Les enfants grandissent : leur XO aussi !

17 juin 2010

Nous avons désormais plus de précisions sur les caractéristiques techniques des nouveaux ordinateurs XO qui seront utilisés en automne prochain par 90 000 élèves du cycle d’enseignement secondaire en Uruguay, comme vient de l’annoncer le portail éducatif du Plan CEIBAL (« Laptops para secundaria y UTU« ), après les précédentes annonces (voir « One Laptop per Child updates design for older pupils« ).

Parmi les nouveautés : un vrai clavier, qui remplace le clavier à membrane de la première génération du XO (XO 1).

Autre détail : la couleur bleue !

Par ailleurs, ce nouvel ordinateur plus puissant et performant, exécutant la distribution GNU/Linux Fedora 11, sera équipé de la mise à jour « XO-HS High School Editon« ,  la nouvelle plateforme Sugar  développée conjointement par le Sugar Labs, l’association Paraguay Educa et la fondation OLPC (voir « Deployment Team/Sugar-0.88« ).

Le gain de puissance entre le XO  et le XO 1.5 n’est certes pas négligeable, même s’il importe de relativiser ce paramètre, en particulier dans un projet éducatif, comme le souligne Martin Langhoff, directeur technique OLPC (« Con un procesador más rápido no se aprende más rápido » [Un processeur plus rapide ne signifie pas que l'on apprend plus vite]).

Ainsi, les deux environnements de bureau Sugar et Gnome seront utilisables avec la possibilité, pour l’utilisateur, de choisir l’un ou l’autre alternativement.

Démonstration en vidéo, sur un précédent prototype :

Image de prévisualisation YouTube

Bien entendu, l’environnement Sugar peut être testé, ici et maintenant, indépendamment de la plateforme, donc sur un PC classique, même si vous n’avez pas de XO 1 ou de XO 1.5, grâce à la solution Sugar On A Stick ! Le tout en Français, si la langue de Molière a votre préférence !

Evaluation de l’impact des TICE : un travail de détective !

13 juin 2010

L’introduction des TICE (Technologies de l’information et de la communication pour l’éducation) dans l’enseignement fait désormais partie du quotidien des acteurs de ce secteur, en Europe comme dans le reste du monde. En Amérique latine, l’Uruguay a pris en 2007 l’initiative de fournir aux élèves des écoles publiques du pays et à leurs enseignants des ordinateurs portables et une connexion à Internet dans les écoles. Cette mesure connue sous le nom « Plan CEIBAL », vise initialement l’enseignement primaire et a été étendue récemment à l’enseignement secondaire, dans le cadre d’une politique nationale de développement basée sur l’innovation scientifique et technologique.

Le coût de l’éducation

Il est évident que l’éducation a un coût. Les sociétés doivent ainsi être disposées à assumer de manière solidaire les coûts des politiques et des institutions contribuant au développement des TICE. Pour évaluer ces coûts, en particulier dans le cas du Plan CEIBAL, nous disposons de chiffres bruts (voir « Un ordinateur par enfant : combien ça coûte ?« ). Nous apprenons ainsi que le Plan CEIBAL représente en termes de coûts près de 0,3 % du PIB, soit environ 5 % du budget de l’éducation dans ce pays.

On est en droit de se demander si cela vaut réellement la peine de dépenser de telles sommes. Pour répondre à cette question, il est nécessaire d’évaluer l’impact du programme éducatif mis en oeuvre. Cette évaluation a elle aussi un coût et fait partie des actions financées par un emprunt de 6 millions de $ sur 25 ans auprès de la Banque Interaméricaine de Développement (voir « BID aprueba préstamo para consolidar y ampliar el Plan Ceibal » [La BID approuve un emprunt en vue de la consolidation et de l'extension du Plan Ceibal]). En effet, l’un des objectifs de cet emprunt est de « développer des stratégies et des instruments permettant un suivi et une évaluation de l’impact éducatif et social du Plan [CEIBAL], en intégrant le développement de  capacités institutionnelles et techniques (…) ». L’un des résultats de cette démarche d’évaluation se présente sous la forme d’une étude : « En el camino del Plan CEIBAL« .

Une évaluation à long terme

S’agissant d’éducation, l’évaluation qui doit être menée est à long terme. Pour autant, des résultats partiels sont d’ores et déjà disponibles.

Ainsi, en Uruguay, différentes études ont été réalisées pour mesurer l’impact du Plan Ceibal, comme on peut le voir dans Uruguay : publication de rapports sur le Plan Ceibal.

