Une armoire mobile pour charger les XO à Saint-Denis

Cette année encore et pour la troisième année consécutive, les enseignants et élèves de l’école Robespierre à Saint-Denis ont la possibilité de travailler avec l’ordinateur XO, dans le cadre d’une étude sur l’appropriation et les usages d’ordinateurs portables en classe par les enseignants et les enfants.

Cette année, un enseignant unique utilise les XO. Depuis début novembre 2013, cette classe de CM2 travaille avec le logiciel Tuxmath. Pour l’enseignant, ce logiciel qu’il maitrise maintenant très bien, lui permet de faire travailler le calcul mental de manière différenciée. Chaque enfant peut en effet évoluer à sa vitesse, et l’enseignant peut suivre les élèves individuellement, être attentif au niveau de chacun, et venir en aide aux enfants en difficulté.

Coaching sur Tuxmath

Tuxmath en classe

Problème majeur les deux dernières années : les enseignants rencontraient des contraintes matérielles et logistiques liées au déplacement, stockage et rechargement des XO. Ils étaient en effet plusieurs classes à partager les XO, et il fallait minimum 15 minutes pour mettre en place la séance. Il arrivait également que certains XO ne soient pas bien chargés. Ces contraintes freinaient ainsi leur utilisation. Grâce au soutien de la fondation Lyoness Child and Family, OLPC France a fait l’acquisition cette année d’une armoire mobile qui permet de ranger et recharger les XO tout en les laissant dans la classe. L’utilisation est ainsi grandement facilitée puisque les ordinateurs sont toujours prêts et disponibles à portée de la main. Ce sont aussi de petits problèmes logistiques qui limitent l’usage au quotidien, voilà qui est résolu à Saint-Denis. Un grand merci à la fondation Lyoness Child and Family qui a permis cela.

L'armoire en cours de chargement

Le projet Saint-Denis est porté par Sandra Nogry MCF en Pyschologie des apprentissages (laboratoire Paragraphe, Université Cergy-Pontoise) et Françoise Decortis, Professeure en ergonomie, (Equipe C3U, Laboratoire Paragraphe, Université paris 8). Il est financé par l’Université Paris 8 dans le cadre du programme d’aide à la recherche innovante (PARI) « ergonomie pour l’enfant » et soutenu par l’association OLPC-France avec le soutien de la fondation Lyoness Child and Family.
Pour toute information complémentaire vous pouvez contacter Sandra Nogry : sandra.nogry AT u-cergy.fr

12 et 13 avril : deux jours pour l’éducation et l’informatique à la Cité des Sciences

Ardoise, tablette ou ordinateur portable ? Tableau noir ou numérique ? Pour choisir, l’association One Laptop Per Child (OLPC)- France organisera une rencontre sur le thème de l’éducation numérique, ou comment utiliser l’informatique à des fins pédagogiques. L’événement, baptisé Sugarcamp, se déroulera les 12 et 13 avril prochains à la Cité des Sciences de Paris, France.

Chacun est invité à participer aux ateliers de programmation et de découverte des activités pédagogiques, des plus jeunes aux adultes. L’association Vikidia animera notamment un atelier autour de son encyclopédie pour enfants. Des chercheurs viendront présenter leurs travaux au grand public. Ils échangeront avec parents, enseignants et développeurs de France et d’ailleurs, lors d’un débat sur l’enseignement de l’informatique.

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Deux écoliers, en classe avec leur ordinateur portable XO (Madagascar, 2012) -photo Laura de Reynal -

La rencontre Sugarcamp tire son nom de la plateforme pédagogique Sugar, destinée à l’apprentissage des 6-12 ans. Elle a pour origine le projet d’éducation pour tous grâce à l’informatique de la fondation internationale OLPC. Cette dernière a créé l’ordinateur portable XO, aujourd’hui utilisé par près d’un million d’enfants de par le monde. Ces deux projets très liés insistent sur l’utilisation de logiciels libres, donnant à tous la possibilité de les adapter et de les améliorer.

OLPC France regroupe des bénévoles intéressés à la fois par les questions de pédagogie numérique et de développement. Elle mène depuis cinq ans un déploiement dans une école de 200 enfants à Madagascar. En France, un projet de recherche dans une école de St Denis étudie l’apport de l’ordinateur dans les apprentissages. Pendant le Sugarcamp, chacun pourra découvrir les activités de l’association. Deux journées pour apprendre à apprendre avec un clavier, une souris… et le sourire ! :)

Pour en savoir plus et s’inscrire: http://olpc-france.org/sugarcamp/index.html

Des nouveaux ebooks sur le XO grâce à Square Igloo

Proposer des contenus Francophones adaptés aux enfants a toujours été un des objectifs d’OLPC France.

C’est donc avec beaucoup de bonheur que nous vous annonçons aujourd’hui la collaboration avec la société Square Igloo.

SquareIgloo

Square Igloo conçoit et réalise des applications interactives et des ebooks pour enfants sur iPad, iPhone et tablettes Android. Au travers d’histoires originales, superbement illustrées dans des styles graphiques très variés, Square Igloo fait évoluer des personnages drôles et poétiques dans des décors de toutes les époques.

Déjà présents sur la XO Tablet, Square Igloo a eu la gentillesse de mettre à notre disposition une partie de son catalogue d’ebooks et de les adapter à l’ordinateur XO.

Qu'est ce qui est jaune ?

Dans quelques semaines, les enfants de nos déploiements de Saint-Denis, de Nosy Komba et du déploiement à venir que nous soutenons au Togo, pourront ainsi découvrir ces jolis ebooks qui parlent de la couleur jaune, de steak haché et des poneys de Tania.

Nous vous raconterons leurs réactions mais nous disons déjà un grand merci à la société Square Igloo de cette proposition généreuse.

