Traduire Sugar / le XO

23 août 2009

Le projet OLPC doit faire face à de nombreux défis. Celui de la globalisation, qui consiste à confier le même modèle d’ordinateur à des millions d’élèves appartenant à des communautés linguistiques les plus diverses, dans le monde entier, est l’un des plus ambitieux.

Il a fallu ainsi concevoir un ensemble de dispositifs permettant aux différentes communautés auxquelles le XO est destiné, d’utiliser un outil adapté à leurs usages spécifiques. Ce travail d’adaptation devait porter sur l’interface entre l’élève et l’ordinateur d’une part, et sur les contenus d’autre part.

Pour localiser l’interface utilisateur Sugar et les activités présentes sur le XO, une plateforme de localisation basée sur le serveur Pootle a été mise en place. Elle permet aux équipes de traduction de « localiser » le système et les activités Sugar dans de nombreuses langues (de l’Afrikaans au Yoruba). Ces équipes sont constituées de locuteurs natifs de la langue cible, traducteurs professionnels ou amateurs, contribuant de manière collaborative à l’effort collectif (voir le manuel Translating for the OLPC/Sugar Labs using Pootle). Dans le cas du Malgache, par exemple, les traductions sont réalisées par une petite équipe de volontaires répartis entre Madagascar et le reste du monde.

La question de la création de contenus locaux ou localisés, dans la langue des élèves ET adaptés aux besoins des programmes scolaires des différents pays dans lesquels le programme OLPC est appliqué mériterait au moins un article à elle seule. Quant à l’adaptation de l’interface utilisateur, elle concerne la composante matérielle, avec le clavier (choisir un alphabet adapté et une disposition de clavier adéquate), mais aussi la composante logicielle, avec l’interface graphique qui apparaît à l’écran.  Celle-ci peut être configurée pour activer une ou plusieurs langues, au choix de l’utilisateur :

Paramétrage de la langue

Paramétrage de la langue

Les traducteurs complètent donc leurs traductions à partir de cette plateforme Pootle :

Traduction depuis la plateforme Pootle

Traduction depuis la plateforme Pootle

Ainsi, les messages visibles dans les différentes composantes de l’interface peuvent être traduits, comme l’illustre l’activité Write (Ecrire en Français, ou Soraty en Malgache):

Traduction de l'activité Write/Ecrire/Soraty

Traduction de l'activité Write/Ecrire/Soraty

L’avantage de la plateforme de traduction en ligne est de permettre à plusieurs personnes de travailler en équipe sur le projet. Dans certains cas, notamment lorsque l’accès à Internet n’est pas garanti de manière pratique, il est plus indiqué d’éditer les fichiers de traduction hors ligne, depuis son ordinateur. Des logiciels de traduction sont ainsi utilisables, sur PC ou même sur le XO afin de compléter le travail en local. Ainsi, l’application Gtranslator, poedit ou toute application prenant en charge les fichiers .po :

Gtranslator sur le XO

Gtranslator sur le XO

Le traducteur complète la traduction des messages de la même manière que depuis la plateforme de traduction en ligne, mais en local et de manière individuelle, comme ici, pour l’activité Write/Ecrire/Soraty :

Traduction en local avec Poedit

Traduction en local avec Poedit

Traduction en local avec Gtranslator

Traduction en local avec Gtranslator

Après avoir complété cette traduction, le traducteur peut alors visualiser le résultat sur l’interface Sugar de son ordinateur afin de tester la pertinence de sa traduction.

Le résultat de la traduction dans l'activité Write/Ecrire/Soraty

Le résultat de la traduction dans l'activité Write/Ecrire/Soraty

Il peut ensuite revenir sur des messages et les corriger. Enfin, lorsqu’il est satisfait du résultat, il pourra transférer son travail sur le serveur Pootle pour le partager avec les autres utilisateurs. La traduction actualisée pourra ensuite être intégrée au système Sugar lors de la prochaine mise à jour. De cette manière, les utilisateurs auront à leur disposition un environnement de travail « localisé » dans leur propre langue.

[Nosy Komba] La préparation

5 juillet 2009

Premier article sur une série qui vous présentera étape par étape l’avancement de notre projet Nosy Komba.

Cinq volontaires partent à Nosy Komba pour réaliser le déploiement du projet: Jonathan, Antoine, Quentin, Marion et Virginie. Nous avons fait parvenir aux enseignants sur place 2 XOs fin Avril mais c’est l’équipe de volontaires qui aura réellement pour tâche de former ces enseignants sur Sugar et sur le XO à leur arrivée.

La connaissance du XO et de Sugar par nos volontaires est très variable: de plusieurs mois à quelques heures seulement. Il était donc indispensable de les former avant leur départ pour qu’ils puissent passer le relai aux enseignants.

Difficile bien sûr de réunir tout le monde car les membres de l’équipe sont pour la plupart étudiants et que chacun d’entre nous a des obligations professionnelles. Nous sommes finalement parvenus à réunir l’équipe tous les mardis soir de Juin. Les réunions se sont tenues dans les locaux de la société Arkamys qui a eu la gentillesse de nous accueillir.

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Globalement les réunions se sont orientées sur trois thèmes:

  • - la découverte de Sugar et des activités ;
  • - le démontage et la réparation des machines ;
  • - la préparation logistique du déploiement.

A la première réunion nous avons remis un XO à chaque participant. L’espacement entre deux réunions permettait à chacun de s’approprier les acquis et de venir à la session suivante avec des questions. Nous échangions également par mail avec eux entre les réunions.

Le moment fort fut bien sûr le démontage des machines. Chaque participant a scrupuleusement démonté l’écran puis le clavier. Mention spéciale à Jonathan qui a rapporté du travail à la maison en oubliant (volontairement ?) de rebrancher la natte du clavier.

En paralèlle de ces réunions, nous avons essayé de produire ou de réunir des supports documentaires qui pourraient être utilisés par les enseignants.
Au final nous disposons:

Le plan des ateliers est disponible ici.
Les comptes-rendus sont accessibles ici et ici.
Des photos et videos sont accessibles ici.