Recherche traducteurs créole haïtien/anglais/français

2 février 2010

Les élèves de l'école République du Chili, Port-au-Prince 2008

Les élèves de l'école République du Chili, Port-au-Prince 2008

Le projet OLPC se mobilise pour aider Haïti a se relever de la catastrophe.

Combien de fois le répéter ?  Le but d’OLPC n’est pas de fabriquer et de distribuer des ordinateurs peu coûteux, mais de s’appuyer sur ces ordinateurs pour ouvrir de nouveaux horizons pédagogiques.

OLPC se mobilise pour Haïti (http://laptop.org/haiti) et cherche actuellement des créolophones pouvant aider à traduire des contenus pédagogiques de l’anglais et du français vers le Créole haïtien.

Si vous êtes anglophone et volontaire, merci d’écrire (en anglais) à Adam Holt : holt @ laptop.org.  Pour toutes les informations en anglais sur les moyens de participier, rendez-vous sur le wiki d’OLPC.

Si vous êtes francophone et volontaire, merci d’écrire à Bastien : bzg @ laptop.org.  Pour des informations en français sur les moyens de participer, rendez-vous sur le wiki d’OLPC (fr).

Votre aide sera décisive, maintenant et pour longtemps.

Merci !

Sahana et OLPC : une contribution pour la gestion des catastrophes

16 janvier 2010

Sahana : d’une catastrophe à l’autre

Sahana est un logiciel de gestion de catastrophes. Conçu initialement depuis le Sri-Lanka, par la Lanka Software Foundation, à la suite du Tsunami du 26 décembre 2004, il est actuellement porté par la Sahana Software Foundation et est distribué sous licence libre GNU LGPL.

Sahana est un outil Web collaboratif visant à surmonter les problèmes de coordination survenant lors d’une catastrophe. Il permet de traiter la recherche des personnes disparues, la gestion de l’aide, la gestion des volontaires, le suivi des camps et la coordination entre les organismes divers (gouvernement et administrations, ONG) qui interviennent sur un site touché par une catastrophe, dès la phase des premiers secours.

Après avoir suivi différents projets de secours humanitaires entre 2005 et 2008 (au Pakistan, aux Philippines, en Indonésie, au Pérou ou encore au Myanmar), l’équipe Sahana a réagi dernièrement au tremblement de terre de Haïti, qui a dévasté l’île et sa population le 12/01/2010. Elle a pris l’initiative d’adapter le système de gestion de catastrophes Sahana pour Haïti (voir aussi : « Sahana Software Foundation to Haiti Earthquake« ) et pour les besoins de sa population et des équipes et organismes intervenant dans ce contexte. Un portail dédié à la gestion de la crise humanitaire de Haïti a été créé : Haiti 2010 Sahana Disaster Response Portal.

Une initiative de la fondation OLPC

Parallèlement, la fondation OLPC a proposé sur son blog une initiative (» Mobilizing Haiti: Apply for Free Ruggedized Laptops« ) visant à soutenir, par sa logistique et des dons d’ordinateurs XO, les projets d’assistance humanitaire en direction des victimes de la catastrophe de Port-au-Prince et de sa région. L’intérêt de la fondation OLPC ne se limite pas, en effet, aux projets éducatifs initiés dans les pays les plus défavorisés. La fondation OLPC n’a jamais cessé de soutenir de nombreux mini-projets de type « grassroots« , et de favoriser des expérimentations, notamment dans le domaine de l’assistance médicale et humanitaire.

La convergence humanitaire

C’est ainsi que les projets Sahana et OLPC ont pu matérialiser leur convergence, dans l’aide aux populations, en permettant aux secours d’utiliser le système Sahana sur l’ordinateur XO, que ce soit en installant le système avec Sugar, sur une clé USB, ou sur une carte SD Card embarquant le système Xtra Ordinary.

Le système Sahana sur le XO

Le système Sahana sur le XO

Des atouts décisifs

La convergence entre différents projets est primordiale pour proposer des réponses rapides et solides à des besoins aussi critiques que l’enregistrement :

  • des personnes disparues
  • des personnes décédées
  • des blessés et des survivants
  • des abris, de leur emplacement et de leurs capacités

ainsi que d’autres tâches et impératifs tels que :

  • la gestion des volontaires
  • la mise en place d’un système de gestion des demandes
  • la synchronisation des données
  • l’utilisation de standards ouverts et l’intégration des données

Les atouts sont l’évolutivité (de nouvelles fonctions et traductions – en français ou en créole haïtien par exemple – sont ajoutées en fonction des besoins) et la maîtrise technologique (le système, sous licence libre LGPL s’appuie sur les outils standards Apache, mySQL, PHP), la robustesse et la durabilité de l’ordinateur XO, l’appropriation communautaire, la polyvalence.

