Bilan d’activités 2011 de l’association OLPC France

3 novembre 2011

L’Assemblée générale de l’association, tenue le 15 octobre 2011, a permis de faire le bilan des actions menées. Voir la présentation détaillée. En un an et pour la modique somme de 8182 euros, l’association OLPC France, qui compte 36 adhérents, a pu mener divers actions s’articulant autour de quatre axes :

Support et déploiement

Contenu

Communauté

Communication

  • Le site web (wiki) totalise 4 000 000 de visites sur un an contre 1 185 000 en 2009, et est très bien référencé sur Bing et Google. Il est le principal point d’accès (67% des visites) vers les informations sur OLPC France.
  • 140 billets ont été publiés sur le blog, 234 publications sur Facebook, 426 tweets, 43 000 vidéos vues, 15 citations dans des articles de presse

En bref pour 2011: de nouveaux membres actifs, plus de projets que jamais, un réel focus sur les contenus et une vraie reconnaissance de la fondation et des communautés.

Pour 2012, l’association souhaite : accueillir toujours plus de volontaires, identifier de nouveaux partenaires, accompagner les idées de projet, pérenniser les contenus, accompagner la montée en puissance de Nosy Komba, étudier les possibilités d’un nouveau pilote, réaliser un vrai site web et poursuivre l’investissement sur les réseaux sociaux.

Pour soutenir les projets de l’association OLPC France, faites un don en ligne cliquez ici.

Pourquoi l’éducation ?

9 février 2011

La réduction de la fracture numérique, la possibilité de donner à tous l’accès à l’information, à la connaissance et à l’éducation sont des points fondamentaux de la mission de la fondation OLPC. Pourquoi ? voici une tentative d’explication.

L’EDUCATION EST UN DROIT

L’éducation est d’abord un droit:

Selon l’UNESCO, « Le droit à l’éducation est un droit fondamental de l’homme, indispensable à l’exercice de tous les autres droits de l’homme. Il promeut la liberté individuelle et l’autonomisation et apporte des bénéfices importants en matière de développement ».

L’article 26 de la déclaration universelle des droits de l’homme indique que « toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. ».

L’article 28 de la convention des droits de l’enfant indique que « les Etats doivent reconnaitre le droit de l’enfant à l’éducation, et en particulier, en vue d’assurer l’exercice de ce droit progressivement et sur la base de l’égalité des chances. ».

La plupart des pays ont inscrit le droit à l’éducation dans leur propre constitution. C’est le cas pour la France bien sûr mais c’est aussi le cas dans les pays en voie de développement. Par exemple, pour Madagascar où OLPC France mène un projet de déploiement, l’article 23 de la constitution stipule « Tout enfant a droit à l’instruction et à l’éducation sous la responsabilité des parents dans le respect de leur liberté de choix ».

L’EDUCATION EST UN OBJECTIF CENTRAL DES NATIONS UNIES

L’éducation est également un objectif central des Nations Unies. Ainsi, l’éducation Pour Tous (EPT) est le second des dix Objectifs du Millénaire fixés en l’an 2000 par les nations unies et approuvés par la majorité des pays participants: « L’objectif concret est d’ici 2015 de donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires ».

Or selon un rapport de l’UNESCO plus de 70 millions d’enfants n’ont pas aujourd’hui accès à l’éducation, rien que pour l’Afrique sub-saharienne.
Dans les pays en voie de développement, le manque de ressources est considérable, principalement à cause du peu de budget alloué à l’éducation. Le schéma ci-dessous montre la proportion de dépense d’éducation de chaque pays rapporté à sa taille. Certains pays disparaissent complétement de la carte.

Ce manque de ressources se traduit notamment par un important déficit d’enseignants. Selon le rapport de l’UNESCO, pour atteindre les objectifs du millénaire en Afrique sub-saharienne, c’est plus de 18 millions d’enseignants manquants qui devraient être formés.

