Les enfants grandissent : leur XO aussi !

17 juin 2010

Nous avons désormais plus de précisions sur les caractéristiques techniques des nouveaux ordinateurs XO qui seront utilisés en automne prochain par 90 000 élèves du cycle d’enseignement secondaire en Uruguay, comme vient de l’annoncer le portail éducatif du Plan CEIBAL (« Laptops para secundaria y UTU« ), après les précédentes annonces (voir « One Laptop per Child updates design for older pupils« ).

Parmi les nouveautés : un vrai clavier, qui remplace le clavier à membrane de la première génération du XO (XO 1).

Autre détail : la couleur bleue !

Par ailleurs, ce nouvel ordinateur plus puissant et performant, exécutant la distribution GNU/Linux Fedora 11, sera équipé de la mise à jour « XO-HS High School Editon« ,  la nouvelle plateforme Sugar  développée conjointement par le Sugar Labs, l’association Paraguay Educa et la fondation OLPC (voir « Deployment Team/Sugar-0.88« ).

Le gain de puissance entre le XO  et le XO 1.5 n’est certes pas négligeable, même s’il importe de relativiser ce paramètre, en particulier dans un projet éducatif, comme le souligne Martin Langhoff, directeur technique OLPC (« Con un procesador más rápido no se aprende más rápido » [Un processeur plus rapide ne signifie pas que l'on apprend plus vite]).

Ainsi, les deux environnements de bureau Sugar et Gnome seront utilisables avec la possibilité, pour l’utilisateur, de choisir l’un ou l’autre alternativement.

Démonstration en vidéo, sur un précédent prototype :

Image de prévisualisation YouTube

Bien entendu, l’environnement Sugar peut être testé, ici et maintenant, indépendamment de la plateforme, donc sur un PC classique, même si vous n’avez pas de XO 1 ou de XO 1.5, grâce à la solution Sugar On A Stick ! Le tout en Français, si la langue de Molière a votre préférence !

Un prototype de clavier virtuel pour la tablette XO3

17 juin 2010

Nous venons d’apprendre que les développeurs du Sugar Labs, responsables de la plateforme éducative Sugar, travaillent sur un prototype de clavier virtuel :

Ce prototype devrait préfigurer le clavier virtuel de la tablette XO 3 du projet OLPC, dont nous savons qu’elle aura un écran tactile (voir : « Partenariat Marvell/OLPC pour le XO-3: décryptage« ).

Une image ISO du système SOAS (Sugar on A Stick) est téléchargeable pour tester cette fonctionnalité.

Un screencast vidéo présente le prototype, qui devrait autoriser les dispositions de clavier multiples, multilingues et multifontes.

Le développeur, Sayamindu Dasgupta, à qui nous devons ce prototype prometteur, apprécie tout retour d’expérience et contribution (voir « Features/Onscreen Keyboard« ).

Source :  Liste Sugar-Devel

Features/Onscreen Keyboard

[Mornant] Des soucis et des pistes


16 juin 2010

XO-1 dans la Clis de Mornant : un point sur l’expérimentation

Le projet concernant une classe française est moins exotique que celui de Nosy Komba, à Madagascar… Mais il permet, là aussi, d’entrevoir les apports et les difficultés induits par l’utilisation du XO dans une classe réelle.

Dans la classe, le XO est devenu un compagnon des élèves. Il est léger, maniable et solide.
Les ordinateurs sont en libre-service. Chaque groupe de deux élèves s’organise comme il veut. Il faut gérer les moments où les deux veulent l’utiliser. D’autant plus qu’il y en a un en panne et qu’il faut alors accueillir d’autres demandes d’utilisation.

Deux élèves travaillent sur un XO
Deux élèves travaillent sur un XO.

Cela va faire 6 mois que les élèves de la Clis utilisent des XOs. Ils maîtrisent de mieux en mieux les fonctions de base (gérer les fichiers dans le Journal, utiliser les différentes commandes et vues de Sugar…) et les Activités courantes :
http://clismornant.free.fr/spip.php?article557

Avec très peu de directives de ma part.

Ils s’en servent pour jouer et pour aller librement sur Internet (mettre à jour le site de la classe et chercher des informations). La connexion internet de l’école est filtrée par l’Académie, mais, en plus, je leur apprends à être responsable de leurs requêtes (clics sur des liens pré-définis, ou avec mon approbation, après un questionnement sur leur cheminement et leur demande). Je leur dit régulièrement que le XO est un outil qui peut les aider à mieux apprendre, même avec les Activités très ludiques. Par contre, nous n’oublions pas de faire des activités en vrai (manipulations d’objets, jeux de sociétés…) : les enfants, surtout ceux en difficulté, ont besoin de se confronter aussi à la matière et aux objets.

Les logiciels les plus utilisés : Naviguer, Mémoriser (avec créations d’exercices), Physics, Parler, Écrire, Enregistrer (des photos et des vidéos), FotoToon, GCompris, Maze, Implode, Horloge (et GCompris Clockgame), TamTamMini…

FotoToon : 2 photos annotées avec des bulles
FotoToon : 2 photos annotées avec des bulles. Un élève a fait un reportage, à partir des photos du XO. Il n’a pas pu corriger le texte dans les bulles.

Il m’arrive de les faire utiliser une même activité, simultanément, pour leur montrer de nouvelles fonctionnalités.

Certains téléchargent directement de nouvelles Activités. Par contre, ils n’en font pas un essai complet et ne persévèrent pas dans leurs tâtonnements de découverte. L’enseignant peut alors les accompagner pour aller plus loin (encore faut-il qu’il en comprenne le fonctionnement…).
Ils partagent facilement leurs nouvelles connaissances et aident volontiers les élèves hésitants, ou règlent les problèmes courants.

Pendant les vacances ou pour les weekends prolongés, certains ont pu l’emporter chez eux (avec un document signé par les parents, pour les aider à en prendre soin, avec des consignes de sécurité). Les « trucs » de dépannage de base étaient acquis : 1) les 4 touches à appuyer pour régler le curseur « fou », 2) le redémarrage forcé, en cas de blocage : extinction en appuyant sur le bouton d’allumage,  jusqu’à l’extinction des témoins lumineux..
Ils étaient fiers de montrer le XO à leur entourage et de devenir l’expert qui fait des démonstrations et qui apprend aux autres.

