Partenariat Marvell/OLPC pour le XO-3: décryptage

30 mai 2010

L’annonce a déjà fait couler beaucoup d’encre: Marvell et la fondation OLPC ont annoncé Vendredi 28 mai 2010 la sortie commune d’une tablette sur la base de la tablette Moby de Marvell et du concept du XO-3 annoncé par la fondation en Novembre 2009. La tablette coutera moins de 100$ et sera présentée au prochain CES en Janvier 2011.

Comme d’habitude, tout est n’importe quoi ayant déjà été écrit sur cette tablette, il n’est pas inutile de préciser un certain nombre de points. Pour cela détaillons l’annonce de la fondation et essayons de répondre à quelques questions simples.

L’annonce de la fondation

Voici la traduction de l’annonce de la fondation publiée sur son blog officiel:


XO-3 mise à jour: OLPC et Marvell partenaires pour concevoir une gamme de tablettes.

Je suis heureux d’annoncer qu’aujourd’hui nous avons finalisé un partenariat avec Marvell pour concevoir une gamme d’ordinateurs de type tablettes orientées vers l’éducation. Certaines de ces machines, comme le XO-3, seront des machines OLPC à destination des pays en voie de développement. Cette gamme de produit sera basée à la fois sur l’implémentation de référence qu’a réalisé Marvell pour sa tablette Moby et sur le concept du OLPC XO-3 (particulièrement pour les modèles basse consommation de la gamme). Les machines distribuées par OLPC s’exécuteront sur notre image Linux standard, avec les environnements Sugar et Gnome.

Marvell est un supporter de longue date du projet OLPC et un des membres fondateurs du conseil d’administration de la fondation, et a un intérêt réel pour l’éducation. Marvell a fourni les puces réseaux utilisée par le XO et a contribué aux tests et aux débogages. Ce partenariat marque une collaboration encore plus sérieuse dans la conception du matériel OLPC.

Les premières tablettes produites seront plus proches du Moby que du XO-3 et cibleront les enfants des pays développés. Elles apparaîtront en Janvier au CES 2011 et seront disponibles l’année suivante pour moins de 100$. Le concept original du XO-3 est toujours planifié pour 2012.

Le Moby est actuellement en pilote dans une école de Washington DC et Marvell investi dans une campagne appelée « Mobylize » pour améliorer l’adoption des technologies dans les classes des états-unis. Cela devrait aider l’association OLPC à avancer dans les pays développés, les états-unis étant derrière de nombreux pays Européens et d’Asie, à la fois sur la bande passante et l’adoption des technologies en classe.

La fondation OLPC continue à avancer sur la conception du XO-1.75 pour disposer d’une version basse consommation et équipée d’un processeur ARM du XO actuel. Ce sera le prochain modèle à destination de nos écoles cibles. Le XO-3 est toujours planifié pour 2012 et bénéficiera à la fois de l’expérience du 1.75 et des efforts du Moby.

Weili Dai, le cofondateur de Marvell, a dit de ce partenariat:

« La tablette Moby et sa plateforme et notre partenariat avec OLPC, concrétisent notre passion et notre engagement commun pour donner aux étudiants la capacité à créer, connecter et collaborer d’une manière complètement nouvelle. Je suis immensément fier des capacités de notre tablette Moby et je suis extrêmement honoré d’être partenaire de l’inventeur du marché du netbook et de l’éducation, le Dr Nicholas Negroponte. J’applaudi son leadership, sa vision, sa passion. Ensemble, nous allons faire du monde un endroit meilleur ».

Décryptage

Dans un précédent billet du blog, nous détaillions la « roadmap » de la fondation. Cette annonce ne vient pas la bouleverser mais plutôt la concrétiser. Pour la comprendre, essayons de répondre à quelques questions simples:

La XO-3 va-t-il sortir en Janvier 2011 ?
Le XO-3 était un « concept car » destiné à fixer ce que sont les objectifs de la fondation pour les prochaines années. Le partenariat qui est annoncé aujourd’hui permettra de concrétiser ce concept mais il ne concerne pas uniquement le XO-3 mais une « gamme de produit » qui va être produite en partenariat entre Marvell et la fondation. Il est clairement indiqué que le modèle qui sortira en Janvier 2011 sera plus proche du Moby que du XO-3. Le XO-3 reste prévu pour 2012.

Le XO-3 sera t’il à destination des pays développés ?
La fondation OLPC cible les pays en voie de développement, c’est aussi la cible du XO-3. Mais encore une fois, l’annonce concerne une gamme de produit pas une machine unique. Il y a donc fort à parier que certaines machines de la gamme commercialisées par Marvell seront à destination des pays développés. C’est un peu comme s’il existait aujourd’hui une version du XO qui serait moins exigeante côté matériel (pour la consommation électrique et le support des conditions climatiques) et qui serait à destination des pays développés. Rappelons également que Nicholas Negroponte dans l’interview qu’il nous avait accordé n’avait pas exclu un nouveau « Give One Get One » (Un chez toi, un chez moi) pour le XO-3.