LE PROJET OLPC EST UN PROJET EDUCATIF

Nicholas Negroponte, à l’origine de la fondation OLPC, a déclaré que le projet One Laptop Per Child n’est pas un projet informatique mais un projet éducatif. Il cible les pays en voie de développement où l’éducation est absente. Il a pour objectif de faciliter l’apprentissage et s’appuie pour cela sur les théories de l’apprentissage.

« It’s an education project, not a laptop project », Nicholas Negroponte

Dans les racines du projet OLPC et du système d’exploitation Sugar se trouve des travaux de chercheurs comme Maria Montessori, Paulo Freire, Seymour Papert et Alan Kay. Tous ont réfléchi à la pédagogie et à la richesse de l’expérience d’apprentissage de l’enfant et son autonomie dans l’apprentissage.
La conception de l’ordinateur XO se présente comment une fusion des théories pédagogiques. Le design du système d’exploitation du XO s’inspire des méthodes à la fois constructiviste, socio‐ constructiviste, et constructioniste. Il place l’élève au centre du processus d’apprentissage et, selon la conception constructioniste de Seymour Papert, est conçu dans le but d’améliorer les apprentissages chez l’élève.

Produit du constructivisme, le XO place l’apprenant au centre des activités comme le prône Jean Piaget : ses affordances amènent l’apprenant à construire sa propre connaissance grâce aux activités que le concepteur lui propose, par exemple l’activité « dessiner ». Comme produit du socioconstructivisme, il permet à l’apprenant de réaliser certaines activités de manière collaboratives, exemple, les fonctions « discuter »ou « écrire » qui mettent en inter action l’apprenant et les autres. Le design du système d’exploitation du XO est comparable à une boite à outils. Autrement dit, un ensemble d’activités permettant à l’élève de construire son savoir. Le XO s’inscrit dans la mouvance des découvertes en neuroscience qui ont mis en évidence la relation entre l’âge et le processus d’apprentissage : plus on est exposé tôt à un apprentissage, plus on a des chances de l’apprendre, et de le maîtriser. Cela relève comme susmentionnée des théories constructioniste, constructiviste et socioconstructiviste.

SYNTHESE

L’éducation est un droit fondamental de l’homme et du citoyen et un objectif central de développement selon les nations unies.
Par son action pour apporter l’éducation dans les endroits les plus reculés de la planète, le projet OLPC contribue de manière notable à la réduction de la fracture numérique et permet aux citoyens du monde d’accéder à la connaissance et à l’information.

A travers l’ordinateur XO, c’est la matérialisation concrète du droit de l’enfant d’avoir l’éducation à la portée ses mains qui se réalise. Voilà, ce qui guide notre action de volontaires sur le projet OLPC. Aidez-nous à promouvoir ce droit pour chaque enfant.

L’Inde annonce sa tablette « Sakshat » : vers un rapprochement avec OLPC ?

29 juillet 2010

L’annonce par le gouvernement indien du projet de produire une tablette numérique estimée à 35 dollars (« Low Cost access-Cum-Computing Device Unveiled by Shri Kapil Sibal« , The Hindu, 23/07/2010) a suscité de nombreux commentaires, parfois sceptiques quant au coût annoncé et à la faisabilité du projet, d’autant qu’il fait suite à la triste histoire du PC à 10$.

Cette tablette est associée au programme éducatif « Sakshat« , la « National Mission on Education through Information and Communication Technology » (NMEICT), et au projet « National Programme on Technology Enhanced Learning » (NPTEL) de création de contenus numériques pour l’enseignement.

Image de prévisualisation YouTube

Par ailleurs, d’autres projets de tablettes voient actuellement le jour en Inde, comme celle qui a été développée par la société Allgo Embedded Systems, basée à Bangalore (Inde), pépinière de talents et berceau du Simputer, son mythique prédécesseur. Cette tablette a été présentée à l’occasion du « Freescale Technology Forum » (21-24 juin 2010, Orlando, USA), comme on peut le voir dans cette vidéo :

Image de prévisualisation YouTube

Le chiffre de 35 $, fréquemment mis en exergue par les médias, fait référence à la nomenclature du produit (le « Bill Of Materials »). A la suite des déclarations teintées de polémique du ministre indien, qui pose cette nouvelle tablette en concurrent du projet OLPC, plusieurs commentaires ont été publiés, notamment sur le site d’informations indépendant OLPCNews :

En Inde, la presse replace l’annonce dans son contexte, comme on peut le constater dans l’article « Low-cost PCs fail to boot up fast in India« , qui rappelle le défi de l’industrialisation d’un projet de recherche et développement dans un pays comme l’Inde.

