La route est longue mais la voie est libre !

8 juillet 2010

Alerte ! le projet éducatif OLPC est sur le point d’échouer !

Comment cela est-il possible ? Et cela n’est-il pas paradoxal, alors que nous ne cessons, à OLPC France, de nous faire l’écho des avancées de ce projet éducatif dans le monde, en particulier dans ce blog !

L’échec, paradoxalement, c’est quand on est à deux doigts de réussir, mais que, pour diverses raisons, on imagine que tout est gagné, ou que les autres vont prendre le relais et faire aboutir un projet !

Or, nous sommes engagés dans des projets éducatifs ! Ceci implique une action sur la durée, et la participation d’acteurs divers dans les écoles et autour : communautés villageoises, communautés d’enseignants, familles, enfants, communautés de développeurs, etc. L’action de chacun, même à distance et en amont ou en marge des classes dans lesquelles les ordinateurs éducatifs sont utilisés est primordiale.

D’ailleurs, côté développement logiciel, l’effort ne faiblit pas, comme le montrent les dernières annonces :

*Announce: OLPC software strategy

*Announcing the OLPC OS 10.1.1 final release!

A l’autre « bout de la chaîne », c’est aussi la même mobilisation, par exemple, dans l’actualité récente :

* au Rwanda : Teachers Capacity Building kickoffs OLPC implementation in Rwanda

* en Uruguay : Ceibal high-school project update

* en Argentine, au Paraguay : « Con un procesador más rápido no se aprende más rápido »

* au Chili : Experiencia piloto de Sugar en Macul

* etc. (voir la Revue de presse sur le wiki OLPC France)

Ce ne sont que des exemples, mais ils sont significatifs du dynamisme des actions entreprises.

Par conséquent, l’échec menace quand on croit avoir suffisamment avancé. Deux exemples, parmi les actions de notre petite association OLPC France :

Le projet CLIS Mornant

CLIS Mornant

Nosy Komba

Nosy Komba

et Préparation du debrief Nosy Komba

Chacun de ces projets a besoin d’aide, de votre aide ! Pour que chacun de ces essais soit transformé en succès !

Vous trouverez quelques indications sur les possibilités de contribution à la rubrique « Contribuer au projet OLPC » du wiki OLPC France. A bientôt !

Les enfants grandissent : leur XO aussi !

17 juin 2010

Nous avons désormais plus de précisions sur les caractéristiques techniques des nouveaux ordinateurs XO qui seront utilisés en automne prochain par 90 000 élèves du cycle d’enseignement secondaire en Uruguay, comme vient de l’annoncer le portail éducatif du Plan CEIBAL (« Laptops para secundaria y UTU« ), après les précédentes annonces (voir « One Laptop per Child updates design for older pupils« ).

Parmi les nouveautés : un vrai clavier, qui remplace le clavier à membrane de la première génération du XO (XO 1).

Autre détail : la couleur bleue !

Par ailleurs, ce nouvel ordinateur plus puissant et performant, exécutant la distribution GNU/Linux Fedora 11, sera équipé de la mise à jour « XO-HS High School Editon« ,  la nouvelle plateforme Sugar  développée conjointement par le Sugar Labs, l’association Paraguay Educa et la fondation OLPC (voir « Deployment Team/Sugar-0.88« ).

Le gain de puissance entre le XO  et le XO 1.5 n’est certes pas négligeable, même s’il importe de relativiser ce paramètre, en particulier dans un projet éducatif, comme le souligne Martin Langhoff, directeur technique OLPC (« Con un procesador más rápido no se aprende más rápido » [Un processeur plus rapide ne signifie pas que l'on apprend plus vite]).

Ainsi, les deux environnements de bureau Sugar et Gnome seront utilisables avec la possibilité, pour l’utilisateur, de choisir l’un ou l’autre alternativement.

Démonstration en vidéo, sur un précédent prototype :

Image de prévisualisation YouTube

Bien entendu, l’environnement Sugar peut être testé, ici et maintenant, indépendamment de la plateforme, donc sur un PC classique, même si vous n’avez pas de XO 1 ou de XO 1.5, grâce à la solution Sugar On A Stick ! Le tout en Français, si la langue de Molière a votre préférence !

Evaluation de l’impact des TICE : un travail de détective !

13 juin 2010

L’introduction des TICE (Technologies de l’information et de la communication pour l’éducation) dans l’enseignement fait désormais partie du quotidien des acteurs de ce secteur, en Europe comme dans le reste du monde. En Amérique latine, l’Uruguay a pris en 2007 l’initiative de fournir aux élèves des écoles publiques du pays et à leurs enseignants des ordinateurs portables et une connexion à Internet dans les écoles. Cette mesure connue sous le nom « Plan CEIBAL », vise initialement l’enseignement primaire et a été étendue récemment à l’enseignement secondaire, dans le cadre d’une politique nationale de développement basée sur l’innovation scientifique et technologique.

