La communauté Sugar Labs Pérou en deuil

11 janvier 2012

Nous venons d’apprendre avec tristesse le décès de José Henry Alanoca Laura, membre péruvien de l’équipe de traduction en Aymara pour le projet Sugar.

José Henry Alanoca Laura, via http://somosazucar.org
José Manuel avait participé au Sugar Camp Lima 2011, coorganisé par le Sugar Labs Pérou et Escuelab.
Il avait contribué avec enthousiasme à la localisation de la plateforme d’apprentissage Sugar en aymara.

La disparition de José Henry est une grande perte, tant pour la communauté Sugar, dans le monde, que pour la communauté aymara. Son travail, en tant que volontaire, était central, afin de permettre aux acteurs – élèves, enseignants et familles – de la communauté éducative aymara, au Pérou, de s’approprier les outils pédagogiques mis en place par les volontaires péruviens, notamment autour des équipes « Somos Azúcar », Escuelab.

La communauté OLPC France suit avec intérêt, depuis plusieurs années, les travaux autour du projet OLPC/Sugar au Pérou :

* Sugar Camp à Lima (Pérou)

* Lecture : le XO dans les écoles au Pérou

* Publication de « L’ordinateur XO dans la classe« , traduction en français du manuel « La Laptop XO en el Aula »/ »The XO Laptop in the Classroom » de la professeure péruvienne Sdenka Zobeida Salas Pilco.

Le XO 3.0 : à la veille de la présentation officielle

7 janvier 2012

La nouvelle version de l’outil d’apprentissage XO du projet OLPC devrait être présentée lors du prochain Salon CES de Las Vegas (10-13 janvier 2012).
olpc X0 3.0
D’ores et déjà, des informations sur les caractéristiques de ce successeur des précédentes générations (XO 1, XO 1.5, XO 1.75) de l’ordinateur XO circulent sur le Net.

Une présentation détaillée en est donnée, en français, sur le blog Blogeee.net :

Et voici la tablette OLPC XO 3.0 à 100$

… et en anglais :

XO-1.75, XO-3, Nell? – What Will OLPC Show at CES 2012 Next Week?

Une vidéo (source : OLPC XO 3.0 tablet preview: impressions, video, and pictures ) :

Des informations sur le prototype sont visibles sur :
XO 3 A1

Affaire à suivre donc, et notamment sur le blog armdevices.com, où il y a fort à parier que
l’on pourra avoir la primeur d’une vidéo présentant ce nouveau XO.

L’occasion de mesurer le chemin parcouru depuis la « Children’s machine » de Seymour Papert : « Mindstorms : Childrens, Computers and Powerful Ideas » (« Jaillissement de l’esprit : ordinateurs et apprentissage ») (1980) et, plus loin encore, en 1972, le Dynabook d’Alan Kay, développement d’une idée remontant à 1968.

Cet article présentait un dessin en situation du Dynabook :

Dessin du Dynabook (1972)

Dessin du Dynabook (1972)

… ainsi qu’un croquis :

Dynabook

Enfin, un prototype était construit 20 ans après :

Alan Kay and the prototype of Dynabook, pt. 5 (3010032738)

On y voit une reconstruction du Dynabook, dont l’idée avait été présentée dans l’article d’Alan Kay (1972) : A Personal Computer for Children of All Ages

Que de chemin parcouru …

Sugar Camp à Lima (Pérou)

19 novembre 2011

SugarCamp LIma 2011

photo : Rubén Rodríguez, Creative Commons Reconocimiento 3.0 España. Source : http://quidam.cc/fotos/24-11-2011/sugarcamp-lima

« Les inventeurs, les artistes, les éducateurs et les citoyens » sont invités à participer au Sugar Camp Lima 2011 les 18 et 19 novembre à Lima, au Pérou. Les participants travailleront sur la « plateforme d’apprentissage Sugar conçue pour l’ordinateur portable XO en traduisant des contenus en langue quechua et en aymara lors d’un rendez-vous de hackers. Les inscriptions sont ouvertes. Pour en savoir plus sur cette initiative, reportez-vous au blog personnel de Juan Arellano [liens en espagnol].

Source : Peru: ‘Sugar Camp Lima’ Aims to Give Children a Learning Platform in Their Native Language

Par ailleurs, une première image de Sugar a été créée à cette occation. Elle est présentée et commentée en espagnol :


Presentacion Sugar par codewiz

Source : Sugar introduction (in Spanish, from Peru)

Une image ISO est disponible ici.

Les photos de l’événement sont disponibles ici.

Retours d’expériences éducatives uruguayennes

13 novembre 2011

L’actualité récente du projet One Laptop Per Child dans les pays du Cône Sud (Uruguay, Argentine) et en particulier en Uruguay, est riche, avec notamment la parution de deux ouvrages et d’un documentaire vidéo relatant les expériences de la mise en oeuvre du Plan CEIBAL dans les écoles primaires et les établissements secondaires d’Uruguay, tant dans l’enseignement général que dans l’éducation spécialisée, à destination d’élèves vivant avec des handicaps divers.