A l’échelle de l’Amérique latine enfin, les instruments d’évaluation sont mis en place, par exemple, avec le Laboratorio Latinoamericano de Evaluación de la Calidad de la Educación (LLECE).

Pour revenir à l’Uruguay, Lidia Barboza Norbis, enseignante-chercheur en sciences de l’éducation à l’Instituto de Educación de l’université de la República (Montevideo), précise que ce pays a intégré, avec le « Monitor Educativo de Primaria« , un système d’évaluation des indicateurs éducatifs au niveau de l’enseignement primaire mis en place par l’ANEP, l’Administración Nacional de Educación Pública :

« A titre d’exemple, l’une des principales tendances positives réside dans la baisse de quatre points du redoublement chez les enfants. En d’autres termes, le pourcentage d’élèves redoublants de la 1ère à la 6ème classe des écoles d’enseignement général a reculé de 10,3 % à 6,3 % pour la période comprise entre 2002 et 2009″. (source : liste OLPC Uruguay).

Cette évolution appelle un premier commentaire de la part de Lidia Barboza Norbis :

« Il est très encourageant d’observer ce qui se passe au niveau des redoublements des enfants dans les écoles situées dans un contexte très défavorable, avec un taux de redoublement qui a chuté à 6 % dans les écoles urbaines et à 4 % dans les écoles rurales. (Ce système d’évaluation est quantitatif et descriptif, ce qui empêche d’expliquer quels sont les facteurs ayant une incidence sur le redoublement, qui est la conséquence de facteurs multiples). »

Ainsi, la perspective est que « ce genre de système d’évaluation permette d’obtenir un instantané du système à une date donnée et permette l’intégration des résultats des processus d’aprentissage dans les matières scienfiques, des langues, mathématiques, etc. » ajoute Lidia Barboza Norbis.

Par ailleurs, les informations peuvent être affinées école par école et assorties de données cartographiques. De cette manière, grâce au système d’information géographique (SIG/GIS) mis en place, nous pouvons en savoir plus sur l’école fréquentée par Lucas (dans « L’école, catalyseur du développement« ), qui avait été interrogé par Fernando Da Rosa Morena, enseignant-chercheur en sciences de la communication à l’Université de la República (Montevideo), dans son billet « CEIBAL más allá del aula » :

Ainsi, la méthologie de l’évaluation est mise en place. Reste à disposer du recul nécessaire.

Mais il y a déjà de quoi concurrencer, si besoin était, dans un autre domaine d’excellence, la démarche d’élucidation illustrée par le jeu « División Especial de Detectives« , conçu pour le Plan CEIBAL par la société Trojan Chicken.

C’est d’ailleurs ce jeu qui a permis à cette start-up de Montevideo d’être lauréate du concours d’idées Rayuela, initié par l’organisme du même nom émanant du projet CEIBAL : une manière de contribuer à l’amélioration de l’impact des TICE dans les écoles uruguayennes puisqu’il s’agit, pour les joueurs, de mobiliser leurs connaissances et géographie, histoire, mathématiques, langues et logique.

Par chance, nous avons pour nous aider à affronter les défis de demain une génération entière de jeunes (« gurises » en espagnol uruguayen) qui sont déjà à bonne école !

Laboratorio Latinoamericano de Evaluación de la Calidad de la Educación
–LLECE-

L’Uruguay : combien de divisions ?

11 juin 2010

On a beau faire peu de cas des compétitions sportives opposant nations contre nations, dans ce qui est devenu un véritable secteur économique, soumis de plus en plus aux lois du business, il n’empêche ! Tirons donc prétexte de ce sujet pour un détournement pédagogique en bonne et due forme : une manière pour l’enseignant de dire « Le foot, on s’en fout mais faisons-en un sujet pour la classe« . Car c’est bien connu, l’occasion fait le larron. L’occasion, c’est donc le match Uruguay-France (le 11/06/2010) lors de la Coupe du Monde de football 2010, en Afrique du Sud. Quant au larron, vous verrez que nous sommes en bien bonne compagnie !

Des complices au bout du monde

En matière de détournement pédagogique, l’Uruguay fait fort. La preuve ? Observons par exemple ce qui se fait dans l’espace pédagogique du très officiel Plan Ceibal.

* Cet organisme qui se consacre à « animer » les 380 000 utilisateurs d’ordinateurs XO dans les établissements primaires du pays (auxquels s’ajouteront au cours des prochains mois 100 000 utilisateurs dans le cycle secondaire), envoie un correspondant Ceibal en Afrique du Sud et – cerise sur le gâteau – lui fait même parler français (« ¿Qu’est-ce que vous voulez? «  »).