Le coût de l’éducation

Il est évident que l’éducation a un coût. Les sociétés doivent ainsi être disposées à assumer de manière solidaire les coûts des politiques et des institutions contribuant au développement des TICE. Pour évaluer ces coûts, en particulier dans le cas du Plan CEIBAL, nous disposons de chiffres bruts (voir « Un ordinateur par enfant : combien ça coûte ?« ). Nous apprenons ainsi que le Plan CEIBAL représente en termes de coûts près de 0,3 % du PIB, soit environ 5 % du budget de l’éducation dans ce pays.

On est en droit de se demander si cela vaut réellement la peine de dépenser de telles sommes. Pour répondre à cette question, il est nécessaire d’évaluer l’impact du programme éducatif mis en oeuvre. Cette évaluation a elle aussi un coût et fait partie des actions financées par un emprunt de 6 millions de $ sur 25 ans auprès de la Banque Interaméricaine de Développement (voir « BID aprueba préstamo para consolidar y ampliar el Plan Ceibal » [La BID approuve un emprunt en vue de la consolidation et de l'extension du Plan Ceibal]). En effet, l’un des objectifs de cet emprunt est de « développer des stratégies et des instruments permettant un suivi et une évaluation de l’impact éducatif et social du Plan [CEIBAL], en intégrant le développement de  capacités institutionnelles et techniques (…) ». L’un des résultats de cette démarche d’évaluation se présente sous la forme d’une étude : « En el camino del Plan CEIBAL« .

Une évaluation à long terme

S’agissant d’éducation, l’évaluation qui doit être menée est à long terme. Pour autant, des résultats partiels sont d’ores et déjà disponibles.

Ainsi, en Uruguay, différentes études ont été réalisées pour mesurer l’impact du Plan Ceibal, comme on peut le voir dans Uruguay : publication de rapports sur le Plan Ceibal.

A l’échelle de l’Amérique latine enfin, les instruments d’évaluation sont mis en place, par exemple, avec le Laboratorio Latinoamericano de Evaluación de la Calidad de la Educación (LLECE).

Pour revenir à l’Uruguay, Lidia Barboza Norbis, enseignante-chercheur en sciences de l’éducation à l’Instituto de Educación de l’université de la República (Montevideo), précise que ce pays a intégré, avec le « Monitor Educativo de Primaria« , un système d’évaluation des indicateurs éducatifs au niveau de l’enseignement primaire mis en place par l’ANEP, l’Administración Nacional de Educación Pública :

« A titre d’exemple, l’une des principales tendances positives réside dans la baisse de quatre points du redoublement chez les enfants. En d’autres termes, le pourcentage d’élèves redoublants de la 1ère à la 6ème classe des écoles d’enseignement général a reculé de 10,3 % à 6,3 % pour la période comprise entre 2002 et 2009″. (source : liste OLPC Uruguay).

Cette évolution appelle un premier commentaire de la part de Lidia Barboza Norbis :

« Il est très encourageant d’observer ce qui se passe au niveau des redoublements des enfants dans les écoles situées dans un contexte très défavorable, avec un taux de redoublement qui a chuté à 6 % dans les écoles urbaines et à 4 % dans les écoles rurales. (Ce système d’évaluation est quantitatif et descriptif, ce qui empêche d’expliquer quels sont les facteurs ayant une incidence sur le redoublement, qui est la conséquence de facteurs multiples). »

Ainsi, la perspective est que « ce genre de système d’évaluation permette d’obtenir un instantané du système à une date donnée et permette l’intégration des résultats des processus d’aprentissage dans les matières scienfiques, des langues, mathématiques, etc. » ajoute Lidia Barboza Norbis.

Par ailleurs, les informations peuvent être affinées école par école et assorties de données cartographiques. De cette manière, grâce au système d’information géographique (SIG/GIS) mis en place, nous pouvons en savoir plus sur l’école fréquentée par Lucas (dans « L’école, catalyseur du développement« ), qui avait été interrogé par Fernando Da Rosa Morena, enseignant-chercheur en sciences de la communication à l’Université de la República (Montevideo), dans son billet « CEIBAL más allá del aula » :

Ainsi, la méthologie de l’évaluation est mise en place. Reste à disposer du recul nécessaire.

Mais il y a déjà de quoi concurrencer, si besoin était, dans un autre domaine d’excellence, la démarche d’élucidation illustrée par le jeu « División Especial de Detectives« , conçu pour le Plan CEIBAL par la société Trojan Chicken.

