Edition numérique : les convergences

9 juillet 2010

L’édition numérique devient un sujet central et un point de convergence pour plusieurs secteurs d’activité. Ce constat résulte d’un faisceau d’indices concordants : l’enrichissement de l’offre de livres électroniques, l’émergence d’ordinateurs de type tablette numérique, la maturation des projets d’informatique éducative, en particulier dans les pays en développement.

La pertinence des questionnements qui sont suscités par ces évolutions est illustrée, dans l’actualité immédiate, par les événements suivants :

Une journée d’étude

Le 3ème BookCamp, une journée d’ateliers consacrée au livre numérique, sera organisé à Paris, le 25 septembre 2010, dans les locaux de La Cantine.

« L’idée de cette journée est de proposer une demi-journée d’expérimentations et de réflexions autour du livre et du numérique. Une série d’ateliers « main à la pâte » pour mieux partager les impacts de l’innovation numérique sur la chaîne du livre. Une occasion de rencontre et d’échanges entre bibliothécaires, libraires, éditeurs, auteurs, critiques et lecteurs avec pour mot d’ordre, « tous participants ». »

Un manuel pour produire des livres numériques

Rédigé par James Simmons, le manuel « Reading and Leading with Sugar » (version PDF provisoire) a pour ambition de démocratiser la lecture et la production des livres électroniques, notamment sur la plate-forme pédagogique Sugar du  Sugar Labs, dans le contexte de l’extension du projet éducatif OLPC, auquel plus d’un million d’enfants des pays en développement ont désormais accès.

L’édition numérique dans les pays du Sud

Un appel d’offre (en français et en anglais) coordonné par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, concernant la réalisation d’une étude sur l’édition numérique dans les pays du « Sud » a été ouvert. Les propositions de projets sont à  remettre à l’organisateur pour le 29 août 2010 ; le comité de sélection rendra son avis le 20 septembre 2010.

Clairement, les synergies de cette thématique des livres numériques avec les projets de bibliothèques numériques des communautés Sugar/OLPC de par le monde, et, en particulier, avec les projets de bibliothèques numériques auxquels participe OLPC France (comme notre partenariat avec l’éditeur malgache Prédiff, qui a donné lieu au premier livre jeunesse malgache en numérique), sont évidentes.

Cette thématique est en effet à replacer dans le contexte de la sortie prochaine de la tablette XO 3, pour laquelle il faudra trouver des contenus à proposer aux déploiements OLPC, notamment dans l’espace francophone, en Afrique, dans les Antilles, l’espace Océan indien et ailleurs.

La route est longue mais la voie est libre !

8 juillet 2010

Alerte ! le projet éducatif OLPC est sur le point d’échouer !

Comment cela est-il possible ? Et cela n’est-il pas paradoxal, alors que nous ne cessons, à OLPC France, de nous faire l’écho des avancées de ce projet éducatif dans le monde, en particulier dans ce blog !

L’échec, paradoxalement, c’est quand on est à deux doigts de réussir, mais que, pour diverses raisons, on imagine que tout est gagné, ou que les autres vont prendre le relais et faire aboutir un projet !

Or, nous sommes engagés dans des projets éducatifs ! Ceci implique une action sur la durée, et la participation d’acteurs divers dans les écoles et autour : communautés villageoises, communautés d’enseignants, familles, enfants, communautés de développeurs, etc. L’action de chacun, même à distance et en amont ou en marge des classes dans lesquelles les ordinateurs éducatifs sont utilisés est primordiale.

D’ailleurs, côté développement logiciel, l’effort ne faiblit pas, comme le montrent les dernières annonces :

*Announce: OLPC software strategy

*Announcing the OLPC OS 10.1.1 final release!

A l’autre « bout de la chaîne », c’est aussi la même mobilisation, par exemple, dans l’actualité récente :

* au Rwanda : Teachers Capacity Building kickoffs OLPC implementation in Rwanda

* en Uruguay : Ceibal high-school project update

* en Argentine, au Paraguay : « Con un procesador más rápido no se aprende más rápido »

* au Chili : Experiencia piloto de Sugar en Macul

* etc. (voir la Revue de presse sur le wiki OLPC France)

Ce ne sont que des exemples, mais ils sont significatifs du dynamisme des actions entreprises.