* Il organise un jeu prétexte à une vérification des connaissances sur le football.

* Il présente la mascotte Zakumi.

XO et mascotte Zakumi

* Il présente un ensemble d’activités articulées thématiquement autour du Mondial, conçues par une équipe d’enseignants « Dinamizadores Ceibal » du département de Durazno.

* Il annonce le lecteur de médias JAMedia, dont il a été question dans un billet précédent (JAMedia : encore un point pour l’Uruguay !) et qui a défrayé la chronique en suscitant en l’espace de quelques jours l’enthousiasme de nombreux utilisateurs, électrisés par la perspective de suivre le Mondial sur le XO, ce qui a donné l’occasion à Flavio Danesse, son développeur, d’être sollicité pour des entrevues par plusieurs radios et chaînes de TV.

* Il organise un voyage virtuel en Afrique du Sud.

* Il annonce un jeu baptisé « Conozco Mundial« , qui fait partie des nombreuses activités développées par l’équipe du CeibalJAM.

L’Uruguay : premier en quoi ?

A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ignorons quelle équipe l’emportera ! Toutefois, n’est-il pas utile de mieux connaître son vis-à-vis avant une rencontre, qu’elle soit sportive, humaine, ou culturelle ? Alors que pouvons nous apprendre ?

Premier dans les « Sciences for Kids »

Nous apprenons sur le site « Information is Beautiful« que l’Uruguay occupe la première place des pays dans le domaine de la science pour les enfants (document « International Number Ones« ). Voilà qui est sympathique. La France est quant à elle classée première dans la betterave sucrière (Sugar beet), d’après l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Autre catégorie, mais sympathique quand même : ainsi, pas de jaloux !

Jolie infographie, mais les données sont-elles exactes ? Sont-elles seulement actuelles ? Quelles sont les sources d’ailleurs ?

Nous apprenons dans ce document dans quel domaine chacun des pays listés peut se prévaloir d’une première place. Ainsi, l’Uruguay apparaît en première position en nombre de victoires à la coupe du monde par habitant, sur la période 1930-2006. Bizarre. Ce décalage semble indiquer tout simplement que les données servant de base à ce classement ont été actualisées et que différentes sources d’information sont utilisées. Rien d’extraordinaire mais il est toujours bon de préciser ses sources, comme nous venons d’en avoir l’illustration. Question de méthode.

Des données de base pour la classe

A notre tour de faire oeuvre de détournement pédagogique : les données d’où est tiré le classement proviennent du site NationMaster, qui exploite, en les retravaillant et en les présentant graphiquement, les données brutes tirées du « CIA World Factbook« , par exemple en fournissant des classements des pays dans différentes catégories. L’intérêt pédagogique saute aux yeux pour l’enseignement des sciences sociales (histoire, économie, géographie). Bingo, d’ailleurs, car nous confirmons ici que l’Uruguay est le numéro un mondial dans la part du temps consacré aux disciplines scientifiques dans l’enseignement primaire : une confirmation de la présentation donnée sur « Information is Beautiful ». Toutefois, les données remontent à 1999. Ce n’est pas très récent ! Nous pouvons déjà approfondir notre compréhension, par exemple dans le secteur de l’éducation (d’après NationMaster) :

Ne nous avouons pas vaincus pour autant ! Si l’on veut obtenir – pour la classe – des données plus récentes, on peut se tourner vers des sources officielles, telles que la Banque Mondiale. Par exemple, pour l’Uruguay, qui nous intéresse ici. Par ailleurs, ces données sont disponibles en français, en anglais, en arabe et en espagnol. Bingo pour les cours de langues !

Voilà un début pour mieux connaître notre vis-à-vis. Alors de grâce, ne dites plus, à la manière de Staline interrogeant Churchill, à propos du Vatican : « L’Uruguay : combien de divisions ? » ! Mais apprenons à nous connaître mieux, en lettres ou en chiffres ! C’est un premier pas en faveur de la compréhension et de l’amitié.

JAMedia : encore un point pour l’Uruguay !

1 juin 2010

Il est désormais possible de suivre les émissions TV et radio sur le XO ! Nous devons cette réalisation à Flavio Danesse, l’un des talentueux développeurs de la communauté de développeurs CeibalJAM. Cette association avait d’ailleurs déjà défrayé la chronique en remportant le Prix Digital Ars Electronica 2010 dans la catégorie « Digital Communities« .

