Edition numérique : les convergences

9 juillet 2010

L’édition numérique devient un sujet central et un point de convergence pour plusieurs secteurs d’activité. Ce constat résulte d’un faisceau d’indices concordants : l’enrichissement de l’offre de livres électroniques, l’émergence d’ordinateurs de type tablette numérique, la maturation des projets d’informatique éducative, en particulier dans les pays en développement.

La pertinence des questionnements qui sont suscités par ces évolutions est illustrée, dans l’actualité immédiate, par les événements suivants :

Une journée d’étude

Le 3ème BookCamp, une journée d’ateliers consacrée au livre numérique, sera organisé à Paris, le 25 septembre 2010, dans les locaux de La Cantine.

« L’idée de cette journée est de proposer une demi-journée d’expérimentations et de réflexions autour du livre et du numérique. Une série d’ateliers « main à la pâte » pour mieux partager les impacts de l’innovation numérique sur la chaîne du livre. Une occasion de rencontre et d’échanges entre bibliothécaires, libraires, éditeurs, auteurs, critiques et lecteurs avec pour mot d’ordre, « tous participants ». »

Un manuel pour produire des livres numériques

Rédigé par James Simmons, le manuel « Reading and Leading with Sugar » (version PDF provisoire) a pour ambition de démocratiser la lecture et la production des livres électroniques, notamment sur la plate-forme pédagogique Sugar du  Sugar Labs, dans le contexte de l’extension du projet éducatif OLPC, auquel plus d’un million d’enfants des pays en développement ont désormais accès.

L’édition numérique dans les pays du Sud

Un appel d’offre (en français et en anglais) coordonné par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, concernant la réalisation d’une étude sur l’édition numérique dans les pays du « Sud » a été ouvert. Les propositions de projets sont à  remettre à l’organisateur pour le 29 août 2010 ; le comité de sélection rendra son avis le 20 septembre 2010.

Clairement, les synergies de cette thématique des livres numériques avec les projets de bibliothèques numériques des communautés Sugar/OLPC de par le monde, et, en particulier, avec les projets de bibliothèques numériques auxquels participe OLPC France (comme notre partenariat avec l’éditeur malgache Prédiff, qui a donné lieu au premier livre jeunesse malgache en numérique), sont évidentes.

Cette thématique est en effet à replacer dans le contexte de la sortie prochaine de la tablette XO 3, pour laquelle il faudra trouver des contenus à proposer aux déploiements OLPC, notamment dans l’espace francophone, en Afrique, dans les Antilles, l’espace Océan indien et ailleurs.

Les enfants grandissent : leur XO aussi !

17 juin 2010

Nous avons désormais plus de précisions sur les caractéristiques techniques des nouveaux ordinateurs XO qui seront utilisés en automne prochain par 90 000 élèves du cycle d’enseignement secondaire en Uruguay, comme vient de l’annoncer le portail éducatif du Plan CEIBAL (« Laptops para secundaria y UTU« ), après les précédentes annonces (voir « One Laptop per Child updates design for older pupils« ).

Parmi les nouveautés : un vrai clavier, qui remplace le clavier à membrane de la première génération du XO (XO 1).

Autre détail : la couleur bleue !

Par ailleurs, ce nouvel ordinateur plus puissant et performant, exécutant la distribution GNU/Linux Fedora 11, sera équipé de la mise à jour « XO-HS High School Editon« ,  la nouvelle plateforme Sugar  développée conjointement par le Sugar Labs, l’association Paraguay Educa et la fondation OLPC (voir « Deployment Team/Sugar-0.88« ).

Le gain de puissance entre le XO  et le XO 1.5 n’est certes pas négligeable, même s’il importe de relativiser ce paramètre, en particulier dans un projet éducatif, comme le souligne Martin Langhoff, directeur technique OLPC (« Con un procesador más rápido no se aprende más rápido » [Un processeur plus rapide ne signifie pas que l'on apprend plus vite]).

Ainsi, les deux environnements de bureau Sugar et Gnome seront utilisables avec la possibilité, pour l’utilisateur, de choisir l’un ou l’autre alternativement.

Démonstration en vidéo, sur un précédent prototype :

Image de prévisualisation YouTube

Bien entendu, l’environnement Sugar peut être testé, ici et maintenant, indépendamment de la plateforme, donc sur un PC classique, même si vous n’avez pas de XO 1 ou de XO 1.5, grâce à la solution Sugar On A Stick ! Le tout en Français, si la langue de Molière a votre préférence !

Un prototype de clavier virtuel pour la tablette XO3

17 juin 2010

Nous venons d’apprendre que les développeurs du Sugar Labs, responsables de la plateforme éducative Sugar, travaillent sur un prototype de clavier virtuel :

Ce prototype devrait préfigurer le clavier virtuel de la tablette XO 3 du projet OLPC, dont nous savons qu’elle aura un écran tactile (voir : « Partenariat Marvell/OLPC pour le XO-3: décryptage« ).

Une image ISO du système SOAS (Sugar on A Stick) est téléchargeable pour tester cette fonctionnalité.