Mobilisation sociale pour le Plan CEIBAL

Le premier ouvrage est une compilation d’un collectif de 30 auteurs de différents pays, impliqués dans des activités sociales de soutien de projets « Un ordinateur par enfant » en Uruguay et dans le monde.

Ce projet poursuit différents objectifs :

  • Divulguer. Faire connaître quelques-uns des groupes issus de la société civile, qui ont commencé à s’organiser et à  travailler pour exploiter au mieux les nouveaux instruments mis à disposition par les projets 1 à 1.
  • Réfléchir. Analyser les enseignements tirés et les évaluations réalisées, notamment du point de vue de l’impact social obtenu. Apprendre à partir des expériences des enseignants ayant intégré ces réseaux. Penser à l’avenir de ce projet.
  • Sensibiliser. Mettre l’accent sur l’importance et le potentiel des réseaux de mobilisation sociale impulsés par les TIC. Souligner la nécessité de les écouter de manière active et de les soutenir.
  • Inspirer. Encourager l’élargissement des domaines de participation. Malgré l’existence de nombreux groupes, la carte de la mobilisation sociale semble avoir commencé à se structurer, tout en laissant un espace et un désir d’espaces d’action plus présents quantitativement et qualitativement.
  • Unir. L’effort requis pour créer une mobilisation sociale est considérable. Partager les expériences des différents groupes peut aider à en tirer des enseignements et à mettre en place des canaux de communication afin d’unir leurs forces.

Movilización social para Ceibal. Miradas al contexto nacional e internacional de proyectos de un computador por niño [Mobilisation sociale pour le Plan Ceibal. Regard sur le contexte national et international des projets "Un ordinateur par enfant"]. Collectif, Günther Cyranec (éd.), Pablo Flores. Montevideo, 2010 : UNESCO. 237 p.

* Source
* Téléchargement
* Sommaire

TIC et éducation spécialisée

L’OEI (Organización de Estados Iberoamericanos para la Educación, la Ciencia y la Cultura / Organisation des Etats Latino-Américains pour l’éducation, la science et la culture), vient de publier une étude sur le projet CEIBAL d’Uruguay :
Laptop, andamiaje para la educación especial. Guía práctica computadores móviles en el currículo [L'ordinateur portable, étayage pour l'éducation spécialisée. Guide pratique des ordinateurs portables dans le curriculum]. Montevideo, 2011 : UNESCO/CREATICA/Plan CEIBAL. 307 p. ISBN : 978-92-9089-151-2.

* Source
* Téléchargement

Les auteurs de ce guide, Roxana Elizabeth Castellano et Rafael Sánchez Montoya, s’intéressent à un projet placé sous l’auspice de l’Unesco, donnant une orientation théorique et pratique large pour les éducateurs spécialisés, dans leur utilisation des TIC. Les auteurs s’appuient sur des exemples faisant appel à des ordinateurs portables et à leur environnement d’apprentissage XO de la Fondation OLPC. Chacune des huit unités de cet ouvrage poursuit une interrogation centrale, qui constitue le fil directeur de la didactique.

Les deux premières unités, concernent un premier axe thématique : « Développer le potentiel des enseignants et des élèves » :
* Unité 1. Ordinateur portable, intelligence et cerveau
* Unité 2. Recherche d’expériences cristallisantes

L’axe thématique « Microprojets : un axe intégrateur du curriculum » consacre les unités trois à huit à l’approfondissement de la question des objectifs des différents domaines dans le curriculum.

* Unité 3. Autonomie, sensomotricité et capacités sociales
* Unité 4. Communication et langage
* Unité 5. Domaine des mathématiques
* Unité 6. Domaine de connaissances de l’environnement naturel et social
* Unité 7. Domaine de connaissances artistiques
* Unité 8. Itinéraires en fonction des besoins éducatifs spécialisés

On trouvera dans cet ouvrage une illustration de l’utilisation des activités Sugar dans l’élaboration de cursus adaptés aux besoins de l’éducation spécialisée.

Documentaire « A Laptop Per Child – Uruguay »

La réalisatrice uruguayo-autrichienne Julieta Rudich a réalisé un documentaire sur le programme CEIBAL en Uruguay. Diffusé sur la chaîne de télévision autrichienne ORT, ce documentaire est disponible en anglais (avec une transcription disponible ici).

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Afghanistan: et si les dollars servaient l’éducation plutôt que la guerre ?

26 février 2011

Par l’intermédiaire de Clément, nous avons eu l’opportunité il y a quelques semaines d’échanger avec le déploiement pilote du projet OLPC en Afghanistan. Ce billet présente le contexte de ce déploiement.

L’Afghanistan présente les syndromes malheureux d’un système éducatif en ruine. Sujet à une instabilité chronique depuis près d’un siècle et durablement marquée par des conflits longs et destructeurs (invasion soviétique 1978-1992, guerre civile 1992-1996, opération de l’OTAN à partir de 2001), l’Afghanistan n’a pas eu le temps de se relever dans l’intermède qui a précédé la mise en place d’un régime fondamentaliste entre 1996 et 2001 : le régime taliban. L’éducation des enfants n’a pas été une priorité de ce régime, que cela soit pour les garçons et surtout les filles dont l’accès leur a été interdit.