Par conséquent, l’échec menace quand on croit avoir suffisamment avancé. Deux exemples, parmi les actions de notre petite association OLPC France :

Le projet CLIS Mornant

CLIS Mornant

Nosy Komba

Nosy Komba

et Préparation du debrief Nosy Komba

Chacun de ces projets a besoin d’aide, de votre aide ! Pour que chacun de ces essais soit transformé en succès !

Vous trouverez quelques indications sur les possibilités de contribution à la rubrique « Contribuer au projet OLPC » du wiki OLPC France. A bientôt !

[Mornant] Des soucis et des pistes


16 juin 2010

XO-1 dans la Clis de Mornant : un point sur l’expérimentation

Le projet concernant une classe française est moins exotique que celui de Nosy Komba, à Madagascar… Mais il permet, là aussi, d’entrevoir les apports et les difficultés induits par l’utilisation du XO dans une classe réelle.

Dans la classe, le XO est devenu un compagnon des élèves. Il est léger, maniable et solide.
Les ordinateurs sont en libre-service. Chaque groupe de deux élèves s’organise comme il veut. Il faut gérer les moments où les deux veulent l’utiliser. D’autant plus qu’il y en a un en panne et qu’il faut alors accueillir d’autres demandes d’utilisation.

Deux élèves travaillent sur un XO
Deux élèves travaillent sur un XO.

Cela va faire 6 mois que les élèves de la Clis utilisent des XOs. Ils maîtrisent de mieux en mieux les fonctions de base (gérer les fichiers dans le Journal, utiliser les différentes commandes et vues de Sugar…) et les Activités courantes :
http://clismornant.free.fr/spip.php?article557

Avec très peu de directives de ma part.

Ils s’en servent pour jouer et pour aller librement sur Internet (mettre à jour le site de la classe et chercher des informations). La connexion internet de l’école est filtrée par l’Académie, mais, en plus, je leur apprends à être responsable de leurs requêtes (clics sur des liens pré-définis, ou avec mon approbation, après un questionnement sur leur cheminement et leur demande). Je leur dit régulièrement que le XO est un outil qui peut les aider à mieux apprendre, même avec les Activités très ludiques. Par contre, nous n’oublions pas de faire des activités en vrai (manipulations d’objets, jeux de sociétés…) : les enfants, surtout ceux en difficulté, ont besoin de se confronter aussi à la matière et aux objets.

Les logiciels les plus utilisés : Naviguer, Mémoriser (avec créations d’exercices), Physics, Parler, Écrire, Enregistrer (des photos et des vidéos), FotoToon, GCompris, Maze, Implode, Horloge (et GCompris Clockgame), TamTamMini…

FotoToon : 2 photos annotées avec des bulles
FotoToon : 2 photos annotées avec des bulles. Un élève a fait un reportage, à partir des photos du XO. Il n’a pas pu corriger le texte dans les bulles.

Il m’arrive de les faire utiliser une même activité, simultanément, pour leur montrer de nouvelles fonctionnalités.

Certains téléchargent directement de nouvelles Activités. Par contre, ils n’en font pas un essai complet et ne persévèrent pas dans leurs tâtonnements de découverte. L’enseignant peut alors les accompagner pour aller plus loin (encore faut-il qu’il en comprenne le fonctionnement…).
Ils partagent facilement leurs nouvelles connaissances et aident volontiers les élèves hésitants, ou règlent les problèmes courants.

Pendant les vacances ou pour les weekends prolongés, certains ont pu l’emporter chez eux (avec un document signé par les parents, pour les aider à en prendre soin, avec des consignes de sécurité). Les « trucs » de dépannage de base étaient acquis : 1) les 4 touches à appuyer pour régler le curseur « fou », 2) le redémarrage forcé, en cas de blocage : extinction en appuyant sur le bouton d’allumage,  jusqu’à l’extinction des témoins lumineux..
Ils étaient fiers de montrer le XO à leur entourage et de devenir l’expert qui fait des démonstrations et qui apprend aux autres.