Tania et ses trois poneys

A counterpart of Wikipedia for children: Vikidia to open in English

Vikidia is the equivalent of Wikipedia for children: an online encyclopedic project, for 8-13 year-old readers, open to contributors of any age. It aims both to offer a suitable corpus of knowledge for children and to let some of them, as well as teenagers them be involved in building it. It was launched in November 2006 in French, then in Spanish, Italian, Russian and now English

Homepage of Vikidia EN
Homepage of Vikidia EN

Such wikis have proven their sustainability and relevance, the two biggest ones this model being Vikidia in French and WikiKids.nl in Dutch, with respectively 16000 and 14000 articles. This post of a retired teacher that was involved in the Freinet movement insist on the need for a living documentary resource that fit well to children.

It was first posted on 05/2010:  La documentation et Vikidia. It also available in Spanish: Vikidia y la documentación

More than 80 years ago, while school failure already was an issue, teachers became aware of the shortcomings of lectures requiring all pupils in a class to work on the same assignment at the same time, without taking into account either of their individual pace, or their personal interests that could stimulate their excitement to work.

On the other hand, the disciplines partitioning, each one being handled in separate textbooks, did not allowed to link together every different knowledge and then arouse an unpredictable boost to other aspects of the subject, not only the how, the why the how much, but also the sight on what it once was and what it is now elsewhere, as well as traces in our language, sometimes artistic, and even openings to some literary or artistic works.

These teachers who wanted to modernize school imagined to create cooperatively documentary sheets that each child could study at its discretion. Some brought information, usually illustrated, other brought incentives to observation or (safe) experimentations. Other sheet would suggest diverse extensions of one subject. Among these various documentary sheets, spread on a table, the children chose, exchanged documents, and when sharing what they had learned by a short lecture to the class, they memorized with enthusiasm much more knowledge than with a good old style lesson.

This documentation was fuelled by the contributions of many classes, through surveys and multiple searches. For example, a child telling the comings and goings of swallows in their nest, built under the roof of his home, would give rise to the desire of others, according to their taste and not a a mandatory task, to find out what this nest is there for and how brood can hatch chicks compare nests of various birds, their different ways of eating, to question the migration of swallows and other birds, ask Alsatian friends about storks ( »Alsace is a region of France known among other things for its numerous storks »), study if the birds are the only animals to breed by laying eggs, etc… This would possibly add a new documentary sheet out of these research to existing ones.

Another example: on the elephant had been created multiple files or sheets from different sources, featuring its description, its size, its weight, but also its feeding, the use of his trunk, his tusks (including including the use of ivory), its group life in the bush, its domestication as a beast of burden in Asia and even its use in war by Hannibal (with extract of the literature on this episode). We knew less than today about his cousin the mammoth and we still ignored the ravages of poaching jeopardizing its African species.

The use of this material was simple, provided teachers ensured strict classification and storage after use. The main problem for a large collection was in terms of editing and updating the content. This led to abandon the documentary sheets to concentrate on a brochures (called « working library »), whose management was easier then, but was confronted much later to the general difficulties of the publishing sector.

Computers make it possible presently to classify and retrieve many documents, but does not magically solve all issues. Standing before the flood of images and information, sometimes bad, young people need benchmarks and answers to their questions that the curriculum does not always provide in a non daunting way. Hence the importance of a free online encyclopedia that can be freely accessed, going from one article to another without having to handle multiple printed volumes.

This is what Vikidia successfully brings, the encyclopedia for 8-13 old children. This age range corresponds to the beginning of mastering reasoning and reading and stops at the threshold of adolescence who have other needs and other documentary resources. However, the refusal of infantilizing young reader allows Vikidia be used by anyone, regardless of age, eager to find simple explanations of a topic that he doesn’t known yet. The intent is not just to respond with a simple definition, but offer different tracks, closely related to the subject without getting partitioned in a school discipline, because ties are obvious, for example, between the bee (insect), honey (food), beekeeping (breeding), pollination (botany), the danger of some pesticides (ecology). And these openings are easy to find by clicking on an internal link or one of the categories of the subject. In the wiki spirit, everyone can make contributions, including young people who can ask questions and propose, if possible in a group, the results of their research and investigations on the topic of their interest. Everything is reviewed by competent adults familiar with the needs and capacities of 8-13 years to make an encyclopedia that really fit them.

This is what Vikidia achieves for over 3 years and it deserves to be widely known and recognized by all those who are interested in education.

May this resource join the OLPC core activities be is online or offline for the benefits of the laptop users !

SugarCamp #3: un événement unique sur le libre et l’éducation

Inscrivez-vous au SugarCamp

Pour la 3ème fois, OLPC France organise un SugarCamp, avec le soutien de l’AFUL.  L’événement aura lieu les 12 et 13 avril prochain à la Cité des Sciences à Paris.

Le SugarCamp est une occasion unique en Europe d’échanger avec les acteurs du projet OLPC et de la plate-forme pédagogique libre Sugar, mais aussi plus largement d’échanger avec ceux qui font de l’accès universel à une éducation libre une priorité, et qui pensent que l’informatique peut jouer un rôle prépondérant pour cela.

Pendant deux jours intenses, et dans le cadre prestigieux du Carrefour Numérique de la Cité des Sciences et de l’Industrie, vous pourrez rencontrer les acteurs de cet écosystème, échanger avec eux autour de cette aventure unique, tant humaine que technologique, et qui continue de changer le monde jour après jour.

À l’heure où près de 3 millions d’ordinateurs XO sont utilisés par des enfants du monde entier, où de nouveaux périphériques viennent de sortir (voir le nouveau XO-4 tactile ou la XO Tablet), où il sera bientôt possible de disposer de la plate-forme Sugar sur n’importe quel machine, nous nous interrogerons sur les challenges des cinq prochaines années.

Enfin et surtout, ce SugarCamp proposera des ateliers autour du libre éducatif en général, avec notamment Vikidia, l’encyclopédie collaborative et libre pour le 8-13 ans, et un coding goûter organisé pour l’occasion le samedi après-midi – venez avec vos enfants !

L’inscription est libre et gratuite, dans la limite des places disponibles, dépêchez-vous !