Dernièrement, nous avons appris la sortie de l’activité JAMedia, pour l’environnement Sugar. Il s’agit d’un lecteur audio et vidéo capable de jouer des flux audio ou vidéo tels que des émissions radio ou TV diffusés en ligne (streaming) ou encore des documents multimédia disponibles en local.

C’est ainsi que l’utilisateur du XO peut suivre une émission télévisée avec une qualité remarquable (Voir la vidéo  ici ) !

Cette première version est déjà parfaitement fonctionnelle, avec une liste appréciable de stations radio et TV.

JAMedia vient à peine de sortir que déjà, de nouveaux développements sont annoncés comme des fonctions de conversion, d’extraction, d’enregistrement ou d’édition.

Restez en ligne, car, avec le prochain concours de développement – la Sugar World Coup 2010 – et la participation de l’Uruguay au Mondial de football d’Afrique du Sud, la concurrence risque d’avoir du mal à suivre le rythme !

Donnez-moi un point d’appui…

15 mai 2010

C’est ainsi que commence cette phrase célèbre attribuée à Archimède. La suite (« … et un levier et je soulèverai la terre !« ) est connue, mais ce qui donne à cette phrase toute son acuité, c’est qu’elle est révélatrice de l’esprit qui anime aujourd’hui la communauté OLPC de par le monde !

Nous venons d’apprendre en effet que le logiciel de géométrie et d’analyse MathGraph32, développé par Yves Biton, est devenu un logiciel libre, après être passé sous licence libre GPL (GPL 3) et qu’il a été porté sous l’environnement Sugar par une équipe de développeurs intervenant dans le cadre du CeibalJam, une association uruguayenne se consacrant depuis mai 2008 au développement d’applications pédagogiques dans le contexte du Plan Ceibal de ce pays.

Par ailleurs, dans le contexte de ce développement international, l’application MathGraph32 est utilisable en Français, en Espagnol et en Anglais.

Désormais utilisable sur l’ordinateur XO et dans l’environnement Sugar, cette application écrite en Java constitue un bel exemple de coopération internationale, à l’image du projet OLPC.

Alors oui, les héritiers d’Archimède pourront, dotés des leviers éducatifs nécessaires, changer le monde de demain !

Pour en savoir plus:

Scratch The Planet!

9 mai 2010

Un concours national de court-métrages adressé à des enfants en âge scolaire, cela a de quoi surprendre ! C’est pourtant ce qui est organisé actuellement, à l’échelle d’un pays, en Uruguay. Ce concours intitulé ANIMATE propose en effet de créer des court-métrages animés aux enfants qui souhaitent y participer. Ceux-ci concourent dans l’une des trois catégories prévues, jusqu’à l’âge de 12 ans, en envoyant à l’aide d’un petit formulaire l’animation qu’ils auront créée, à partir de la plate-forme d’apprentissage Sugar sur leur ordinateur XO, à l’aide des activités « sugarisées » Scratch ou Etoys.

efectocine_AficheSurprenant ?

Comment cela est-il possible ? Les organisateurs sont la société privée Efecto Cine et le « Plan CEIBAL« , l’organisme public mis en place en 2007 et chargé de mettre en oeuvre le programme d’inclusion numérique Plan Ceibal en vue de réduire le fossé numérique par rapport aux autres pays et entre les habitants du pays, afin de faciliter l’accès à l’éducation et à la culture.

La lecture des détails du concours nous apprend que la thématique retenue est « De la maison à l’école » et que l’intention est de favoriser la création audiovisuelle en s’appuyant sur la connaissance des nouvelles technologies. Les animations, qui pourront faire appel à des éléments multimédias – chansons, musique, images – de préférence originaux, ou sous licence Creative Commons, auront une durée de 30 secondes à 2 minutes.

N’est-il pas paradoxal de demander à des enfants d’utiliser des langages de programmation comme Scratch ou Etoys ?

  • Scratch est un langage de programmation développé par le Lifelong Kindergarten Group au sein du Media Lab du MIT (qui organise, par ailleurs un « Scratch Day« , le 22 mai 2010) et permettant de créer de manière interactive des  histoires, des animations, des jeux, de la musique et des images et de partager ces créations sur le Web.

http://www.vimeo.com/4077929

  • Etoys est un outil auteur multimédia et de programmation visuelle, hérité de Squeak.