Mais le plaisir de l’utilisateur est parfois gâché par des problèmes techniques :
– Difficultés de connexion à ïnternet, de partage d’activités (antagonisme avec la connexion Internet et les réseaux maillés).
– Photos difficiles à prendre (Enregistrer) : en plus du manque de viseur, le retard du déclenchement et la photo figée ne correspondant pas à ce qui est enregistré. Donc, beaucoup de photos ratées.
– Pas d’enregistrement audio correct, avec le micro intégré : un élève ne peut pas enregistrer un texte qu’il lit face au XO.
– Enregistrements qui ne se retrouvent pas ou qui ne peuvent pas s’ouvrir à nouveau (par exemple des créations sur Mémoriser). Se méfier quand on reprend un ancien texte : il manque des passages.
– Le curseur qui devient fou. Facile à retrouver avec l’utilisation des 4 touches aux coins du clavier pour le recalibrage. On peut aussi utiliser une souris USB, sans ces problèmes.
– Quand la batterie est vide, le XO s’éteint sans prévenir. On ne peut pas enregistrer le travail en cours avant l’extinction inopinée.
– Quelques manques de traduction française pour certaines activités, mais ce n’est pas trop gênant. De toutes façons, mes élèves ne sont pas encore de vrais lecteurs et ils se débrouillent.
– Mémoire RAM trop juste : il faut régulièrement effacer des entrées du journal et enregistrer les photos sur une clé USB. Cela limite le téléchargement de nouvelles activités.
– Le clavier qwerty n’est pas gênant et les lettres accentuées sont bien trouvées, même si il faut les retravailler sur un PC ou sur un Mac pour les transformer en vraies lettres accentuées, reconnues par les correcteurs orthographiques.
– Nous avons eu un problèmes matériel : 1 XO (sur les 6 prêtés par OLPC-France) est en attente de réparation car il ne s’allume plus.

Tâches de l’enseignant :
Je passe beaucoup de temps à essayer de résoudre les problèmes techniques. Je montre qu’il faut être patient et ré-essayer plusieurs fois la manœuvre…
Mais je ne peux pas tout maîtriser : je suis un « simple » enseignant , pas un informaticien.
Ce n’est donc pas aussi  simple que dans la « pub » !
Les membres d’OLPC-France peuvent facilement et efficacement répondre à des questions, malgré l’éloignement. Mais il me manque une rencontre avec d’autres enseignants pour des découvertes / échanges afin de mettre en commun les utilisations et pour connaître les bases des Activités un peu sophistiquées : la série des TamtTam et les Activités programmables : Turtle art, Pippy, Scratch, Etoys…
Et une formation pour le dépannage : j’ai  démonté un XO et essayé d’utiliser un « Serial Adapter », mais il n’était par reconnu par le type de PC utilisé à l’école…

Dans un déploiement, dans un pays du sud, ou même dans nos pays déjà bien aidés, il faut donc prévoir un accompagnement technique efficace et permanent pour les enseignants.

Dans les semaines à venir, il nous restera la découverte de quelques possibilités de programmation (Turtle art), afin de travailler la logique. Nous essaierons aussi d’utiliser le XO en lecteur (pdf, ePub), avec des fichiers existant ou à créer.

Je suis toujours enthousiaste dans l’utilisation en classe de cet outil, malgré ses imperfections actuelles.

Antoine Michelot

Evaluation de l’impact des TICE : un travail de détective !

13 juin 2010

L’introduction des TICE (Technologies de l’information et de la communication pour l’éducation) dans l’enseignement fait désormais partie du quotidien des acteurs de ce secteur, en Europe comme dans le reste du monde. En Amérique latine, l’Uruguay a pris en 2007 l’initiative de fournir aux élèves des écoles publiques du pays et à leurs enseignants des ordinateurs portables et une connexion à Internet dans les écoles. Cette mesure connue sous le nom « Plan CEIBAL », vise initialement l’enseignement primaire et a été étendue récemment à l’enseignement secondaire, dans le cadre d’une politique nationale de développement basée sur l’innovation scientifique et technologique.

Le coût de l’éducation

Il est évident que l’éducation a un coût. Les sociétés doivent ainsi être disposées à assumer de manière solidaire les coûts des politiques et des institutions contribuant au développement des TICE. Pour évaluer ces coûts, en particulier dans le cas du Plan CEIBAL, nous disposons de chiffres bruts (voir « Un ordinateur par enfant : combien ça coûte ?« ). Nous apprenons ainsi que le Plan CEIBAL représente en termes de coûts près de 0,3 % du PIB, soit environ 5 % du budget de l’éducation dans ce pays.

On est en droit de se demander si cela vaut réellement la peine de dépenser de telles sommes. Pour répondre à cette question, il est nécessaire d’évaluer l’impact du programme éducatif mis en oeuvre. Cette évaluation a elle aussi un coût et fait partie des actions financées par un emprunt de 6 millions de $ sur 25 ans auprès de la Banque Interaméricaine de Développement (voir « BID aprueba préstamo para consolidar y ampliar el Plan Ceibal » [La BID approuve un emprunt en vue de la consolidation et de l'extension du Plan Ceibal]). En effet, l’un des objectifs de cet emprunt est de « développer des stratégies et des instruments permettant un suivi et une évaluation de l’impact éducatif et social du Plan [CEIBAL], en intégrant le développement de  capacités institutionnelles et techniques (…) ». L’un des résultats de cette démarche d’évaluation se présente sous la forme d’une étude : « En el camino del Plan CEIBAL« .

Une évaluation à long terme

S’agissant d’éducation, l’évaluation qui doit être menée est à long terme. Pour autant, des résultats partiels sont d’ores et déjà disponibles.

Ainsi, en Uruguay, différentes études ont été réalisées pour mesurer l’impact du Plan Ceibal, comme on peut le voir dans Uruguay : publication de rapports sur le Plan Ceibal.

A l’échelle de l’Amérique latine enfin, les instruments d’évaluation sont mis en place, par exemple, avec le Laboratorio Latinoamericano de Evaluación de la Calidad de la Educación (LLECE).

Pour revenir à l’Uruguay, Lidia Barboza Norbis, enseignante-chercheur en sciences de l’éducation à l’Instituto de Educación de l’université de la República (Montevideo), précise que ce pays a intégré, avec le « Monitor Educativo de Primaria« , un système d’évaluation des indicateurs éducatifs au niveau de l’enseignement primaire mis en place par l’ANEP, l’Administración Nacional de Educación Pública :

« A titre d’exemple, l’une des principales tendances positives réside dans la baisse de quatre points du redoublement chez les enfants. En d’autres termes, le pourcentage d’élèves redoublants de la 1ère à la 6ème classe des écoles d’enseignement général a reculé de 10,3 % à 6,3 % pour la période comprise entre 2002 et 2009″. (source : liste OLPC Uruguay).