Nicholas Negroponte, l’initiateur du projet OLPC, a publié quant à lui sur le blog OLPC une lettre ouverte (« Welcome: $35 tablet for education« ) appelant au rapprochement entre les deux projets éducatifs. Nous vous en reproduisons ci-après le contenu intégral, en exclusivité :

« Bienvenue : Une tablette à 35 dollars pour l’éducation »

One Laptop per Child (OLPC) félicite le Ministre Kapil Sibal de faire la promotion d’une tablette à 35 dollars. L’éducation est la première des solutions pour éliminer la pauvreté, préserver l’environnement et créer la paix dans le monde. L’accès à un ordinateur portable ou à une tablette connecté constitue le moyen le plus rapide pour permettre un apprentissage universel. Nous sommes entièrement d’accord avec vous et je vous prie de considérer cette lettre ouverte comme l’engagement d’OLPC de permettre à l’Inde d’accéder librement à toute notre technologie et notre expérience reposant sur 2 millions d’ordinateurs portables que nous avons déployés dans plus de 40 pays et dans plus de 25 langues. Le but humanitaire et caritatif poursuivi par notre organisation est à l’opposé d’une quelconque volonté de concurrence. Au contraire, nous privilégions la collaboration et nous vous invitons à agir dans le même esprit.

Dans le même temps, permettez-moi de partager avec vous les six suggestions ci-après :

1. L’importance de viser les enfants de 6 à 12 ans. Ce sont eux qui représentent la ressource naturelle la plus précieuse de votre nation. Pour les élèves du cycle primaire, une tablette n’est pas une question d’informatique ou d’école, c’est une question d’espoir. Ainsi, la passion devient le premier outil au service de l’apprentissage.

2. Votre tablette doit marquer la fin de l’apprentissage « par coeur » au lieu d’être un instrument qui le favoriserait. Une société créative ne se construit pas sur la mémorisation de faits mais sur la capacité d’apprendre à apprendre. La répétition et la pratique sont des mécanismes hérités de l’ère industrielle, à une époque où la répétition et l’uniformité étaient systématiques. L’ère numérique est quant à elle celle de la personnalisation, de la collaboration et de l’appropriation. L’approche didactique du projet OLPC est connue sous le nom de constructionnisme. Nous espérons que vous l’adopterez également.

3. Les tablettes sont l’avenir. OLPC a annoncé la sienne il y a huit mois de cela. Il convient toutefois d’être attentif à un aspect des tablettes, à savoir que l’apprentissage ne se réduit pas à la consommation de médias. L’enjeu est d’en faire un outil de création. De par sa conception, l’iPad est un médium voué à la consommation. OLPC vous demande instamment de ne pas faire cette erreur.

4. L’aspect matériel est plus simple. Cependant, un matériel robuste, un écran lisible au soleil et une faible consommation sont des caractéristiques moins évidentes. Notre ordinateur est régulièrement alimenté par énergie solaire car il est de loin le portable le plus économe en énergie. Malgré cela, il ne faut pas négliger la production humaine d’électricité – grâce à une dynamo où à d’autres méthodes que les enfants peuvent employer la nuit ou lorsqu’il pleut. Ce serait une erreur de tout miser sur le solaire. Par ailleurs, un matériel robuste doit être capable de supporter l’eau ou une chute d’une hauteur de 3 mètres sur un sol de pierre.