Dans ces conditions, il apparaît que ces deux outils ont bien été conçus pour les enfants et qu’ils sont bien à leur portée, au moins en théorie. Dans la pratique, il semble difficile d’envisager un tel concours dans nos pays développés où le mieux que l’on puisse envisager, dans le cadre d’un concours analogue (voir, pour la France, le « Programme prévisionnel des actions éducatives 2009-2010« , paru au Bulletin officiel n° 31 du 27 août 2009), serait de demander aux participants de réaliser sur papier (donc « comme au bon vieux temps ») des dessins sur un thème donné et de les envoyer par voie postale aux organisateurs. Comment donc ce qui est impensable ici est-il faisable en Uruguay ? Et qui est désormais du « bon » côté du fossé numérique ?

L’inclusion numérique en action

Pour qu’un tel concours soit envisageable, il apparaît nécessaire qu’il soit réalisé dans un contexte favorable ! C’est l’impression qui se dégage des observations que nous pouvons faire :

  • Une politique coordonnée d’alphabétisation numérique, à destination des élèves de l’enseignement primaire des établissements publics et – dans une moindre mesure – privés, avec le Plan CEIBAL.
  • Un programme diversifié de formation des enseignants, selon différentes modalités (tutoriaux, formations présentielles, à distance, de niveau débutant et avancé), organisées par les différents « RAP Ceibal« , le réseau de soutien au Plan Ceibal, les centres de technologie éducative (ou CTE), par exemple le Centro de Tecnología Educativa de Tacuarembó), etc.
  • Des activités en classe faisant appel à ces outils didactiques, comme les propositions d’activités avec le XO, élaborées par des enseignantes de Canelones (voir Variations telluriques à Canelones). Des animations réalisées avec Scratch par les élèves de Bella Unión illustrent par ailleurs ce que l’on peut s’attendre à voir.

Réalisation Scratch, élève de Bella Unión

La planète Scratch

La promesse selon laquelle le projet CEIBAL donnerait aux élèves du pays des perspectives de réduction du fossé numérique et d’inclusion numérique n’est pas vaine, puisqu’ils sont désormais en mesure d’échanger d’égal à égal avec les jeunes créateurs Scratch appartenant à une communauté internationale à laquelle on doit déjà près d’un million de projets (projets Scratch) de par le monde.

Quant à l’environnement Etoys, il n’est pas en reste puisque l’on trouve également de nombreux projets, comme ceux recueillis par EtoysIllinois.

Par ailleurs, la créativité ne se limite pas à la programmation d’animations, puisque l’on peut utiliser des périphériques matériels, tels que la carte PicoBoard, pour des tâches plus « hardware ».

Et pour nous ?

Pour nous qui pensions être du « bon » côté de la fracture numérique, il y a là de quoi se réconcilier avec la programmation, si l’on en croit l’article « Scratch: un langage de programmation interdit aux grands » car tout cela ne vaut certainement pas que pour les élèves uruguayens ! A bon entendeur, « Scratch the planet » ! Aurons-nous la chance d’assister ici aussi à une telle profusion de créativité ? Plus proche de chez nous, peut-être le salon Intertice, sur les usages pédagogiques du numérique, sera-t-il l’occasion de découvrir des choses intéressantes dans ce domaine ? Il n’est pas interdit d’espérer !

Uruguay : publication de rapports sur le Plan Ceibal

5 mai 2010

Le rapport final de l’étude sur le fonctionnement et les retombées du « Plan Ceibal« , le déploiement OLPC en Uruguay, vient d’être publié.

Ce document a été élaboré dans le cadre du projet « Flor de Ceibo« , piloté par l’ « Université de la République » (Universidad de la República) à Montevideo, en partenariat avec le Plan Ceibal. En 2009, 345 étudiants universitaires et 40 enseignants de disciplines diverses ont travaillé dans les écoles et les communautés dans l’ensemble du pays dans différentes activités de sensibilisation, utilisation du XO, production de contenus et appropriation de l’outil informatique au profit de la communauté.

Le rapport de 140 pages est téléchargeable sous le lien suivant :

Informe Flor de Ceibo 2009

Un extrait du document (p. 136) :

FlorDeCeibo2009_136

La publication d’un autre rapport (Circular 10 Técnica) a suscité de premières réactions dans les médias, notamment sur le site indépendant d’informations « OLPC News », dans l’article (en Anglais) : First Ever Objective XO Laptop Usage Research Results.

Enfin, une évaluation (accessible sur la page Evaluación del Plan Ceibal) a été publiée par le Plan Ceibal :

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Variations telluriques à Canelones

4 mai 2010

La terre tremble !