Cette évolution appelle un premier commentaire de la part de Lidia Barboza Norbis :

« Il est très encourageant d’observer ce qui se passe au niveau des redoublements des enfants dans les écoles situées dans un contexte très défavorable, avec un taux de redoublement qui a chuté à 6 % dans les écoles urbaines et à 4 % dans les écoles rurales. (Ce système d’évaluation est quantitatif et descriptif, ce qui empêche d’expliquer quels sont les facteurs ayant une incidence sur le redoublement, qui est la conséquence de facteurs multiples). »

Ainsi, la perspective est que « ce genre de système d’évaluation permette d’obtenir un instantané du système à une date donnée et permette l’intégration des résultats des processus d’aprentissage dans les matières scienfiques, des langues, mathématiques, etc. » ajoute Lidia Barboza Norbis.

Par ailleurs, les informations peuvent être affinées école par école et assorties de données cartographiques. De cette manière, grâce au système d’information géographique (SIG/GIS) mis en place, nous pouvons en savoir plus sur l’école fréquentée par Lucas (dans « L’école, catalyseur du développement« ), qui avait été interrogé par Fernando Da Rosa Morena, enseignant-chercheur en sciences de la communication à l’Université de la República (Montevideo), dans son billet « CEIBAL más allá del aula » :

Ainsi, la méthologie de l’évaluation est mise en place. Reste à disposer du recul nécessaire.

Mais il y a déjà de quoi concurrencer, si besoin était, dans un autre domaine d’excellence, la démarche d’élucidation illustrée par le jeu « División Especial de Detectives« , conçu pour le Plan CEIBAL par la société Trojan Chicken.

C’est d’ailleurs ce jeu qui a permis à cette start-up de Montevideo d’être lauréate du concours d’idées Rayuela, initié par l’organisme du même nom émanant du projet CEIBAL : une manière de contribuer à l’amélioration de l’impact des TICE dans les écoles uruguayennes puisqu’il s’agit, pour les joueurs, de mobiliser leurs connaissances et géographie, histoire, mathématiques, langues et logique.

Par chance, nous avons pour nous aider à affronter les défis de demain une génération entière de jeunes (« gurises » en espagnol uruguayen) qui sont déjà à bonne école !

Laboratorio Latinoamericano de Evaluación de la Calidad de la Educación
–LLECE-

L’Uruguay : combien de divisions ?

11 juin 2010

On a beau faire peu de cas des compétitions sportives opposant nations contre nations, dans ce qui est devenu un véritable secteur économique, soumis de plus en plus aux lois du business, il n’empêche ! Tirons donc prétexte de ce sujet pour un détournement pédagogique en bonne et due forme : une manière pour l’enseignant de dire « Le foot, on s’en fout mais faisons-en un sujet pour la classe« . Car c’est bien connu, l’occasion fait le larron. L’occasion, c’est donc le match Uruguay-France (le 11/06/2010) lors de la Coupe du Monde de football 2010, en Afrique du Sud. Quant au larron, vous verrez que nous sommes en bien bonne compagnie !

Des complices au bout du monde

En matière de détournement pédagogique, l’Uruguay fait fort. La preuve ? Observons par exemple ce qui se fait dans l’espace pédagogique du très officiel Plan Ceibal.

* Cet organisme qui se consacre à « animer » les 380 000 utilisateurs d’ordinateurs XO dans les établissements primaires du pays (auxquels s’ajouteront au cours des prochains mois 100 000 utilisateurs dans le cycle secondaire), envoie un correspondant Ceibal en Afrique du Sud et – cerise sur le gâteau – lui fait même parler français (« ¿Qu’est-ce que vous voulez? «  »).

* Il organise un jeu prétexte à une vérification des connaissances sur le football.

* Il présente la mascotte Zakumi.

XO et mascotte Zakumi

* Il présente un ensemble d’activités articulées thématiquement autour du Mondial, conçues par une équipe d’enseignants « Dinamizadores Ceibal » du département de Durazno.

* Il annonce le lecteur de médias JAMedia, dont il a été question dans un billet précédent (JAMedia : encore un point pour l’Uruguay !) et qui a défrayé la chronique en suscitant en l’espace de quelques jours l’enthousiasme de nombreux utilisateurs, électrisés par la perspective de suivre le Mondial sur le XO, ce qui a donné l’occasion à Flavio Danesse, son développeur, d’être sollicité pour des entrevues par plusieurs radios et chaînes de TV.

* Il organise un voyage virtuel en Afrique du Sud.

* Il annonce un jeu baptisé « Conozco Mundial« , qui fait partie des nombreuses activités développées par l’équipe du CeibalJAM.

L’Uruguay : premier en quoi ?

A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ignorons quelle équipe l’emportera ! Toutefois, n’est-il pas utile de mieux connaître son vis-à-vis avant une rencontre, qu’elle soit sportive, humaine, ou culturelle ? Alors que pouvons nous apprendre ?

Premier dans les « Sciences for Kids »

Nous apprenons sur le site « Information is Beautiful« que l’Uruguay occupe la première place des pays dans le domaine de la science pour les enfants (document « International Number Ones« ). Voilà qui est sympathique. La France est quant à elle classée première dans la betterave sucrière (Sugar beet), d’après l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Autre catégorie, mais sympathique quand même : ainsi, pas de jaloux !

Jolie infographie, mais les données sont-elles exactes ? Sont-elles seulement actuelles ? Quelles sont les sources d’ailleurs ?

Nous apprenons dans ce document dans quel domaine chacun des pays listés peut se prévaloir d’une première place. Ainsi, l’Uruguay apparaît en première position en nombre de victoires à la coupe du monde par habitant, sur la période 1930-2006. Bizarre. Ce décalage semble indiquer tout simplement que les données servant de base à ce classement ont été actualisées et que différentes sources d’information sont utilisées. Rien d’extraordinaire mais il est toujours bon de préciser ses sources, comme nous venons d’en avoir l’illustration. Question de méthode.