Un screencast vidéo présente le prototype, qui devrait autoriser les dispositions de clavier multiples, multilingues et multifontes.

Le développeur, Sayamindu Dasgupta, à qui nous devons ce prototype prometteur, apprécie tout retour d’expérience et contribution (voir « Features/Onscreen Keyboard« ).

Source :  Liste Sugar-Devel

Features/Onscreen Keyboard

[Mornant] Des soucis et des pistes


16 juin 2010

XO-1 dans la Clis de Mornant : un point sur l’expérimentation

Le projet concernant une classe française est moins exotique que celui de Nosy Komba, à Madagascar… Mais il permet, là aussi, d’entrevoir les apports et les difficultés induits par l’utilisation du XO dans une classe réelle.

Dans la classe, le XO est devenu un compagnon des élèves. Il est léger, maniable et solide.
Les ordinateurs sont en libre-service. Chaque groupe de deux élèves s’organise comme il veut. Il faut gérer les moments où les deux veulent l’utiliser. D’autant plus qu’il y en a un en panne et qu’il faut alors accueillir d’autres demandes d’utilisation.

Deux élèves travaillent sur un XO
Deux élèves travaillent sur un XO.

Cela va faire 6 mois que les élèves de la Clis utilisent des XOs. Ils maîtrisent de mieux en mieux les fonctions de base (gérer les fichiers dans le Journal, utiliser les différentes commandes et vues de Sugar…) et les Activités courantes :
http://clismornant.free.fr/spip.php?article557

Avec très peu de directives de ma part.

Ils s’en servent pour jouer et pour aller librement sur Internet (mettre à jour le site de la classe et chercher des informations). La connexion internet de l’école est filtrée par l’Académie, mais, en plus, je leur apprends à être responsable de leurs requêtes (clics sur des liens pré-définis, ou avec mon approbation, après un questionnement sur leur cheminement et leur demande). Je leur dit régulièrement que le XO est un outil qui peut les aider à mieux apprendre, même avec les Activités très ludiques. Par contre, nous n’oublions pas de faire des activités en vrai (manipulations d’objets, jeux de sociétés…) : les enfants, surtout ceux en difficulté, ont besoin de se confronter aussi à la matière et aux objets.

Les logiciels les plus utilisés : Naviguer, Mémoriser (avec créations d’exercices), Physics, Parler, Écrire, Enregistrer (des photos et des vidéos), FotoToon, GCompris, Maze, Implode, Horloge (et GCompris Clockgame), TamTamMini…

FotoToon : 2 photos annotées avec des bulles
FotoToon : 2 photos annotées avec des bulles. Un élève a fait un reportage, à partir des photos du XO. Il n’a pas pu corriger le texte dans les bulles.

Il m’arrive de les faire utiliser une même activité, simultanément, pour leur montrer de nouvelles fonctionnalités.

Certains téléchargent directement de nouvelles Activités. Par contre, ils n’en font pas un essai complet et ne persévèrent pas dans leurs tâtonnements de découverte. L’enseignant peut alors les accompagner pour aller plus loin (encore faut-il qu’il en comprenne le fonctionnement…).
Ils partagent facilement leurs nouvelles connaissances et aident volontiers les élèves hésitants, ou règlent les problèmes courants.

Pendant les vacances ou pour les weekends prolongés, certains ont pu l’emporter chez eux (avec un document signé par les parents, pour les aider à en prendre soin, avec des consignes de sécurité). Les « trucs » de dépannage de base étaient acquis : 1) les 4 touches à appuyer pour régler le curseur « fou », 2) le redémarrage forcé, en cas de blocage : extinction en appuyant sur le bouton d’allumage,  jusqu’à l’extinction des témoins lumineux..
Ils étaient fiers de montrer le XO à leur entourage et de devenir l’expert qui fait des démonstrations et qui apprend aux autres.

Mais le plaisir de l’utilisateur est parfois gâché par des problèmes techniques :
– Difficultés de connexion à ïnternet, de partage d’activités (antagonisme avec la connexion Internet et les réseaux maillés).
– Photos difficiles à prendre (Enregistrer) : en plus du manque de viseur, le retard du déclenchement et la photo figée ne correspondant pas à ce qui est enregistré. Donc, beaucoup de photos ratées.
– Pas d’enregistrement audio correct, avec le micro intégré : un élève ne peut pas enregistrer un texte qu’il lit face au XO.
– Enregistrements qui ne se retrouvent pas ou qui ne peuvent pas s’ouvrir à nouveau (par exemple des créations sur Mémoriser). Se méfier quand on reprend un ancien texte : il manque des passages.
– Le curseur qui devient fou. Facile à retrouver avec l’utilisation des 4 touches aux coins du clavier pour le recalibrage. On peut aussi utiliser une souris USB, sans ces problèmes.
– Quand la batterie est vide, le XO s’éteint sans prévenir. On ne peut pas enregistrer le travail en cours avant l’extinction inopinée.
– Quelques manques de traduction française pour certaines activités, mais ce n’est pas trop gênant. De toutes façons, mes élèves ne sont pas encore de vrais lecteurs et ils se débrouillent.
– Mémoire RAM trop juste : il faut régulièrement effacer des entrées du journal et enregistrer les photos sur une clé USB. Cela limite le téléchargement de nouvelles activités.
– Le clavier qwerty n’est pas gênant et les lettres accentuées sont bien trouvées, même si il faut les retravailler sur un PC ou sur un Mac pour les transformer en vraies lettres accentuées, reconnues par les correcteurs orthographiques.
– Nous avons eu un problèmes matériel : 1 XO (sur les 6 prêtés par OLPC-France) est en attente de réparation car il ne s’allume plus.