Le constat pourrait être qualifié d’alarmiste. Aujourd’hui, seulement 52% des enfants afghans en âge d’aller à l’école primaire sont scolarisés. Le manque d’établissements en milieu rural mais aussi d’enseignants exclue de fait un nombre trop important d’enfants. Quand ils ont la chance d’accéder à l’éducation, les conditions d’enseignements sont insuffisantes.

  • 50% des garçons ne vont pas à l’école
  • 75% des filles ne vont pas à l’école
  • 25% des enseignants sont analphabètes

Les faibles moyens dédiés à l’enseignement obligent certains établissements à faire se succéder trois sessions différentes dans une même journée. Le temps passé à étudier à l’école se limite à 2h30 par jour. L’inexistence d’un programme national n’empêche pas les disparités entre les régions tandis que l’illettrisme des enseignants (qui touche 25% d’entre eux) et leur faible implication ne permet pas de fournir le soutien dont les enfants ont besoin, en particulier à ceux qui connaissent des difficultés d’apprentissage.

Il va sans dire que l’Afghanistan dispose d’un système éducatif largement en dessous des moyennes des pays de l’OCDE, qui se reflète dans un niveau d’alphabétisation particulièrement bas (36%). Le temps passé à l’école est faible tandis que le soutien habituellement prodigué par les enseignants aux enfants est inexistant. Enfin, le manque de contenus éducatifs est criant. Les écoles et les bibliothèques n’ont pas de moyens suffisants pour acquérir ces contenus et assurer leur conservation.

Le projet OLPC travaille actuellement à offrir une réponse adéquate aux difficultés que connaît le système éducatif afghan. Après plusieurs déploiements, ciblés dans des écoles rurales (3000 XOs déjà déployés, voir photos d’illustration), la fondation OLPC et son antenne locale OLPC Afghanistan planifient un déploiement d’envergure (environ 10 000 XO) afin de de vérifier les résultats positifs obtenus à l’échelle locale.

Plusieurs éléments font du XO un outil éducatif en mesure d’améliorer l’accès à l’éducation des jeunes afghans. Comme chaque enfant possède un ordinateur (qu’il remporte chez lui après l’école, selon le principe de saturation), un élève moyen sera capable de continuer son enseignement chez lui et ainsi d’accomplir les objectifs du programme scolaire. Cela compensera des journées de classe réduites et rendra l’élève plus autonome.

Même si l’enfant complète son apprentissage de manière autonome grâce au XO, il renforce le rôle de l’enseignant qui pourra fournir des évaluations et du soutien de manière régulière. En plus de cette aide personnalisée, le recueil de telles données va favoriser l’émergence d’un système d’évaluation standardisé et scientifique, un des facteurs permettant l’élaboration d’un système éducatif moderne.

Le XO permet aussi un accès à des contenus riches et localisés (contrairement à la plupart des outils informatiques commerciaux qui ne sont pas traduits en afghans). La liberté d’accès aux contenus numériques facilite le prêt et l’échange entre élèves, partageant ainsi leurs découvertes au sein d’une classe ou d’un groupe. Constamment mis à jour, ces contenus ne seront jamais dépassés. Financièrement, le coût joue en faveur du numérique. Développer des contenus évolutifs et interactifs revient, à volume égal, à acquérir et entretenir ces mêmes documents en version papier, seulement sur une période de 3 ans. Enfin, la variété des contenus conçus pour le XO permet un éveil constant du jeune étudiant, renforçant ainsi ses compétences en littérature, langues ou sciences.

Au-delà de la fracture entre les enfants des villes et de ceux vivant en milieu rural, l’Afghanistan souffre aussi d’une grande disparité entre les deux sexes. L’accès à l’éducation pour les jeunes filles est très limité. Le projet OLPC est une chance unique de permettre aux jeunes filles de suivre les mêmes enseignements que les garçons. En effet, les coutumes conservatrices poussent les filles à rester dans le domicile familial ou à vivre ensemble dans des communautés fermées. L’intégration du XO permettrait aussi de compenser le déficit de femmes enseignantes en donnant un accès à des contenus interactifs et permettant à plusieurs établissements de filles de communiquer entre eux. Ainsi, les moyens d’enseignements seraient mutualisés, et les élèves de plusieurs établissements en mesure d’échanger entre eux. De partager, d’apprendre, de créer.

L’Afghanistan est l’exemple type de l’aide que peut apporter le projet OLPC au développement d’un système éducatif moderne, base de la reconstruction d’un pays meurtri par des décennies de troubles. Ces changements devront être pensés sur le long terme mais l’apport d’un outil éducatif comme le XO, qui permet un accès à des enseignements variés et qui offre la possibilité d’augmenter le temps passé par un enfant à étudier, est sûrement à ce jour la meilleure opportunité pour le ministère afghan de l’Education.