Le XO-3 fonctionnera t-il avec Sugar ?
Oui ! C’est écrit explicitement dans l’annonce. Néanmoins les premières machines de la gamme seront probablement équipées d’Android comme c’est le cas aujourd’hui. Par ailleurs, l’adaptation de Sugar au processeur ARM et à ce nouveau matériel nécessitera un peu de temps.

Le XO-3 disposera t-il de l’écran multi-mode Pixel Qi ?
Ce n’est pas le cas aujourd’hui du Moby mais Pixel Qi a renouvelé son partenariat avec la fondation il y a quelques semaines. Nul doute qu’il est donc prévu que ce soit un écran de PixelQi qui équipera le XO-3 en 2012.

L’annonce de ce partenariat a-t-elle un sens à côté de la sortie mondiale de l’iPad ?
Le partenariat est annoncé le même jour que la sortie de l’iPad en France. C’est un hasard du calendrier mais qui est très intéressant à commenter. Disons tout de suite que l’iPad est une superbe machine, plusieurs des membres d’OLPC France en ont acheté un et l’utilisent au quotidien, il n’est pas question de dénigrer ce bel outil ! Mais l’iPad est à l’opposé du XO-3 et des objectifs de la fondation OLPC.

  • L’iPad ne repose pas sur un système libre et ouvert comme Sugar mais sur un OS propriétaire et fermé, contrôlé par Apple.
  • Les contenus sur l’iPad ne sont pas libres. L’iPad est avant tout une machine à consommer des contenus payants (musiques, films, applications, livres, journaux) , non libre de droits et souvent protégés par des DRM. L’ouverture des contenus est une nécessité pour le projet OLPC pour une plus large diffusion, pour être adaptable localement et être accessible à moindre coût.
  • L’iPad n’est pas adapté à des conditions climatiques difficiles. Malgré les efforts d’Apple sa consommation nécessite des chargements réguliers, son écran n’est pas utilisable en extérieur et il est trop fragile (résistance aux chocs, à l’humidité et à la poussière).
  • L’iPad est cher (entre 400€ et 800€). La fondation OLPC a pour objectif de produire des machines à prix coûtant comme c’est le cas aujourd’hui du XO-1 alors qu’Apple réalise une marge confortable sur le matériel et les contenus qu’il distribue.

Bref, comme lorsque la fondation OLPC a créée le concept de Netbook avec le XO-1, le XO-3 veut démontrer que les TICs et les tablettes ne sont pas réservés à une élite capable de payer des centaines d’euros mais qu’ils peuvent servir, à moindre coût, à l’éducation d’enfants qui n’ont pas aujourd’hui l’accès à l’information.

Eny mahavita isika / yes we can!

27 mai 2010

Actuellement, à Madagascar, 3 écoles, représentant plusieurs centaines d’élèves, utilisent l’ordinateur XO du projet OLPC, à Nosy Komba, Ambatoharanana et Maroantsetra.

C’est initialement pour ces écoles que le projet de traduction en malgache des activités de l’ordinateur XO a été lancé (voir l’article « Traduire Sugar / le XO« ).

Ce travail, en cours de réalisation par plusieurs volontaires, est désormais visible, à l’occasion de la sortie de la version 3 de l’application SOAS (Sugar On A Stick), qui permet d’utiliser l’environnement Sugar et ses applications pédagogiques sur un ordinateur classique ainsi que sur l’ordinateur XO.

Désormais, nous sommes au milieu du gué : une partie du projet traduction est réalisée, grâce aux efforts remarquables des traducteurs et traductrices, auxquels nous exprimons nos remerciements.

Il reste à finaliser ce projet, qui est encore incomplet, puisqu’il suit le rythme des mises à jour logicielles, comme on peut le voir ici, lorsque de nouvelles fonctionnalités sont ajoutées :

Les contributeurs (traducteurs et relecteurs) sont donc les bienvenus.

Retrouvez-nous sur la page de l’équipe de traduction du projet Sugar Labs, ainsi que sur  la liste Localization. Ensemble, Eny mahavita isika / Yes we can!

[Nosy Komba] Semaine 2

25 mai 2010

Deuxième billet de Quentin qui nous envoie des nouvelles de Nosy Komba et qui nous racontent que nos efforts de préparation du School Server sont récompensés.

