouverte de Nicholas Negroponte préfigure-t-elle un rapprochement entre le projet de tablette annoncé par le gouvernement indien et le projet OLPC ? L’avenir le dira. Mais on ne peut s’empêcher en tout cas de lire dans cette lettre le « cahier des charges » de ce que doit être une tablette de type « XO-3″ :

  • Un outil pour les 6 à 12 ans,
  • Un outil pour apprendre à apprendre,
  • Un outil pour produire du contenu pas uniquement pour consommer,
  • Un outil durci avec un écran lisible au soleil et qui consomme peu d’énergie,
  • Un outil reposant sur un système libre et ouvert,
  • Un outil beau et avec un design soigné.

Nul doute que la fondation OLPC reste ambitieuse !

Low Cost access-Cum-Computing Device Unveiled by Shri Kapil Sibal

Edition numérique : les convergences

9 juillet 2010

L’édition numérique devient un sujet central et un point de convergence pour plusieurs secteurs d’activité. Ce constat résulte d’un faisceau d’indices concordants : l’enrichissement de l’offre de livres électroniques, l’émergence d’ordinateurs de type tablette numérique, la maturation des projets d’informatique éducative, en particulier dans les pays en développement.

La pertinence des questionnements qui sont suscités par ces évolutions est illustrée, dans l’actualité immédiate, par les événements suivants :

Une journée d’étude

Le 3ème BookCamp, une journée d’ateliers consacrée au livre numérique, sera organisé à Paris, le 25 septembre 2010, dans les locaux de La Cantine.

« L’idée de cette journée est de proposer une demi-journée d’expérimentations et de réflexions autour du livre et du numérique. Une série d’ateliers « main à la pâte » pour mieux partager les impacts de l’innovation numérique sur la chaîne du livre. Une occasion de rencontre et d’échanges entre bibliothécaires, libraires, éditeurs, auteurs, critiques et lecteurs avec pour mot d’ordre, « tous participants ». »

Un manuel pour produire des livres numériques

Rédigé par James Simmons, le manuel « Reading and Leading with Sugar » (version PDF provisoire) a pour ambition de démocratiser la lecture et la production des livres électroniques, notamment sur la plate-forme pédagogique Sugar du  Sugar Labs, dans le contexte de l’extension du projet éducatif OLPC, auquel plus d’un million d’enfants des pays en développement ont désormais accès.

L’édition numérique dans les pays du Sud

Un appel d’offre (en français et en anglais) coordonné par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, concernant la réalisation d’une étude sur l’édition numérique dans les pays du « Sud » a été ouvert. Les propositions de projets sont à  remettre à l’organisateur pour le 29 août 2010 ; le comité de sélection rendra son avis le 20 septembre 2010.

Clairement, les synergies de cette thématique des livres numériques avec les projets de bibliothèques numériques des communautés Sugar/OLPC de par le monde, et, en particulier, avec les projets de bibliothèques numériques auxquels participe OLPC France (comme notre partenariat avec l’éditeur malgache Prédiff, qui a donné lieu au premier livre jeunesse malgache en numérique), sont évidentes.

Cette thématique est en effet à replacer dans le contexte de la sortie prochaine de la tablette XO 3, pour laquelle il faudra trouver des contenus à proposer aux déploiements OLPC, notamment dans l’espace francophone, en Afrique, dans les Antilles, l’espace Océan indien et ailleurs.

Les enfants grandissent : leur XO aussi !

17 juin 2010

Nous avons désormais plus de précisions sur les caractéristiques techniques des nouveaux ordinateurs XO qui seront utilisés en automne prochain par 90 000 élèves du cycle d’enseignement secondaire en Uruguay, comme vient de l’annoncer le portail éducatif du Plan CEIBAL (« Laptops para secundaria y UTU« ), après les précédentes annonces (voir « One Laptop per Child updates design for older pupils« ).

Parmi les nouveautés : un vrai clavier, qui remplace le clavier à membrane de la première génération du XO (XO 1).

Autre détail : la couleur bleue !

Par ailleurs, ce nouvel ordinateur plus puissant et performant, exécutant la distribution GNU/Linux Fedora 11, sera équipé de la mise à jour « XO-HS High School Editon« ,  la nouvelle plateforme Sugar  développée conjointement par le Sugar Labs, l’association Paraguay Educa et la fondation OLPC (voir « Deployment Team/Sugar-0.88« ).

Le gain de puissance entre le XO  et le XO 1.5 n’est certes pas négligeable, même s’il importe de relativiser ce paramètre, en particulier dans un projet éducatif, comme le souligne Martin Langhoff, directeur technique OLPC (« Con un procesador más rápido no se aprende más rápido » [Un processeur plus rapide ne signifie pas que l'on apprend plus vite]).

Ainsi, les deux environnements de bureau Sugar et Gnome seront utilisables avec la possibilité, pour l’utilisateur, de choisir l’un ou l’autre alternativement.

Démonstration en vidéo, sur un précédent prototype :

Image de prévisualisation YouTube

Bien entendu, l’environnement Sugar peut être testé, ici et maintenant, indépendamment de la plateforme, donc sur un PC classique, même si vous n’avez pas de XO 1 ou de XO 1.5, grâce à la solution Sugar On A Stick ! Le tout en Français, si la langue de Molière a votre préférence !