Telle est la thématique choisie pour les activités scolaires transversales de leurs élèves de 6ème classe (11 ans environ), par quatre enseignantes de la ville de Canelones, dans le département du même nom, situé au Sud de l’Uruguay.

Voici ce que nous pouvons lire sur le site de la plate-forme éducative du Plan Ceibal, dans l’article « La Tierra tiembla » :

post_tiembla« L’arrivée du XO dans la salle de classe a modifié la relation de l’enseignant, des enfants et des parents aux apprentissages, tout en dynamisant la relation entre tous ces acteurs. Bien souvent, les enseignants nous demandent de quelle manière utiliser l’ordinateur pour que ce ne soit pas seulement un outil de plus mais pour qu’il favorise également l’autonomie des élèves, de manière à ce qu’ils deviennent les véritables acteurs de leurs propres apprentissages ». Dans cette proposition d’activités avec le XO, les enseignantes de l’école n° 110, ‘Joaquín Suárez’ de la ville de Canelones – Liliana Umpiérrez, Sylvia Cabrera, Estela Tarantelli et María Berriel – nous montrent, à partir du travail  qu’elles ont réalisé avec les enfants, différentes stratégies visant à promouvoir ces objectifs ».

Le déclencheur

Dans le document « La tierra tiembla« , qui synthétise leur démarche pédagogique, les enseignantes indiquent avoir choisi comme « déclencheur » le film « Krakatoa« , un documentaire-fiction relatant l’éruption du volcan Krakatoa en 1883, et le tremblement de terre d’Haïti de janvier 2010.

A partir de là, les enseignantes imaginent plusieurs activités transversales relevant de plusieurs domaines de compétences :

  • Langue : expression orale, lecture, écriture,
  • Mathématiques : numération, géométrie,
  • Création artistique : arts visuels, genre narratif,
  • Sciences naturelles : géologie, physique, chimie, biologie
  • Sciences sociales : géographie, droit

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Les activités du XO

Chacun de ces domaines de compétences est abordé à l’aide des différentes activités de l’environnement Sugar, auxquelles les élèves et les enseignant ont accès sur leur ordinateur XO. Ces activités sont préinstallées sur le XO ou peuvent être téléchargées depuis un « dépôt » regroupant les activités développées par le Sugar Labs.

L’activité Naviguer

Ainsi, la classe utilise l’activité Naviguer, dans le domaine de compétence Langues / Lecture, pour lire des documents de presse portant sur la thématique choisie, rechercher des informations sur le Krakatoa ou encore obtenir des images qui seront utilisées dans les autres activités.

L’activité Labyrinthe

L’activité Labyrinthe permet de créer des cartes conceptuelles (ou cartes heuristiques, en anglais « mind maps »), associant des idées sous forme graphique.

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L’activité Etoys

L’environnement de création multimédia Etoys est également utilisé pour créer une animation constituée de plusieurs images.

Etoys

L’activité Ecrire

Dans le domaine de compétences Création artistique / Littérature, la classe utilise l’activité Ecrire pour élaborer un conte de science-fiction inspiré du film « Krakatoa » et du livre « Voyage au centre de la terre » de Jules Verne.

L’activité Enregistrer

La classe réalise par ailleurs des photographies à l’aide de l’activité multimédia Enregistrer. Les techniques photographiques de prises de vue, de cadrage, etc. sont abordées à cette occasion.

L’activité Fototoon

La classe réalise par ailleurs un roman-photo à l’aide de l’activité Fototoon.

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L’activité Tux Paint

Dans le domaine de compétences Social / Géographie, la classe utilise l’activité Tux Paint pour représenter et localiser les masses continentales et océaniques.

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L’activité Turtle Blocks

L’activité Turtle Blocks (anciennement Turtle Arts ou ArtTortue) est utilisée dans le domaine Mathématiques / Géométrie pour l’acquisition des concepts de circonférence et de cercle. Cette activité inspirée du langage de programmation Logo, spécialement conçu pour les enfants, est utilisée pour tracer des figures à l’aide d’une « tortue » pilotée par des commandes de base.

ArtTortue

L’activité Scratch

L’activité Scratch est utilisée dans le domaine Sciences sociales / Géographie pour localiser des zones géographiques à l’aide de coordonnées.