Sugarizer: Sugar sur toutes les machines

Sugar est la plate-forme pédagogique libre qui équipe l’ordinateur XO de la fondation OLPC. A la fois interface graphique et conteneur des applications (appelées Activités), Sugar a été conçu spécifiquement pour des enfants, pour les aider à apprendre mais surtout pour les aider à apprendre à apprendre. S’appuyant sur plus de 40 ans de recherche sur la pédagogie à Harvard et au MIT par les plus grands penseurs de notre époque (Alan Kay, Seymour Papert, …), Sugar aide chaque enfant à développer son engagement dans l’apprentissage, sa réflexion et à construire sa propre expérience pédagogique.

Sugar

Depuis 2008, Sugar a été éprouvé grâce à son usage quotidien sur les 3 millions de XO déployés partout dans le monde. Sugar est pour toutes les personnes engagés sur le projet OLPC une vraie source d’inspiration quand nous voyons les enfants l’utiliser.

Sugar à Nosy Komba

Pourtant quel est l’avenir de Sugar à l’heure où la mode est d’utiliser des tablets comme outil d’apprentissage plutôt que des ordinateurs ? Quel est l’avenir de Sugar à l’heure ou même la fondation OLPC se fourvoie à distribuer des tablets de mauvaise qualité avec un ersatz de Sugar qui n’a aucune valeur ?

SugarLabs qui présage aux destinées de Sugar a réagi depuis longtemps. Depuis plusieurs années il est possible d’exécuter Sugar sur d’autres machines que le XO. Sugar est ainsi disponible dans de très nombreuses distributions GNU Linux et peut être utilisé sur un PC sous Windows via une clé USB bootable SugarOnAStick.
Mais est-il possible d’utiliser Sugar sur une tablet ?
Depuis la version 0.98, Sugar supporte les écrans tactiles et a été adapté (gestes spécifiques) à un usage sans clavier et souris. Il est ainsi parfaitement utilisable sur le nouveau XO-4 tactile.

Manipulation des menus

Mais alors peut-on utiliser Sugar une tablet Android ? Plus précisément, est-il possible de faire en sorte que Sugar fonctionne sur une tablet Android ? Après tout Android repose sur le système GNU/Linux, tout comme Sugar.
Difficile de répondre sans entrer dans une discussion (voire même un débat) technique. Mais en synthèse la réponse est : NON Sugar ne peut pas fonctionner sur Android. Je vais essayer de vous l’expliquer simplement en utilisant l’architecture schématique comparée de Sugar et d’Android.

 Couche   Sugar   Android 
 Application  Activités  Android App
 Langage  Python  Java
 API  Gtk  Android Application Framework
 Fenêtrage  X-Window / Gnome  Android Runtime librairies
 Système  GNU Linux  GNU Linux

Si la couche basse (GNU Linux) est effectivement commune entre les deux environnements Sugar et Android, ni le système de fenêtrage, ni le framework graphique, ni le langage de développement ne correspondent. N’est-il pas possible de « porter » ces différentes couches qui manquent à Sugar pour s’exécuter sur Android ? Si en informatique tout est toujours possible et qu’il existe même des tentatives de portage (par exemple pour Python), il faut se rendre à l’évidence: l’effort de « portage » serait plus important que la réécriture complète de Sugar et de ses activités pour Android. Cela n’a donc aucun sens.

Mais alors comment faire fonctionner Sugar sur Android ? Doit-on décider que c’est impossible ? Reconsidérons le problème par le haut du tableau ci-dessus: peut-on faire fonctionner des activités Sugar sur Android ? Depuis un peu plus d’un an, il est possible d’écrire des activités pour Sugar sans utiliser Python et Gtk. Cela est possible car une partie des fonctionnalités de Sugar est accessible en HTML5/JavaScript depuis le composant WebKit intégré à Sugar. J’ai participé à cette initiative lors du dernier Google Summer Of Code avec mon stagiaire Suraj. La dernière version de Sugar, Sugar 0.100 intègre maintenant nativement cette possibilité. Du coup il est aussi possible de faire fonctionner les activités Sugar écrites en HTML5/JavaScript dans un navigateur, y compris le navigateur d’Android.
Mais faire fonctionner une activité n’est pas faire fonctionner Sugar et son interface, son journal, la collaboration, …

J’ai donc décidé d’aller plus loin et d’être plus ambitieux: pourquoi ne pas imaginer de faire fonctionner Sugar sur TOUTES les machines sur TOUS les systèmes d’exploitation n’importe où dans le monde ?

Sugarizer sur une tablet Android et sur la XO Tablet

C’est l’objectif de Sugarizer.

Sugarizer reprend l’implémentation du Sugar Web Framework qui permet d’exécuter une activité dans le navigateur mais il y rajoute le chainon manquant: l’interface graphique de Sugar et le choix des activités, la personnalisation, le journal et bientôt la collaboration. Mieux: grâce à l’outil PhoneGap/Cordova, Sugarizer est disponible dans un navigateur mais aussi sous forme d’une véritable application Android.

Sugarizer

De plus, grâce au travail déjà effectué sur le support natif des activités Sugar Web, Sugarizer intègre déjà une quinzaine d’activités Sugar écrites en HTML5/JavaScript.

Sugarizer n’est encore qu’une version beta mais il donne déjà le goût de Sugar. Et mon objectif est de le faire évoluer pour être encore plus prêt de Sugar, en réécrivant certains mécanismes mais aussi en réconciliant petit à petit Sugarizer et Sugar car je n’ai pas vocation à créer un fork de l’original.

On ne peut hélas pas donner un XO à tous les enfants mais si vous êtes développeur et que vous voulez m’aider, avec Sugarizer nous pourrons faire bénéficier de Sugar tous les enfants du monde. Rendez-vous sur Github !

XO-4: Le XO ultime

Le XO-4 est la dernière génération de l’ordinateur XO : le fameux ordinateur vert de la fondation OLPC. Comme pour les précédentes mises à jour de l’ordinateur (voir notre article sur le XO 1.5 et notre article sur le XO 1.75), il s’agit d’une mise à jour matérielle qui ne change pas le « form factor » de la machine. Autrement dit, à part pour un œil averti, rien ne distingue réellement le XO-4 d’un autre modèle. Pourtant comme nous allons le voir, plusieurs améliorations font de ce nouveau modèle une machine réellement aboutie.