C’est d’ailleurs ce jeu qui a permis à cette start-up de Montevideo d’être lauréate du concours d’idées Rayuela, initié par l’organisme du même nom émanant du projet CEIBAL : une manière de contribuer à l’amélioration de l’impact des TICE dans les écoles uruguayennes puisqu’il s’agit, pour les joueurs, de mobiliser leurs connaissances et géographie, histoire, mathématiques, langues et logique.

Par chance, nous avons pour nous aider à affronter les défis de demain une génération entière de jeunes (« gurises » en espagnol uruguayen) qui sont déjà à bonne école !

Laboratorio Latinoamericano de Evaluación de la Calidad de la Educación
–LLECE-

L’Uruguay : combien de divisions ?

11 juin 2010

On a beau faire peu de cas des compétitions sportives opposant nations contre nations, dans ce qui est devenu un véritable secteur économique, soumis de plus en plus aux lois du business, il n’empêche ! Tirons donc prétexte de ce sujet pour un détournement pédagogique en bonne et due forme : une manière pour l’enseignant de dire « Le foot, on s’en fout mais faisons-en un sujet pour la classe« . Car c’est bien connu, l’occasion fait le larron. L’occasion, c’est donc le match Uruguay-France (le 11/06/2010) lors de la Coupe du Monde de football 2010, en Afrique du Sud. Quant au larron, vous verrez que nous sommes en bien bonne compagnie !

Des complices au bout du monde

En matière de détournement pédagogique, l’Uruguay fait fort. La preuve ? Observons par exemple ce qui se fait dans l’espace pédagogique du très officiel Plan Ceibal.

* Cet organisme qui se consacre à « animer » les 380 000 utilisateurs d’ordinateurs XO dans les établissements primaires du pays (auxquels s’ajouteront au cours des prochains mois 100 000 utilisateurs dans le cycle secondaire), envoie un correspondant Ceibal en Afrique du Sud et – cerise sur le gâteau – lui fait même parler français (« ¿Qu’est-ce que vous voulez? «  »).

* Il organise un jeu prétexte à une vérification des connaissances sur le football.

* Il présente la mascotte Zakumi.

XO et mascotte Zakumi

* Il présente un ensemble d’activités articulées thématiquement autour du Mondial, conçues par une équipe d’enseignants « Dinamizadores Ceibal » du département de Durazno.

* Il annonce le lecteur de médias JAMedia, dont il a été question dans un billet précédent (JAMedia : encore un point pour l’Uruguay !) et qui a défrayé la chronique en suscitant en l’espace de quelques jours l’enthousiasme de nombreux utilisateurs, électrisés par la perspective de suivre le Mondial sur le XO, ce qui a donné l’occasion à Flavio Danesse, son développeur, d’être sollicité pour des entrevues par plusieurs radios et chaînes de TV.

* Il organise un voyage virtuel en Afrique du Sud.

* Il annonce un jeu baptisé « Conozco Mundial« , qui fait partie des nombreuses activités développées par l’équipe du CeibalJAM.

L’Uruguay : premier en quoi ?

A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ignorons quelle équipe l’emportera ! Toutefois, n’est-il pas utile de mieux connaître son vis-à-vis avant une rencontre, qu’elle soit sportive, humaine, ou culturelle ? Alors que pouvons nous apprendre ?

Premier dans les « Sciences for Kids »

Nous apprenons sur le site « Information is Beautiful« que l’Uruguay occupe la première place des pays dans le domaine de la science pour les enfants (document « International Number Ones« ). Voilà qui est sympathique. La France est quant à elle classée première dans la betterave sucrière (Sugar beet), d’après l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Autre catégorie, mais sympathique quand même : ainsi, pas de jaloux !

Jolie infographie, mais les données sont-elles exactes ? Sont-elles seulement actuelles ? Quelles sont les sources d’ailleurs ?

Nous apprenons dans ce document dans quel domaine chacun des pays listés peut se prévaloir d’une première place. Ainsi, l’Uruguay apparaît en première position en nombre de victoires à la coupe du monde par habitant, sur la période 1930-2006. Bizarre. Ce décalage semble indiquer tout simplement que les données servant de base à ce classement ont été actualisées et que différentes sources d’information sont utilisées. Rien d’extraordinaire mais il est toujours bon de préciser ses sources, comme nous venons d’en avoir l’illustration. Question de méthode.