Tâches de l’enseignant :
Je passe beaucoup de temps à essayer de résoudre les problèmes techniques. Je montre qu’il faut être patient et ré-essayer plusieurs fois la manœuvre…
Mais je ne peux pas tout maîtriser : je suis un « simple » enseignant , pas un informaticien.
Ce n’est donc pas aussi  simple que dans la « pub » !
Les membres d’OLPC-France peuvent facilement et efficacement répondre à des questions, malgré l’éloignement. Mais il me manque une rencontre avec d’autres enseignants pour des découvertes / échanges afin de mettre en commun les utilisations et pour connaître les bases des Activités un peu sophistiquées : la série des TamtTam et les Activités programmables : Turtle art, Pippy, Scratch, Etoys…
Et une formation pour le dépannage : j’ai  démonté un XO et essayé d’utiliser un « Serial Adapter », mais il n’était par reconnu par le type de PC utilisé à l’école…

Dans un déploiement, dans un pays du sud, ou même dans nos pays déjà bien aidés, il faut donc prévoir un accompagnement technique efficace et permanent pour les enseignants.

Dans les semaines à venir, il nous restera la découverte de quelques possibilités de programmation (Turtle art), afin de travailler la logique. Nous essaierons aussi d’utiliser le XO en lecteur (pdf, ePub), avec des fichiers existant ou à créer.

Je suis toujours enthousiaste dans l’utilisation en classe de cet outil, malgré ses imperfections actuelles.

Antoine Michelot

[Nosy Komba] Livres en îles : les voix du Sud !

4 juin 2010

Clément Monjou (Ebouquin/OLPC France) et Marie Michèle Razafintsalama (Prediff/Jeunes Malgaches)

Une rencontre autour de la bibliothèque numérique

Créer une bibliothèque numérique pour les élèves de l’école d’Antitorona sur l’île de Nosy Komba, au Nord de la Grande Île : tel était le fil directeur de la rencontre qui a réuni, ce 4 juin 2010, à Paris, l’éditeur Prediff/Jeunes Malgaches, le magazine d’actualité sur la lecture numérique Ebouquin et les associations GduCoeur et OLPC France.

Ainsi, c’est dans une ambiance tout à la fois détendue et studieuse que Marie Michèle Razafintsalama, Clément Monjou, Jonathan Ragot et votre serviteur ont pu faire plus ample connaissance et discuter de l’actualité de l’édition numérique dans le contexte malgache.

La discussion a été l’occasion de feuilleter différents prototypes de livres numériques sur différentes liseuses (ou « livres électroniques », livrels, ebooks) telles qu’un ordinateur XO du projet OLPC, un ebook (Ipad) et un netbook (Asus) sur lequel fonctionnait la dernière version – Mirabelle – de la plateforme d’apprentissage Sugar, dans sa variante sur clé USB « SOAS » (Sugar On A Stick).

L’innovation à l’ordre du jour

Cette rencontre a été l’occasion d’examiner, en avant-première, les premiers résultats d’une collaboration autour d’un projet de livre numérique pour le public scolaire de Madagascar en général, et pour les élèves de l’école du village d’Antitorona, sur l’île de Nosy Komba en particulier.

Il s’agissait en effet de faire le point sur le premier ebook que nous prévoyons de réaliser, à partir du catalogue de Prediff/Jeunes Malgaches.

Marie Michèle Razafintsalama évalue le prototype de livrel sur le XO

Il s’agit d’un projet révélateur du dynamisme et de l’esprit d’initiative des éditeurs indépendants des pays du Sud et en particulier des éditeurs de l’Afrique francophone, dont Marie Michèle Razafintsalama a évoqué les projets et les défis.

La situation de l’édition est en effet un sujet qui lui tient à coeur, dans un contexte difficile, à travers une initiative fédérant à ce jour 54 éditeurs africains, réunis au sein de l’association Afrilivres, dont elle est la présidente.

Le projet de livre électronique qui nous réunissait a bénéficié du soutien technique de James Simmons, développeur des logiciels de lecture d’ebooks Get Internet Archive Books et Read Etexts et auteur du manuel « Reading and Leading with Sugar », édité par la Floss Manuals Foundation.

Outre des conseils utiles pour constituer une bibliothèque numérique, en particulier dans un contexte scolaire, ce manuel s’intéresse aux outils logiciels et aux méthodes permettant de produire des livres électroniques ainsi qu’aux applications de lecture électronique.