Vue générale du XO-4

Où peut-on en voir ?

Le XO-4 a été annoncé officiellement en Janvier 2013 au CES même si sa sortie a été largement masquée par l’annonce simultanée de l’horrible XO Tablet.
Les premières livraisons de l’ordinateur ont eu lieu dans le courant de l’année 2013 et selon les données de production de la fondation il a déjà été livré à plusieurs milliers d’exemplaires sur différents déploiements: Australie, Uruguay ou Mexique par exemple.

Afin de ne pas décevoir certains lecteurs, disons tout de suite que le XO-4 n’est pas disponible à la vente pour des particuliers. Seules des organisations ou des gouvernements souhaitant réaliser un déploiement peuvent en faire l’acquisition auprès de l’association OLPC à Miami. Et encore sous réserve qu’ils soient disposés à en acquérir au minimum 100 exemplaires et accepter les conditions de ventes drastiques qui l’accompagne (paiement à la commande, livraison par bateau depuis la Chine, pas de revente, pas de retour en cas de défaut, …).

Ces dispositions s’appliquant hélas aussi pour OLPC France, c’est grâce à nos amis d’Unleash Kids que nous avons pu disposer du modèle que nous avons utilisé pour le test.

Une machine à option

L’ordinateur XO a toujours été adapté aux déploiements. Ainsi il existe pas moins d’une trentaine de claviers différents: du banal QWERTY aux plus exotiques claviers Népalais, Arméniens ou Urdu.

Depuis le XO 1.5, la fondation OLPC a décidé de permettre également d’adapter les autres composants de la machine aux besoins des déploiements. Le XO-4 est ainsi configurable de différentes manières:

  • Forme de clavier: disposition des touches (comme décrit ci-dessus),
  • Type de clavier: à membrane ou à touches « standard »,
  • Ecran: Tactile ou non,
  • CPU: Fréquence d’horloge de 1 ou 1,2 Ghz,
  • RAM: De 1 à 2Go,
  • Stockage: de 4 à 8Go,
  • Réseau: WiFi seul ou WiFi + Bluetooth,
  • Batterie: 2800 ou 3000 mAh.

C’est au moment de la commande que le matériel est configuré selon la demande. Le prix dépendant bien sûr de la configuration choisie: il n’y a aucune communication officielle sur le sujet mais selon nos informations il se situerait entre 150 et 300$.

A côté de ces caractéristiques variables, d’autres caractéristiques sont fixes:

Processeur: il s’agit d’un processeur ARM Dual Core de type Marvell PXA2128. Il contient une carte vidéo intégrant l’encode/décodage de la vidéo HD 1080p et un moteur 3D Open GL ce qui permet d’avoir de très bonnes performances graphiques. Par ailleurs, la machine est désormais fournie avec un port micro-HDMI. Fini donc les bricolages USB/S-VGA que nous réalisions jusqu’à présent pour rétro-projeter le contenu de l’écran.

Le port HDMI

Entrées/sorties: 2 ports USB sont présents (le 3ème a disparu au profit de la prise HDMI) ainsi qu’un port casque et d’un port micro qui peuvent être utilisés pour effectuer des mesures physiques. Tous ces ports sont cachés derrière les « oreilles » de manière à ce que l’ordinateur soit protégé de l’humidité et de la poussière lorsqu’il est fermé.

Les ports du XO

Port Carte SD: La mémoire de stockage est de la mémoire flash (pas de disque dur). Elle est extensible via un port pour carte SD accessible sous l’écran ou, comme pour le XO 1.75, par un port microSD situé sur la carte mère (il faut donc démonter la machine pour y accéder).

Vidéo/Audio: La caméra n’a pas bougé depuis le premier modèle, il s’agit d’une caméra de 640×480. Le XO-4 intègre aussi 2 haut-parleurs stéréo et un micro, le tout disposé autour de l’écran.

Indicateurs: Pas de changement non plus du côté des indicateurs lumineux présents machine ouverte ou fermée pour indiquer l’état de la batterie, le WiFi et l’alimentation.

Accéléromètre: Amusant, le XO-4 dispose d’un accéléromètre qui peut être utilisé dans un but ludique.

Test de l'accélérateur

Si vous êtes intéressés, les spécifications technique détaillées sont accessibles ici.

L’écran

Depuis le premier modèle, l’écran du XO est pivotable. Il permet donc d’utiliser la machine en mode « e-book »: le clavier sous l’écran.

Ouverture du XO

Mais dans ce mode on ne pouvait pour l’instant interagir avec l’ordinateur qu’à travers les touches disponibles sur le côté de l’écran: essentiellement des touches de déplacement, par exemple pour changer de page dans un e-book.

La particularité du XO-4 est évidemment la possibilité de disposer d’un écran tactile. Concrètement la fondation a ajouté une bordure tactile infra-rouge, produite par la société Neonode qui se superpose à l’écran standard de la machine. Le principe de cette bordure tactile est de détecter une rupture de faisceau infrarouge horizontale et verticale pour déterminer qu’un ou plusieurs doigts (ou pointes de stylets) sont présents. Comme l’explique la fondation sur son blog, une solution tactile infra-rouge a été privilégiée à une solution tactile de type capacitif ou résistif (qu’on trouve sur nos écrans de tablets/smartphones) car elle ne nécessite pas d’ajouter une couche supplémentaire sur l’écran actuel. Ainsi, les propriétés exceptionnelles de l’écran du XO (lisibilité en plein soleil, écran dual-mode, faible consommation, résistance) restent présentes même en version tactile.

Lorsqu’on l’on regarde l’écran du XO-4 on peut observer cette bordure tactile car une légère épaisseur noire entoure l’écran.

Vu sur les capteurs infra-rouge

Autre avantage important de la technologie Infra-rouge, la réparation d’un écran cassé est grandement facilitée. Si l’écran se casse, il suffit de remplacer par un écran neuf ou provenant d’un ancien modèle de XO en conservant la bordure infra-rouge pour disposer d’un nouvel écran… tactile.