Scratch

Une boîte à outils didactiques

Les enseignantes de l’école de Canelones ont ainsi préparé leurs séquences didactiques en combinant à partir des activités offertes par l’ordinateur XO, plusieurs activités transversales autour de la thématique « Tremblement de terre ». Nous voyons ainsi que les enseignants ont à leur disposition une boîte à outils didactiques riche et complète afin de concevoir leurs propres contenus et activités. Par ailleurs, les pratiques d’échanges d’expériences et de connaissances, qui illustrent le projet CEIBAL en Uruguay, favorisent l’acquisition par ces enseignants de compétences techniques qui viennent au service de leur pédagogie.

L’école, catalyseur du développement

2 mai 2010

Location_department_Canelones(Uruguay)Lucas, un jeune uruguayen de 11 ans, vivant avec ses parents Richard et Marisol, en Uruguay, dans le département de Canelones, est l’un des 400 000 enfants dont la scolarité se déroule dans le contexte du « Plan Ceibal« , le programme OLPC développé ces dernières années en Uruguay.

C’est ce que nous apprenons en découvrant le témoignage de cette famille, dans l’article « CEIBAL más allá del aula » publié sur son blog par Fernando da Rosa Morena – un enseignant uruguayen travaillant dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication et contribuant concrètement à faire vivre le « Plan Ceibal », en particulier à travers des actions d’information, de formation et d’assistance technique – et dans l’entretien enregistré dans cette vidéo (voir licence en bas de page) :

Richard, originaire de Montevideo, a décidé de s’installer dans une zone rurale, où il exerce, à partir de sa petite exploitation familiale de la localité de Piedras de Afilar, diverses activités d’élevage, d’agriculture organique, de fabrication et commercialisation de pain, dans un contexte d’autosubsistance. L’automne, il participe à la cueillette des champignons dans la montagne voisine, pour les revendre, modestement, à partir d’un stand installé au bord de la « Ruta interbalnearia« , aux automobilistes de passage.

LucasLucas, 11 ans, filmé ici en train de jouer sur son XO au jeu de lettres Falabracman, fréquente l’école voisine, distante de quelques kilomètres. Lucas a reçu, comme ses camarades de son école et les enfants scolarisés du pays, un ordinateur XO (surnommé affectueusement « Ceibalita »). Il l’utilise dans le cadre scolaire, où les élèves
bénéficient d’une connexion Internet, mise en place dans le cadre du « Plan Ceibal », et le rapporte à la maison.

Par la suite, les parents de Lucas ont pu utiliser la connectivité Internet de l’école. Ceci leur a permis de développer leur exploitation familiale, en recherchant des débouchés commerciaux pour écouler la production de champignons. L’accès à de nouveaux marchés, dans la capitale Montevideo, puis à Zaragoza, en Espagne, avec le soutien initial des autorités du chef-lieu du département de Canelones, a justifié la création d’une coopérative et la participation du village dans les tâches de cueillette, préparation, conditionnement, transport, commercialisation. Richard observe que l’amélioration des conditions de travail dans le cadre de cette activité bénéficie à de nombreuses personnes du village, qui travaillaient auparavant dans des conditions précaires.

RichardPour Richard, cette situation est littéralement révolutionnaire et s’inscrit dans une logique de démocratisation, comme il l’analyse dans son témoignage, dans la mesure où elle permet à sa famille et à son village de développer une activité jusqu’alors artisanale, dans des proportions inimagineables auparavant. Il fait état de chiffres de 15 à 20 fois plus élevés (près de 5 tonnes annuelles), comparé aux années précédentes. Ce résultat a été rendu possible par l’accès à d’autres canaux de distribution, que l’accès à des nouvelles sources d’informations lui a permis d’identifier et d’exploiter.

Pour Lucas, qui trouve, avec cet ordinateur pédagogique, l’occasion de partager ses nouvelles connaissances avec ses parents, cela lui donne une nouvelle place dans sa famille et contribue à lui donner une plus grande confiance en soi.

L’école est ainsi devenue, avec la mise en place d’un programme d’accès aux nouvelles technologies éducatives, le catalyseur du développement économique. Un effet secondaire de la promesse éducative du projet OLPC, illustré dans une zone rurale d’un pays du Sud, visionnaire et précurseur, pour qui l’inclusion numérique et éducative va de pair avec l’inclusion sociale et économique.
Licence :

Creative Commons License
CEIBAL más allá del aula by Fernando da Rosa Morena is licensed under a Creative Commons Reconocimiento-No comercial-Compartir bajo la misma licencia 3.0 Unported License.
Based on a work at www.fedaro.info.