Prototype d'ebook malgache

Vers la tablette XO 3

L’annonce du XO 3, résultat du partenariat entre l’industriel Marvell et la fondation OLPC pour réaliser une tablette dotée de fonctions de livre électronique notamment, donne aux projets de bibliothèques numériques sur lesquels travaillent les équipes OLPC de par le monde (par exemple « Le tour du monde en 80 ebouquins« ) une acuité accrue.

Les bibliothèques numériques sont en effet un projet central, à l’instar du projet « Internet Archive », présenté dans l’article « Making Books Available » par Sayamindu Dasgupta, auquel on doit par ailleurs la synthèse « Books, Sugar and OLPC« .

Les voix du Sud passent par l’écrit

Ainsi, pour se faire entendre, les voix du Sud doivent repenser le livre de demain avec les acteurs qui le font vivre : lecteurs, auteurs, traducteurs, illustrateurs, bibliothèques, enseignants, éditeurs, libraires, centres culturels, etc. Paradoxalement, la faiblesse économique et numérique peut être un atout, face aux appétits des majors pour qui l’édition est un marché global « à prendre », car ils ont la capacité, en unissant leurs forces, de faire entendre la voix de la diversité culturelle et des sans voix, notre patrimoine commun.

Références

* Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (UNESCO, 2005), ratifiée par la Commission européenne, le 19/12/2006

* Analyses sur la « bibliodiversité » et la « prédation« , par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants

* Objectifs du millénaire pour le développement (ONU) – Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous

* « Ebooks Madagascar » (wiki OLPC France)

http://olpc-france.org/wiki/index.php?title=Ebooks_Madagascar

[Nosy Komba] Quels contenus pour les XOs ?

2 juin 2010

L’année dernière nous n’avions pas eu le temps d’adapter les contenus des XOs déployés à Nosy Komba. Les XOs étaient donc équipés avec une image standard de Sugar 802. Cette année nous nous sommes fixés plusieurs objectifs sur les contenus:

  • Traduction Malgache
  • Paramétrage système automatique
  • Nouvelles activités
  • Livres électroniques

Traduction Malgache

Sugar est un système libre et ouvert, c’est ce qui permet de l’adapter à chaque déploiement. L’une des premières adaptation concerne la langue du système et des activités.

Sugar et la plupart de ses activités ont été conçues pour être adaptées facilement dans n’importe quelle langue et dialecte. Ainsi, Sugar est déjà traduit ou en cours de traduction dans plus de 60 langues différentes.

Pour cela une plateforme de localisation basée sur le serveur Pootle a été mise en place par la fondation. Elle permet aux équipes de traduction de « localiser » le système et les activités Sugar dans de nombreuses langues simplement en utilisant un navigateur web. Ces équipes sont constituées de locuteurs natifs de la langue cible, traducteurs professionnels ou amateurs, contribuant de manière collaborative à l’effort collectif (voir détail ici).

C’est OLPC France, et en particulier Samy, qui a initié la traduction de Sugar en langue Malgache et a essayé de réunir une petite équipe de volontaires répartis entre Madagascar et le reste du monde. L’année dernière la traduction n’était pas suffisante pour envisager le déploiement. Cette année grâce aux efforts de Gabriella qui porte pratiquement seule la traduction aujourd’hui, le taux de traduction est maintenant de 37%.

C’est beaucoup car la traduction n’est pas techniquement complexe mais, comme Gabrielle nous l’expliquait récemment, elle pose parfois de véritables questions. L’absence de livres de référence/dictionnaires spécialisés constitue un obstacle pour un certain nombre de termes liés à l’informatique. Il existe à Madagascar des académiciens qui, comme en France, inventent des termes nouveaux en fonction de l’apparition des nouveaux concepts, mais leur travail est très insuffisant. Il existe également un dictionnaire en ligne compilé par Jean-Marie de La Beaujardière ses collaborateurs, dans lequel peuvent se trouver la traduction de quelques termes, certains utilisés couramment par des malgaches, mais la plupart (inventés à l’époque de la malgachisation de l’enseignement) sont méconnus de la jeunesse malgache actuelle.

A noter également qu’il existe 18 dialectes ethniques à Madagascar. La traduction Sugar est en malgache officiel (issue du dialecte Merina de Tana) mais il est possible que les élèves des autres provinces de Madagascar ne soient pas familiers avec ce dialecte. Dans la région de Nosy Komba, ce sont les dialectes Sakalava,Tsimihety, Antakarana qui sont parlés. Il serait évident préférable que le langage utilisé sur le XO soit un des dialectes parlés par les élèves d’Antintourne mais cela rendrait la traduction encore plus complexe, nous avons donc conservé le malgache officiel qui pourra ensuite être facilement adapté en dialecte local.

Un premier aperçu de la traduction est visible ici. Un taux de traduction 37% ne nous permet pas néanmoins de déployer en Malgache. Gabriella a essayé de mobiliser des volontaires à Madagascar mais le bénévolat n’est pas évident là-bas. De notre côté, nous n’avons hélas pas eu le temps ni les moyens de mobiliser la communauté Malgache en France pour nous aider. Nous ne baissons pas les bras. Si vous pensez pouvoir nous aider ou connaître quelqu’un qui pourrait le faire, n’hésitez pas à contacter Samy.