D’ailleurs, les moyens à engager pour organiser un déploiement d’envergure en Afghanistan ne seraient pas démesurés. Aujourd’hui, les forces internationales dépensent 2 milliards de dollars par semaine tandis que seulement 2 millions de dollars par semaine sont alloués à la reconstruction du système éducatif afghan. Une plus grande considération des budgets alloués à l’éducation permettrait de développer un projet éducatif à la hauteur des besoins de l’Afghanistan, en se basant sur le projet OLPC et ses valeurs. Il s’agirait juste d’utiliser les enfants comme l’outil de changement, au lieu des armes.

Pourquoi l’éducation ?

9 février 2011

La réduction de la fracture numérique, la possibilité de donner à tous l’accès à l’information, à la connaissance et à l’éducation sont des points fondamentaux de la mission de la fondation OLPC. Pourquoi ? voici une tentative d’explication.

L’EDUCATION EST UN DROIT

L’éducation est d’abord un droit:

Selon l’UNESCO, « Le droit à l’éducation est un droit fondamental de l’homme, indispensable à l’exercice de tous les autres droits de l’homme. Il promeut la liberté individuelle et l’autonomisation et apporte des bénéfices importants en matière de développement ».

L’article 26 de la déclaration universelle des droits de l’homme indique que « toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. ».

L’article 28 de la convention des droits de l’enfant indique que « les Etats doivent reconnaitre le droit de l’enfant à l’éducation, et en particulier, en vue d’assurer l’exercice de ce droit progressivement et sur la base de l’égalité des chances. ».

La plupart des pays ont inscrit le droit à l’éducation dans leur propre constitution. C’est le cas pour la France bien sûr mais c’est aussi le cas dans les pays en voie de développement. Par exemple, pour Madagascar où OLPC France mène un projet de déploiement, l’article 23 de la constitution stipule « Tout enfant a droit à l’instruction et à l’éducation sous la responsabilité des parents dans le respect de leur liberté de choix ».

L’EDUCATION EST UN OBJECTIF CENTRAL DES NATIONS UNIES

L’éducation est également un objectif central des Nations Unies. Ainsi, l’éducation Pour Tous (EPT) est le second des dix Objectifs du Millénaire fixés en l’an 2000 par les nations unies et approuvés par la majorité des pays participants: « L’objectif concret est d’ici 2015 de donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires ».

Or selon un rapport de l’UNESCO plus de 70 millions d’enfants n’ont pas aujourd’hui accès à l’éducation, rien que pour l’Afrique sub-saharienne.
Dans les pays en voie de développement, le manque de ressources est considérable, principalement à cause du peu de budget alloué à l’éducation. Le schéma ci-dessous montre la proportion de dépense d’éducation de chaque pays rapporté à sa taille. Certains pays disparaissent complétement de la carte.

Ce manque de ressources se traduit notamment par un important déficit d’enseignants. Selon le rapport de l’UNESCO, pour atteindre les objectifs du millénaire en Afrique sub-saharienne, c’est plus de 18 millions d’enseignants manquants qui devraient être formés.

LE PROJET OLPC EST UN PROJET EDUCATIF

Nicholas Negroponte, à l’origine de la fondation OLPC, a déclaré que le projet One Laptop Per Child n’est pas un projet informatique mais un projet éducatif. Il cible les pays en voie de développement où l’éducation est absente. Il a pour objectif de faciliter l’apprentissage et s’appuie pour cela sur les théories de l’apprentissage.

« It’s an education project, not a laptop project », Nicholas Negroponte

Dans les racines du projet OLPC et du système d’exploitation Sugar se trouve des travaux de chercheurs comme Maria Montessori, Paulo Freire, Seymour Papert et Alan Kay. Tous ont réfléchi à la pédagogie et à la richesse de l’expérience d’apprentissage de l’enfant et son autonomie dans l’apprentissage.
La conception de l’ordinateur XO se présente comment une fusion des théories pédagogiques. Le design du système d’exploitation du XO s’inspire des méthodes à la fois constructiviste, socio‐ constructiviste, et constructioniste. Il place l’élève au centre du processus d’apprentissage et, selon la conception constructioniste de Seymour Papert, est conçu dans le but d’améliorer les apprentissages chez l’élève.

Produit du constructivisme, le XO place l’apprenant au centre des activités comme le prône Jean Piaget : ses affordances amènent l’apprenant à construire sa propre connaissance grâce aux activités que le concepteur lui propose, par exemple l’activité « dessiner ». Comme produit du socioconstructivisme, il permet à l’apprenant de réaliser certaines activités de manière collaboratives, exemple, les fonctions « discuter »ou « écrire » qui mettent en inter action l’apprenant et les autres. Le design du système d’exploitation du XO est comparable à une boite à outils. Autrement dit, un ensemble d’activités permettant à l’élève de construire son savoir. Le XO s’inscrit dans la mouvance des découvertes en neuroscience qui ont mis en évidence la relation entre l’âge et le processus d’apprentissage : plus on est exposé tôt à un apprentissage, plus on a des chances de l’apprendre, et de le maîtriser. Cela relève comme susmentionnée des théories constructioniste, constructiviste et socioconstructiviste.