Référence
:

  • Détail des opérations de sous-titrage mises en oeuvre (avec le concours, en particulier, de Marielle Lopez, Camille Robert, Ahmed Mansour/OLPC Maroc, Bastien Guerry, Sebastien Agnot/Dailymotion), sur le wiki OLPC France : Sous-titrage

Information and Communications for Development 2009: Extending Reach and Increasing Impact

L’étoffe des bricolos

8 octobre 2009

Le génie est-il soluble dans le confort ? C’est ce que pourraient donner à penser les nombreux exemples d’inventivité qui ont été signalés en marge du projet OLPC. Ainsi, nous apprenons que les membres du programme OLPC Afghanistan ont imaginé et réalisé un prototype de « pédalo pour XO » chargé de produire l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’ordinateur XO.

Pédalo pour XO - OLPC Afghanistan

Pédalo pour XO - OLPC Afghanistan

Cette réalisation, ou encore le dispositif bicyclette-alternateur-batterie alimentant un XO, dans une école en Uruguay (« Transformando la energía mecánica en eléctrica« ), évoque inévitablement la mythique manivelle, encore aujourd’hui associée aux premiers prototypes du XO. Cet accessoire a finalement été abandonné, en raison de son inadéquation. Un pédalo en Afghanistan, une manivelle dans les laboratoires du MIT, une micro-turbine dans le village malgache de Antitorona, sur l’île de Nosy Komba, ou encore des panneaux solaires, comme à San Mahen, au Sierra Leone : ce sont quelques-unes des idées plus ou moins abouties, que l’on doit au projet OLPC ou qui lui sont associées.

Panneaux solaires et XO à San Mahen (Sierra Leone)

Panneaux solaires et XO à San Mahen (Sierra Leone)

Manifestement, il y a de l’ingéniosité dans ces créations. Mais combien d’autres génies anonymes et méconnus les pays « en développement » recèlent-ils ? Car il est bien entendu que l’inventivité n’est pas l’apanage de l’ordinateur XO, comme l’illustre brillamment le jeune William Kamkwamba au Malawi, qui a conçu et construit des éoliennes dans un contexte de dénuement extrême, et dont le parcours « typique-atypique » a donné lieu au récit « The Boy Who Harnessed the Wind« .

Or, même s’il n’y a pas de déterminisme strict entre la possession ou l’utilisation d’une technologie telle que le XO et le bénéfice éducatif que l’on peut en tirer, il apparaît que cette plateforme d’apprentissage a été conçue pour favoriser une attitude créatrice et critique chez ses jeunes utilisateurs.

Une plateforme éducative hackable

Le projet OLPC a en effet inscrit l’ingéniosité au nombre de ses principes. L’ingéniosité, c’est celle des utilisateurs de cette plateforme éducative conçue pour être robuste, « verte » et ouverte. Les utilisateurs sont ainsi encouragés à rivaliser d’audace intellectuelle pour tirer le meilleur parti de leur XO et pour l’utiliser au mieux des contraintes qu’imposent l’absence d’infrastructures adéquates et, trop souvent, le dénuement le plus criant.

C’est ainsi que différents périphériques et équipements ont été imaginés pour accompagner l’ordinateur XO. On en trouve une énumération sur la page du wiki OLPC consacrée aux périphériques , qu’ils soient destinés à alimenter le XO en électricité ou à assurer sa connectivité avec le reste du monde. D’autres projets ont entrepris de répondre à ces besoins par une solution « tout en un », comme celle réalisée par le projet Labomobile et Green-wifi au Sénégal.

D’autres créations, tout aussi originales, continuent à émerger des cerveaux inventifs de leurs concepteurs, comme cette imprimante 3D robotisée RepRap. Celle-ci peut être enrôlée pour la fabrication en série d’un autre accessoire, le viseur de la caméra du XO.

Viseur XO / RepRap

Viseur XO / RepRap

Rien de futile non plus, dans ce projet de conception d’un électro-cardiogramme (projet OLPC Golden State).

Enfin, le jour où votre XO devra passer sur le « billard » après une panne quelconque, réparez-le vous-même ou faites-le réparer dans un centre de réparation local. Rejoignez-nous pour cela, près de Paris, au /tmp/lab.

Atelier de réparation au /tmp/lab (Paris)

Atelier de réparation au /tmp/lab (Paris)

Trop loin de chez vous ? Qu’à cela ne tienne, rapprochez-vous des autres Repair Centers, ou créez-en un vous-même (How to start a repair center) !

Conclusion

L’avenir vous appartient, il suffit de l’inventer : Happy Hacking !

William Kamkwamba