Des données de base pour la classe

A notre tour de faire oeuvre de détournement pédagogique : les données d’où est tiré le classement proviennent du site NationMaster, qui exploite, en les retravaillant et en les présentant graphiquement, les données brutes tirées du « CIA World Factbook« , par exemple en fournissant des classements des pays dans différentes catégories. L’intérêt pédagogique saute aux yeux pour l’enseignement des sciences sociales (histoire, économie, géographie). Bingo, d’ailleurs, car nous confirmons ici que l’Uruguay est le numéro un mondial dans la part du temps consacré aux disciplines scientifiques dans l’enseignement primaire : une confirmation de la présentation donnée sur « Information is Beautiful ». Toutefois, les données remontent à 1999. Ce n’est pas très récent ! Nous pouvons déjà approfondir notre compréhension, par exemple dans le secteur de l’éducation (d’après NationMaster) :

Ne nous avouons pas vaincus pour autant ! Si l’on veut obtenir – pour la classe – des données plus récentes, on peut se tourner vers des sources officielles, telles que la Banque Mondiale. Par exemple, pour l’Uruguay, qui nous intéresse ici. Par ailleurs, ces données sont disponibles en français, en anglais, en arabe et en espagnol. Bingo pour les cours de langues !

Voilà un début pour mieux connaître notre vis-à-vis. Alors de grâce, ne dites plus, à la manière de Staline interrogeant Churchill, à propos du Vatican : « L’Uruguay : combien de divisions ? » ! Mais apprenons à nous connaître mieux, en lettres ou en chiffres ! C’est un premier pas en faveur de la compréhension et de l’amitié.

[Nosy Komba] Cérémonie de remise 2010

6 juin 2010

La cérémonie de remise des XOs aux enfants est toujours un moment émouvant. C’est l’aboutissement de plusieurs semaines de travail pour l’équipe sur place et pour les membres d’OLPC France. L’équipe nous décrit aujourd’hui ce grand moment et sa préparation.

J-5

Lundi après midi nous avons terminé l’enregistrement des données des XOs à partir du School Server. Cette partie a été source de nombreuses difficultés techniques pour nous car il semble difficile de contrôler le moment où se déclenche la sauvegarde de la machine. Par ailleurs nous ne parvenons pas à visualiser le contenu des sauvegardes.

Au final, une quarantaine de machines sont sauvegardés, nous avons donc un échantillon d’activités des enfants qui nous permet d’analyser le travail effectué pendant un an.

J-3

Mercredi matin nous avons flashé tout les XOs que nous avons apporté cette année, ils sont maintenant totalement installés et prêts à être donnés aux enfants. Quant aux XOs de 2009 que les enfants nous avaient remis, nous leur avons ajouté du contenu (activités et livres électroniques) que nous avions présélectionné lors de nos réunions à Paris.

Nous avons également réalisé plusieurs grandes affiches pour chaque salle de classe pour que les enfants n’oublient pas les éléments principaux qui ne sont pas encore intégrés par tous. Nous sommes rendu compte en effet que plusieurs enfants rencontraient des difficultés car ils oubliaient certaines manipulations de base. Les affiches rappellent ainsi qu’il est important d’arrêter une activité avant d’en ouvrir une autre ou encore expliquent comment résoudre les problèmes de souris…


L’après midi nous avons effectué une seconde formation individualisée avec les professeurs. Chaque professeur a travaillé sur les activités qui sont adaptées à sa classe et à son rythme avec un membre de l’équipe.


Avec joie nous avons remarqué que les professeurs travaillaient chez eux, ils nous ont posé des questions en dehors des heures de formation et sont enthousiastes à l’idée de travailler avec les XOs.

XOs disparus

L’inventaire effectué à notre arrivée nous avez fait constater que plusieurs XOs étaient manquants, nous devons réagir.

Les enfants dont le XO a disparu sont donc convoqués individuellement devant les enseignants, l’équipe et Stéfano qui sont réunis pour l’occasion. Chaque enfant est interrogé individuellement pour savoir comment son XO a pu disparaître. Deux XOs sont retrouvés très rapidement. Mais au fur et à mesure des réponses des enfants, nous nous rendons compte que de nombreux XOs ont été échangés entre les enfants. En effet même si la couleur du personnage affiché sur le XO change, plusieurs ont la même couleur. Il y a ainsi eu des inversions lors des séances de chargements. Pire: lorsque les premiers XOs ont disparu, certains enfants ont pris le XO d’un autre enfant pour le remplacer.

Enfin, il semble que deux enfants sont effectivement retournés à la montagne en emportant leur XO. Pas possible de les récupérer dans l’immédiat.

J-1

La réunion d’hier nous fait réfléchir et nous laisse un goût amer, nous donc préparons encore plus précisément la cérémonie remise des ordinateurs.

Avec les professeurs nous établissons une liste complète des enfants qui possèdent déjà un ordinateur et de ceux qui n’en n’ont pas. Nous attribuons un XO à chaque enfant en relevant le numéro de série de chaque ordinateur et le numéro de carton. Tout est donc répertorié et enregistré dans une feuille de calcul pour le grand jour.

Mieux, pour éviter les échanges et les pertes, nous décidons d’inscrire au marqueur indélébile le nom et la classe de chaque enfant.