SYNTHESE

L’éducation est un droit fondamental de l’homme et du citoyen et un objectif central de développement selon les nations unies.
Par son action pour apporter l’éducation dans les endroits les plus reculés de la planète, le projet OLPC contribue de manière notable à la réduction de la fracture numérique et permet aux citoyens du monde d’accéder à la connaissance et à l’information.

A travers l’ordinateur XO, c’est la matérialisation concrète du droit de l’enfant d’avoir l’éducation à la portée ses mains qui se réalise. Voilà, ce qui guide notre action de volontaires sur le projet OLPC. Aidez-nous à promouvoir ce droit pour chaque enfant.

L’Inde annonce sa tablette « Sakshat » : vers un rapprochement avec OLPC ?

29 juillet 2010

L’annonce par le gouvernement indien du projet de produire une tablette numérique estimée à 35 dollars (« Low Cost access-Cum-Computing Device Unveiled by Shri Kapil Sibal« , The Hindu, 23/07/2010) a suscité de nombreux commentaires, parfois sceptiques quant au coût annoncé et à la faisabilité du projet, d’autant qu’il fait suite à la triste histoire du PC à 10$.

Cette tablette est associée au programme éducatif « Sakshat« , la « National Mission on Education through Information and Communication Technology » (NMEICT), et au projet « National Programme on Technology Enhanced Learning » (NPTEL) de création de contenus numériques pour l’enseignement.

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Par ailleurs, d’autres projets de tablettes voient actuellement le jour en Inde, comme celle qui a été développée par la société Allgo Embedded Systems, basée à Bangalore (Inde), pépinière de talents et berceau du Simputer, son mythique prédécesseur. Cette tablette a été présentée à l’occasion du « Freescale Technology Forum » (21-24 juin 2010, Orlando, USA), comme on peut le voir dans cette vidéo :

Image de prévisualisation YouTube

Le chiffre de 35 $, fréquemment mis en exergue par les médias, fait référence à la nomenclature du produit (le « Bill Of Materials »). A la suite des déclarations teintées de polémique du ministre indien, qui pose cette nouvelle tablette en concurrent du projet OLPC, plusieurs commentaires ont été publiés, notamment sur le site d’informations indépendant OLPCNews :

En Inde, la presse replace l’annonce dans son contexte, comme on peut le constater dans l’article « Low-cost PCs fail to boot up fast in India« , qui rappelle le défi de l’industrialisation d’un projet de recherche et développement dans un pays comme l’Inde.

Nicholas Negroponte, l’initiateur du projet OLPC, a publié quant à lui sur le blog OLPC une lettre ouverte (« Welcome: $35 tablet for education« ) appelant au rapprochement entre les deux projets éducatifs. Nous vous en reproduisons ci-après le contenu intégral, en exclusivité :

« Bienvenue : Une tablette à 35 dollars pour l’éducation »

One Laptop per Child (OLPC) félicite le Ministre Kapil Sibal de faire la promotion d’une tablette à 35 dollars. L’éducation est la première des solutions pour éliminer la pauvreté, préserver l’environnement et créer la paix dans le monde. L’accès à un ordinateur portable ou à une tablette connecté constitue le moyen le plus rapide pour permettre un apprentissage universel. Nous sommes entièrement d’accord avec vous et je vous prie de considérer cette lettre ouverte comme l’engagement d’OLPC de permettre à l’Inde d’accéder librement à toute notre technologie et notre expérience reposant sur 2 millions d’ordinateurs portables que nous avons déployés dans plus de 40 pays et dans plus de 25 langues. Le but humanitaire et caritatif poursuivi par notre organisation est à l’opposé d’une quelconque volonté de concurrence. Au contraire, nous privilégions la collaboration et nous vous invitons à agir dans le même esprit.

Dans le même temps, permettez-moi de partager avec vous les six suggestions ci-après :

1. L’importance de viser les enfants de 6 à 12 ans. Ce sont eux qui représentent la ressource naturelle la plus précieuse de votre nation. Pour les élèves du cycle primaire, une tablette n’est pas une question d’informatique ou d’école, c’est une question d’espoir. Ainsi, la passion devient le premier outil au service de l’apprentissage.

2. Votre tablette doit marquer la fin de l’apprentissage « par coeur » au lieu d’être un instrument qui le favoriserait. Une société créative ne se construit pas sur la mémorisation de faits mais sur la capacité d’apprendre à apprendre. La répétition et la pratique sont des mécanismes hérités de l’ère industrielle, à une époque où la répétition et l’uniformité étaient systématiques. L’ère numérique est quant à elle celle de la personnalisation, de la collaboration et de l’appropriation. L’approche didactique du projet OLPC est connue sous le nom de constructionnisme. Nous espérons que vous l’adopterez également.

3. Les tablettes sont l’avenir. OLPC a annoncé la sienne il y a huit mois de cela. Il convient toutefois d’être attentif à un aspect des tablettes, à savoir que l’apprentissage ne se réduit pas à la consommation de médias. L’enjeu est d’en faire un outil de création. De par sa conception, l’iPad est un médium voué à la consommation. OLPC vous demande instamment de ne pas faire cette erreur.