Démontage de l'écran tactile

Côté logiciel

Le XO-4 est livré en standard avec la distribution OLPC 13.2.0, il s’agit du packaging pour le XO de la version 0.98 de Sugar. C’est précisément depuis cette version que Sugar supporte le mode tactile. La totalité de l’interface est accessible sans utiliser la souris.

Manipulation des menus

Les manipulations tactiles se font naturellement dans Sugar, trois adaptations principales ont néanmoins été réalisées:

  • l’appui long permet de déclencher l’affichage du menu d’un icône alors qu’avec la souris il suffisait de passer sur l’icône,
  • L’ouverture du cadre Sugar se fait par un petit geste sur le bord de l’écran (plutôt qu’en passant la souris sur les bords),
  • En mode e-book un clavier virtuel apparait automatiquement sur les zones saisissables.

Clavier virtuel

Toutes les activités Sugar fonctionnent sans difficulté avec l’écran tactile et sont même étonnement efficaces (voir notre galerie photo). Il faut dire que l’utilisateur cible de Sugar étant un enfant, l’interface a plutôt tendance à proposer des éléments de grande taille à l’écran.

Quelques applications ont été réalisées spécifiquement pour bénéficier de l’interface tactile. On remarquera en particulier l’activité Music Keyboard développée par Gonzalo Odiard qui permet de jouer comme sur un clavier de piano.

Un piano tactile pour le XO

Grosse nouveauté côté logiciel, la fondation OLPC a également indiqué que la machine serait disponible sur Android en dual boot avec Sugar. Une première implémentation est d’ailleurs disponible sur le wiki OLPC ici. Il s’agit néanmoins d’une implémentation partielle (très très lent, pas de support des entrées/sorties, de l’USB, du touchpad, …).
Cette décision fait probablement suite à diverses demandes des déploiements (qui ne comprennent pas toujours ce qu’est Sugar) et aussi à la volonté de la fondation d’uniformiser le système présents sur le XO avec celui de la XO Tablet.

(Photo: Sameer Verma)

(Photo: Sameer Verma)

Conclusion

Nous sommes vraiment emballés par ce nouveau XO-4. Et pour cause: il cumule tous les avantages de l’ordinateur XO « ancienne génération » en lui apportant un écran tactile qui renouvelle réellement l’intérêt de la machine et qui lui manquait pour faire jeu égal avec les nouveaux ordinateurs/tablets du marché.
Mieux: à la différence de la XO Tablet ces nouveautés se font sans concession par rapport à la cible première du projet OLPC: les pays en voie de développement. Bref, le XO-4 est vraiment le XO ultime dont on rêvait. On a hâte de le voir dans les mains des enfants !

A noter que d’autres photos de la machine sont disponibles ici.

OLPC France rend hommage au Plan Ceibal

Mobilisation sociale pour le plan Ceibal

Il y a quelques semaines, le déploiement OLPC en Uruguay fêtait son millionième XO distribué ! Oui: 1 million de XO ont été distribués dans le pays: c’est à dire qu’en Uruguay tous les enfants de l’école primaire ont un ordinateur XO qu’ils utilisent en classe et à la maison. On a du mal à imaginer ce que cela va signifier et provoquer dans quelques années pour ce petit pays d’Amérique du sud.

Forcément ce déploiement est une source d’inspiration pour nous tous qui sommes passionnés par le projet OLPC. Mais cette source d’inspiration, elle vient non seulement de la volonté politique qui a permis d’aboutir à ce déploiement – appelé Plan Ceibal – mais aussi de ce que l’arrivée de ces ordinateurs a déclenché dans la société civile: comment les enseignants, les parents et les associations se sont approprié le projet et l’ont transformé pour qu’il devienne le leur.

Cette histoire est racontée dans un très beau livre « Movilización social para CEIBAL » qu’OLPC France a souhaité vous faire partager. Une traduction française (en accès libre et qui respecte le fond du document original datant de 2010) depuis l’espagnol a donc été réalisée par des volontaires pendant plus d’un an ! Bel hommage: elle s’achevait en même temps que ce millionième XO était distribué en Uruguay.

 

Les relectures, corrections et la mise en page ont été faites par une partie des volontaires d’OLPC France entre 2012 et 2013: Michaël Barrand, Laurence Buchmann, Samy Boutayeb, Alexandre Brun, Jean-François Cauche, Loic Dugast, Bastien Guerry, Houssem Hadjjem, Lionel Laské, Michel Marciniak, Antoine Michelot, Sandra Nogry, Florent Pigout, Kévin Raymond, Laura de Reynal, Pierre Varly et Cécile Wyler Roulet.

Ainsi que par les contributeurs suivants :
Christine Bazire, Sophie Cugni, Karin Gindroz, Rachel Lefaucheur Deschamps, Ophélie Raymond et Michael Wyler.

Un grand merci à eux tous pour ce travail colossal, mené de main de maître par Cécile.

Nous espérons que vous prendrez plaisir à lire ce bel ouvrage, sous licence Créative Commons Attribution-Non Commercial-ShareAlike, qui est disponible en téléchargement ici (PDF 10 Mo).

 

 

OLPC France et les Mundurucus

Les Mundurucus sont une tribu indigène d’Amazonie vivant dans l’état de Para’ au Brésil. L’une des particularités des Mundurucus est qu’ils disposent d’un vocabulaire limité pour désigner les nombres et n’ont donc aucun moyen d’exprimer des quantités exactes. Ils sont tout à fait capables de faire des calculs approximatifs mais ne savent pas réaliser de calcul exacts (arithmétique exacte).

Bien que la plupart des Mundurucus ne reçoivent pas d’instructions à l’école, la communauté Mundurucu a récemment exprimé son souhait de développer l’éducation. Ainsi, la FUNAI (Fondation National des Indiens du Brésil) accompagne les représentants de la communauté Munduru dans un projet éducatif ayant pour objectif de développer un enseignement des mathématiques qui soit compatible avec leur culture.