Paramétrage système automatique

Lorsqu’un XO, qui vient d’être installé avec une image standard de Sugar, lorsqu’il démarre la première fois, plusieurs paramétrages sont nécessaires. D’abord il est nécessaire de spécifier la langue d’utilisation (par défaut l’anglais). Puisque nous ne pouvons utiliser le Malgache, le français doit être choisi via un changement dans le panneau de contrôle.

De plus, au premier lancement, Sugar affiche sur la page d’accueil un message d’avertissement demandant d’effectuer une recherche de mise à jour. Même si cela semble anodin, ces deux actions se sont montrées perturbantes pour les enfants l’année dernière.

Notre idée a donc été d’adapter l’image du système afin d’installer une version de Sugar déjà pré-configurée et sur laquelle, de plus, nous pourrions choisir les activités visibles sur la page d’accueil. C’est Bastien qui s’est chargé de cette action.

La création d’une nouvelle image système est un processus documenté sur le wiki de la fondation. C’est néanmoins une activité technique qui nécessite une bonne connaissance des commandes Unix et des outils git et pilgrim.

Après quelques heures/jours, un nouveau fichier image spécifique a finalement été réalisé. Un script Python y a ensuite été ajouté afin de supprimer le fichier responsable du message d’avertissement.

Deux problèmes se sont néanmoins posés:

  • Le fichier responsable du message d’avertissement n’est créé qu’au premier démarrage, il n’est donc pas visible par le script au boot,
  • L’installation de l’image sur le XO refuse de s’exécuter en indiquant un problème de licence

Après divers échanges sur la liste devel@lists.laptop.org et grâce notamment à l’assistance de notre ami Daniel Drake (présent au premier CodeCamp OLPC France), nous avons compris que nous étions confronté à un problème lié au mécanisme de sécurité du XO. Le BIOS refuse en effet l’installation d’une image système qui n’est pas signée numériquement avec la clé de fondation. Bien entendu cette signature ne peut être réalisée que par la fondation, ce qui nous a obligé à abandonner cette idée.

Seule alternative: le déblocage du XO via une clé développeur. Un XO débloqué supporte en effet l’installation de n’importe quelle image système. Ce déblocage se réalise via une procédure spécifique d’installation avec une clé USB équipée d’une clé développeur. Mais cette clé est un fichier spécifique à demander à la fondation POUR CHAQUE XO (voir ici) !!! Après de nouveaux échanges et l’aide de Reuben, la fondation nous a finalement fourni les clés développeurs pour les 160 machines de Nosy Komba.

Même si cela résout notre problème, nous avons néanmoins renoncé à mettre en œuvre cette solution car elle aurait nécessité un mode opératoire complexe pour l’équipe sur place: d’abord installer la clé développeur sur chaque machine puis reprendre chaque machine pour faire l’installation de la nouvelle image.

Nouvelles activités

Sur Sugar, les applications s’appellent des Activités. Ce sont des outils de base que les enseignants peuvent combiner pour créer des activités à but pédagogique. Ainsi les enfants peuvent réaliser un exposé en combinant les activités Enregistrer (photos, vidéos, audio), Dessiner et Ecrire.

Nous avons souhaité installer de nouvelles activités. D’abord parce que ce sont autant de possibilités offertes aux enseignants. Ensuite parce que ce sont autant d’opportunités de découvertes pour les enfants et enfin parce que, sans accès Internet, il est complexe d’ajouter de nouvelles activités à postériori.

Pour choisir les nouvelles activités, nous nous sommes appuyés sur l’avis des membres de l’association et sur l’expérience d’Antoine qui nous a fait un retour des activités les plus utiles pendant le pilote au CLIS Mornant. Voici la liste des activités retenues (suivre le lien pour en apprendre plus):

  • Aide: l’aide en ligne en Français de Sugar et du XO que nous avions réalisé l’année dernière,
  • Arithmetic: un quizz mathématique pour les additions, soustractions, multiplications et divisions,
  • Clock: une activité pour apprendre à lire l’heure,
  • Colors: une activité de dessin type aquarelle,
  • Falabracman: un jeu d’arcade où un petit personnage court après des lettres: très addictif,
  • FBReader: un lecteur « non officiel » de livres électroniques (voir plus loin),
  • GCompris Geography: une activité du package GCompris pour apprendre la géographie mondiale,
  • Image Viewer: un outil avancé de visualisation d’images,
  • Listen and spell: une activité pour apprendre à prononcer et épeler les mots,
  • Physics: un jeu pour apprendre les règles de l’équilibre et de la physique,
  • Ruler: une activité qui affiche une règle en cm et mm à l’écran,
  • Sugar Commander: un utilitaire pour explorer les fichiers du journal,
  • Typing Turtle: un jeu pour apprendre à taper sur le clavier.