Des données de base pour la classe

A notre tour de faire oeuvre de détournement pédagogique : les données d’où est tiré le classement proviennent du site NationMaster, qui exploite, en les retravaillant et en les présentant graphiquement, les données brutes tirées du « CIA World Factbook« , par exemple en fournissant des classements des pays dans différentes catégories. L’intérêt pédagogique saute aux yeux pour l’enseignement des sciences sociales (histoire, économie, géographie). Bingo, d’ailleurs, car nous confirmons ici que l’Uruguay est le numéro un mondial dans la part du temps consacré aux disciplines scientifiques dans l’enseignement primaire : une confirmation de la présentation donnée sur « Information is Beautiful ». Toutefois, les données remontent à 1999. Ce n’est pas très récent ! Nous pouvons déjà approfondir notre compréhension, par exemple dans le secteur de l’éducation (d’après NationMaster) :

Ne nous avouons pas vaincus pour autant ! Si l’on veut obtenir – pour la classe – des données plus récentes, on peut se tourner vers des sources officielles, telles que la Banque Mondiale. Par exemple, pour l’Uruguay, qui nous intéresse ici. Par ailleurs, ces données sont disponibles en français, en anglais, en arabe et en espagnol. Bingo pour les cours de langues !

Voilà un début pour mieux connaître notre vis-à-vis. Alors de grâce, ne dites plus, à la manière de Staline interrogeant Churchill, à propos du Vatican : « L’Uruguay : combien de divisions ? » ! Mais apprenons à nous connaître mieux, en lettres ou en chiffres ! C’est un premier pas en faveur de la compréhension et de l’amitié.

[Nosy Komba] Cérémonie de remise 2010

6 juin 2010

La cérémonie de remise des XOs aux enfants est toujours un moment émouvant. C’est l’aboutissement de plusieurs semaines de travail pour l’équipe sur place et pour les membres d’OLPC France. L’équipe nous décrit aujourd’hui ce grand moment et sa préparation.

J-5

Lundi après midi nous avons terminé l’enregistrement des données des XOs à partir du School Server. Cette partie a été source de nombreuses difficultés techniques pour nous car il semble difficile de contrôler le moment où se déclenche la sauvegarde de la machine. Par ailleurs nous ne parvenons pas à visualiser le contenu des sauvegardes.

Au final, une quarantaine de machines sont sauvegardés, nous avons donc un échantillon d’activités des enfants qui nous permet d’analyser le travail effectué pendant un an.

J-3

Mercredi matin nous avons flashé tout les XOs que nous avons apporté cette année, ils sont maintenant totalement installés et prêts à être donnés aux enfants. Quant aux XOs de 2009 que les enfants nous avaient remis, nous leur avons ajouté du contenu (activités et livres électroniques) que nous avions présélectionné lors de nos réunions à Paris.

Nous avons également réalisé plusieurs grandes affiches pour chaque salle de classe pour que les enfants n’oublient pas les éléments principaux qui ne sont pas encore intégrés par tous. Nous sommes rendu compte en effet que plusieurs enfants rencontraient des difficultés car ils oubliaient certaines manipulations de base. Les affiches rappellent ainsi qu’il est important d’arrêter une activité avant d’en ouvrir une autre ou encore expliquent comment résoudre les problèmes de souris…


L’après midi nous avons effectué une seconde formation individualisée avec les professeurs. Chaque professeur a travaillé sur les activités qui sont adaptées à sa classe et à son rythme avec un membre de l’équipe.


Avec joie nous avons remarqué que les professeurs travaillaient chez eux, ils nous ont posé des questions en dehors des heures de formation et sont enthousiastes à l’idée de travailler avec les XOs.

XOs disparus

L’inventaire effectué à notre arrivée nous avez fait constater que plusieurs XOs étaient manquants, nous devons réagir.

Les enfants dont le XO a disparu sont donc convoqués individuellement devant les enseignants, l’équipe et Stéfano qui sont réunis pour l’occasion. Chaque enfant est interrogé individuellement pour savoir comment son XO a pu disparaître. Deux XOs sont retrouvés très rapidement. Mais au fur et à mesure des réponses des enfants, nous nous rendons compte que de nombreux XOs ont été échangés entre les enfants. En effet même si la couleur du personnage affiché sur le XO change, plusieurs ont la même couleur. Il y a ainsi eu des inversions lors des séances de chargements. Pire: lorsque les premiers XOs ont disparu, certains enfants ont pris le XO d’un autre enfant pour le remplacer.

Enfin, il semble que deux enfants sont effectivement retournés à la montagne en emportant leur XO. Pas possible de les récupérer dans l’immédiat.

J-1

La réunion d’hier nous fait réfléchir et nous laisse un goût amer, nous donc préparons encore plus précisément la cérémonie remise des ordinateurs.

Avec les professeurs nous établissons une liste complète des enfants qui possèdent déjà un ordinateur et de ceux qui n’en n’ont pas. Nous attribuons un XO à chaque enfant en relevant le numéro de série de chaque ordinateur et le numéro de carton. Tout est donc répertorié et enregistré dans une feuille de calcul pour le grand jour.

Mieux, pour éviter les échanges et les pertes, nous décidons d’inscrire au marqueur indélébile le nom et la classe de chaque enfant.


Enfin nous convenons avec les enseignants qu’ils surveillent à chaque séance que les enfants utilisent bien leur propre machine. Nous convenons également qu’un inventaire soit réalisé chaque mois dans chaque classe.

Jour J

Après un réveil très matinal, nous avons mis en place la cérémonie de remise des XOs aux enfants. Nous avons acheminé tous les XOs de notre QG à l’école, classés par classe et par numéro.

La cérémonie a lieu vendredi matin, exceptionnellement à la place de l’école. Chaque professeur a un rôle précis de façon à ce que tout se déroule sans problème.

Stefano a fait un discours sur les XOs avec un petit bilan de l’année précédente et des consignes pour l’année future. Il revient sur la disparition de certains XOs et indique clairement qu’il s’agit de malhonnêteté et que le vol n’est pas admissible pour l’ambiance du village surtout lorsqu’il concerne les enfants et l’éducation.

Après le discours la cérémonie démarre, les enfants sont appelés individuellement, classe par classe.



Tous les parents sont présents et doivent accompagner leur enfant lorsqu’il récupère son ordinateur. Ils signent également une charge de responsabilité.

L’ensemble est répertorié dans une feuille de calcul d’inventaire : 137 ordinateurs sont déployés en tout.