Enfin nous convenons avec les enseignants qu’ils surveillent à chaque séance que les enfants utilisent bien leur propre machine. Nous convenons également qu’un inventaire soit réalisé chaque mois dans chaque classe.

Jour J

Après un réveil très matinal, nous avons mis en place la cérémonie de remise des XOs aux enfants. Nous avons acheminé tous les XOs de notre QG à l’école, classés par classe et par numéro.

La cérémonie a lieu vendredi matin, exceptionnellement à la place de l’école. Chaque professeur a un rôle précis de façon à ce que tout se déroule sans problème.

Stefano a fait un discours sur les XOs avec un petit bilan de l’année précédente et des consignes pour l’année future. Il revient sur la disparition de certains XOs et indique clairement qu’il s’agit de malhonnêteté et que le vol n’est pas admissible pour l’ambiance du village surtout lorsqu’il concerne les enfants et l’éducation.

Après le discours la cérémonie démarre, les enfants sont appelés individuellement, classe par classe.



Tous les parents sont présents et doivent accompagner leur enfant lorsqu’il récupère son ordinateur. Ils signent également une charge de responsabilité.

L’ensemble est répertorié dans une feuille de calcul d’inventaire : 137 ordinateurs sont déployés en tout.

A la fin de la cérémonie, nous lançons un Grand Concours qui durera une semaine afin de mobiliser les enfants. Chaque classe doit réaliser une activité avec le XO. Pour les CP1, CP2 : faire l’activité Mémoriser le plus rapidement ; pour les CE : réaliser le plus beau dessin, pour les CM1, CM2: écrire une présentation d’eux-mêmes, une poésie ou une histoire avec le plus possible de couleurs et changements de formats. Les deux meilleurs élèves de chaque classe seront récompensés par des lots.

Enfin à la fin de la matinée, nous organisons les traditionnelles photos de groupe.


Ce fut une journée très réussie rythmée par les chants et les rires des enfants.

[Nosy Komba] Formation de l’équipe

5 juin 2010

Comme l’année dernière OLPC France est partenaire de G du cœur pour mener le projet Nosy Komba. Ce sont donc quatre étudiants de l’ESG qui sont partis cette année.


(De gauche à droite sur la photo: Margaux, Quentin, Laura et Vahé)

A part Quentin qui était membre de l’expédition l’année dernière et qui pilote le projet sur place cette année, aucun ne connaissait le XO et Sugar au départ. L’enjeu pour nous: en faire des spécialistes capables de déployer un serveur, flasher les machines, former les enseignants et faire découvrir le XO aux enfants !

Cette année, nous avons décidé d’être très ambitieux et ce n’est pas moins de 8 ateliers de formation que nous avons organisés avec l’équipe. Quand on sait que nous sommes tous volontaires, que nous avons donc nos contraintes et que l’équipe doit en parallèle gérer ses cours et ses examens: c’est un vrai challenge.
Pourtant à chaque fois, c’est un ou plusieurs membres d’OLPC France qui ont transmis leur savoir à des étudiants surmotivés et qui en demandait toujours plus.

Voilà ci-dessous le détail de ces ateliers.

Découverte du XO et des activités (2 ateliers) : dans un premier atelier, Quentin a présenté à l’équipe les manipulations de base de la machine et un aperçu des différentes activités. C’est aussi l’occasion de découvrir les capacités de fonctionnement collaborative : tchat et rédaction à 6 mains d’un document. Dès ce premier atelier, chaque membre de l’équipe reçoit un XO qui ne le quittera plus jusqu’au départ.


Quinze jours plus tard, c’est Clément qui prend la relève et entre dans le détail de chacune des activités. Il fait également découvrir son activité fétiche, ArtTortue et les principes de programmation géométrique : une excellente initiation au constructivisme.

Pédagogie (2 ateliers) : C’est Bastien qui assure la formation. Il fait d’abord une introduction sur les théories sous-jacentes au projet (constructivisme, constructionisme et socio-constructivisme). La formation s’appuie ensuite sur les manuels pédagogiques Gabon et Pérou. Ces deux guides présentent l’utilisation des Activités Sugar dans un contexte pédagogique. Ils permettent d’aider l’enseignant à découvrir les activités qui pourront le mieux appuyer son enseignement.

Entre les deux ateliers, c’est à l’équipe d’inventer de nouvelles activités en s’appuyant sur le cursus scolaire qu’avait présenté les enseignants l’année dernière. C’est Margaux qui prend la tête de ce sujet.


En parallèle l’infatigable Samy pilote la traduction en Français du Guide Pérou à laquelle s’attelle Jean-François, Cécile, Lionel et Kaçandre. Bastien et Antoine assureront la relecture.