La semaine dernière je vous avais fait part de notre arrivée musclée et des fortes émotions que nous avions vécu en posant un pied sur le sol Nosy Kombayen. Cette semaine, la team NK2010 est entrée dans le cœur de l’action. Nous optimisons notre temps ici en se levant vers 6h pour commencer la journée à 7h30. Les premiers réveils ont été durs mais on finis par s’habituer à se lever en même temps que le soleil. Ici c’est la nature qui rythme nos journée.

Nous avons récupéré le dernier XO laptop Mercredi ce qui nous fait 89 ordis d’élèves et 6 de profs sur 105 déployés en 2009. Pour 10 autres XOs, nous menons l’enquête car les profs et les élèves nous ont dit qu’ils les ramèneraient « bientôt » ou « peut-être » et en malgache ça veut souvent dire jamais :-( Sujet à suivre: il est évident que nous ne pouvons laisser se « perdre » des ordinateurs d’une telle valeur, il en va de notre crédibilité.

Nous nous sommes installé dans l’atelier de mécanique qui est devenu le « hacker Space » de Nosy Komba. Plus de 150 ordinateurs y sont installés, branchés, classés par année et bientôt par classe. Une vrai armée de XO!!

Nous avons installé un School Server sans trop de problème grâce à la formation approfondie et très efficace des 2 hackers qui se reconnaitrons. Ce server nous permet de connecter tous les XOs de 2009 sur une plateforme et d’ensuite récupérer toutes les données des activités qui ont été faites par les enfants de l’école primaire pendant un an.
Alors bien sur, inutile de vous décrire en détail la réaction qu’on a pu avoir en tombant sur des vidéos prises par des gamins en train de chanter, de raconter des histoires et d’éclater de rire en se voyant sur l’écran!!

En même temps nous n’avons pas perdu de temps avec les enseignants. Nous les avons rencontré à 2 reprises pour les relancer dans ce programme pédagogique d’une grande ampleur. Nous avons donc mis en place des cours de soutien personnalisés (un prof par membre de NK2010) afin d’approfondir les connaissances de chacun. Bien sur, s’est posée la question du positionnement que nous devions avoir, nous, simple étudiant d’une vingtaine d’année face à des professeurs qui sont considérés comme des « maitres » ici du fait de leur aisance à écrire et à lire. Certains ont un niveaux très avancé de connaissance de la machine, comme Lalatiana par exemple mais pour un des profs nouvellement arrivé c’est très difficile. Après quelques séances, il parvient dorénavant à réaliser les principales manipulations. Ouufff

Par ailleurs et pour parler un peu plus de notions humaines concernant l’équipe, J’ai coupé l’équipe en 2.

Laura et Moi passons nos matinées dans le hacker space à faire nos « geek » à gérer des problèmes d’énergie et d’informatique pendant que Margaux et Vahé sont au potager avec Jean et Monique.

A ce propos avec Laura on se dit souvent qu’on va finir par être débile à rester enfermé toute la journée entourés de machines, de câbles, et de groupe électrogène!! Non mais c’est sympa quand même car à 10h tous les jours à la récréation tous les gamins viennent nous voir, grimpent aux fenêtres, s’accrochent aux arbres et nous observent calmement en se demandant surement ce qui passe dans la tête de ces 2 hommes blancs qui passent leurs journées dans ce trou à rat, accroupis autours de cette armée de clones de XOs!!!

Par ailleurs l’équipe NK2010 s’est à plusieurs reprise transformée en équipe de tournage d’un clip vidéo. Nous avons plus de 150 acteurs âgés de 3 à 15 ans tous plus mignons et bons danseurs les uns que les autres et surtout toujours très enthousiastes à l’idée de se montrer ce qu’il savent si bien faire.

Cette action est épuisante car le fait d’organiser plus de 100 gamins qui courent, grimpent, sautent et rigolent à longueur de journée, tout en leur demandant de danser de manière synchro, de bien se positionner pour avoir les plus beaux plans et le tout en malgache!! Je n’en dit pas plus sur ce clip et vous laisse attendre sa sortie dans les salles à partir de fin juin 2010 ;-)

Bon comme vous pouvez le voir, tout se passe à merveille.

[Nosy Komba] School server et Internet

21 mai 2010

La connexion est un élément fondamental du projet OLPC. C’est à la fois un moyen d’accéder à des ressources partagées et à Internet mais aussi de réaliser des activités ensemble.

Internet, à quel prix

L’accès à Internet est évidemment une chose complexe en Afrique, et encore plus à Madagascar sur l’île de Nosy Komba. En fait, l’île n’est pas raccordée au réseau téléphonique fixe, il n’est donc pas possible d’envisager une solution type « ADSL » comme celle que nous utilisons en France.

Une autre possibilité est d’utiliser le réseau de téléphonie mobile avec une solution de type 3G. La solution est hélas peu adaptée et peu pérenne d’autant que seules certaines parties de l’île sont couvertes aujourd’hui.