A défaut de pouvoir créer une nouvelle image système intégrant ces activités, nous avons utilisé un autre mécanisme appelé « Customization key« . Il s’agit d’une clé d’installation mais à laquelle s’ajoute un mécanisme qui, après la mise à jour du BIOS et le flashage du système, installe les nouvelles activités. Voici le contenu de l’arborescence de cette clé « magique »:

q2e41.rom
gg-802-1.img
fs.zip
customization-2
/boot
    runos.zip
    bootfw.zip
    actos.zip
/bundles
    typing_turtle-26.xo
    sugar_commander-4.xo
    ruler-4.xo
    physics-4.xo
    listenandspell-2.xo
    image_viewer-14.xo
    falabracman-1.xo
    colors-15.xo
    clock-5.xo
    arithmetic-1.xo
    aide-5.xo
    GComprisGeography-13.xo
    FBReader-4.xo

Avec cette clé, l’équipe sur place peut facilement installer les nouvelles machines. Il suffit de démarrer en appuyant sur le pavé droit et l’ensemble des opérations se réalisent toutes seules.

Par contre, la clé supprime irrémédiablement le contenu de toute la machine. Pour faire en sorte que le contenu de toutes les machines soient uniformes, nous avons souhaité installer également ces nouvelles activités sur les machines de l’année dernière. Mais bien évidemment, il n’est pas question d’effacer les réalisations des enfants en 2009. Pour éviter cela nous avons réalisé une deuxième version de la clé qui ne fait qu’installer les nouvelles activités. Voici à quoi elle ressemble:

customization-2
/boot
    runos.zip
    actos.zip
/bundles
    typing_turtle-26.xo
    sugar_commander-4.xo
    ruler-4.xo
    physics-4.xo
    listenandspell-2.xo
    image_viewer-14.xo
    falabracman-1.xo
    colors-15.xo
    clock-5.xo
    arithmetic-1.xo
    aide-5.xo
    GComprisGeography-13.xo
    FBReader-4.xo

Là-aussi, le mode opératoire est simple: il suffit de mettre la clé et de laisser le XO booter sur la clé. L’installation se fait automatiquement et il n’y a qu’à attendre que la machine s’arrête à la fin du processus.

Livres électroniques

Les livres sont la première ressource des enseignants. Ils sont évidemment très peu nombreux dans l’école de Nosy Komba. La mémoire flash du XO nous permet d’embarquer une grande quantité de livres et, encore mieux, de les mettre à disposition de tous les enfants simultanément. Là encore cela permet à la fois d’offrir aux enfants des opportunités de lire par eux même et aux enseignants d’utiliser des livres comme support de leur enseignement ce qui n’est pas envisageable actuellement.

Mais encore faut-il identifier les contenus à intégrer ! C’est Clément, notre spécialiste des e-books et accessoirement le rédacteur de l’excellent ebouquin.fr qui s’est chargé de ce travail.

Pour cela, nous nous sommes appuyés sur des livres électroniques libres de droits, principalement depuis le site du projet Gutenberg. Le site compile de nombreuses oeuvres d’auteurs classiques mais qui ne sont pas forcément adaptés à des enfants de 6 à 12 ans. Après un tri draconien (mais nous en avons peut-être oublié), nous avons retenu les grands classiques: La Fontaine, Grimm, Andersen, Lewis Caroll, … soit une douzaine de livres pour un total de plusieurs milliers de pages de lecture potentielle.

En terme de format, nous avons privilégié l’utilisation du format ePub ou du PDF lorsque nous ne pouvions pas faire autrement. Si ces deux formats sont nativement supportés par Sugar, le format ePub nous a posé quelques difficultés. En effet, un certain nombre de problèmes de restitution du format ePub se posent dans l’activité Lecture native de Sugar. Hélas ces problèmes sont dues à des couches systèmes qui ne sont mises à jour que dans une version récente de Sugar :-( . Grâce à l’aide de Sean et à un nouvel appel à la liste Sugar-devel, nous avons finalement pu contourner le problème en installant une autre activité de lecture, FBReader.

Pour installer notre bibliothèque sur le XO, nous l’avons compilé dans un Content Bundle qui est un package spécifique regroupant des contenus (textes, images, vidéos, …). Concrètement, il s’agit d’un fichier compressé contenant un fichier HTML qui pointe sur les contenus. Voilà le contenu de notre fichier appelé « ebook_library_nk.xol »:

index.html
/ebook
    wilde_portrait_m_wh.pdf
    SaintExupery_PetitPrince.epub
    Orwell_LaFerme.epub
    LaFontaine_FablesII.epub
    LaFontaine_FablesI.epub
    JulesRenard_PoilCarotte.epub
    Grimm_ContesII.epub
    Grimm_ContesI.epub
    Dumas_Pierrot.epub
    Carroll_Alice.epub
    Andersen_Contes_II.epub
    Andersen_Contes_I.epub

/library
    library.info
    Books.png

Ce fichier a été ensuite copié sur nos deux clés magiques décrites ci-dessus et il s’installera en même temps que les activités supplémentaires. Pour l’enfant, la librairie est ensuite accessible simplement depuis la page d’accueil en lançant l’activité Naviguer.