Mais le plaisir de l’utilisateur est parfois gâché par des problèmes techniques :
– Difficultés de connexion à ïnternet, de partage d’activités (antagonisme avec la connexion Internet et les réseaux maillés).
– Photos difficiles à prendre (Enregistrer) : en plus du manque de viseur, le retard du déclenchement et la photo figée ne correspondant pas à ce qui est enregistré. Donc, beaucoup de photos ratées.
– Pas d’enregistrement audio correct, avec le micro intégré : un élève ne peut pas enregistrer un texte qu’il lit face au XO.
– Enregistrements qui ne se retrouvent pas ou qui ne peuvent pas s’ouvrir à nouveau (par exemple des créations sur Mémoriser). Se méfier quand on reprend un ancien texte : il manque des passages.
– Le curseur qui devient fou. Facile à retrouver avec l’utilisation des 4 touches aux coins du clavier pour le recalibrage. On peut aussi utiliser une souris USB, sans ces problèmes.
– Quand la batterie est vide, le XO s’éteint sans prévenir. On ne peut pas enregistrer le travail en cours avant l’extinction inopinée.
– Quelques manques de traduction française pour certaines activités, mais ce n’est pas trop gênant. De toutes façons, mes élèves ne sont pas encore de vrais lecteurs et ils se débrouillent.
– Mémoire RAM trop juste : il faut régulièrement effacer des entrées du journal et enregistrer les photos sur une clé USB. Cela limite le téléchargement de nouvelles activités.
– Le clavier qwerty n’est pas gênant et les lettres accentuées sont bien trouvées, même si il faut les retravailler sur un PC ou sur un Mac pour les transformer en vraies lettres accentuées, reconnues par les correcteurs orthographiques.
– Nous avons eu un problèmes matériel : 1 XO (sur les 6 prêtés par OLPC-France) est en attente de réparation car il ne s’allume plus.

Tâches de l’enseignant :
Je passe beaucoup de temps à essayer de résoudre les problèmes techniques. Je montre qu’il faut être patient et ré-essayer plusieurs fois la manœuvre…
Mais je ne peux pas tout maîtriser : je suis un « simple » enseignant , pas un informaticien.
Ce n’est donc pas aussi  simple que dans la « pub » !
Les membres d’OLPC-France peuvent facilement et efficacement répondre à des questions, malgré l’éloignement. Mais il me manque une rencontre avec d’autres enseignants pour des découvertes / échanges afin de mettre en commun les utilisations et pour connaître les bases des Activités un peu sophistiquées : la série des TamtTam et les Activités programmables : Turtle art, Pippy, Scratch, Etoys…
Et une formation pour le dépannage : j’ai  démonté un XO et essayé d’utiliser un « Serial Adapter », mais il n’était par reconnu par le type de PC utilisé à l’école…

Dans un déploiement, dans un pays du sud, ou même dans nos pays déjà bien aidés, il faut donc prévoir un accompagnement technique efficace et permanent pour les enseignants.

Dans les semaines à venir, il nous restera la découverte de quelques possibilités de programmation (Turtle art), afin de travailler la logique. Nous essaierons aussi d’utiliser le XO en lecteur (pdf, ePub), avec des fichiers existant ou à créer.

Je suis toujours enthousiaste dans l’utilisation en classe de cet outil, malgré ses imperfections actuelles.

Antoine Michelot

L’Uruguay : combien de divisions ?

11 juin 2010

On a beau faire peu de cas des compétitions sportives opposant nations contre nations, dans ce qui est devenu un véritable secteur économique, soumis de plus en plus aux lois du business, il n’empêche ! Tirons donc prétexte de ce sujet pour un détournement pédagogique en bonne et due forme : une manière pour l’enseignant de dire « Le foot, on s’en fout mais faisons-en un sujet pour la classe« . Car c’est bien connu, l’occasion fait le larron. L’occasion, c’est donc le match Uruguay-France (le 11/06/2010) lors de la Coupe du Monde de football 2010, en Afrique du Sud. Quant au larron, vous verrez que nous sommes en bien bonne compagnie !

Des complices au bout du monde

En matière de détournement pédagogique, l’Uruguay fait fort. La preuve ? Observons par exemple ce qui se fait dans l’espace pédagogique du très officiel Plan Ceibal.

* Cet organisme qui se consacre à « animer » les 380 000 utilisateurs d’ordinateurs XO dans les établissements primaires du pays (auxquels s’ajouteront au cours des prochains mois 100 000 utilisateurs dans le cycle secondaire), envoie un correspondant Ceibal en Afrique du Sud et – cerise sur le gâteau – lui fait même parler français (« ¿Qu’est-ce que vous voulez? «  »).

* Il organise un jeu prétexte à une vérification des connaissances sur le football.

* Il présente la mascotte Zakumi.

XO et mascotte Zakumi

* Il présente un ensemble d’activités articulées thématiquement autour du Mondial, conçues par une équipe d’enseignants « Dinamizadores Ceibal » du département de Durazno.