Deux autres solutions sont envisageables:

Un réseau de type WiMax: c’est une technologie Hertzienne de type radio directionnelle. Elle nécessite l’installation d’un mat d’au minimum 5 mètres de haut et d’avoir la visibilité avec une station de base qui sera connectée au réseau de l’opérateur. C’est envisageable puisque l’ile de Nosy Komba fait face à Nosy Bé qui elle dispose d’un accès Internet. Mais évidemment cela nécessite que l’opérateur supporte ce genre de solution.

(photo source Wikipedia)

Une connexion type VSAT-IP. Il s’agit simplement de placer une antenne parabolique qui va être connectée à Internet par satellite. C’est évidemment beaucoup plus souple et c’est ce genre de connexion qui a été mise en place sur de nombreux déploiements OLPC isolés.

(photo source OLPC)

Nous sommes aujourd’hui en discussion avec un opérateur local afin d’étudier la meilleure solution possible: à la fois sur le plan de l’infrastructure à mettre en place, pour obtenir le meilleur débit mais aussi sur le plan financier car le coût de ces solutions peut être très élevé (de 30€/mois à plus de 300€/mois) et nous n’avons toujours pas pu boucler notre budget à ce jour.

Connectés ensembles

Dés que deux XOs sont proches, ils peuvent communiquer et réaliser des activités ensemble. Cela est possible même sans aucune infrastructure réseau car les XOs peuvent communiquer en point à point via la carte WiFi Mesh qu’ils intègrent.

Pour accéder à Internet, le XO doit pouvoir se connecter à un point d’accès WiFi ce que lui permet également sa carté réseau.

La combinaison du WiFi Mesh et du WiFi permet ainsi à un ensemble de XOs d’accéder à Internet en se connectant de proche en proche jusqu’au point d’accès WiFi.

School Server

C’est le XO School Server, Serveur d’école ou XS qui doit permettre aux XOs d’accéder à Internet. Le School Server est un ordinateur de type serveur. Il s’agit d’un PC un peu plus musclé qu’un PC de bureau. Dans notre cas, c’est Xavier et Laura qui en ont fait l’acquisition dans le célèbre quartier de la rue Mongallet à Paris. Ses caractéristiques sont:
- Processeur Intel Core2 Duo 2.93 Ghz,
- 3Go de RAM
- Disque dur: 1To
Le plus important: le serveur d’école doit disposer de deux cartes réseaux. Une carte qui sera relié à une antenne WiFi (pour la connexion des XOs), l’autre qui sera raccordé au routeur fourni par l’opérateur.

Évidemment, le serveur d’école doit être alimenté électriquement pour pouvoir réaliser son rôle. Dans la situation difficile de l’installation électrique de Nosy Komba, nous avons bien sûr porté une attention particulière à la partie électrique. D’abord, nous avons fait l’acquisition d’une multiprise parafoudre, cela protégera le serveur en cas de choc électrique. Indispensable également: un onduleur, il permettra de lisser la tension électrique qui peut bien sûr varier dans des proportions qui pourrait détériorer le serveur. Plus encore, l’onduleur permet d’assurer une réserve d’électricité (via une batterie intégrée) en cas de coupure de courant: soit en attendant le retour de l’électricité, soit pour permettre une extinction « propre » de la machine si la coupure est prolongée.

Pour cela, Xavier et Nicolas ont relié l’onduleur au PC via un câble USB et l’ont configuré pour qu’il soit « esclave » de l’onduleur. Ainsi, dés que le XS Server reçoit du courant de l’onduleur il démarre automatiquement sans aucune intervention humaine.
De même, si l’onduleur descend à 20% du niveau de batterie, il envoie un signal au XS Server qui s’éteint automatiquement. Il est possible aussi de l’éteindre via un bouton en façade.

Les logiciels du XS
Le XS n’est pas équipé de Sugar mais d’une distribution Linux à base d’une Fedora 11 intégrant des packages dédiés réalisés par la fondation OLPC pour assurer la gestion des XOs. Les fonctionnalités du serveur sont notamment:
- Installation pilotée d’activités ou de nouvelles images systèmes sur les XOs,
- Site web Moodle pour donner accès à des contenus partagés (cours ou ressources pédagogiques),
- Sauvegarde automatique ou programmée du journal des XOs,
- Activation/Désactivation des XOs pour éviter les vols.

C’est la fonctionnalité de sauvegarde du journal qui nous est apparue la plus importante dans un premier temps. Au-delà de la possibilité de conserver le contenu des XOs de chaque enfant, cela nous permettra de faire le suivi du déploiement en analysant régulièrement les activités réalisées.

Une fois démarré, le serveur est visible depuis les XOs comme un point d’accès habituel sur la vue réseau.