A la fin de la cérémonie, nous lançons un Grand Concours qui durera une semaine afin de mobiliser les enfants. Chaque classe doit réaliser une activité avec le XO. Pour les CP1, CP2 : faire l’activité Mémoriser le plus rapidement ; pour les CE : réaliser le plus beau dessin, pour les CM1, CM2: écrire une présentation d’eux-mêmes, une poésie ou une histoire avec le plus possible de couleurs et changements de formats. Les deux meilleurs élèves de chaque classe seront récompensés par des lots.

Enfin à la fin de la matinée, nous organisons les traditionnelles photos de groupe.


Ce fut une journée très réussie rythmée par les chants et les rires des enfants.

[Nosy Komba] Formation de l’équipe

5 juin 2010

Comme l’année dernière OLPC France est partenaire de G du cœur pour mener le projet Nosy Komba. Ce sont donc quatre étudiants de l’ESG qui sont partis cette année.


(De gauche à droite sur la photo: Margaux, Quentin, Laura et Vahé)

A part Quentin qui était membre de l’expédition l’année dernière et qui pilote le projet sur place cette année, aucun ne connaissait le XO et Sugar au départ. L’enjeu pour nous: en faire des spécialistes capables de déployer un serveur, flasher les machines, former les enseignants et faire découvrir le XO aux enfants !

Cette année, nous avons décidé d’être très ambitieux et ce n’est pas moins de 8 ateliers de formation que nous avons organisés avec l’équipe. Quand on sait que nous sommes tous volontaires, que nous avons donc nos contraintes et que l’équipe doit en parallèle gérer ses cours et ses examens: c’est un vrai challenge.
Pourtant à chaque fois, c’est un ou plusieurs membres d’OLPC France qui ont transmis leur savoir à des étudiants surmotivés et qui en demandait toujours plus.

Voilà ci-dessous le détail de ces ateliers.

Découverte du XO et des activités (2 ateliers) : dans un premier atelier, Quentin a présenté à l’équipe les manipulations de base de la machine et un aperçu des différentes activités. C’est aussi l’occasion de découvrir les capacités de fonctionnement collaborative : tchat et rédaction à 6 mains d’un document. Dès ce premier atelier, chaque membre de l’équipe reçoit un XO qui ne le quittera plus jusqu’au départ.


Quinze jours plus tard, c’est Clément qui prend la relève et entre dans le détail de chacune des activités. Il fait également découvrir son activité fétiche, ArtTortue et les principes de programmation géométrique : une excellente initiation au constructivisme.

Pédagogie (2 ateliers) : C’est Bastien qui assure la formation. Il fait d’abord une introduction sur les théories sous-jacentes au projet (constructivisme, constructionisme et socio-constructivisme). La formation s’appuie ensuite sur les manuels pédagogiques Gabon et Pérou. Ces deux guides présentent l’utilisation des Activités Sugar dans un contexte pédagogique. Ils permettent d’aider l’enseignant à découvrir les activités qui pourront le mieux appuyer son enseignement.

Entre les deux ateliers, c’est à l’équipe d’inventer de nouvelles activités en s’appuyant sur le cursus scolaire qu’avait présenté les enseignants l’année dernière. C’est Margaux qui prend la tête de ce sujet.


En parallèle l’infatigable Samy pilote la traduction en Français du Guide Pérou à laquelle s’attelle Jean-François, Cécile, Lionel et Kaçandre. Bastien et Antoine assureront la relecture.

Réparation (1 atelier)
Le XO est conçu pour être démonté facilement. Cela permet lors d’un déploiement d’envisager une réparation localement plutôt que de devoir réexpédier la machine. La réparation est donc un élément important de la formation des enseignants.
C’est Xavier et Lionel qui ont assuré la préparation de l’équipe à cette tâche lors d’un atelier au /tmp/lab. C’est un moment ludique qui permet de constater à quel point n’importe qui, même peu familier des travaux manuels, peut démonter et changer les pièces majeures (écran, clavier) d’un XO.



Serveur école (School Server) (2 ateliers)
La mise en place du serveur école était une de nos ambitions majeures cette année. Cela a été un long travail à la fois pour l’acquisition et le montage du matériel mais aussi pour l’installation et la configuration du logiciel.


Ce sont deux longues soirées et plusieurs rendez-vous spécifiques qui ont permis la préparation de l’équipe. L’objectif était à la fois qu’ils soient capables de le remettre en fonctionnement sur place et qu’ils maîtrisent les opérations élémentaires, notamment la sauvegarde des données des XOs.

Pas simple de comprendre les aspects techniques et l’infrastructure nécessaire sans une connaissance réseau préalable. Ce sont Xavier et Nicolas qui ont assurés la formation. Laura ayant été désigné comme responsable de cette partie de la mission.

Evaluation (1 workshop)
Pierre Varly de passage à Paris anime avec Bastien un atelier de réflexion dédié à ce sujet. L’objectif: estimer comment peut être évalué l’apport du XO sur place: à la fois sur le travail des enseignants et sur l’apprentissage des enfants.

Pour cela, Pierre présente les tests d’évaluations du PASEC qu’il a déjà mis en oeuvre à Madagascar pour évaluer le niveau des élèves en français, mathématiques et malgache. Un plan d’action est proposé notamment afin de comparer les résultats en début et en fin d’année et de les comparer avec une autre école proche n’utilisant pas les XOs.

Plus encore, Pierre propose à l’équipe une véritable « checklist » des actions à réaliser pour préparer cette évaluation. C’est Vahé qui est désigné responsable de ce sujet.

Voilà, après plusieurs semaines de formation, l’équipe est partie à Nosy Komba avec la tête bien pleine. Peut être trop pleine même ! Mais encore une fois nous avons essayé de lui proposer le maximum d’information pour les préparer au terrain.

Un grand merci à l’équipe pour sa patience et sa motivation et à tout les animateurs pour leur travail.

[Nosy Komba] Livres en îles : les voix du Sud !

4 juin 2010

Clément Monjou (Ebouquin/OLPC France) et Marie Michèle Razafintsalama (Prediff/Jeunes Malgaches)

Une rencontre autour de la bibliothèque numérique

Créer une bibliothèque numérique pour les élèves de l’école d’Antitorona sur l’île de Nosy Komba, au Nord de la Grande Île : tel était le fil directeur de la rencontre qui a réuni, ce 4 juin 2010, à Paris, l’éditeur Prediff/Jeunes Malgaches, le magazine d’actualité sur la lecture numérique Ebouquin et les associations GduCoeur et OLPC France.

Ainsi, c’est dans une ambiance tout à la fois détendue et studieuse que Marie Michèle Razafintsalama, Clément Monjou, Jonathan Ragot et votre serviteur ont pu faire plus ample connaissance et discuter de l’actualité de l’édition numérique dans le contexte malgache.