5. L’aspect logiciel est plus difficile. Le choix de Linux est une évidence, mais quoi que vous fassiez, ne faites pas l’erreur d’en faire un système dédié doté d’un petit nombre de fonctions. Il est important que cela soit un ordinateur généraliste, permettant à tout un chacun de développer des logiciels, d’inventer des applications et de programmer. Nous savons que lorsque les enfants programment, ils pratiquent une activité idéale pour « penser à penser ». De même, lorsqu’ils corrigent leurs programmes, ils apprennent à apprendre. Là est la clé.

6. Par ailleurs, l’avis le plus important et sans doute le plus facile à négliger parmi les avis que je prends la liberté de partager avec vous, c’est celui d’un design industriel solide. Réalisez une tablette abordable mais pas une tablette au rabais. Faites en sorte qu’elle soit attractive, que chacun ait envie de l’aimer et ait plaisir à la posséder. Inspirez-vous d’Apple en la matière, et aussi, pourquoi pas, d’OLPC. Mettez-y la meilleure équipe de designers qui existe en Inde.

L’Inde est si immense que vous avez toutes les chances de vous satisfaire de votre marché intérieur. Mais ne vous arrêtez pas là car le monde a besoin de votre réalisation et de votre leadership ! Votre tablette n’est pas une « réponse » à l’ordinateur XO du projet OLPC ou son « concurrent ». Elle appartient à une famille vouée à la paix et à la prospérité grâce à la transformation par l’éducation. Pour conclure, je vous réitère mon invitation à vous offrir un accès total et gratuit à toute notre technologie. Je vous invite vivement à envoyer une équipe au MIT et à OLPC à la date qui vous conviendra, de manière à nous permettre de partager nos résultats avec vous.

Nicholas Negroponte
Fondateur et président
One Laptop per Child Foundation
Cambridge, Massachusetts
USA

[Traduction par "OLPC France" de "Welcome: $35 tablet for education"]

Cette lettre ouverte de Nicholas Negroponte préfigure-t-elle un rapprochement entre le projet de tablette annoncé par le gouvernement indien et le projet OLPC ? L’avenir le dira. Mais on ne peut s’empêcher en tout cas de lire dans cette lettre le « cahier des charges » de ce que doit être une tablette de type « XO-3″ :

  • Un outil pour les 6 à 12 ans,
  • Un outil pour apprendre à apprendre,
  • Un outil pour produire du contenu pas uniquement pour consommer,
  • Un outil durci avec un écran lisible au soleil et qui consomme peu d’énergie,
  • Un outil reposant sur un système libre et ouvert,
  • Un outil beau et avec un design soigné.

Nul doute que la fondation OLPC reste ambitieuse !

Low Cost access-Cum-Computing Device Unveiled by Shri Kapil Sibal

La route est longue mais la voie est libre !

8 juillet 2010

Alerte ! le projet éducatif OLPC est sur le point d’échouer !

Comment cela est-il possible ? Et cela n’est-il pas paradoxal, alors que nous ne cessons, à OLPC France, de nous faire l’écho des avancées de ce projet éducatif dans le monde, en particulier dans ce blog !

L’échec, paradoxalement, c’est quand on est à deux doigts de réussir, mais que, pour diverses raisons, on imagine que tout est gagné, ou que les autres vont prendre le relais et faire aboutir un projet !

Or, nous sommes engagés dans des projets éducatifs ! Ceci implique une action sur la durée, et la participation d’acteurs divers dans les écoles et autour : communautés villageoises, communautés d’enseignants, familles, enfants, communautés de développeurs, etc. L’action de chacun, même à distance et en amont ou en marge des classes dans lesquelles les ordinateurs éducatifs sont utilisés est primordiale.

D’ailleurs, côté développement logiciel, l’effort ne faiblit pas, comme le montrent les dernières annonces :

*Announce: OLPC software strategy

*Announcing the OLPC OS 10.1.1 final release!

A l’autre « bout de la chaîne », c’est aussi la même mobilisation, par exemple, dans l’actualité récente :

* au Rwanda : Teachers Capacity Building kickoffs OLPC implementation in Rwanda

* en Uruguay : Ceibal high-school project update

* en Argentine, au Paraguay : « Con un procesador más rápido no se aprende más rápido »

* au Chili : Experiencia piloto de Sugar en Macul

* etc. (voir la Revue de presse sur le wiki OLPC France)

Ce ne sont que des exemples, mais ils sont significatifs du dynamisme des actions entreprises.