* Il annonce le lecteur de médias JAMedia, dont il a été question dans un billet précédent (JAMedia : encore un point pour l’Uruguay !) et qui a défrayé la chronique en suscitant en l’espace de quelques jours l’enthousiasme de nombreux utilisateurs, électrisés par la perspective de suivre le Mondial sur le XO, ce qui a donné l’occasion à Flavio Danesse, son développeur, d’être sollicité pour des entrevues par plusieurs radios et chaînes de TV.

* Il organise un voyage virtuel en Afrique du Sud.

* Il annonce un jeu baptisé « Conozco Mundial« , qui fait partie des nombreuses activités développées par l’équipe du CeibalJAM.

L’Uruguay : premier en quoi ?

A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ignorons quelle équipe l’emportera ! Toutefois, n’est-il pas utile de mieux connaître son vis-à-vis avant une rencontre, qu’elle soit sportive, humaine, ou culturelle ? Alors que pouvons nous apprendre ?

Premier dans les « Sciences for Kids »

Nous apprenons sur le site « Information is Beautiful« que l’Uruguay occupe la première place des pays dans le domaine de la science pour les enfants (document « International Number Ones« ). Voilà qui est sympathique. La France est quant à elle classée première dans la betterave sucrière (Sugar beet), d’après l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Autre catégorie, mais sympathique quand même : ainsi, pas de jaloux !

Jolie infographie, mais les données sont-elles exactes ? Sont-elles seulement actuelles ? Quelles sont les sources d’ailleurs ?

Nous apprenons dans ce document dans quel domaine chacun des pays listés peut se prévaloir d’une première place. Ainsi, l’Uruguay apparaît en première position en nombre de victoires à la coupe du monde par habitant, sur la période 1930-2006. Bizarre. Ce décalage semble indiquer tout simplement que les données servant de base à ce classement ont été actualisées et que différentes sources d’information sont utilisées. Rien d’extraordinaire mais il est toujours bon de préciser ses sources, comme nous venons d’en avoir l’illustration. Question de méthode.

Des données de base pour la classe

A notre tour de faire oeuvre de détournement pédagogique : les données d’où est tiré le classement proviennent du site NationMaster, qui exploite, en les retravaillant et en les présentant graphiquement, les données brutes tirées du « CIA World Factbook« , par exemple en fournissant des classements des pays dans différentes catégories. L’intérêt pédagogique saute aux yeux pour l’enseignement des sciences sociales (histoire, économie, géographie). Bingo, d’ailleurs, car nous confirmons ici que l’Uruguay est le numéro un mondial dans la part du temps consacré aux disciplines scientifiques dans l’enseignement primaire : une confirmation de la présentation donnée sur « Information is Beautiful ». Toutefois, les données remontent à 1999. Ce n’est pas très récent ! Nous pouvons déjà approfondir notre compréhension, par exemple dans le secteur de l’éducation (d’après NationMaster) :

Ne nous avouons pas vaincus pour autant ! Si l’on veut obtenir – pour la classe – des données plus récentes, on peut se tourner vers des sources officielles, telles que la Banque Mondiale. Par exemple, pour l’Uruguay, qui nous intéresse ici. Par ailleurs, ces données sont disponibles en français, en anglais, en arabe et en espagnol. Bingo pour les cours de langues !

Voilà un début pour mieux connaître notre vis-à-vis. Alors de grâce, ne dites plus, à la manière de Staline interrogeant Churchill, à propos du Vatican : « L’Uruguay : combien de divisions ? » ! Mais apprenons à nous connaître mieux, en lettres ou en chiffres ! C’est un premier pas en faveur de la compréhension et de l’amitié.

[Nosy Komba] Formation de l’équipe

5 juin 2010

Comme l’année dernière OLPC France est partenaire de G du cœur pour mener le projet Nosy Komba. Ce sont donc quatre étudiants de l’ESG qui sont partis cette année.


(De gauche à droite sur la photo: Margaux, Quentin, Laura et Vahé)

A part Quentin qui était membre de l’expédition l’année dernière et qui pilote le projet sur place cette année, aucun ne connaissait le XO et Sugar au départ. L’enjeu pour nous: en faire des spécialistes capables de déployer un serveur, flasher les machines, former les enseignants et faire découvrir le XO aux enfants !