4. L’aspect matériel est plus simple. Cependant, un matériel robuste, un écran lisible au soleil et une faible consommation sont des caractéristiques moins évidentes. Notre ordinateur est régulièrement alimenté par énergie solaire car il est de loin le portable le plus économe en énergie. Malgré cela, il ne faut pas négliger la production humaine d’électricité – grâce à une dynamo où à d’autres méthodes que les enfants peuvent employer la nuit ou lorsqu’il pleut. Ce serait une erreur de tout miser sur le solaire. Par ailleurs, un matériel robuste doit être capable de supporter l’eau ou une chute d’une hauteur de 3 mètres sur un sol de pierre.

5. L’aspect logiciel est plus difficile. Le choix de Linux est une évidence, mais quoi que vous fassiez, ne faites pas l’erreur d’en faire un système dédié doté d’un petit nombre de fonctions. Il est important que cela soit un ordinateur généraliste, permettant à tout un chacun de développer des logiciels, d’inventer des applications et de programmer. Nous savons que lorsque les enfants programment, ils pratiquent une activité idéale pour « penser à penser ». De même, lorsqu’ils corrigent leurs programmes, ils apprennent à apprendre. Là est la clé.

6. Par ailleurs, l’avis le plus important et sans doute le plus facile à négliger parmi les avis que je prends la liberté de partager avec vous, c’est celui d’un design industriel solide. Réalisez une tablette abordable mais pas une tablette au rabais. Faites en sorte qu’elle soit attractive, que chacun ait envie de l’aimer et ait plaisir à la posséder. Inspirez-vous d’Apple en la matière, et aussi, pourquoi pas, d’OLPC. Mettez-y la meilleure équipe de designers qui existe en Inde.

L’Inde est si immense que vous avez toutes les chances de vous satisfaire de votre marché intérieur. Mais ne vous arrêtez pas là car le monde a besoin de votre réalisation et de votre leadership ! Votre tablette n’est pas une « réponse » à l’ordinateur XO du projet OLPC ou son « concurrent ». Elle appartient à une famille vouée à la paix et à la prospérité grâce à la transformation par l’éducation. Pour conclure, je vous réitère mon invitation à vous offrir un accès total et gratuit à toute notre technologie. Je vous invite vivement à envoyer une équipe au MIT et à OLPC à la date qui vous conviendra, de manière à nous permettre de partager nos résultats avec vous.

Nicholas Negroponte
Fondateur et président
One Laptop per Child Foundation
Cambridge, Massachusetts
USA

[Traduction par "OLPC France" de "Welcome: $35 tablet for education"]

Cette lettre ouverte de Nicholas Negroponte préfigure-t-elle un rapprochement entre le projet de tablette annoncé par le gouvernement indien et le projet OLPC ? L’avenir le dira. Mais on ne peut s’empêcher en tout cas de lire dans cette lettre le « cahier des charges » de ce que doit être une tablette de type « XO-3″ :

  • Un outil pour les 6 à 12 ans,
  • Un outil pour apprendre à apprendre,
  • Un outil pour produire du contenu pas uniquement pour consommer,
  • Un outil durci avec un écran lisible au soleil et qui consomme peu d’énergie,
  • Un outil reposant sur un système libre et ouvert,
  • Un outil beau et avec un design soigné.

Nul doute que la fondation OLPC reste ambitieuse !

Low Cost access-Cum-Computing Device Unveiled by Shri Kapil Sibal

Edition numérique : les convergences

9 juillet 2010

L’édition numérique devient un sujet central et un point de convergence pour plusieurs secteurs d’activité. Ce constat résulte d’un faisceau d’indices concordants : l’enrichissement de l’offre de livres électroniques, l’émergence d’ordinateurs de type tablette numérique, la maturation des projets d’informatique éducative, en particulier dans les pays en développement.

La pertinence des questionnements qui sont suscités par ces évolutions est illustrée, dans l’actualité immédiate, par les événements suivants :

Une journée d’étude

Le 3ème BookCamp, une journée d’ateliers consacrée au livre numérique, sera organisé à Paris, le 25 septembre 2010, dans les locaux de La Cantine.

« L’idée de cette journée est de proposer une demi-journée d’expérimentations et de réflexions autour du livre et du numérique. Une série d’ateliers « main à la pâte » pour mieux partager les impacts de l’innovation numérique sur la chaîne du livre. Une occasion de rencontre et d’échanges entre bibliothécaires, libraires, éditeurs, auteurs, critiques et lecteurs avec pour mot d’ordre, « tous participants ». »

Un manuel pour produire des livres numériques

Rédigé par James Simmons, le manuel « Reading and Leading with Sugar » (version PDF provisoire) a pour ambition de démocratiser la lecture et la production des livres électroniques, notamment sur la plate-forme pédagogique Sugar du  Sugar Labs, dans le contexte de l’extension du projet éducatif OLPC, auquel plus d’un million d’enfants des pays en développement ont désormais accès.