Réparation (1 atelier)
Le XO est conçu pour être démonté facilement. Cela permet lors d’un déploiement d’envisager une réparation localement plutôt que de devoir réexpédier la machine. La réparation est donc un élément important de la formation des enseignants.
C’est Xavier et Lionel qui ont assuré la préparation de l’équipe à cette tâche lors d’un atelier au /tmp/lab. C’est un moment ludique qui permet de constater à quel point n’importe qui, même peu familier des travaux manuels, peut démonter et changer les pièces majeures (écran, clavier) d’un XO.



Serveur école (School Server) (2 ateliers)
La mise en place du serveur école était une de nos ambitions majeures cette année. Cela a été un long travail à la fois pour l’acquisition et le montage du matériel mais aussi pour l’installation et la configuration du logiciel.


Ce sont deux longues soirées et plusieurs rendez-vous spécifiques qui ont permis la préparation de l’équipe. L’objectif était à la fois qu’ils soient capables de le remettre en fonctionnement sur place et qu’ils maîtrisent les opérations élémentaires, notamment la sauvegarde des données des XOs.

Pas simple de comprendre les aspects techniques et l’infrastructure nécessaire sans une connaissance réseau préalable. Ce sont Xavier et Nicolas qui ont assurés la formation. Laura ayant été désigné comme responsable de cette partie de la mission.

Evaluation (1 workshop)
Pierre Varly de passage à Paris anime avec Bastien un atelier de réflexion dédié à ce sujet. L’objectif: estimer comment peut être évalué l’apport du XO sur place: à la fois sur le travail des enseignants et sur l’apprentissage des enfants.

Pour cela, Pierre présente les tests d’évaluations du PASEC qu’il a déjà mis en oeuvre à Madagascar pour évaluer le niveau des élèves en français, mathématiques et malgache. Un plan d’action est proposé notamment afin de comparer les résultats en début et en fin d’année et de les comparer avec une autre école proche n’utilisant pas les XOs.

Plus encore, Pierre propose à l’équipe une véritable « checklist » des actions à réaliser pour préparer cette évaluation. C’est Vahé qui est désigné responsable de ce sujet.

Voilà, après plusieurs semaines de formation, l’équipe est partie à Nosy Komba avec la tête bien pleine. Peut être trop pleine même ! Mais encore une fois nous avons essayé de lui proposer le maximum d’information pour les préparer au terrain.

Un grand merci à l’équipe pour sa patience et sa motivation et à tout les animateurs pour leur travail.

[Nosy Komba] Livres en îles : les voix du Sud !

4 juin 2010

Clément Monjou (Ebouquin/OLPC France) et Marie Michèle Razafintsalama (Prediff/Jeunes Malgaches)

Une rencontre autour de la bibliothèque numérique

Créer une bibliothèque numérique pour les élèves de l’école d’Antitorona sur l’île de Nosy Komba, au Nord de la Grande Île : tel était le fil directeur de la rencontre qui a réuni, ce 4 juin 2010, à Paris, l’éditeur Prediff/Jeunes Malgaches, le magazine d’actualité sur la lecture numérique Ebouquin et les associations GduCoeur et OLPC France.

Ainsi, c’est dans une ambiance tout à la fois détendue et studieuse que Marie Michèle Razafintsalama, Clément Monjou, Jonathan Ragot et votre serviteur ont pu faire plus ample connaissance et discuter de l’actualité de l’édition numérique dans le contexte malgache.

La discussion a été l’occasion de feuilleter différents prototypes de livres numériques sur différentes liseuses (ou « livres électroniques », livrels, ebooks) telles qu’un ordinateur XO du projet OLPC, un ebook (Ipad) et un netbook (Asus) sur lequel fonctionnait la dernière version – Mirabelle – de la plateforme d’apprentissage Sugar, dans sa variante sur clé USB « SOAS » (Sugar On A Stick).

L’innovation à l’ordre du jour

Cette rencontre a été l’occasion d’examiner, en avant-première, les premiers résultats d’une collaboration autour d’un projet de livre numérique pour le public scolaire de Madagascar en général, et pour les élèves de l’école du village d’Antitorona, sur l’île de Nosy Komba en particulier.

Il s’agissait en effet de faire le point sur le premier ebook que nous prévoyons de réaliser, à partir du catalogue de Prediff/Jeunes Malgaches.

Marie Michèle Razafintsalama évalue le prototype de livrel sur le XO

Il s’agit d’un projet révélateur du dynamisme et de l’esprit d’initiative des éditeurs indépendants des pays du Sud et en particulier des éditeurs de l’Afrique francophone, dont Marie Michèle Razafintsalama a évoqué les projets et les défis.