La discussion a été l’occasion de feuilleter différents prototypes de livres numériques sur différentes liseuses (ou « livres électroniques », livrels, ebooks) telles qu’un ordinateur XO du projet OLPC, un ebook (Ipad) et un netbook (Asus) sur lequel fonctionnait la dernière version – Mirabelle – de la plateforme d’apprentissage Sugar, dans sa variante sur clé USB « SOAS » (Sugar On A Stick).

L’innovation à l’ordre du jour

Cette rencontre a été l’occasion d’examiner, en avant-première, les premiers résultats d’une collaboration autour d’un projet de livre numérique pour le public scolaire de Madagascar en général, et pour les élèves de l’école du village d’Antitorona, sur l’île de Nosy Komba en particulier.

Il s’agissait en effet de faire le point sur le premier ebook que nous prévoyons de réaliser, à partir du catalogue de Prediff/Jeunes Malgaches.

Marie Michèle Razafintsalama évalue le prototype de livrel sur le XO

Il s’agit d’un projet révélateur du dynamisme et de l’esprit d’initiative des éditeurs indépendants des pays du Sud et en particulier des éditeurs de l’Afrique francophone, dont Marie Michèle Razafintsalama a évoqué les projets et les défis.

La situation de l’édition est en effet un sujet qui lui tient à coeur, dans un contexte difficile, à travers une initiative fédérant à ce jour 54 éditeurs africains, réunis au sein de l’association Afrilivres, dont elle est la présidente.

Le projet de livre électronique qui nous réunissait a bénéficié du soutien technique de James Simmons, développeur des logiciels de lecture d’ebooks Get Internet Archive Books et Read Etexts et auteur du manuel « Reading and Leading with Sugar », édité par la Floss Manuals Foundation.

Outre des conseils utiles pour constituer une bibliothèque numérique, en particulier dans un contexte scolaire, ce manuel s’intéresse aux outils logiciels et aux méthodes permettant de produire des livres électroniques ainsi qu’aux applications de lecture électronique.

Prototype d'ebook malgache

Vers la tablette XO 3

L’annonce du XO 3, résultat du partenariat entre l’industriel Marvell et la fondation OLPC pour réaliser une tablette dotée de fonctions de livre électronique notamment, donne aux projets de bibliothèques numériques sur lesquels travaillent les équipes OLPC de par le monde (par exemple « Le tour du monde en 80 ebouquins« ) une acuité accrue.

Les bibliothèques numériques sont en effet un projet central, à l’instar du projet « Internet Archive », présenté dans l’article « Making Books Available » par Sayamindu Dasgupta, auquel on doit par ailleurs la synthèse « Books, Sugar and OLPC« .

Les voix du Sud passent par l’écrit

Ainsi, pour se faire entendre, les voix du Sud doivent repenser le livre de demain avec les acteurs qui le font vivre : lecteurs, auteurs, traducteurs, illustrateurs, bibliothèques, enseignants, éditeurs, libraires, centres culturels, etc. Paradoxalement, la faiblesse économique et numérique peut être un atout, face aux appétits des majors pour qui l’édition est un marché global « à prendre », car ils ont la capacité, en unissant leurs forces, de faire entendre la voix de la diversité culturelle et des sans voix, notre patrimoine commun.

Références

* Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (UNESCO, 2005), ratifiée par la Commission européenne, le 19/12/2006

* Analyses sur la « bibliodiversité » et la « prédation« , par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants

* Objectifs du millénaire pour le développement (ONU) – Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous

* « Ebooks Madagascar » (wiki OLPC France)

http://olpc-france.org/wiki/index.php?title=Ebooks_Madagascar

[Nosy Komba] Quels contenus pour les XOs ?

2 juin 2010

L’année dernière nous n’avions pas eu le temps d’adapter les contenus des XOs déployés à Nosy Komba. Les XOs étaient donc équipés avec une image standard de Sugar 802. Cette année nous nous sommes fixés plusieurs objectifs sur les contenus:

  • Traduction Malgache
  • Paramétrage système automatique
  • Nouvelles activités
  • Livres électroniques

Traduction Malgache

Sugar est un système libre et ouvert, c’est ce qui permet de l’adapter à chaque déploiement. L’une des premières adaptation concerne la langue du système et des activités.

Sugar et la plupart de ses activités ont été conçues pour être adaptées facilement dans n’importe quelle langue et dialecte. Ainsi, Sugar est déjà traduit ou en cours de traduction dans plus de 60 langues différentes.

Pour cela une plateforme de localisation basée sur le serveur Pootle a été mise en place par la fondation. Elle permet aux équipes de traduction de « localiser » le système et les activités Sugar dans de nombreuses langues simplement en utilisant un navigateur web. Ces équipes sont constituées de locuteurs natifs de la langue cible, traducteurs professionnels ou amateurs, contribuant de manière collaborative à l’effort collectif (voir détail ici).

C’est OLPC France, et en particulier Samy, qui a initié la traduction de Sugar en langue Malgache et a essayé de réunir une petite équipe de volontaires répartis entre Madagascar et le reste du monde. L’année dernière la traduction n’était pas suffisante pour envisager le déploiement. Cette année grâce aux efforts de Gabriella qui porte pratiquement seule la traduction aujourd’hui, le taux de traduction est maintenant de 37%.

C’est beaucoup car la traduction n’est pas techniquement complexe mais, comme Gabrielle nous l’expliquait récemment, elle pose parfois de véritables questions. L’absence de livres de référence/dictionnaires spécialisés constitue un obstacle pour un certain nombre de termes liés à l’informatique. Il existe à Madagascar des académiciens qui, comme en France, inventent des termes nouveaux en fonction de l’apparition des nouveaux concepts, mais leur travail est très insuffisant. Il existe également un dictionnaire en ligne compilé par Jean-Marie de La Beaujardière ses collaborateurs, dans lequel peuvent se trouver la traduction de quelques termes, certains utilisés couramment par des malgaches, mais la plupart (inventés à l’époque de la malgachisation de l’enseignement) sont méconnus de la jeunesse malgache actuelle.