Cette année, nous avons décidé d’être très ambitieux et ce n’est pas moins de 8 ateliers de formation que nous avons organisés avec l’équipe. Quand on sait que nous sommes tous volontaires, que nous avons donc nos contraintes et que l’équipe doit en parallèle gérer ses cours et ses examens: c’est un vrai challenge.
Pourtant à chaque fois, c’est un ou plusieurs membres d’OLPC France qui ont transmis leur savoir à des étudiants surmotivés et qui en demandait toujours plus.

Voilà ci-dessous le détail de ces ateliers.

Découverte du XO et des activités (2 ateliers) : dans un premier atelier, Quentin a présenté à l’équipe les manipulations de base de la machine et un aperçu des différentes activités. C’est aussi l’occasion de découvrir les capacités de fonctionnement collaborative : tchat et rédaction à 6 mains d’un document. Dès ce premier atelier, chaque membre de l’équipe reçoit un XO qui ne le quittera plus jusqu’au départ.


Quinze jours plus tard, c’est Clément qui prend la relève et entre dans le détail de chacune des activités. Il fait également découvrir son activité fétiche, ArtTortue et les principes de programmation géométrique : une excellente initiation au constructivisme.

Pédagogie (2 ateliers) : C’est Bastien qui assure la formation. Il fait d’abord une introduction sur les théories sous-jacentes au projet (constructivisme, constructionisme et socio-constructivisme). La formation s’appuie ensuite sur les manuels pédagogiques Gabon et Pérou. Ces deux guides présentent l’utilisation des Activités Sugar dans un contexte pédagogique. Ils permettent d’aider l’enseignant à découvrir les activités qui pourront le mieux appuyer son enseignement.

Entre les deux ateliers, c’est à l’équipe d’inventer de nouvelles activités en s’appuyant sur le cursus scolaire qu’avait présenté les enseignants l’année dernière. C’est Margaux qui prend la tête de ce sujet.


En parallèle l’infatigable Samy pilote la traduction en Français du Guide Pérou à laquelle s’attelle Jean-François, Cécile, Lionel et Kaçandre. Bastien et Antoine assureront la relecture.

Réparation (1 atelier)
Le XO est conçu pour être démonté facilement. Cela permet lors d’un déploiement d’envisager une réparation localement plutôt que de devoir réexpédier la machine. La réparation est donc un élément important de la formation des enseignants.
C’est Xavier et Lionel qui ont assuré la préparation de l’équipe à cette tâche lors d’un atelier au /tmp/lab. C’est un moment ludique qui permet de constater à quel point n’importe qui, même peu familier des travaux manuels, peut démonter et changer les pièces majeures (écran, clavier) d’un XO.



Serveur école (School Server) (2 ateliers)
La mise en place du serveur école était une de nos ambitions majeures cette année. Cela a été un long travail à la fois pour l’acquisition et le montage du matériel mais aussi pour l’installation et la configuration du logiciel.


Ce sont deux longues soirées et plusieurs rendez-vous spécifiques qui ont permis la préparation de l’équipe. L’objectif était à la fois qu’ils soient capables de le remettre en fonctionnement sur place et qu’ils maîtrisent les opérations élémentaires, notamment la sauvegarde des données des XOs.

Pas simple de comprendre les aspects techniques et l’infrastructure nécessaire sans une connaissance réseau préalable. Ce sont Xavier et Nicolas qui ont assurés la formation. Laura ayant été désigné comme responsable de cette partie de la mission.

Evaluation (1 workshop)
Pierre Varly de passage à Paris anime avec Bastien un atelier de réflexion dédié à ce sujet. L’objectif: estimer comment peut être évalué l’apport du XO sur place: à la fois sur le travail des enseignants et sur l’apprentissage des enfants.

Pour cela, Pierre présente les tests d’évaluations du PASEC qu’il a déjà mis en oeuvre à Madagascar pour évaluer le niveau des élèves en français, mathématiques et malgache. Un plan d’action est proposé notamment afin de comparer les résultats en début et en fin d’année et de les comparer avec une autre école proche n’utilisant pas les XOs.

Plus encore, Pierre propose à l’équipe une véritable « checklist » des actions à réaliser pour préparer cette évaluation. C’est Vahé qui est désigné responsable de ce sujet.

Voilà, après plusieurs semaines de formation, l’équipe est partie à Nosy Komba avec la tête bien pleine. Peut être trop pleine même ! Mais encore une fois nous avons essayé de lui proposer le maximum d’information pour les préparer au terrain.