Pierre Pica présente le XO

Pierre Pica (ci-dessus), chercheur au CNRS, linguiste spécialisé dans le domaine de la syntaxe comparative travaille depuis de nombreuses années avec les Mundurucus. Cette année, avec les équipes de Stanislas Dehaene, psychologue cognitif et neuroscientifique, il a lancé une expérimentation permettant de tester les approches d’apprentissages de l’arithmétique.

Ce programme qui s’étalera sur plusieurs mois consiste à tester sur une population Mundurucu (enfants et adultes) différentes méthodes d’apprentissage afin de voir celle qui est la plus adaptée pour leur apprendre les mathématiques: utilisation de la langue et de symboles (tel que Plus et Moins), boulier, arithmétique approximative, … C’est l’ordinateur XO qui a été choisi pour réaliser l’expérience grâce à sa capacité à fonctionner en environnement difficile et à son adéquation à l’usage par des enfants.

Les équipes de Stanislas Dehaene ont ainsi développées différentes activités pour Sugar permettant à la fois de tester les connaissances et d’accompagner l’apprentissage. On voit par exemple sur la capture d’écran suivante les méthodes qui seront utilisées pour chaque groupe de test. Les résultats obtenus à la fin de l’étude permettront d’identifier la méthode la plus efficace.

Activité de test pour les méthodes d'apprentissage

Au-delà de l’étude sur les Mundurucus, les travaux de l’équipe pourraient être utiles pour accompagner les enfants souffrant de dyscalculie, un trouble d’apprentissage des Mathématiques touchant 3 à 7% des enfants en France.

OLPC France s’est associé à l’équipe de Pierre Pica en apportant sa connaissance des problématiques logistiques de déploiement du XO et ses compétences techniques sur Sugar.

OLPC France a ainsi mis 10 ordinateurs XO à la disposition de l’équipe de Pierre Pica et préparé une version spécifique de Sugar embarquant les activités propres à l’expérimentation (voir capture ci-dessous) et un ensemble de ressources éducatives en Portugais. En effet, les ordinateurs XO ont pour vocation, à l’issu de l’expérience, d’être utilisé par la FUNAI pour son projet éducatif.

L'image Sugar réalisé par OLPC France

Dans cet optique, OLPC France a aussi validé que le XO pouvait supporter l’alphabet phonétique SIL utilisé aujourd’hui par les Mundurucus pour écrire leur langue (uniquement orale à l’origine). La capture d’écran suivant montre ainsi un extrait de texte Mundurucu réalisé avec l’activité Ecrire de Sugar.

Ecrire en Mundurucu

Nous ne manquerons pas de vous donner des nouvelles régulièrement de ce beau projet à travers ce blog.

La tablet qui voulait ressembler à un XO

L’annonce de la XO Tablet était l’annonce événement du CES 2013. Prévue au départ pour une sortie en Mars, elle a finalement fait son apparition sur le site de Walmart et d’Amazon en Juillet dernier. Disponible uniquement aux Etats-Unis, OLPC France a pu s’en procurer une début septembre et se lancer dans l’analyse de « la bête ».

Une tablet lowcost

Le packaging de la XO tablet se présente sous la forme d’une boite cartonnée élégante agréablement décorée sur les côtés des symboles XO colorées des « rêves » d’enfants (dont nous reparlerons plus tard).

La boite de la XO Tablet

Outre la tablet, la boite contient un chargeur micro-USB de la même couleur que celui du XO-1 ainsi qu’une petite notice d’utilisation qui renvoi au site http://www.xotablet.com qui propose plusieurs tutoriaux en vidéo.

La XO Tablet

La XO tablet est une tablet au format 7″, elle est habillée d’une housse de protection qui se veut rappeler le concept de « XO-3″ qu’avait imaginé Yves Behar en 2009 et qui n’a jamais vu le jour.

Le prototype du XO-3

Néanmoins là s’arrête la comparaison avec le concept car la XO Tablet est plutôt épaisse (80 mm).

Une fois enlevée la housse de protection, on trouve une tablet plutôt grossière avec un dos en plastique. Les 2 boutons (volume +/- et allumage) situés sur le haut de l’appareil font également assez « cheap » et émettent un « clic » disgracieux lors de l’appui.

La XO Tablet "nue"

Côté technique la XO Tablet embarque un processeur dual core à 1,6Ghz avec 1Go de RAM. A l’usage cette puissance est suffisante et on n’observe pas de ralentissement. La XO tablet dispose de 8 Go de stockage qui peuvent être étendus via un port MicroSD bienvenue. La XO tablet dispose de 2 appareils photos, un en frontal de 1.2Mp et un arrière de 2.0Mp. On y trouve également un micro et une prise casque. Un port mini HDMI est également présent ce qui est plutôt une bonne surprise. L’ensemble des ports sont accessibles même avec la housse de protection.

Les ports de la XO Tablet

L’écran est un écran capacitif standard 1024×600, il supporte jusqu’à 5 points simultanés en multi-touch ce qui le classe dans l’entrée de gamme, les tablets ou smartphones supportant allégrement 8 points simultanés aujourd’hui.

Tests de la capacité tactile

Comme on peut le voir sur les photos de cet article prises en extérieur, l’écran est illisible au soleil et n’intègre donc pas la technologie « magique » de l’ordinateur XO.

La machine est produite, sous licence OLPC, par Vivitar qui produit également des appareils photos et une autre tablet disponible sous licence « Hello Kitty » :-)

Vivitar n’est pas le véritable constructeur de la XO tablet, l’étude détaillée montre qu’elle est produite par un obscure constructeur chinois de Shenzhen: Xiang De Electronic Technology, ce qui confirme le côté « low-cost » du hardware.

Android Learning Platform

La XO Tablet fonctionne sur une version relativement récente d’Android, Android 4.1. Elle utilise la version sous licence Google d’Android et, à la différence par exemple de la Nook ou de la Kindle Fire, permet donc l’accès au Google Play Store (ce qui est une bonne nouvelle). L’interface Android n’est néanmoins pas visible directement car elle est chapeautée par une interface appelée un peu pompeusement « XO Learning Platform« . Rien à voir donc avec la plate-forme Sugar de l’ordinateur XO.