L’édition numérique dans les pays du Sud

Un appel d’offre (en français et en anglais) coordonné par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, concernant la réalisation d’une étude sur l’édition numérique dans les pays du « Sud » a été ouvert. Les propositions de projets sont à  remettre à l’organisateur pour le 29 août 2010 ; le comité de sélection rendra son avis le 20 septembre 2010.

Clairement, les synergies de cette thématique des livres numériques avec les projets de bibliothèques numériques des communautés Sugar/OLPC de par le monde, et, en particulier, avec les projets de bibliothèques numériques auxquels participe OLPC France (comme notre partenariat avec l’éditeur malgache Prédiff, qui a donné lieu au premier livre jeunesse malgache en numérique), sont évidentes.

Cette thématique est en effet à replacer dans le contexte de la sortie prochaine de la tablette XO 3, pour laquelle il faudra trouver des contenus à proposer aux déploiements OLPC, notamment dans l’espace francophone, en Afrique, dans les Antilles, l’espace Océan indien et ailleurs.

La route est longue mais la voie est libre !

8 juillet 2010

Alerte ! le projet éducatif OLPC est sur le point d’échouer !

Comment cela est-il possible ? Et cela n’est-il pas paradoxal, alors que nous ne cessons, à OLPC France, de nous faire l’écho des avancées de ce projet éducatif dans le monde, en particulier dans ce blog !

L’échec, paradoxalement, c’est quand on est à deux doigts de réussir, mais que, pour diverses raisons, on imagine que tout est gagné, ou que les autres vont prendre le relais et faire aboutir un projet !

Or, nous sommes engagés dans des projets éducatifs ! Ceci implique une action sur la durée, et la participation d’acteurs divers dans les écoles et autour : communautés villageoises, communautés d’enseignants, familles, enfants, communautés de développeurs, etc. L’action de chacun, même à distance et en amont ou en marge des classes dans lesquelles les ordinateurs éducatifs sont utilisés est primordiale.

D’ailleurs, côté développement logiciel, l’effort ne faiblit pas, comme le montrent les dernières annonces :

*Announce: OLPC software strategy

*Announcing the OLPC OS 10.1.1 final release!

A l’autre « bout de la chaîne », c’est aussi la même mobilisation, par exemple, dans l’actualité récente :

* au Rwanda : Teachers Capacity Building kickoffs OLPC implementation in Rwanda

* en Uruguay : Ceibal high-school project update

* en Argentine, au Paraguay : « Con un procesador más rápido no se aprende más rápido »

* au Chili : Experiencia piloto de Sugar en Macul

* etc. (voir la Revue de presse sur le wiki OLPC France)

Ce ne sont que des exemples, mais ils sont significatifs du dynamisme des actions entreprises.

Par conséquent, l’échec menace quand on croit avoir suffisamment avancé. Deux exemples, parmi les actions de notre petite association OLPC France :

Le projet CLIS Mornant

CLIS Mornant

Nosy Komba

Nosy Komba

et Préparation du debrief Nosy Komba

Chacun de ces projets a besoin d’aide, de votre aide ! Pour que chacun de ces essais soit transformé en succès !

Vous trouverez quelques indications sur les possibilités de contribution à la rubrique « Contribuer au projet OLPC » du wiki OLPC France. A bientôt !

[Mornant] Des soucis et des pistes


16 juin 2010

XO-1 dans la Clis de Mornant : un point sur l’expérimentation

Le projet concernant une classe française est moins exotique que celui de Nosy Komba, à Madagascar… Mais il permet, là aussi, d’entrevoir les apports et les difficultés induits par l’utilisation du XO dans une classe réelle.

Dans la classe, le XO est devenu un compagnon des élèves. Il est léger, maniable et solide.
Les ordinateurs sont en libre-service. Chaque groupe de deux élèves s’organise comme il veut. Il faut gérer les moments où les deux veulent l’utiliser. D’autant plus qu’il y en a un en panne et qu’il faut alors accueillir d’autres demandes d’utilisation.

Deux élèves travaillent sur un XO
Deux élèves travaillent sur un XO.

Cela va faire 6 mois que les élèves de la Clis utilisent des XOs. Ils maîtrisent de mieux en mieux les fonctions de base (gérer les fichiers dans le Journal, utiliser les différentes commandes et vues de Sugar…) et les Activités courantes :
http://clismornant.free.fr/spip.php?article557

Avec très peu de directives de ma part.

Ils s’en servent pour jouer et pour aller librement sur Internet (mettre à jour le site de la classe et chercher des informations). La connexion internet de l’école est filtrée par l’Académie, mais, en plus, je leur apprends à être responsable de leurs requêtes (clics sur des liens pré-définis, ou avec mon approbation, après un questionnement sur leur cheminement et leur demande). Je leur dit régulièrement que le XO est un outil qui peut les aider à mieux apprendre, même avec les Activités très ludiques. Par contre, nous n’oublions pas de faire des activités en vrai (manipulations d’objets, jeux de sociétés…) : les enfants, surtout ceux en difficulté, ont besoin de se confronter aussi à la matière et aux objets.

Les logiciels les plus utilisés : Naviguer, Mémoriser (avec créations d’exercices), Physics, Parler, Écrire, Enregistrer (des photos et des vidéos), FotoToon, GCompris, Maze, Implode, Horloge (et GCompris Clockgame), TamTamMini…

FotoToon : 2 photos annotées avec des bulles
FotoToon : 2 photos annotées avec des bulles. Un élève a fait un reportage, à partir des photos du XO. Il n’a pas pu corriger le texte dans les bulles.

Il m’arrive de les faire utiliser une même activité, simultanément, pour leur montrer de nouvelles fonctionnalités.

Certains téléchargent directement de nouvelles Activités. Par contre, ils n’en font pas un essai complet et ne persévèrent pas dans leurs tâtonnements de découverte. L’enseignant peut alors les accompagner pour aller plus loin (encore faut-il qu’il en comprenne le fonctionnement…).
Ils partagent facilement leurs nouvelles connaissances et aident volontiers les élèves hésitants, ou règlent les problèmes courants.

Pendant les vacances ou pour les weekends prolongés, certains ont pu l’emporter chez eux (avec un document signé par les parents, pour les aider à en prendre soin, avec des consignes de sécurité). Les « trucs » de dépannage de base étaient acquis : 1) les 4 touches à appuyer pour régler le curseur « fou », 2) le redémarrage forcé, en cas de blocage : extinction en appuyant sur le bouton d’allumage,  jusqu’à l’extinction des témoins lumineux..
Ils étaient fiers de montrer le XO à leur entourage et de devenir l’expert qui fait des démonstrations et qui apprend aux autres.

Mais le plaisir de l’utilisateur est parfois gâché par des problèmes techniques :
– Difficultés de connexion à ïnternet, de partage d’activités (antagonisme avec la connexion Internet et les réseaux maillés).
– Photos difficiles à prendre (Enregistrer) : en plus du manque de viseur, le retard du déclenchement et la photo figée ne correspondant pas à ce qui est enregistré. Donc, beaucoup de photos ratées.
– Pas d’enregistrement audio correct, avec le micro intégré : un élève ne peut pas enregistrer un texte qu’il lit face au XO.
– Enregistrements qui ne se retrouvent pas ou qui ne peuvent pas s’ouvrir à nouveau (par exemple des créations sur Mémoriser). Se méfier quand on reprend un ancien texte : il manque des passages.
– Le curseur qui devient fou. Facile à retrouver avec l’utilisation des 4 touches aux coins du clavier pour le recalibrage. On peut aussi utiliser une souris USB, sans ces problèmes.
– Quand la batterie est vide, le XO s’éteint sans prévenir. On ne peut pas enregistrer le travail en cours avant l’extinction inopinée.
– Quelques manques de traduction française pour certaines activités, mais ce n’est pas trop gênant. De toutes façons, mes élèves ne sont pas encore de vrais lecteurs et ils se débrouillent.
– Mémoire RAM trop juste : il faut régulièrement effacer des entrées du journal et enregistrer les photos sur une clé USB. Cela limite le téléchargement de nouvelles activités.
– Le clavier qwerty n’est pas gênant et les lettres accentuées sont bien trouvées, même si il faut les retravailler sur un PC ou sur un Mac pour les transformer en vraies lettres accentuées, reconnues par les correcteurs orthographiques.
– Nous avons eu un problèmes matériel : 1 XO (sur les 6 prêtés par OLPC-France) est en attente de réparation car il ne s’allume plus.

Tâches de l’enseignant :
Je passe beaucoup de temps à essayer de résoudre les problèmes techniques. Je montre qu’il faut être patient et ré-essayer plusieurs fois la manœuvre…
Mais je ne peux pas tout maîtriser : je suis un « simple » enseignant , pas un informaticien.
Ce n’est donc pas aussi  simple que dans la « pub » !
Les membres d’OLPC-France peuvent facilement et efficacement répondre à des questions, malgré l’éloignement. Mais il me manque une rencontre avec d’autres enseignants pour des découvertes / échanges afin de mettre en commun les utilisations et pour connaître les bases des Activités un peu sophistiquées : la série des TamtTam et les Activités programmables : Turtle art, Pippy, Scratch, Etoys…
Et une formation pour le dépannage : j’ai  démonté un XO et essayé d’utiliser un « Serial Adapter », mais il n’était par reconnu par le type de PC utilisé à l’école…

Dans un déploiement, dans un pays du sud, ou même dans nos pays déjà bien aidés, il faut donc prévoir un accompagnement technique efficace et permanent pour les enseignants.

Dans les semaines à venir, il nous restera la découverte de quelques possibilités de programmation (Turtle art), afin de travailler la logique. Nous essaierons aussi d’utiliser le XO en lecteur (pdf, ePub), avec des fichiers existant ou à créer.

Je suis toujours enthousiaste dans l’utilisation en classe de cet outil, malgré ses imperfections actuelles.

Antoine Michelot