Nous avons effectué d’autres démarches afin de compléter notre bibliothèque. Clément a ainsi travaillé avec une grande maison d’édition de livres de jeunesse en France pour qu’elle nous ouvre exceptionnellement son catalogue. Samy a lui entamé des discussions avec un éditeur de livre scolaire malgache pour traduire ses contenus en numérique. Hélas ces démarches n’ont pas abouties à ce jour. Nous restons mobilisés sur ce sujet.

Voilà qui termine ce long billet sur les contenus de nos XOs pour Nosy Komba. C’est un sujet capital sur lequel nous avons essayé d’avancer sur tous les fronts. Le chemin est encore long mais nous avons posé des bases importantes pour fournir aux enfants et aux enseignants le meilleur de ce qui est envisageable.

JAMedia : encore un point pour l’Uruguay !

1 juin 2010

Il est désormais possible de suivre les émissions TV et radio sur le XO ! Nous devons cette réalisation à Flavio Danesse, l’un des talentueux développeurs de la communauté de développeurs CeibalJAM. Cette association avait d’ailleurs déjà défrayé la chronique en remportant le Prix Digital Ars Electronica 2010 dans la catégorie « Digital Communities« .

Dernièrement, nous avons appris la sortie de l’activité JAMedia, pour l’environnement Sugar. Il s’agit d’un lecteur audio et vidéo capable de jouer des flux audio ou vidéo tels que des émissions radio ou TV diffusés en ligne (streaming) ou encore des documents multimédia disponibles en local.

C’est ainsi que l’utilisateur du XO peut suivre une émission télévisée avec une qualité remarquable (Voir la vidéo  ici ) !

Cette première version est déjà parfaitement fonctionnelle, avec une liste appréciable de stations radio et TV.

JAMedia vient à peine de sortir que déjà, de nouveaux développements sont annoncés comme des fonctions de conversion, d’extraction, d’enregistrement ou d’édition.

Restez en ligne, car, avec le prochain concours de développement – la Sugar World Coup 2010 – et la participation de l’Uruguay au Mondial de football d’Afrique du Sud, la concurrence risque d’avoir du mal à suivre le rythme !

Eny mahavita isika / yes we can!

27 mai 2010

Actuellement, à Madagascar, 3 écoles, représentant plusieurs centaines d’élèves, utilisent l’ordinateur XO du projet OLPC, à Nosy Komba, Ambatoharanana et Maroantsetra.

C’est initialement pour ces écoles que le projet de traduction en malgache des activités de l’ordinateur XO a été lancé (voir l’article « Traduire Sugar / le XO« ).

Ce travail, en cours de réalisation par plusieurs volontaires, est désormais visible, à l’occasion de la sortie de la version 3 de l’application SOAS (Sugar On A Stick), qui permet d’utiliser l’environnement Sugar et ses applications pédagogiques sur un ordinateur classique ainsi que sur l’ordinateur XO.

Désormais, nous sommes au milieu du gué : une partie du projet traduction est réalisée, grâce aux efforts remarquables des traducteurs et traductrices, auxquels nous exprimons nos remerciements.

Il reste à finaliser ce projet, qui est encore incomplet, puisqu’il suit le rythme des mises à jour logicielles, comme on peut le voir ici, lorsque de nouvelles fonctionnalités sont ajoutées :

Les contributeurs (traducteurs et relecteurs) sont donc les bienvenus.

Retrouvez-nous sur la page de l’équipe de traduction du projet Sugar Labs, ainsi que sur  la liste Localization. Ensemble, Eny mahavita isika / Yes we can!

Donnez-moi un point d’appui…

15 mai 2010

C’est ainsi que commence cette phrase célèbre attribuée à Archimède. La suite (« … et un levier et je soulèverai la terre !« ) est connue, mais ce qui donne à cette phrase toute son acuité, c’est qu’elle est révélatrice de l’esprit qui anime aujourd’hui la communauté OLPC de par le monde !

Nous venons d’apprendre en effet que le logiciel de géométrie et d’analyse MathGraph32, développé par Yves Biton, est devenu un logiciel libre, après être passé sous licence libre GPL (GPL 3) et qu’il a été porté sous l’environnement Sugar par une équipe de développeurs intervenant dans le cadre du CeibalJam, une association uruguayenne se consacrant depuis mai 2008 au développement d’applications pédagogiques dans le contexte du Plan Ceibal de ce pays.

Par ailleurs, dans le contexte de ce développement international, l’application MathGraph32 est utilisable en Français, en Espagnol et en Anglais.

Désormais utilisable sur l’ordinateur XO et dans l’environnement Sugar, cette application écrite en Java constitue un bel exemple de coopération internationale, à l’image du projet OLPC.

Alors oui, les héritiers d’Archimède pourront, dotés des leviers éducatifs nécessaires, changer le monde de demain !

Pour en savoir plus:

Scratch The Planet!