Cette interface se manifeste dès l’allumage par une page de verrouillage personnalisée.

La page d'accuei

On y retrouve le fameux petit personnage XO qu’on peut déplacer sur le nom d’un des utilisateurs de la tablet (jusqu’à 3 profils disponibles et personnalisables: bonne idée !). Si l’on dispose du mot de passe « Parent » on peut aussi déplacer le petit personnage XO vers le logo Android pour retrouver l’interface standard d’Android.

Une fois la tablet déverrouillée, on arrive à l’élément central de la XO Learning Platform, l’interface des « Rêves ».

L'interface des rêves

Le principe est d’orienter l’utilisation de la XO Tablet par les enfants en fonction du métier qu’ils aimeraient faire plus tard.

Chaque rêve se présente par une couleur différente et propose:

  • Un « héros » qui peut être modifié,
  • Un ensemble d’applications Android « correspondant » au rêve et classées par niveau de difficulté: Beginner, Intermediate ou Advanced,
  • Une sélection d’e-book de la bibliothèque ayant un rapport (parfois vague) avec le rêve.

Un des rêves, devenir artiste

Les applications sont des applications standards du Google Play Store: aucune n’a été conçue spécifiquement pour la XO Tablet. Certaines applications sont des versions payantes d’autres des versions gratuites avec de la publicité et la possibilité de connecter un compte Facebook ou Twitter. Certaines nécessitent également une connexion Internet pour fonctionner.

Environ 150 applications sont pré-installées, il est possible également d’autoriser le téléchargement d’applications sur le Google Play Store, dans ce cas de nouveaux raccourcis sont proposés pour le téléchargement d’autres applications. Il y alors près de 250 applications accessibles dans les rêves. Il devient également possible d’installer de nouvelles applications mais elles ne seront pas visibles dans l’interface des rêves.

Un rêve avec les applications supplémentaires

La XO Tablet propose en standard deux langues: l’anglais et l’espagnol. On peut en 2 clics passer de l’un à l’autre mais beaucoup moins d’applications sont disponibles en espagnol (environ une centaine).

Un rêve en Espagnol

Les applications proposées sont de qualités inégales, il y en a de sympathiques avec des contenus intéressants et il y en a certaines dont on a du mal même à comprendre leur fonctionnement et leur intérêt. On s’étonne aussi de ne pas trouver certains best-sellers d’Android mais, comme nous y reviendrons, cela vient des partenariats qui ont pu ou non être mis en place par OLPC.

Une application spécifique « My Books » permet d’accéder à la librairie d’e-book embarqués sur la tablet. Il y en a environ 200 (moitié en Anglais, moitié en Espagnol), tous issus du Projet Gutenberg.

La bibliothèque intégrée

Avec Mike Lee et Jean Thiery, nous avons réalisé un inventaire complet du contenu de la XO Tablet. Il est disponible sous forme de tableur ici.

Inventaire des contenus

La XO tablet est administrable par les parents de manière à limiter ou contrôler l’usage qui en est fait par les enfants. En plus de l’administration des profils, il est possible de contrôler si Internet est accessible ou pas (mais pas de filtrer les contenus accessibles sur Internet), de contrôler si l’enfant peut accéder à Google Play et à Google Talk et même de désactiver explicitement l’utilisation de certaines applications.

L'interface parents

L’écran parent permet aussi de visualiser l’historique des rêves qui ont été utilisés par les enfants. On a ainsi accès au pourcentage de temps passé par chaque enfant sur chaque rêve.

Statistiques d'usage des rêves

On peut également visualiser le détail de l’usage de chaque rêve semaine par semaine. C’est cependant un peu gadget car au final on ne peut pas visualiser quelles applications sont utilisées !

Statistiques d'usage détaillées

Les autres composants logiciels de la XO Learning Platform sont visibles depuis l’écran des propriétés. Il s’agit en fait d’outils d’administration du système: vérification, gestion et installation des mises à jour logicielles. Il y a également un outil de visualisation des PDF dont l’intérêt n’est pas précisé, probablement pour éviter l’installation d’Acrobat Reader.

Les composants de la XO Learning Platform

L’ensemble du développement de la XO Learning Platform a été réalisé par une petite société Néo-Zélandaise, Morphoss. Le code de la plate-forme n’est ni disponible, ni ouvert.

Comme nous l’avons dit, les différentes applications préinstallées proviennent du Google Play Store. Afin d’avoir le droit de les préinstaller sur la plate-forme, l’association OLPC a négocié tout au long de l’année 2012 des partenariats avec différents éditeurs. Quelques-uns sont annoncés sur le site de la tablet.

Les partenaires de la XO Tablet

Seules les applications pour lesquels un partenariat a été obtenu sont préinstallées, c’est ce qui explique que pour certaines applications, il y a juste un raccourci de téléchargement disponible.

Parmi les partenariats, on note un partenaire particulièrement important aux Etats-Unis, Common Sense Media. Il s’agit d’un organisme qui note tous les contenus à destination des enfants: films, livres, série télé, applications, … il propose également des programmes pour les écoles qui sont utilisées par plus de 36 000 écoles et 54 000 éducateurs (source Wikipedia). Hélas Common Sense Media n’a absolument pas évalué les applications intégrées dans la XO Tablet (moins d’une dizaine d’applications contenus sur la XO Tablet sont testées sur le site de Common Sense Media). Le partenariat avec OLPC concerne uniquement Digital Passport, un ensemble de contenus éducatifs dont le mode d’accès n’est pas expliqué.

Cette tablet est-elle un XO ?

Le marketing de la XO Tablet, projet piloté par Giulia d’Amico VP Business Development de l’association OLPC à Miami, est très bien fait: la XO Tablet est verte, s’appelle XO est portée par l’organisation OLPC qui a déployé 3 millions d’ordinateurs XO dans le monde (plusieurs vidéos des déploiements OLPC dans le monde sont d’ailleurs visibles sur le site XO Tablet). De plus, l’interface reprend les éléments graphiques de Sugar (le petit personnage XO) et essaye même d’imiter le fameux « journal ». Bref, avec 150$ (passé à 120$ récemment), l’acheteur a l’impression d’acheter un peu du rêve du projet OLPC.