La situation de l’édition est en effet un sujet qui lui tient à coeur, dans un contexte difficile, à travers une initiative fédérant à ce jour 54 éditeurs africains, réunis au sein de l’association Afrilivres, dont elle est la présidente.

Le projet de livre électronique qui nous réunissait a bénéficié du soutien technique de James Simmons, développeur des logiciels de lecture d’ebooks Get Internet Archive Books et Read Etexts et auteur du manuel « Reading and Leading with Sugar », édité par la Floss Manuals Foundation.

Outre des conseils utiles pour constituer une bibliothèque numérique, en particulier dans un contexte scolaire, ce manuel s’intéresse aux outils logiciels et aux méthodes permettant de produire des livres électroniques ainsi qu’aux applications de lecture électronique.

Prototype d'ebook malgache

Vers la tablette XO 3

L’annonce du XO 3, résultat du partenariat entre l’industriel Marvell et la fondation OLPC pour réaliser une tablette dotée de fonctions de livre électronique notamment, donne aux projets de bibliothèques numériques sur lesquels travaillent les équipes OLPC de par le monde (par exemple « Le tour du monde en 80 ebouquins« ) une acuité accrue.

Les bibliothèques numériques sont en effet un projet central, à l’instar du projet « Internet Archive », présenté dans l’article « Making Books Available » par Sayamindu Dasgupta, auquel on doit par ailleurs la synthèse « Books, Sugar and OLPC« .

Les voix du Sud passent par l’écrit

Ainsi, pour se faire entendre, les voix du Sud doivent repenser le livre de demain avec les acteurs qui le font vivre : lecteurs, auteurs, traducteurs, illustrateurs, bibliothèques, enseignants, éditeurs, libraires, centres culturels, etc. Paradoxalement, la faiblesse économique et numérique peut être un atout, face aux appétits des majors pour qui l’édition est un marché global « à prendre », car ils ont la capacité, en unissant leurs forces, de faire entendre la voix de la diversité culturelle et des sans voix, notre patrimoine commun.

Références

* Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (UNESCO, 2005), ratifiée par la Commission européenne, le 19/12/2006

* Analyses sur la « bibliodiversité » et la « prédation« , par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants

* Objectifs du millénaire pour le développement (ONU) – Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous

* « Ebooks Madagascar » (wiki OLPC France)

http://olpc-france.org/wiki/index.php?title=Ebooks_Madagascar

JAMedia : encore un point pour l’Uruguay !

1 juin 2010

Il est désormais possible de suivre les émissions TV et radio sur le XO ! Nous devons cette réalisation à Flavio Danesse, l’un des talentueux développeurs de la communauté de développeurs CeibalJAM. Cette association avait d’ailleurs déjà défrayé la chronique en remportant le Prix Digital Ars Electronica 2010 dans la catégorie « Digital Communities« .

Dernièrement, nous avons appris la sortie de l’activité JAMedia, pour l’environnement Sugar. Il s’agit d’un lecteur audio et vidéo capable de jouer des flux audio ou vidéo tels que des émissions radio ou TV diffusés en ligne (streaming) ou encore des documents multimédia disponibles en local.

C’est ainsi que l’utilisateur du XO peut suivre une émission télévisée avec une qualité remarquable (Voir la vidéo  ici ) !

Cette première version est déjà parfaitement fonctionnelle, avec une liste appréciable de stations radio et TV.

JAMedia vient à peine de sortir que déjà, de nouveaux développements sont annoncés comme des fonctions de conversion, d’extraction, d’enregistrement ou d’édition.

Restez en ligne, car, avec le prochain concours de développement – la Sugar World Coup 2010 – et la participation de l’Uruguay au Mondial de football d’Afrique du Sud, la concurrence risque d’avoir du mal à suivre le rythme !

Eny mahavita isika / yes we can!

27 mai 2010

Actuellement, à Madagascar, 3 écoles, représentant plusieurs centaines d’élèves, utilisent l’ordinateur XO du projet OLPC, à Nosy Komba, Ambatoharanana et Maroantsetra.

C’est initialement pour ces écoles que le projet de traduction en malgache des activités de l’ordinateur XO a été lancé (voir l’article « Traduire Sugar / le XO« ).

Ce travail, en cours de réalisation par plusieurs volontaires, est désormais visible, à l’occasion de la sortie de la version 3 de l’application SOAS (Sugar On A Stick), qui permet d’utiliser l’environnement Sugar et ses applications pédagogiques sur un ordinateur classique ainsi que sur l’ordinateur XO.

Désormais, nous sommes au milieu du gué : une partie du projet traduction est réalisée, grâce aux efforts remarquables des traducteurs et traductrices, auxquels nous exprimons nos remerciements.