Lors de la première connexion, ils peuvent ensuite s’y enregistrer via une des options du menu central. L’association School Server est alors stockée et notifiée au XO. A partir de ce moment, le serveur XS peut piloter les XOs.

L’interface d’administration du serveur est accessible simplement via l’activité Naviguer d’un XO ou d’une autre machine. Elle permet de visualiser l’ensemble des XOs qui sont enregistrés et de réaliser les différentes tâches d’administration.

C’est Xavier et Nicolas qui ont réalisés l’installation du serveur avec l’aide de Samy et les conseils de Sean. C’est un bel exploit et c’était le premier school server que nous parvenions à mettre en place. Naturellement, nous l’avons appelé « Nosy Komba » et avons réalisé une série de tests avec l’équipe avant son départ. L’objectif: qu’il soit prêt pour le voyage et qu’il suffise de le déballer sur place pour qu’il soit opérationnel. Nous verrons si le pari a été gagné.

[Nosy Komba] L’arrivée

18 mai 2010

Premier billet de Quentin qui nous raconte avec émotion le premier jour mouvementé de l’équipe à Nosy Komba. Nous sommes tous en pensée avec eux.

Après une année de recherche de fonds, des centaines d’heures de préparation de nos actions,
Après 11 heures de vol jusqu’à Madagascar,
Après 4 heures de négociations ardues avec Air Madagascar et la douane pour faire passer nos 200kg de fret (15 cartons de matériel informatique et pédagogique),
Après une demi heure de traversée en 4×4 dans la jungle et une heure de pirogue avec tout le chargement,

L’Equipe Nosy Komba 2010 est arrivée sur les côtes de l’île aux lémuriens!!!

L’épisode de l’aéroport de Nosy Be a été révélateur des difficultés face auxquelles nous devrons nous confronter durant notre mission.

Imaginez vous avec un chargement qui vaut tout l’or du monde pour vous et que vous êtes face à des gens qui n’ont pas l’air de comprendre ce que vous dites, qui ne sont jamais responsables de rien, qui passent leur temps à se contredire, qu’on vous dise à un moment que vous pourrez récupérer votre marchandise mais seulement dans une semaine et que vous savez très bien que si ça se passe comme ça vous ne mettrez plus jamais la main dessus, qu’une minute après on vous dit que la palette de 200kg et de 14 000 euros a été perdue et que vos papiers ne valent rien, puis que finalement elle a été retrouvée mais que la machine qui l’a porte est tombée en panne et que la palette est coincée à hauteur d’un avion. Imaginez voir repartir l’avion qui vous a déposé sans savoir si le convoi a été retiré de ses soutes, le tout dans un aéroport sombre et sale avec une température de 35° à l’ombre après 11 heures de vol!!
Vous imaginez??

Bienvenue à Madagascar!!!

Bon après votre imagination va vous faire rêver.
Nous voici en pleine jungle dans un 4X4 assis à l’arrière sur les 15 cartons voguant sur une route de terre, propulsés à toute allure par un moteur qui fait plus de bruit qu’un super-tanker à la sortie d’un port.

A nos côtés est assis un homme qui a le visage aussi sec et abimé que l’écorce d’un arbre. Il nous fait profiter de son sourire magnifique à 5 dents.

Arrivé au port, à peine je sors du pick up que j’accroche mon regard à toute notre marchandise de peur de nous la faire voler.

Tout se passe bien. Les malgaches nous aident à porter les cartons (sur la tête bien sur) et chargent le convoi sur une pirogue en bois avec un petit moteur de 15 chevaux.
L’embarcation est pleine à craquer. hooouuu… le stress revient!!


En cours de route sur la mer, Vahé me demande, « c’est quoi cette île là bas? » et là, je cris: « NOSY KOMBA!!!!!! »

ça y est on y était.

Le lendemain on décide d’aller assister à un cours à l’école qui se fait avec les XOs (les ordinateurs).
On arrive dans la classe, tous les gamins ont une petite bête verte entre le mains (celles déployées en 2009).
A peine je fais un pas que j’entends en chorale: « Banjour Missieu!!! » Et là forcement, je craque….
Je fais le tour de la salle et observe des petits doigts taper avec précaution sur les minuscules touches vertes des XO. Certains sont très fier de nous montrer une carte de Madagascar qu’ils ont trouvé sur Wikipédia, d’autres qu’ils arrivent à finir le jeu éducatif « Mémoriser » en moins de 4 minutes.

Et puis l’image de la petite fille qui arrive à tout faire et qui fait le tour de la classe pour aider ses camarades qui sont plus lents…. ça donne des frissons…

Peu après je leur dit de ranger les XOs dans les cartons et d’amener le tout dans l’atelier de mécanique qui sera notre QG durant notre séjour. Les mêmes petites mains qui appuyaient sur les touches utilisent maintenant la même précaution pour mettre l’ordinateur et le chargeur dans le carton. Puis, une fois fait, tous les enfants prennent leur trésor éducatifs et sortent de l’école en chantant avec leur XO sur la tête.
Une autre petite larme….