Tout cela n’est néanmoins qu’apparence et marketing la XO Tablet n’a rien à voir avec l’ordinateur XO et, plus grave, n’a même pas grand-chose à proposer pour être utilisé dans un déploiement réel.

En particulier, nos plus vives critiques sont:

Un projet OLPC ? à la différence de l’ordinateur XO et de Sugar, ni le matériel, ni le logiciel n’ont été conçus par OLPC. De manière surprenante, aucune ingénieur n’ayant participé à la conception de l’ordinateur XO n’a même été consulté sur le projet qui a été entièrement piloté depuis par Miami par des contrats de sous-traitances, avec Vivitar pour la partie matériel et avec  Morphoss pour la partie logicielle. Quel dommage de ne pas avoir capitalisé sur le savoir-faire interne.

La XO Tablet Vivitar

La XO Learning Platform Morphoss

Où est l’Open Source ? C’était un des 5 grands piliers du projet OLPC, s’appuyer sur les contenus et les principes de l’Open Source pour offrir la liberté et l’évolutivité de la plate-forme. C’est ce qui a permis de construire la communauté OLPC dans le monde (dont OLPC France !) mais aussi d’adapter chaque déploiement au contexte local. Ici on cherche en vain l’Open Source, la plate-forme XO Learning Platform est propriétaire et est l’œuvre d’un petit éditeur unique. Quant aux contenus, notre analyse nous montre qu’à peine 20% des applications proposées sont Open Source. Quel dommage d’avoir oublié ce principe fondateur du projet.

Open Source ou pas ?

Et le constructivisme ? Seymour Papert, Jean Piaget, Alan Kay sont les pères fondateurs du projet OLPC au même titre que Nicholas Negroponte. Mais des concepts du constructivisme et d’apprendre à apprendre, on ne trouve hélas aucune trace dans la XO Tablet. Les activités éducatives préinstallées ne sont pour la plupart que des leçons (textes, sons ou vidéos) tout ce qu’il y a de plus « instructiviste ». Quant à la fonctionnalité de collaboration qui permet d’utiliser à plusieurs des activités, elle est hélas absente car laissée au bon vouloir des applications et non intégré à la plateforme comme c’est le cas dans Sugar. Quant à la possibilité de voir les progrès de l’enfant, les statistiques d’usage ne sont qu’une copie vidée de son sens du Journal de Sugar qui permet lui de revenir à tout moment à l’état passé d’une activité. Quel dommage là-aussi que les fondations du projet OLPC soient oubliées.

Une application type de la XO Tablet

Une tablet indéployable ? L’Urugay a fêté dernièrement la millionième machine distribuée au titre du plan Ceibal. Et lorsqu’on voit les photos de l’événement, on voit des enfants heureux recevoir leur XO… Tablet. Derrière ce double coup marketing, on a du mal à imaginer comment ces tablets trouveront leur place dans le déploiement actuel qui a mis en place des outils et des procédures pour paramétrer, administrer, réparer, alimenter les contenus, backuper des ordinateurs XO sur Sugar. La XO Learning platform n’est aujourd’hui ni configurable, ni paramétrable et ne contient aucun outil pour les enseignants ou la maintenance. Le fait que la plateforme soit fermée laisse peu d’espoir à la création spontanée des outils pour la compléter. Sur le plan matériel, il est évident aussi que la tablet avec sa coque un peu « cheap » ne résistera pas bien au longtemps aux conditions réelles d’un déploiement terrain (humidité, poussière, soleil, …). Quel dommage que la XO Tablet cible des enfants occidentaux dont les parents disposent d’une carte bleue pour acheter des applications plutôt que des enfants de pays dans les pays en voie de développement.

Des tablets en Uruguy, pourquoi ?

 

Conclusion

Lors de l’annonce de la XO Tablet, nous étions sceptiques et attendions de pouvoir la manipuler. Après avoir longuement testé et exploré le produit, nous le sommes encore plus: ce n’est pas le produit que nous pouvions espérer du projet OLPC. Pire: il n’adhère pas aux principes même du projet et, selon notre expérience, nous parait difficilement utilisable pour un déploiement.

Alors pourquoi cet OVNI de la part d’OLPC ?

Probablement pour des raisons financières:

  • Développer un nouveau produit en interne coûte cher. OLPC n’a plus les moyens de se le payer un investissement de conception comme celui réalisé au départ pour l’ordinateur XO. C’est probablement la raison pour laquelle le prototype du XO-3 n’a jamais vu le jour et que la XO Tablet a été réalisée sous licence à partir d’un modèle existant chez Vivitar.
  • L’association OLPC à Miami pour mission d’accompagner les déploiements dans le monde. Elle dispose pour cela d’une trentaine de collaborateurs dont des experts. L’association a donc besoin de couvrir ses coûts de fonctionnement d’autant que l’ordinateur XO est vendu à prix coûtant. Il semble qu’une partie du coût de la marge réalisée sur la tablet XO sert directement à financer les coûts de fonctionnement de l’association.

 

Ce ne serait pas un mal s’il n’y avait pas un risque évident de cannibalisation de l’ordinateur XO par la tablet XO: pour un pays c’est plus sexy d’acheter des tablets Android que des ordinateurs  sur une distribution GNU Linux.

Alors faut-il faire l’acquisition de la XO Tablet ? Oui si vous voulez avoir une tablet qui a un arrière-goût du projet OLPC. Mais pour un déploiement et si vous cherchez un écran tactile, orientez-vous plutôt sur le tout récent XO-4 qui hérite lui de tous les atouts de son prédécesseur.

Et si vous voulez réellement soutenir le projet OLPC, faites plutôt directement un don à OLPC, ou soutenez le SugarLabs ou les communautés locales comme OLPC France, ce sera plus efficace.