Un grand merci à l’équipe pour sa patience et sa motivation et à tout les animateurs pour leur travail.

[Nosy Komba] Livres en îles : les voix du Sud !

4 juin 2010

Clément Monjou (Ebouquin/OLPC France) et Marie Michèle Razafintsalama (Prediff/Jeunes Malgaches)

Une rencontre autour de la bibliothèque numérique

Créer une bibliothèque numérique pour les élèves de l’école d’Antitorona sur l’île de Nosy Komba, au Nord de la Grande Île : tel était le fil directeur de la rencontre qui a réuni, ce 4 juin 2010, à Paris, l’éditeur Prediff/Jeunes Malgaches, le magazine d’actualité sur la lecture numérique Ebouquin et les associations GduCoeur et OLPC France.

Ainsi, c’est dans une ambiance tout à la fois détendue et studieuse que Marie Michèle Razafintsalama, Clément Monjou, Jonathan Ragot et votre serviteur ont pu faire plus ample connaissance et discuter de l’actualité de l’édition numérique dans le contexte malgache.

La discussion a été l’occasion de feuilleter différents prototypes de livres numériques sur différentes liseuses (ou « livres électroniques », livrels, ebooks) telles qu’un ordinateur XO du projet OLPC, un ebook (Ipad) et un netbook (Asus) sur lequel fonctionnait la dernière version – Mirabelle – de la plateforme d’apprentissage Sugar, dans sa variante sur clé USB « SOAS » (Sugar On A Stick).

L’innovation à l’ordre du jour

Cette rencontre a été l’occasion d’examiner, en avant-première, les premiers résultats d’une collaboration autour d’un projet de livre numérique pour le public scolaire de Madagascar en général, et pour les élèves de l’école du village d’Antitorona, sur l’île de Nosy Komba en particulier.

Il s’agissait en effet de faire le point sur le premier ebook que nous prévoyons de réaliser, à partir du catalogue de Prediff/Jeunes Malgaches.

Marie Michèle Razafintsalama évalue le prototype de livrel sur le XO

Il s’agit d’un projet révélateur du dynamisme et de l’esprit d’initiative des éditeurs indépendants des pays du Sud et en particulier des éditeurs de l’Afrique francophone, dont Marie Michèle Razafintsalama a évoqué les projets et les défis.

La situation de l’édition est en effet un sujet qui lui tient à coeur, dans un contexte difficile, à travers une initiative fédérant à ce jour 54 éditeurs africains, réunis au sein de l’association Afrilivres, dont elle est la présidente.

Le projet de livre électronique qui nous réunissait a bénéficié du soutien technique de James Simmons, développeur des logiciels de lecture d’ebooks Get Internet Archive Books et Read Etexts et auteur du manuel « Reading and Leading with Sugar », édité par la Floss Manuals Foundation.

Outre des conseils utiles pour constituer une bibliothèque numérique, en particulier dans un contexte scolaire, ce manuel s’intéresse aux outils logiciels et aux méthodes permettant de produire des livres électroniques ainsi qu’aux applications de lecture électronique.

Prototype d'ebook malgache

Vers la tablette XO 3

L’annonce du XO 3, résultat du partenariat entre l’industriel Marvell et la fondation OLPC pour réaliser une tablette dotée de fonctions de livre électronique notamment, donne aux projets de bibliothèques numériques sur lesquels travaillent les équipes OLPC de par le monde (par exemple « Le tour du monde en 80 ebouquins« ) une acuité accrue.

Les bibliothèques numériques sont en effet un projet central, à l’instar du projet « Internet Archive », présenté dans l’article « Making Books Available » par Sayamindu Dasgupta, auquel on doit par ailleurs la synthèse « Books, Sugar and OLPC« .

Les voix du Sud passent par l’écrit

Ainsi, pour se faire entendre, les voix du Sud doivent repenser le livre de demain avec les acteurs qui le font vivre : lecteurs, auteurs, traducteurs, illustrateurs, bibliothèques, enseignants, éditeurs, libraires, centres culturels, etc. Paradoxalement, la faiblesse économique et numérique peut être un atout, face aux appétits des majors pour qui l’édition est un marché global « à prendre », car ils ont la capacité, en unissant leurs forces, de faire entendre la voix de la diversité culturelle et des sans voix, notre patrimoine commun.