A noter également qu’il existe 18 dialectes ethniques à Madagascar. La traduction Sugar est en malgache officiel (issue du dialecte Merina de Tana) mais il est possible que les élèves des autres provinces de Madagascar ne soient pas familiers avec ce dialecte. Dans la région de Nosy Komba, ce sont les dialectes Sakalava,Tsimihety, Antakarana qui sont parlés. Il serait évident préférable que le langage utilisé sur le XO soit un des dialectes parlés par les élèves d’Antintourne mais cela rendrait la traduction encore plus complexe, nous avons donc conservé le malgache officiel qui pourra ensuite être facilement adapté en dialecte local.

Un premier aperçu de la traduction est visible ici. Un taux de traduction 37% ne nous permet pas néanmoins de déployer en Malgache. Gabriella a essayé de mobiliser des volontaires à Madagascar mais le bénévolat n’est pas évident là-bas. De notre côté, nous n’avons hélas pas eu le temps ni les moyens de mobiliser la communauté Malgache en France pour nous aider. Nous ne baissons pas les bras. Si vous pensez pouvoir nous aider ou connaître quelqu’un qui pourrait le faire, n’hésitez pas à contacter Samy.

Paramétrage système automatique

Lorsqu’un XO, qui vient d’être installé avec une image standard de Sugar, lorsqu’il démarre la première fois, plusieurs paramétrages sont nécessaires. D’abord il est nécessaire de spécifier la langue d’utilisation (par défaut l’anglais). Puisque nous ne pouvons utiliser le Malgache, le français doit être choisi via un changement dans le panneau de contrôle.

De plus, au premier lancement, Sugar affiche sur la page d’accueil un message d’avertissement demandant d’effectuer une recherche de mise à jour. Même si cela semble anodin, ces deux actions se sont montrées perturbantes pour les enfants l’année dernière.

Notre idée a donc été d’adapter l’image du système afin d’installer une version de Sugar déjà pré-configurée et sur laquelle, de plus, nous pourrions choisir les activités visibles sur la page d’accueil. C’est Bastien qui s’est chargé de cette action.

La création d’une nouvelle image système est un processus documenté sur le wiki de la fondation. C’est néanmoins une activité technique qui nécessite une bonne connaissance des commandes Unix et des outils git et pilgrim.

Après quelques heures/jours, un nouveau fichier image spécifique a finalement été réalisé. Un script Python y a ensuite été ajouté afin de supprimer le fichier responsable du message d’avertissement.

Deux problèmes se sont néanmoins posés:

  • Le fichier responsable du message d’avertissement n’est créé qu’au premier démarrage, il n’est donc pas visible par le script au boot,
  • L’installation de l’image sur le XO refuse de s’exécuter en indiquant un problème de licence

Après divers échanges sur la liste devel@lists.laptop.org et grâce notamment à l’assistance de notre ami Daniel Drake (présent au premier CodeCamp OLPC France), nous avons compris que nous étions confronté à un problème lié au mécanisme de sécurité du XO. Le BIOS refuse en effet l’installation d’une image système qui n’est pas signée numériquement avec la clé de fondation. Bien entendu cette signature ne peut être réalisée que par la fondation, ce qui nous a obligé à abandonner cette idée.

Seule alternative: le déblocage du XO via une clé développeur. Un XO débloqué supporte en effet l’installation de n’importe quelle image système. Ce déblocage se réalise via une procédure spécifique d’installation avec une clé USB équipée d’une clé développeur. Mais cette clé est un fichier spécifique à demander à la fondation POUR CHAQUE XO (voir ici) !!! Après de nouveaux échanges et l’aide de Reuben, la fondation nous a finalement fourni les clés développeurs pour les 160 machines de Nosy Komba.

Même si cela résout notre problème, nous avons néanmoins renoncé à mettre en œuvre cette solution car elle aurait nécessité un mode opératoire complexe pour l’équipe sur place: d’abord installer la clé développeur sur chaque machine puis reprendre chaque machine pour faire l’installation de la nouvelle image.

Nouvelles activités

Sur Sugar, les applications s’appellent des Activités. Ce sont des outils de base que les enseignants peuvent combiner pour créer des activités à but pédagogique. Ainsi les enfants peuvent réaliser un exposé en combinant les activités Enregistrer (photos, vidéos, audio), Dessiner et Ecrire.

Nous avons souhaité installer de nouvelles activités. D’abord parce que ce sont autant de possibilités offertes aux enseignants. Ensuite parce que ce sont autant d’opportunités de découvertes pour les enfants et enfin parce que, sans accès Internet, il est complexe d’ajouter de nouvelles activités à postériori.

Pour choisir les nouvelles activités, nous nous sommes appuyés sur l’avis des membres de l’association et sur l’expérience d’Antoine qui nous a fait un retour des activités les plus utiles pendant le pilote au CLIS Mornant. Voici la liste des activités retenues (suivre le lien pour en apprendre plus):

  • Aide: l’aide en ligne en Français de Sugar et du XO que nous avions réalisé l’année dernière,
  • Arithmetic: un quizz mathématique pour les additions, soustractions, multiplications et divisions,
  • Clock: une activité pour apprendre à lire l’heure,
  • Colors: une activité de dessin type aquarelle,
  • Falabracman: un jeu d’arcade où un petit personnage court après des lettres: très addictif,
  • FBReader: un lecteur « non officiel » de livres électroniques (voir plus loin),
  • GCompris Geography: une activité du package GCompris pour apprendre la géographie mondiale,
  • Image Viewer: un outil avancé de visualisation d’images,
  • Listen and spell: une activité pour apprendre à prononcer et épeler les mots,
  • Physics: un jeu pour apprendre les règles de l’équilibre et de la physique,
  • Ruler: une activité qui affiche une règle en cm et mm à l’écran,
  • Sugar Commander: un utilitaire pour explorer les fichiers du journal,
  • Typing Turtle: un jeu pour apprendre à taper sur le clavier.

A défaut de pouvoir créer une nouvelle image système intégrant ces activités, nous avons utilisé un autre mécanisme appelé « Customization key« . Il s’agit d’une clé d’installation mais à laquelle s’ajoute un mécanisme qui, après la mise à jour du BIOS et le flashage du système, installe les nouvelles activités. Voici le contenu de l’arborescence de cette clé « magique »:

q2e41.rom
gg-802-1.img
fs.zip
customization-2
/boot
    runos.zip
    bootfw.zip
    actos.zip
/bundles
    typing_turtle-26.xo
    sugar_commander-4.xo
    ruler-4.xo
    physics-4.xo
    listenandspell-2.xo
    image_viewer-14.xo
    falabracman-1.xo
    colors-15.xo
    clock-5.xo
    arithmetic-1.xo
    aide-5.xo
    GComprisGeography-13.xo
    FBReader-4.xo

Avec cette clé, l’équipe sur place peut facilement installer les nouvelles machines. Il suffit de démarrer en appuyant sur le pavé droit et l’ensemble des opérations se réalisent toutes seules.