9 mai 2010

Un concours national de court-métrages adressé à des enfants en âge scolaire, cela a de quoi surprendre ! C’est pourtant ce qui est organisé actuellement, à l’échelle d’un pays, en Uruguay. Ce concours intitulé ANIMATE propose en effet de créer des court-métrages animés aux enfants qui souhaitent y participer. Ceux-ci concourent dans l’une des trois catégories prévues, jusqu’à l’âge de 12 ans, en envoyant à l’aide d’un petit formulaire l’animation qu’ils auront créée, à partir de la plate-forme d’apprentissage Sugar sur leur ordinateur XO, à l’aide des activités « sugarisées » Scratch ou Etoys.

efectocine_AficheSurprenant ?

Comment cela est-il possible ? Les organisateurs sont la société privée Efecto Cine et le « Plan CEIBAL« , l’organisme public mis en place en 2007 et chargé de mettre en oeuvre le programme d’inclusion numérique Plan Ceibal en vue de réduire le fossé numérique par rapport aux autres pays et entre les habitants du pays, afin de faciliter l’accès à l’éducation et à la culture.

La lecture des détails du concours nous apprend que la thématique retenue est « De la maison à l’école » et que l’intention est de favoriser la création audiovisuelle en s’appuyant sur la connaissance des nouvelles technologies. Les animations, qui pourront faire appel à des éléments multimédias – chansons, musique, images – de préférence originaux, ou sous licence Creative Commons, auront une durée de 30 secondes à 2 minutes.

N’est-il pas paradoxal de demander à des enfants d’utiliser des langages de programmation comme Scratch ou Etoys ?

  • Scratch est un langage de programmation développé par le Lifelong Kindergarten Group au sein du Media Lab du MIT (qui organise, par ailleurs un « Scratch Day« , le 22 mai 2010) et permettant de créer de manière interactive des  histoires, des animations, des jeux, de la musique et des images et de partager ces créations sur le Web.

http://www.vimeo.com/4077929

  • Etoys est un outil auteur multimédia et de programmation visuelle, hérité de Squeak.

Dans ces conditions, il apparaît que ces deux outils ont bien été conçus pour les enfants et qu’ils sont bien à leur portée, au moins en théorie. Dans la pratique, il semble difficile d’envisager un tel concours dans nos pays développés où le mieux que l’on puisse envisager, dans le cadre d’un concours analogue (voir, pour la France, le « Programme prévisionnel des actions éducatives 2009-2010« , paru au Bulletin officiel n° 31 du 27 août 2009), serait de demander aux participants de réaliser sur papier (donc « comme au bon vieux temps ») des dessins sur un thème donné et de les envoyer par voie postale aux organisateurs. Comment donc ce qui est impensable ici est-il faisable en Uruguay ? Et qui est désormais du « bon » côté du fossé numérique ?

L’inclusion numérique en action

Pour qu’un tel concours soit envisageable, il apparaît nécessaire qu’il soit réalisé dans un contexte favorable ! C’est l’impression qui se dégage des observations que nous pouvons faire :

  • Une politique coordonnée d’alphabétisation numérique, à destination des élèves de l’enseignement primaire des établissements publics et – dans une moindre mesure – privés, avec le Plan CEIBAL.
  • Un programme diversifié de formation des enseignants, selon différentes modalités (tutoriaux, formations présentielles, à distance, de niveau débutant et avancé), organisées par les différents « RAP Ceibal« , le réseau de soutien au Plan Ceibal, les centres de technologie éducative (ou CTE), par exemple le Centro de Tecnología Educativa de Tacuarembó), etc.
  • Des activités en classe faisant appel à ces outils didactiques, comme les propositions d’activités avec le XO, élaborées par des enseignantes de Canelones (voir Variations telluriques à Canelones). Des animations réalisées avec Scratch par les élèves de Bella Unión illustrent par ailleurs ce que l’on peut s’attendre à voir.

Réalisation Scratch, élève de Bella Unión

La planète Scratch

La promesse selon laquelle le projet CEIBAL donnerait aux élèves du pays des perspectives de réduction du fossé numérique et d’inclusion numérique n’est pas vaine, puisqu’ils sont désormais en mesure d’échanger d’égal à égal avec les jeunes créateurs Scratch appartenant à une communauté internationale à laquelle on doit déjà près d’un million de projets (projets Scratch) de par le monde.

Quant à l’environnement Etoys, il n’est pas en reste puisque l’on trouve également de nombreux projets, comme ceux recueillis par EtoysIllinois.

Par ailleurs, la créativité ne se limite pas à la programmation d’animations, puisque l’on peut utiliser des périphériques matériels, tels que la carte PicoBoard, pour des tâches plus « hardware ».

Et pour nous ?

Pour nous qui pensions être du « bon » côté de la fracture numérique, il y a là de quoi se réconcilier avec la programmation, si l’on en croit l’article « Scratch: un langage de programmation interdit aux grands » car tout cela ne vaut certainement pas que pour les élèves uruguayens ! A bon entendeur, « Scratch the planet » ! Aurons-nous la chance d’assister ici aussi à une telle profusion de créativité ? Plus proche de chez nous, peut-être le salon Intertice, sur les usages pédagogiques du numérique, sera-t-il l’occasion de découvrir des choses intéressantes dans ce domaine ? Il n’est pas interdit d’espérer !