De fait, toutes les compétences et contributions sont encouragées et bienvenues pour mettre en oeuvre efficacement ces dispositifs de secours et de soutien aux victimes de catastrophes.

OLPC Haïti – premier épisode

3 septembre 2008

Alors qu’Haïti se relève à peine des ouragans Gustav et Hanna et se prépare pour l’arrivée de Ike et Joséphine, revenons un instant sur un épisode plus heureux : le camp d’été OLPC qui s’est tenu à l’école République du Chili entre le 16 juin et le 31 juillet 2008.

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L’école République du Chili est particulière à plus d’un titre.  Située au coeur de Port-au-Prince, cette école publique réservée aux filles vient d’être rénovée grâce à des fonds chiliens.  Les bâtiments sont en très bon état, l’architecture a été bien pensée, il y a des prises électriques un peu partout, et nous avions même à notre disposition un point d’accès connecté à Internet en haut débit.

Les enseignants sont d’un niveau meilleur que dans la plupart des écoles haïtiennes.  Ceux qui participaient au camp d’été avaient été sélectionnés selon leur motivation, et ont reçu une compensation financière pour leur mobilisation durant ce mois et demi.  En amont du camp, ils avaient reçu une formation sur les principes du constructivisme et sur l’utilisation du XO.  Cette formation a commencé mi-mai, mais elle n’est vraiment devenu effective que vers la fin mai, lorsque les XOs sont arrivés.

Les professeurs n’avaient pas tous la même expérience de l’informatique : pour certains, le XO était le premier ordinateurs qu’ils touchaient, d’autres avaient déjà fait des recherches sur Internet, rédigé des documents avec un traitement de texte, etc.  La prise en main du XO s’est révélée assez facile pour tous les professeurs, au moins pour les activités principales (Ecrire, Naviguer, Enregistrer, Peindre, etc.)  Le Chat a remporté un franc succès, et nous a vite permis de briser la glace à mon arrivée.

Malgré tout, la plupart des enseignants auraient aimé en savoir plus sur la machine elle-même, la dominer un peu mieux.  Ce besoin s’est particulièrement fait ressentir lorsque les enseignants ce sont trouvés face à des élèves qui soit leur posaient des questions auxquelles ils ne savaient pas répondre, soit leur montraient des fonctions qu’eux-mêmes ne connaissaient pas.

La distribution des 100 XO aux enfants fut un moment extraordinaire.  Tous ont rapidement trouvé comment ouvrir le XO (faites le test avec un adulte, il trouvera moins vite!) et tous se sont mis à montrer aux retardataires comment il fallait s’y prendre…  dès que l’une d’entre elles recevait une réponse à une question, c’était dix copines qui apprenaient dans la foulée.  Voici quelques images de ce moment de déballage et d’euphorie.

A la fin du camp, nous avons mené une petite enquête pour savoir ce qui avait marché et ce qui n’avait pas trop marché.  L’enquête montre les problèmes les plus évidents : souris instable, batteries qu’il est difficile de gérer collectivement (on ne pouvait pas recharger tous les ordinateurs en même temps), difficulté à trouver la bonne façon de faire avec les enfants, etc. Un élément de l’enquête qui me tient à coeur : les enseignants ont tous souligné la nécessité d’impliquer les parents des enfants qui recevront des XOs.  C’est une idée excellente et nous essayons d’imaginer sa mise en oeuvre pour le reste du déploiement.

Curieusement, les enseignants ne se sont pas vraiment plaint du manque de ressources pédagogiques, quand bien même cette requête revenait régulièrement durant nos discussions.  Je pense que c’est dû au fait que le camp a surtout permis de prendre en main les activités plutôt que de vraiment « faire cours » avec le XO.  Peut-être aussi ce silence est-il dû au fait que les professeurs ont improvisés des cours au fur et à mesure du camp : par exemple, ils ont demandé aux élèves d’aller interroger des personnes au sujet des transports dans la capitale ; ils ont mis les élèves en situation de construire un journal pour le camp.  Au final, l’absence provisoire de ressources, même si elle a parfois mis certains professeurs en difficulté, a permis à d’autres de se fixer leurs propres objectifs, et de laisser les enfants s’exprimer librement avec leur XO.

J’ai seulement passé quinze jours dans ce camp.  Mais cela a suffit à me convaincre du potentiel de changement que le XO pouvait introduire dans les écoles haïtiennes.  Changement qui n’est pas seulement l’effet de l’introduction d’un nouvel outil – fût-ce le XO.  Changement plus profond qui fait prendre conscience aux enseignants qu’ils sont directement responsables d’une large partie de ce qu’ils enseignent, comme l’équipe OPLC Haïti (que j’ai vu se bâtir) sera directement responsable du soutien qu’elle apportera à l’ensemble des professeurs.

A suivre !