Références

* Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (UNESCO, 2005), ratifiée par la Commission européenne, le 19/12/2006

* Analyses sur la « bibliodiversité » et la « prédation« , par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants

* Objectifs du millénaire pour le développement (ONU) – Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous

* « Ebooks Madagascar » (wiki OLPC France)

http://olpc-france.org/wiki/index.php?title=Ebooks_Madagascar

JAMedia : encore un point pour l’Uruguay !

1 juin 2010

Il est désormais possible de suivre les émissions TV et radio sur le XO ! Nous devons cette réalisation à Flavio Danesse, l’un des talentueux développeurs de la communauté de développeurs CeibalJAM. Cette association avait d’ailleurs déjà défrayé la chronique en remportant le Prix Digital Ars Electronica 2010 dans la catégorie « Digital Communities« .

Dernièrement, nous avons appris la sortie de l’activité JAMedia, pour l’environnement Sugar. Il s’agit d’un lecteur audio et vidéo capable de jouer des flux audio ou vidéo tels que des émissions radio ou TV diffusés en ligne (streaming) ou encore des documents multimédia disponibles en local.

C’est ainsi que l’utilisateur du XO peut suivre une émission télévisée avec une qualité remarquable (Voir la vidéo  ici ) !

Cette première version est déjà parfaitement fonctionnelle, avec une liste appréciable de stations radio et TV.

JAMedia vient à peine de sortir que déjà, de nouveaux développements sont annoncés comme des fonctions de conversion, d’extraction, d’enregistrement ou d’édition.

Restez en ligne, car, avec le prochain concours de développement – la Sugar World Coup 2010 – et la participation de l’Uruguay au Mondial de football d’Afrique du Sud, la concurrence risque d’avoir du mal à suivre le rythme !

Eny mahavita isika / yes we can!

27 mai 2010

Actuellement, à Madagascar, 3 écoles, représentant plusieurs centaines d’élèves, utilisent l’ordinateur XO du projet OLPC, à Nosy Komba, Ambatoharanana et Maroantsetra.

C’est initialement pour ces écoles que le projet de traduction en malgache des activités de l’ordinateur XO a été lancé (voir l’article « Traduire Sugar / le XO« ).

Ce travail, en cours de réalisation par plusieurs volontaires, est désormais visible, à l’occasion de la sortie de la version 3 de l’application SOAS (Sugar On A Stick), qui permet d’utiliser l’environnement Sugar et ses applications pédagogiques sur un ordinateur classique ainsi que sur l’ordinateur XO.

Désormais, nous sommes au milieu du gué : une partie du projet traduction est réalisée, grâce aux efforts remarquables des traducteurs et traductrices, auxquels nous exprimons nos remerciements.

Il reste à finaliser ce projet, qui est encore incomplet, puisqu’il suit le rythme des mises à jour logicielles, comme on peut le voir ici, lorsque de nouvelles fonctionnalités sont ajoutées :

Les contributeurs (traducteurs et relecteurs) sont donc les bienvenus.

Retrouvez-nous sur la page de l’équipe de traduction du projet Sugar Labs, ainsi que sur  la liste Localization. Ensemble, Eny mahavita isika / Yes we can!

[Nosy Komba] Semaine 2

25 mai 2010

Deuxième billet de Quentin qui nous envoie des nouvelles de Nosy Komba et qui nous racontent que nos efforts de préparation du School Server sont récompensés.

La semaine dernière je vous avais fait part de notre arrivée musclée et des fortes émotions que nous avions vécu en posant un pied sur le sol Nosy Kombayen. Cette semaine, la team NK2010 est entrée dans le cœur de l’action. Nous optimisons notre temps ici en se levant vers 6h pour commencer la journée à 7h30. Les premiers réveils ont été durs mais on finis par s’habituer à se lever en même temps que le soleil. Ici c’est la nature qui rythme nos journée.

Nous avons récupéré le dernier XO laptop Mercredi ce qui nous fait 89 ordis d’élèves et 6 de profs sur 105 déployés en 2009. Pour 10 autres XOs, nous menons l’enquête car les profs et les élèves nous ont dit qu’ils les ramèneraient « bientôt » ou « peut-être » et en malgache ça veut souvent dire jamais :-( Sujet à suivre: il est évident que nous ne pouvons laisser se « perdre » des ordinateurs d’une telle valeur, il en va de notre crédibilité.