Par contre, la clé supprime irrémédiablement le contenu de toute la machine. Pour faire en sorte que le contenu de toutes les machines soient uniformes, nous avons souhaité installer également ces nouvelles activités sur les machines de l’année dernière. Mais bien évidemment, il n’est pas question d’effacer les réalisations des enfants en 2009. Pour éviter cela nous avons réalisé une deuxième version de la clé qui ne fait qu’installer les nouvelles activités. Voici à quoi elle ressemble:

customization-2
/boot
    runos.zip
    actos.zip
/bundles
    typing_turtle-26.xo
    sugar_commander-4.xo
    ruler-4.xo
    physics-4.xo
    listenandspell-2.xo
    image_viewer-14.xo
    falabracman-1.xo
    colors-15.xo
    clock-5.xo
    arithmetic-1.xo
    aide-5.xo
    GComprisGeography-13.xo
    FBReader-4.xo

Là-aussi, le mode opératoire est simple: il suffit de mettre la clé et de laisser le XO booter sur la clé. L’installation se fait automatiquement et il n’y a qu’à attendre que la machine s’arrête à la fin du processus.

Livres électroniques

Les livres sont la première ressource des enseignants. Ils sont évidemment très peu nombreux dans l’école de Nosy Komba. La mémoire flash du XO nous permet d’embarquer une grande quantité de livres et, encore mieux, de les mettre à disposition de tous les enfants simultanément. Là encore cela permet à la fois d’offrir aux enfants des opportunités de lire par eux même et aux enseignants d’utiliser des livres comme support de leur enseignement ce qui n’est pas envisageable actuellement.

Mais encore faut-il identifier les contenus à intégrer ! C’est Clément, notre spécialiste des e-books et accessoirement le rédacteur de l’excellent ebouquin.fr qui s’est chargé de ce travail.

Pour cela, nous nous sommes appuyés sur des livres électroniques libres de droits, principalement depuis le site du projet Gutenberg. Le site compile de nombreuses oeuvres d’auteurs classiques mais qui ne sont pas forcément adaptés à des enfants de 6 à 12 ans. Après un tri draconien (mais nous en avons peut-être oublié), nous avons retenu les grands classiques: La Fontaine, Grimm, Andersen, Lewis Caroll, … soit une douzaine de livres pour un total de plusieurs milliers de pages de lecture potentielle.

En terme de format, nous avons privilégié l’utilisation du format ePub ou du PDF lorsque nous ne pouvions pas faire autrement. Si ces deux formats sont nativement supportés par Sugar, le format ePub nous a posé quelques difficultés. En effet, un certain nombre de problèmes de restitution du format ePub se posent dans l’activité Lecture native de Sugar. Hélas ces problèmes sont dues à des couches systèmes qui ne sont mises à jour que dans une version récente de Sugar :-( . Grâce à l’aide de Sean et à un nouvel appel à la liste Sugar-devel, nous avons finalement pu contourner le problème en installant une autre activité de lecture, FBReader.

Pour installer notre bibliothèque sur le XO, nous l’avons compilé dans un Content Bundle qui est un package spécifique regroupant des contenus (textes, images, vidéos, …). Concrètement, il s’agit d’un fichier compressé contenant un fichier HTML qui pointe sur les contenus. Voilà le contenu de notre fichier appelé « ebook_library_nk.xol »:

index.html
/ebook
    wilde_portrait_m_wh.pdf
    SaintExupery_PetitPrince.epub
    Orwell_LaFerme.epub
    LaFontaine_FablesII.epub
    LaFontaine_FablesI.epub
    JulesRenard_PoilCarotte.epub
    Grimm_ContesII.epub
    Grimm_ContesI.epub
    Dumas_Pierrot.epub
    Carroll_Alice.epub
    Andersen_Contes_II.epub
    Andersen_Contes_I.epub

/library
    library.info
    Books.png

Ce fichier a été ensuite copié sur nos deux clés magiques décrites ci-dessus et il s’installera en même temps que les activités supplémentaires. Pour l’enfant, la librairie est ensuite accessible simplement depuis la page d’accueil en lançant l’activité Naviguer.

Nous avons effectué d’autres démarches afin de compléter notre bibliothèque. Clément a ainsi travaillé avec une grande maison d’édition de livres de jeunesse en France pour qu’elle nous ouvre exceptionnellement son catalogue. Samy a lui entamé des discussions avec un éditeur de livre scolaire malgache pour traduire ses contenus en numérique. Hélas ces démarches n’ont pas abouties à ce jour. Nous restons mobilisés sur ce sujet.

Voilà qui termine ce long billet sur les contenus de nos XOs pour Nosy Komba. C’est un sujet capital sur lequel nous avons essayé d’avancer sur tous les fronts. Le chemin est encore long mais nous avons posé des bases importantes pour fournir aux enfants et aux enseignants le meilleur de ce qui est envisageable.

JAMedia : encore un point pour l’Uruguay !

1 juin 2010

Il est désormais possible de suivre les émissions TV et radio sur le XO ! Nous devons cette réalisation à Flavio Danesse, l’un des talentueux développeurs de la communauté de développeurs CeibalJAM. Cette association avait d’ailleurs déjà défrayé la chronique en remportant le Prix Digital Ars Electronica 2010 dans la catégorie « Digital Communities« .

Dernièrement, nous avons appris la sortie de l’activité JAMedia, pour l’environnement Sugar. Il s’agit d’un lecteur audio et vidéo capable de jouer des flux audio ou vidéo tels que des émissions radio ou TV diffusés en ligne (streaming) ou encore des documents multimédia disponibles en local.

C’est ainsi que l’utilisateur du XO peut suivre une émission télévisée avec une qualité remarquable (Voir la vidéo  ici ) !

Cette première version est déjà parfaitement fonctionnelle, avec une liste appréciable de stations radio et TV.

JAMedia vient à peine de sortir que déjà, de nouveaux développements sont annoncés comme des fonctions de conversion, d’extraction, d’enregistrement ou d’édition.

Restez en ligne, car, avec le prochain concours de développement – la Sugar World Coup 2010 – et la participation de l’Uruguay au Mondial de football d’Afrique du Sud, la concurrence risque d’avoir du mal à suivre le rythme !