Par conséquent, l’échec menace quand on croit avoir suffisamment avancé. Deux exemples, parmi les actions de notre petite association OLPC France :

Le projet CLIS Mornant

CLIS Mornant

Nosy Komba

Nosy Komba

et Préparation du debrief Nosy Komba

Chacun de ces projets a besoin d’aide, de votre aide ! Pour que chacun de ces essais soit transformé en succès !

Vous trouverez quelques indications sur les possibilités de contribution à la rubrique « Contribuer au projet OLPC » du wiki OLPC France. A bientôt !

L’école, catalyseur du développement

2 mai 2010

Location_department_Canelones(Uruguay)Lucas, un jeune uruguayen de 11 ans, vivant avec ses parents Richard et Marisol, en Uruguay, dans le département de Canelones, est l’un des 400 000 enfants dont la scolarité se déroule dans le contexte du « Plan Ceibal« , le programme OLPC développé ces dernières années en Uruguay.

C’est ce que nous apprenons en découvrant le témoignage de cette famille, dans l’article « CEIBAL más allá del aula » publié sur son blog par Fernando da Rosa Morena – un enseignant uruguayen travaillant dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication et contribuant concrètement à faire vivre le « Plan Ceibal », en particulier à travers des actions d’information, de formation et d’assistance technique – et dans l’entretien enregistré dans cette vidéo (voir licence en bas de page) :

Richard, originaire de Montevideo, a décidé de s’installer dans une zone rurale, où il exerce, à partir de sa petite exploitation familiale de la localité de Piedras de Afilar, diverses activités d’élevage, d’agriculture organique, de fabrication et commercialisation de pain, dans un contexte d’autosubsistance. L’automne, il participe à la cueillette des champignons dans la montagne voisine, pour les revendre, modestement, à partir d’un stand installé au bord de la « Ruta interbalnearia« , aux automobilistes de passage.

LucasLucas, 11 ans, filmé ici en train de jouer sur son XO au jeu de lettres Falabracman, fréquente l’école voisine, distante de quelques kilomètres. Lucas a reçu, comme ses camarades de son école et les enfants scolarisés du pays, un ordinateur XO (surnommé affectueusement « Ceibalita »). Il l’utilise dans le cadre scolaire, où les élèves
bénéficient d’une connexion Internet, mise en place dans le cadre du « Plan Ceibal », et le rapporte à la maison.

Par la suite, les parents de Lucas ont pu utiliser la connectivité Internet de l’école. Ceci leur a permis de développer leur exploitation familiale, en recherchant des débouchés commerciaux pour écouler la production de champignons. L’accès à de nouveaux marchés, dans la capitale Montevideo, puis à Zaragoza, en Espagne, avec le soutien initial des autorités du chef-lieu du département de Canelones, a justifié la création d’une coopérative et la participation du village dans les tâches de cueillette, préparation, conditionnement, transport, commercialisation. Richard observe que l’amélioration des conditions de travail dans le cadre de cette activité bénéficie à de nombreuses personnes du village, qui travaillaient auparavant dans des conditions précaires.

RichardPour Richard, cette situation est littéralement révolutionnaire et s’inscrit dans une logique de démocratisation, comme il l’analyse dans son témoignage, dans la mesure où elle permet à sa famille et à son village de développer une activité jusqu’alors artisanale, dans des proportions inimagineables auparavant. Il fait état de chiffres de 15 à 20 fois plus élevés (près de 5 tonnes annuelles), comparé aux années précédentes. Ce résultat a été rendu possible par l’accès à d’autres canaux de distribution, que l’accès à des nouvelles sources d’informations lui a permis d’identifier et d’exploiter.

Pour Lucas, qui trouve, avec cet ordinateur pédagogique, l’occasion de partager ses nouvelles connaissances avec ses parents, cela lui donne une nouvelle place dans sa famille et contribue à lui donner une plus grande confiance en soi.