Nous nous sommes installé dans l’atelier de mécanique qui est devenu le « hacker Space » de Nosy Komba. Plus de 150 ordinateurs y sont installés, branchés, classés par année et bientôt par classe. Une vrai armée de XO!!

Nous avons installé un School Server sans trop de problème grâce à la formation approfondie et très efficace des 2 hackers qui se reconnaitrons. Ce server nous permet de connecter tous les XOs de 2009 sur une plateforme et d’ensuite récupérer toutes les données des activités qui ont été faites par les enfants de l’école primaire pendant un an.
Alors bien sur, inutile de vous décrire en détail la réaction qu’on a pu avoir en tombant sur des vidéos prises par des gamins en train de chanter, de raconter des histoires et d’éclater de rire en se voyant sur l’écran!!

En même temps nous n’avons pas perdu de temps avec les enseignants. Nous les avons rencontré à 2 reprises pour les relancer dans ce programme pédagogique d’une grande ampleur. Nous avons donc mis en place des cours de soutien personnalisés (un prof par membre de NK2010) afin d’approfondir les connaissances de chacun. Bien sur, s’est posée la question du positionnement que nous devions avoir, nous, simple étudiant d’une vingtaine d’année face à des professeurs qui sont considérés comme des « maitres » ici du fait de leur aisance à écrire et à lire. Certains ont un niveaux très avancé de connaissance de la machine, comme Lalatiana par exemple mais pour un des profs nouvellement arrivé c’est très difficile. Après quelques séances, il parvient dorénavant à réaliser les principales manipulations. Ouufff

Par ailleurs et pour parler un peu plus de notions humaines concernant l’équipe, J’ai coupé l’équipe en 2.

Laura et Moi passons nos matinées dans le hacker space à faire nos « geek » à gérer des problèmes d’énergie et d’informatique pendant que Margaux et Vahé sont au potager avec Jean et Monique.

A ce propos avec Laura on se dit souvent qu’on va finir par être débile à rester enfermé toute la journée entourés de machines, de câbles, et de groupe électrogène!! Non mais c’est sympa quand même car à 10h tous les jours à la récréation tous les gamins viennent nous voir, grimpent aux fenêtres, s’accrochent aux arbres et nous observent calmement en se demandant surement ce qui passe dans la tête de ces 2 hommes blancs qui passent leurs journées dans ce trou à rat, accroupis autours de cette armée de clones de XOs!!!

Par ailleurs l’équipe NK2010 s’est à plusieurs reprise transformée en équipe de tournage d’un clip vidéo. Nous avons plus de 150 acteurs âgés de 3 à 15 ans tous plus mignons et bons danseurs les uns que les autres et surtout toujours très enthousiastes à l’idée de se montrer ce qu’il savent si bien faire.

Cette action est épuisante car le fait d’organiser plus de 100 gamins qui courent, grimpent, sautent et rigolent à longueur de journée, tout en leur demandant de danser de manière synchro, de bien se positionner pour avoir les plus beaux plans et le tout en malgache!! Je n’en dit pas plus sur ce clip et vous laisse attendre sa sortie dans les salles à partir de fin juin 2010 ;-)

Bon comme vous pouvez le voir, tout se passe à merveille.

Donnez-moi un point d’appui…

15 mai 2010

C’est ainsi que commence cette phrase célèbre attribuée à Archimède. La suite (« … et un levier et je soulèverai la terre !« ) est connue, mais ce qui donne à cette phrase toute son acuité, c’est qu’elle est révélatrice de l’esprit qui anime aujourd’hui la communauté OLPC de par le monde !

Nous venons d’apprendre en effet que le logiciel de géométrie et d’analyse MathGraph32, développé par Yves Biton, est devenu un logiciel libre, après être passé sous licence libre GPL (GPL 3) et qu’il a été porté sous l’environnement Sugar par une équipe de développeurs intervenant dans le cadre du CeibalJam, une association uruguayenne se consacrant depuis mai 2008 au développement d’applications pédagogiques dans le contexte du Plan Ceibal de ce pays.

Par ailleurs, dans le contexte de ce développement international, l’application MathGraph32 est utilisable en Français, en Espagnol et en Anglais.

Désormais utilisable sur l’ordinateur XO et dans l’environnement Sugar, cette application écrite en Java constitue un bel exemple de coopération internationale, à l’image du projet OLPC.

Alors oui, les héritiers d’Archimède pourront, dotés des leviers éducatifs nécessaires, changer le monde de demain !

Pour en savoir plus: