L’école, catalyseur du développement

Location_department_Canelones(Uruguay)Lucas, un jeune uruguayen de 11 ans, vivant avec ses parents Richard et Marisol, en Uruguay, dans le département de Canelones, est l’un des 400 000 enfants dont la scolarité se déroule dans le contexte du « Plan Ceibal« , le programme OLPC développé ces dernières années en Uruguay.

C’est ce que nous apprenons en découvrant le témoignage de cette famille, dans l’article « CEIBAL más allá del aula » publié sur son blog par Fernando da Rosa Morena – un enseignant uruguayen travaillant dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication et contribuant concrètement à faire vivre le « Plan Ceibal », en particulier à travers des actions d’information, de formation et d’assistance technique – et dans l’entretien enregistré dans cette vidéo (voir licence en bas de page) :

Richard, originaire de Montevideo, a décidé de s’installer dans une zone rurale, où il exerce, à partir de sa petite exploitation familiale de la localité de Piedras de Afilar, diverses activités d’élevage, d’agriculture organique, de fabrication et commercialisation de pain, dans un contexte d’autosubsistance. L’automne, il participe à la cueillette des champignons dans la montagne voisine, pour les revendre, modestement, à partir d’un stand installé au bord de la « Ruta interbalnearia« , aux automobilistes de passage.

LucasLucas, 11 ans, filmé ici en train de jouer sur son XO au jeu de lettres Falabracman, fréquente l’école voisine, distante de quelques kilomètres. Lucas a reçu, comme ses camarades de son école et les enfants scolarisés du pays, un ordinateur XO (surnommé affectueusement « Ceibalita »). Il l’utilise dans le cadre scolaire, où les élèves
bénéficient d’une connexion Internet, mise en place dans le cadre du « Plan Ceibal », et le rapporte à la maison.

Par la suite, les parents de Lucas ont pu utiliser la connectivité Internet de l’école. Ceci leur a permis de développer leur exploitation familiale, en recherchant des débouchés commerciaux pour écouler la production de champignons. L’accès à de nouveaux marchés, dans la capitale Montevideo, puis à Zaragoza, en Espagne, avec le soutien initial des autorités du chef-lieu du département de Canelones, a justifié la création d’une coopérative et la participation du village dans les tâches de cueillette, préparation, conditionnement, transport, commercialisation. Richard observe que l’amélioration des conditions de travail dans le cadre de cette activité bénéficie à de nombreuses personnes du village, qui travaillaient auparavant dans des conditions précaires.

RichardPour Richard, cette situation est littéralement révolutionnaire et s’inscrit dans une logique de démocratisation, comme il l’analyse dans son témoignage, dans la mesure où elle permet à sa famille et à son village de développer une activité jusqu’alors artisanale, dans des proportions inimagineables auparavant. Il fait état de chiffres de 15 à 20 fois plus élevés (près de 5 tonnes annuelles), comparé aux années précédentes. Ce résultat a été rendu possible par l’accès à d’autres canaux de distribution, que l’accès à des nouvelles sources d’informations lui a permis d’identifier et d’exploiter.

Pour Lucas, qui trouve, avec cet ordinateur pédagogique, l’occasion de partager ses nouvelles connaissances avec ses parents, cela lui donne une nouvelle place dans sa famille et contribue à lui donner une plus grande confiance en soi.

L’école est ainsi devenue, avec la mise en place d’un programme d’accès aux nouvelles technologies éducatives, le catalyseur du développement économique. Un effet secondaire de la promesse éducative du projet OLPC, illustré dans une zone rurale d’un pays du Sud, visionnaire et précurseur, pour qui l’inclusion numérique et éducative va de pair avec l’inclusion sociale et économique.
Licence :

Creative Commons License
CEIBAL más allá del aula by Fernando da Rosa Morena is licensed under a Creative Commons Reconocimiento-No comercial-Compartir bajo la misma licencia 3.0 Unported License.
Based on a work at www.fedaro.info.


Référence
:

  • Détail des opérations de sous-titrage mises en oeuvre (avec le concours, en particulier, de Marielle Lopez, Camille Robert, Ahmed Mansour/OLPC Maroc, Bastien Guerry, Sebastien Agnot/Dailymotion), sur le wiki OLPC France : Sous-titrage

Information and Communications for Development 2009: Extending Reach and Increasing Impact

3 réflexions au sujet de « L’école, catalyseur du développement »

  1. Samy Boutayeb m’a très gentiment invité, en très bon espagnol encore!, à
    commenter ce billet, du moment qu’il sait que j’ai souvent soutenu et écrit
    que la connectivité internet est plutôt d’une priorité secondaire, voire
    contraire aux meilleurs intérêts du digital à l’école.

    D’abord, je dois admettre d’avoir personnellement bien bénéficie de l’internet, puisque c’est là que j’ai trouvé ma femme… Encore, je connais Piedras de Afilar, j’y ais fait le camp là avec mes Scouts mes jours de chef de troupe, le nom même décrit une formation géologique là même où on pourrait exploiter la pierre d’affût, d’une qualité qu’y ma été décrite par un Rabbi comme de première classe idéelle pour les couteaux kasher.

    Mais, comme la famille à Lucas, j’avais déjà découvert sitôt qu’il n’y à pas de marché pour des pierres d’affût au coté de la route, il faut penser a l’exportation, surtout pour Israël et les communautés où le kasher et halal en font une nécessite, mais se contacter avec elles était un sujet d’une difficulté énorme du temps que j’habitais a une trentaine de kilomètres de Piedras de Afilar, dans une petite exploitation pas du tout différente de celle où habite Lucas, où nous séchions aussi les champignons, que je vendais à la foire des Dimanches à Minas (ce qui ne payait pas beaucoup, donc je commença a travailler en ville comme prof de français, longue histoire)

    Donc, encore des chances en plus pour Lucas & Co de faire des affaires, maintenant qu’ils peuvent échapper en y restant, le meilleur des mondes possible (j’suis un peux envieux, moi, j’voudrais bien n’avoir pas eu à quitter l’Uruguay…)(si quelqu’un veut suivre cette idée de pierres, vouloir bien se contacter avec moi, yamaplos (a) gmail.com)

    Je connais moi aussi plusieurs autres très jolies anecdotes du succès du nouveau accès à l’internet, et comment ça a changé des vies en Uruguay. J’en ai écrit aussi.

    Le problème, et la source de ma résistance à mettre la connectivité internet comme priorité, c’est que trop de gens dans l’univers OLPC en voient dans ces anecdotes la solution pour tous les problèmes de l’éducation, presque la seule, et surtout l’utilisent d’excuse pour ne pas faire d’effort pour préparer des matériaux éducatifs qu’on puisse utiliser en classe, dont il y vraiment très, très peu disponible là-bas.

    Sans entrer en détails, voir mes billets à ce sujet si on veut, ;-), cette approche surdouée, « cherchez bien à l’internet » qu’on dit aux profs, ne marche pas, les profs étant bien trop occupés ou pas assez malins pour y trouver comme par hasard quelque chose d’utile, bien merci, pas l’temps.

    Donc, la plupart des profs n’utilisent pas vraiment l’utile XO en classe, puisqu’il n’a pas d’utilité à le faire – c’est encore trop difficile comparé à la bonne vielle craie et le ciré noir.

    Que ça change des vies? certainement.
    Que c’est bien organisé? en quelque sorte, LATU à fait les choses plutôt très bien côté logistique.

    Que ça s’utilise en classe?
    là, pas vraiment.
    Un billet à moi à être publié Vendredi à olpcnews.com discute les résultats qu’a retourné une étude spécifique sur l’usage en classe en Uruguay.

    Si travail-en-classe et éducation sont censés d’être proches, là les XO n’y sont pas vraiment.

    Surtout qu’elles pourraient y être, par un bonne mesure, si on faisait des meilleures priorités.

    Lucas en aurait-t-il bénéficié autant? Je ne sais pas, mais ce que je sais c’est que les autres, ceux qui n’ont rien a vendre en exportation où ne sont pas dans une situation similaire d’exception, eux, et Lucas même, n’en bénéficient pas tout ce qu’ils en pourraient, au cas que l’XO servirait à apprendre, à l’école, mieux qu’on apprenait avant…

    (voyons voir, le correcteur ortho… 16 fautes, zut, sans compter la grammaire… )

  2. Ping : Evaluation de l’impact des TICE : un travail de détective ! | OLPC France

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