L’école est ainsi devenue, avec la mise en place d’un programme d’accès aux nouvelles technologies éducatives, le catalyseur du développement économique. Un effet secondaire de la promesse éducative du projet OLPC, illustré dans une zone rurale d’un pays du Sud, visionnaire et précurseur, pour qui l’inclusion numérique et éducative va de pair avec l’inclusion sociale et économique.
Licence :

Creative Commons License
CEIBAL más allá del aula by Fernando da Rosa Morena is licensed under a Creative Commons Reconocimiento-No comercial-Compartir bajo la misma licencia 3.0 Unported License.
Based on a work at www.fedaro.info.


Référence
:

  • Détail des opérations de sous-titrage mises en oeuvre (avec le concours, en particulier, de Marielle Lopez, Camille Robert, Ahmed Mansour/OLPC Maroc, Bastien Guerry, Sebastien Agnot/Dailymotion), sur le wiki OLPC France : Sous-titrage

Information and Communications for Development 2009: Extending Reach and Increasing Impact

Un ordinateur par enfant : combien ça coûte ?

30 septembre 2009

Voici les chiffres bruts du Plan Ceibal (Uruguay), communiqués par Miguel Brechner, lors de la conférence « Reinventing the Classroom – Reinventar el Aula – Impacto Social y Educativo de la Incorporación de TIC en la Educación« , organisée le 15 septembre 2009, par la Banque Interaméricaine de Développement (IADB), à Washington, DC.

Source :  One Laptop Per Child and Per Teacher

Données du déploiement en Uruguay

* 380 000 ordinateurs
* 2068 écoles avec Internet
* 1670 serveurs d’école
* 3000 points d’accès internes, 800 externes
* 140 000 enfants à moins de 300 m pour avoir Internet
* 18 000 enseignants formés
* 500 enseignants/formateurs pour l’assistance des enseignants, 1500 volontaires
* 250 places publiques avec Internet
* Portail éducatif, www.ceibal.edu.uy
* Chaîne TV Ceibal

Coûts du déploiement et d’exploitation (2008-2009)

(en USD)

ordinateurs portables 188,83
connectivité 31,41
serveurs 4,5
pièces de rechange 4,95
logistique 1,98
fournitures 2,66
coûts d’exploitation 6,98
diffusion et impact 2,38
TOTAL 248,08

Coûts d’exploitation (2010)

connectivité 4,61
pièces de rechange 4,95
fournitures 0,97
coûts d’exploitation 9,49
diffusion et impact 1,74
TOTAL 21,76

Coût sur 4 ans : 188 + 88 = 276

Implémentation : < 0,2% PIB, soit <5% du budget de l’éducation

Exploitation : <0,1% PIB

La « Ceibalita » pour tous

19 septembre 2009

Le projet « Un Ordinateur par enfant », c’est désormais une réalité vécue par près d’un million d’enfants dans le monde. En Uruguay, dans le cadre du projet CEIBAL d’inclusion numérique, toutes les 2360 écoles primaires publiques du pays sont équipées, soit 390 000 enfants, qui  possèdent leur propre ordinateur XO et l’utilisent au quotidien : en classe, dans les cours de récréation, sur les places publiques, à la maison. 15 000 de leurs enseignants ont déjà bénéficié d’un programme d’acquisition d’ordinateurs portables, dans le cadre du projet Ceibal.

Ceibal Melo Escuela 46 11

Ceibal Melo Escuela 46 11

Qu’en pensent les enfants, les premiers concernés ? Quelle analyse les promoteurs de ce projet ambitieux en font-ils ? Sur quoi repose le caractère « révolutionnaire » de ce projet éducatif ?

Qu’en pensent les enfants ?

Pour répondre à cette question, lisons l’article La Ceibalita para todos, parue sur un blog uruguayen (17/09/2009).

« Un ordinateur par enfant et par maître, avec une connexion à Internet, c’est très utile, tu le savais. Alors, je t’invite à lire cet entretien que nous avons eu avec un enfant que nous avons rencontré sur une place, à partir de laquelle il se connectait à Internet. Il s’appelle Rodrigo Fuentes et il a 9 ans. Nous lui avons posé différentes questions, auxquelles il a répondu.

Nos questions étaient les suivantes :

1- Tu utilises la XO pour quoi faire ?

2- Vous l’utilisez souvent à l’école ?

3- Personnellement, est-ce que tu penses que la XO ne sert à rien ?

4- Tu apprends quelque chose à tes camarades et à ta maîtresse ? Ta maîtresse et tes camarades  t’apprennent-ils quelque chose ?

Voici ce qu’il nous a répondu :

1- J’utilise la XO pour faire mes devoirs et pour travailler, et aussi pour jouer.

2- Oui, les maîtres. les stagiaires et tous les enfants.

3- Oui, la XO est utile. Par exemple, j’ai un camarade dont les parents ne peuvent pas lui acheter de livres. Alors, maintenant, avec la XO, il a une ressource pour apprendre et étudier virtuellement.

4- Oui, toujours. Si j’apprends quelque chose, je le transmets à mes camarades et à ma maîtresse et s’ils apprennent quelque chose, ils me transmettent cette connaissance. »

Ceibal

Ceibal

Rodrigo utilise au quotidien la plateforme d’apprentissage Sugar sur son XO. Pardon, je devrais dire sur « sa » XO, pour reprendre l’usage des enfants uruguayens, à propos de leur « Ceibalita ». « Sugar encourage chaque enfant à être une force créatrice au sein de sa communité et sa culture », précise Walter Bender (source : The Role of Free Software in Education, 18/09/2009). Vaste projet, dans la lignée de Maria Montessori, Jean Piaget, Alan Kay.

Un projet éducatif aussi ambitieux dans ses objectifs et d’une telle ampleur dans sa réalisation implique une refonte importante du système éducatif. Ce travail ne fait que commencer, on s’en doute. Il suscite des réflexions sur les pratiques pédagogiques et inspire des études d’impact auxquelles participent les différents acteurs du secteur de l’éducation. C’est, à court et à moyen terme, une profonde mutation, qui se dessine, pour ne pas dire plus.

Une révolution en marche

Une révolution, réellement ? Voilà un bien grand mot ! C’est pourtant le terme, soigneusement choisi, qu’a avancé le promoteur du projet Ceibal en Uruguay, le Président Tabaré Vázquez (Espectador.com, 15/09/2009) :

« C’est une révolution en termes d’égalité des chances d’accès aux technologies de l’information et de la communication. L’ordinateur et l’accès à Internet qui était, il y a à peine trois ans, le privilège d’une minorité d’élèves uruguayens dans les secteurs socio-économiques moyens et supérieurs, dans un pays où, malgré un ralentissement enregistré au cours des dernières années, 20% de la population est victime de la pauvreté ; c’est aujourd’hui un droit pour tous les élèves du pays. Y compris pour ceux qui font partie de ces 20% de population paupérisée. »

C’est donc bien un programme d’inclusion numérique, et au-delà, d’inclusion sociale, qui est en marche, et qui a pris le parti d’améliorer les conditions d’éducation pour toute une classe d’âge, tant dans les zones rurales enclavées que dans les villes.

Une dynamique de partage globale

Il a été beaucoup question de l’ordinateur XO lui-même, dont l’aspect original et les technologies novatrices ne cessent de susciter des réactions, rarement indifférentes.

La plateforme d’apprentissage Sugar n’est pas en reste et mérite elle aussi un coup de projecteur.

Le Journal de Sugar

« Sugar est un projet global Traduit dans 25 langues, il est utilisé dans les salles de classes de 40 pays par plus d’un million d’enfants dans le cadre du programme à vocation non lucrative One Laptop per Child (OLPC). L’interface simple de Sugar, ses fonctions de collaboration intégrée et de sauvegarde automatique à l’aide du Journal propre à chaque élève, ont été conçues afin d’intéresser les jeunes en situation d’apprentissage. » (source : Sugar Labs and FSF announce joint efforts to promote learning platform for children, 18/09/2008).

Et les autres enfants ?

Une question qui a taraudé les enseignants, parents, établissements d’enseignement – intéressés par les perspectives offertes par un tel outil d’apprentissage était de savoir si le programme OLPC pouvait bénéficier également aux enfants des pays développés. La fin de l’histoire des nouvelles technologies éducatives et de leur implantation dans l’enseignement est loin d’être écrite. De ce fait, il n’est pas possible, à l’heure actuelle de savoir si l’exclusion qui n’épargne pas les enfants du Nord, tout particulièrement dans un contexte de déficit budgétaire global, dont les répercussions sont encore plus critiques au Sud, trouvera une solution à travers des programmes d’équipement informatique « 1 à 1″.

Que gagne-t-on ?

En effet, pourquoi priver les uns comme les autres – au Nord comme au Sud – des bénéfices de cet investisssement sur l’avenir ? Ceux-ci ont été synthétisés par Miguel Brechner, l’un des principaux architectes, en Uruguay, du projet Ceibal, à l’occasion du séminaire « Reinventing the Classroom: Social and Educational Impact of Information and Communications Technologies in Education« , organisé par la BID (Banque Interaméricaine de Développement), le 15/09/2009. Ces observations ont été notées par Walter Bender, le responsable du Sugar Labs.

  • Les enseignants sont à l’initiative du changement ;
  • Il y a moins d’absentéisme ;
  • La motivation s’est améliorée dans l’ensemble ;
  • Les élèves sont plus motivés pour faire leurs devoirs ;
  • Ils passent moins de temps devant la télévision ;
  • Les parents s’impliquent plus fortement ;
  • Les enfants sont plus motivés pour aller à l’école ;
  • Ils ont une meilleure estime d’eux-même ;
  • Ils sont plus intéressés à apprendre ;
  • Il y a beaucoup moins de redoublements ;
  • Les compétences de base en informatique sont améliorées ;
  • Les enfants sont plus enclins à collaborer et à partager.

L’alternative qui a été imaginée consiste à « porter » la plateforme d’apprentissage sur une clé USB.

« Le projet Sugar on a Stick (SoaS), qui a vu le jour récemment, donne accès à  Sugar à un nombre d’enfants encore plus élevé. Il permet aux jeunes apprenants de conserver une copie fonctionnelle de Sugar sur une simple clé USB, utilisable sur tout PC ou netbook, avec l’environnement et les données de l’enfant. Des projets pilotes menés dans des écoles avec Sugar on a Stick sont en cours à Boston, Berlin et ailleurs. SoaS est un logiciel libre disponible sous la licence GPL (General Public License) et peut être téléchargé gratuitement sur sugarlabs.org. » (source : Sugar Labs and FSF announce joint efforts to promote learning platform for children, 18/09/2008).

Combien ça coûte, un ordinateur par enfant ?

La question du coût de l’ordinateur « à 100 $ » refait surface régulièrement. Le coût du programme uruguayen, lancé en 2006, est évalué à 82 millions d’Euros (Zeit Online, 14/09/2009 ).

Dans tous les cas, le coût d’un tel programme est sans commune mesure avec celui d’une campagne militaire, comme le souligne Nicolas Negroponte, l’initiateur du projet OLPC, à l’occasion d’une discussion dans les locaux du Sénat américain (Fighting Insurgencies with Laptops) : 2 milliards de dollars/semaine de guerre en Irak et en Afghanistan, contre 1 milliard de dollars/an pour « saturer » l’Afghanistan dans le cadre d’un projet OLPC.

Pour conclure, j’aimerais citer les mots du Président du Rwanda, Paul Kagamé,dont le pays s’est engagé avec résolution, dans un véritable bond en avant dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, notamment avec sa participation au programme OLPC à l’échelle du pays.

« Tous les Rwandais s’accordent sur le fait que le seul investissement assurant la possibilité de retours infinis est notre investissement sur les enfants. » (source : World Technology Summit, 16/07/2009).

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