Il reste à finaliser ce projet, qui est encore incomplet, puisqu’il suit le rythme des mises à jour logicielles, comme on peut le voir ici, lorsque de nouvelles fonctionnalités sont ajoutées :

Les contributeurs (traducteurs et relecteurs) sont donc les bienvenus.

Retrouvez-nous sur la page de l’équipe de traduction du projet Sugar Labs, ainsi que sur  la liste Localization. Ensemble, Eny mahavita isika / Yes we can!

[Nosy Komba] Semaine 2

25 mai 2010

Deuxième billet de Quentin qui nous envoie des nouvelles de Nosy Komba et qui nous racontent que nos efforts de préparation du School Server sont récompensés.

La semaine dernière je vous avais fait part de notre arrivée musclée et des fortes émotions que nous avions vécu en posant un pied sur le sol Nosy Kombayen. Cette semaine, la team NK2010 est entrée dans le cœur de l’action. Nous optimisons notre temps ici en se levant vers 6h pour commencer la journée à 7h30. Les premiers réveils ont été durs mais on finis par s’habituer à se lever en même temps que le soleil. Ici c’est la nature qui rythme nos journée.

Nous avons récupéré le dernier XO laptop Mercredi ce qui nous fait 89 ordis d’élèves et 6 de profs sur 105 déployés en 2009. Pour 10 autres XOs, nous menons l’enquête car les profs et les élèves nous ont dit qu’ils les ramèneraient « bientôt » ou « peut-être » et en malgache ça veut souvent dire jamais :-( Sujet à suivre: il est évident que nous ne pouvons laisser se « perdre » des ordinateurs d’une telle valeur, il en va de notre crédibilité.

Nous nous sommes installé dans l’atelier de mécanique qui est devenu le « hacker Space » de Nosy Komba. Plus de 150 ordinateurs y sont installés, branchés, classés par année et bientôt par classe. Une vrai armée de XO!!

Nous avons installé un School Server sans trop de problème grâce à la formation approfondie et très efficace des 2 hackers qui se reconnaitrons. Ce server nous permet de connecter tous les XOs de 2009 sur une plateforme et d’ensuite récupérer toutes les données des activités qui ont été faites par les enfants de l’école primaire pendant un an.
Alors bien sur, inutile de vous décrire en détail la réaction qu’on a pu avoir en tombant sur des vidéos prises par des gamins en train de chanter, de raconter des histoires et d’éclater de rire en se voyant sur l’écran!!

En même temps nous n’avons pas perdu de temps avec les enseignants. Nous les avons rencontré à 2 reprises pour les relancer dans ce programme pédagogique d’une grande ampleur. Nous avons donc mis en place des cours de soutien personnalisés (un prof par membre de NK2010) afin d’approfondir les connaissances de chacun. Bien sur, s’est posée la question du positionnement que nous devions avoir, nous, simple étudiant d’une vingtaine d’année face à des professeurs qui sont considérés comme des « maitres » ici du fait de leur aisance à écrire et à lire. Certains ont un niveaux très avancé de connaissance de la machine, comme Lalatiana par exemple mais pour un des profs nouvellement arrivé c’est très difficile. Après quelques séances, il parvient dorénavant à réaliser les principales manipulations. Ouufff

Par ailleurs et pour parler un peu plus de notions humaines concernant l’équipe, J’ai coupé l’équipe en 2.

Laura et Moi passons nos matinées dans le hacker space à faire nos « geek » à gérer des problèmes d’énergie et d’informatique pendant que Margaux et Vahé sont au potager avec Jean et Monique.

A ce propos avec Laura on se dit souvent qu’on va finir par être débile à rester enfermé toute la journée entourés de machines, de câbles, et de groupe électrogène!! Non mais c’est sympa quand même car à 10h tous les jours à la récréation tous les gamins viennent nous voir, grimpent aux fenêtres, s’accrochent aux arbres et nous observent calmement en se demandant surement ce qui passe dans la tête de ces 2 hommes blancs qui passent leurs journées dans ce trou à rat, accroupis autours de cette armée de clones de XOs!!!

Par ailleurs l’équipe NK2010 s’est à plusieurs reprise transformée en équipe de tournage d’un clip vidéo. Nous avons plus de 150 acteurs âgés de 3 à 15 ans tous plus mignons et bons danseurs les uns que les autres et surtout toujours très enthousiastes à l’idée de se montrer ce qu’il savent si bien faire.

Cette action est épuisante car le fait d’organiser plus de 100 gamins qui courent, grimpent, sautent et rigolent à longueur de journée, tout en leur demandant de danser de manière synchro, de bien se positionner pour avoir les plus beaux plans et le tout en malgache!! Je n’en dit pas plus sur ce clip et vous laisse attendre sa sortie dans les salles à partir de fin juin 2010 ;-)

Bon comme vous pouvez le voir, tout se passe à merveille.