Entre temps je sors les grandes photos que j’avais utilisé pour les expos photos du projet 2009 (ESG, Levallois-Perret, St Germain en Laye).
Jamais j’aurais pensé que des enfants pouvaient courir aussi vite!!
Tout d’un coup une vingtaine de petites têtes tressées ou rasées se sont retrouvées à me coller en train de crier les noms de tous ceux d’entre eux qu’ils voyaient sur les photos.
Des rires, des ricanements, des étonnements; tout se résume par ça ici…


L’équipe des 3 vazahas se portent bien malgré quelques plaintes de piqures de moustique, d’une eau parfois pas très bonne et des pauses toilettes assez régulières.

[Nosy Komba] De nouveaux XOs pour Antitorona

16 mai 2010

Le projet OLPC c’est: un outil logiciel formidable, la plate-forme éducative Sugar mais c’est aussi un matériel emblématique: le petit ordinateur vert, le XO. Le XO est conçu pour être utilisé dans des conditions difficiles (soleil, poussière, humidité) et consomme très peu d’énergie (quelques watts seulement en utilisation nominale).

Le XO est donc l’outil idéal pour un déploiement sur une ile comme Nosy Komba: à un endroit où l’électricité est un bien précieux, où de fortes chaleurs succèdent à d’intenses périodes de pluie et où l’école est un lieu ouvert au quatre vents, loin des classes aseptisées que nous connaissons ici.

Un des principes sur lequel repose le projet OLPC est le « one-to-one computing ». Dit dans des termes moins savants, cela signifie que tous les enfants ont « leur » ordinateur. Cela peut paraître un luxe si l’on pense aux classes informatiques (ou classes mobiles) en France où les enfants se rendent par groupe pour « apprendre l’informatique ». Mais le projet OLPC n’a pas pour objet d’apprendre l’informatique aux enfants mais d’utiliser l’outil informatique pour les apprentissages. A l’école, l’enseignant utilise le XO pour démontrer et faire expérimenter aux enfants les notions du cours sur lequel ils travaillent (Mathématique, Français, Géographie, Science, …). En dehors de l’école l’enfant peut utiliser le XO pour parfaire ses apprentissages, découvrir de nouvelles choses, s’amuser ou simplement apprendre quand il n’a pas l’opportunité de se rendre à l’école.
Pour cela il est donc indispensable que chaque enfant ait un XO.

Le compte est bon

A la rentrée 2008, l’école d’Antitorona avait un effectif de 89 enfants. Notre projet de déploiement en Juillet 2008 a apporté 105 XOs ce qui couvrait les besoins de l’école et une hausse éventuelle pour la rentrée 2009.
Mais à la rentrée 2009, c’est 155 enfants qui se sont présentés à l’école. Nous n’avions pas anticipé cette hausse. Elle est due principalement à la présence d’un dortoir construit pendant l’été pour accueillir les enfants des montagnes qui jusqu’à là ne pouvait se rendre à l’école.
A la rentrée 2010, Stefano a estimé qu’il devrait y avoir 150 enfants plus ou moins dix.

Pour le projet de cette année, nous avons donc décidé d’apporter de nouveaux XOs. Notre ambition de départ était d’apporter 100 nouvelles machines pour être sûr de ne pas revivre les mêmes difficultés lors d’une prochaine rentrée.
L’acquisition d’un XO a un coût de l’ordre de 180€ TVA comprise. Notre projet n’étant financé que par des dons privés ou d’entreprise que nous avons en charge de collecter (vous pouvez d’ailleurs y participer financièrement en cliquant sur le widget à droite ou ici), nous avons néanmoins dû revoir ce chiffre à la baisse au vu des premiers résultats de nos efforts. Nous avons donc fixé le minimum à 60 XOs est avons donc pris cet objectif dans notre budget.

XO 1 ou XO 1.5 ?

Au-delà de l’aspect financier, l’acquisition des XOs nous a posé un autre souci. En effet, le XO 1 que nous avons déployé l’année dernière n’est plus fabriqué car il est remplacé par le XO 1.5 qui en est une évolution technologique (puissance, mémoire, stockage).

Nous avons pu tester la machine en Octobre dernier mais les premières machines de séries en volume sont attendues en Europe ce mois ci. Si la cohabitation du XO 1 et du XO 1.5 est tout à fait possible, elle pose quelques difficultés de maintenance: la version de Sugar et des activités sont différentes, les pièces détachées ne sont pas strictement identiques, l’alimentation n’est pas la même, … Par ailleurs la différence de puissance est assez visible et pourrait provoquer des « jalousies » entre les enfants.
Pour éviter de complexifier le suivi du déploiement, nous avons donc décidé de rester sur un parc uniforme et d’apporter à nouveau des XO 1.

Chasse au XO 1

En Mars, OLPC Europe nous a indiqué pouvoir nous fournir immédiatement 30 XOs 1 dont nous avons tout de suite passé commande. Ils nous ont indiqués pouvoir ensuite nous fournir 30 XOs 1.5 à partir de Mai/Juin mais plus de XO 1. Hélas, cela ne correspondait pas à nos souhaits puisque nous voulions des XO 1 et que l’équipe partait le 12 Mai.

Après quelques échanges entre les membres du bureau de l’association, nous avons donc décidé de recourir à une solution alternative pour les 30 XOs 1 manquants: les machines des membres et les stocks de OLPC France. OLPC France dispose d’une quarantaine de XO, ils sont utilisés pour des démonstrations, pour des pilotes (comme actuellement au CLIS Mornant) ou prêtés pour des projets ponctuels menés par nos membres et sympathisants. Même si nous en assurons un suivi précis, ces machines sont très volatiles et dispersées partout en France, voire à l’étranger ! Un appel à été lancé sur la liste début Avril.

C’est un peu un déchirement de retirer ces machines de leur emplacement actuel car généralement ce sont des graines dans lesquels nous espérons voir éclore un projet ou une opportunité. Mais suite au mail de rappel tout le monde a joué le jeu. Ainsi, après plusieurs trajets de ramassages et réception de colis, le compte était bon fin Avril. Merci donc à Michèle, Jean, Samuel, Brice, Julien, Laurence, Clément, Nicolas, Xavier, Olivier et à tous les autres. Et aussi un merci particulier à Corinne, Fabien et Philippe qui ont donné leur propre XO pour compléter l’ensemble. Pensez que tout ces XOs seront bientôt dans les mains des enfants !

Prises éclectiques

Depuis l’année dernière nous étions habitué à gérer les différences de prises électriques et la nécessité d’utiliser des adaptateurs. Mais les stocks de OLPC Europe sont à l’image de la diversité des pays où le projet est déployé: multiples ! Bref, à l’ouverture des cartons des XOs, ce n’est pas moins de trois types de chargeur que nous avons découvert selon les cartons:

Le chargeur de gauche est celui des Etats-unis, celui du milieu est celui de France et de Madagascar, le dernier est celui d’Angleterre. Nous avons donc du faire l’acquisition de plusieurs adaptateurs différents pour couvrir les différents besoins et prévoir le nécessaire (colle forte et chatterton) afin de rendre le chargeur et l’adaptateur solidaires. Le résultat visuel sera hétérogène mais fonctionnel.

Donnez-moi un point d’appui…

15 mai 2010

C’est ainsi que commence cette phrase célèbre attribuée à Archimède. La suite (« … et un levier et je soulèverai la terre !« ) est connue, mais ce qui donne à cette phrase toute son acuité, c’est qu’elle est révélatrice de l’esprit qui anime aujourd’hui la communauté OLPC de par le monde !

Nous venons d’apprendre en effet que le logiciel de géométrie et d’analyse MathGraph32, développé par Yves Biton, est devenu un logiciel libre, après être passé sous licence libre GPL (GPL 3) et qu’il a été porté sous l’environnement Sugar par une équipe de développeurs intervenant dans le cadre du CeibalJam, une association uruguayenne se consacrant depuis mai 2008 au développement d’applications pédagogiques dans le contexte du Plan Ceibal de ce pays.

Par ailleurs, dans le contexte de ce développement international, l’application MathGraph32 est utilisable en Français, en Espagnol et en Anglais.

Désormais utilisable sur l’ordinateur XO et dans l’environnement Sugar, cette application écrite en Java constitue un bel exemple de coopération internationale, à l’image du projet OLPC.

Alors oui, les héritiers d’Archimède pourront, dotés des leviers éducatifs nécessaires, changer le monde de demain !

Pour en savoir plus:

[Nosy Komba] Nos ambitions pour 2010

14 mai 2010

Alors que notre équipe 2010: Quentin, Laura, Margaux et Vahé viennent d’arriver sur l’île, ils est temps de revenir sur notre ambition cette année pour le projet OLPC à Nosy Komba.

L’année dernière était lancé le déploiement OLPC sur Nosy Komba, c’était un moment important car cela permettait de construire le projet mais ce n’était pas une action ponctuelle, nous voulons construire ce projet dans la durée et c’est ce qui fait que nous sommes repartis cette année avec de nouveaux objectifs:

MACHINES: La rentrée 2009 nous avez un peu laissé dépourvu puisque 50 nouveaux enfants sont arrivés à l’école en octobre et qu’il ne restait qu’une dizaine de machines disponibles. Nous avons donc prévu d’apporter 60 nouveaux XOs pour équiper ces nouveaux enfants et assurer le remplacement ou la réparation d’éventuelles machines défectueuses.

EVALUATION: Une action n’est réussie que si elle est mesurable. Notre croyance dans le projet OLPC ne nous empêche pas d’être objectif. Nous avons donc souhaité cette année réaliser une évaluation pour mesurer les progrès (ou pas) qu’a apporté le déploiement l’année dernière. Enfants, parents, enseignants, nous essaierons d’être le plus rigoureux pour évaluer notre action.

INTERNET: Disposer de machines connectés est un des fondements du projet OLPC. Cette année nous essaierons de mettre un place une connexion Internet, non seulement pour donner accès à au web mais surtout pour faciliter le suivi de la mission. Plus encore, nous allons déployer un serveur d’école qui permettra la sauvegarde des données de tous les XOs.

CONTENUS: L’année dernière nous n’avions pas pu préparer le contenu des XOs qui ont donc été déployés avec une image système standard. Cette année, nous avons essayé de personnaliser l’image, à la fois sur le système, sur les activités et les contenus documentaires.

Nous vous présenterons dans les prochains billets ces différentes réalisations et vous informerons de leur avancé sur le terrain.

Nosy Komba 2010, c’est parti !

Scratch The Planet!

9 mai 2010

Un concours national de court-métrages adressé à des enfants en âge scolaire, cela a de quoi surprendre ! C’est pourtant ce qui est organisé actuellement, à l’échelle d’un pays, en Uruguay. Ce concours intitulé ANIMATE propose en effet de créer des court-métrages animés aux enfants qui souhaitent y participer. Ceux-ci concourent dans l’une des trois catégories prévues, jusqu’à l’âge de 12 ans, en envoyant à l’aide d’un petit formulaire l’animation qu’ils auront créée, à partir de la plate-forme d’apprentissage Sugar sur leur ordinateur XO, à l’aide des activités « sugarisées » Scratch ou Etoys.

efectocine_AficheSurprenant ?

Comment cela est-il possible ? Les organisateurs sont la société privée Efecto Cine et le « Plan CEIBAL« , l’organisme public mis en place en 2007 et chargé de mettre en oeuvre le programme d’inclusion numérique Plan Ceibal en vue de réduire le fossé numérique par rapport aux autres pays et entre les habitants du pays, afin de faciliter l’accès à l’éducation et à la culture.

La lecture des détails du concours nous apprend que la thématique retenue est « De la maison à l’école » et que l’intention est de favoriser la création audiovisuelle en s’appuyant sur la connaissance des nouvelles technologies. Les animations, qui pourront faire appel à des éléments multimédias – chansons, musique, images – de préférence originaux, ou sous licence Creative Commons, auront une durée de 30 secondes à 2 minutes.

N’est-il pas paradoxal de demander à des enfants d’utiliser des langages de programmation comme Scratch ou Etoys ?

  • Scratch est un langage de programmation développé par le Lifelong Kindergarten Group au sein du Media Lab du MIT (qui organise, par ailleurs un « Scratch Day« , le 22 mai 2010) et permettant de créer de manière interactive des  histoires, des animations, des jeux, de la musique et des images et de partager ces créations sur le Web.

  • Etoys est un outil auteur multimédia et de programmation visuelle, hérité de Squeak.

Dans ces conditions, il apparaît que ces deux outils ont bien été conçus pour les enfants et qu’ils sont bien à leur portée, au moins en théorie. Dans la pratique, il semble difficile d’envisager un tel concours dans nos pays développés où le mieux que l’on puisse envisager, dans le cadre d’un concours analogue (voir, pour la France, le « Programme prévisionnel des actions éducatives 2009-2010« , paru au Bulletin officiel n° 31 du 27 août 2009), serait de demander aux participants de réaliser sur papier (donc « comme au bon vieux temps ») des dessins sur un thème donné et de les envoyer par voie postale aux organisateurs. Comment donc ce qui est impensable ici est-il faisable en Uruguay ? Et qui est désormais du « bon » côté du fossé numérique ?

L’inclusion numérique en action

Pour qu’un tel concours soit envisageable, il apparaît nécessaire qu’il soit réalisé dans un contexte favorable ! C’est l’impression qui se dégage des observations que nous pouvons faire :

  • Une politique coordonnée d’alphabétisation numérique, à destination des élèves de l’enseignement primaire des établissements publics et – dans une moindre mesure – privés, avec le Plan CEIBAL.
  • Un programme diversifié de formation des enseignants, selon différentes modalités (tutoriaux, formations présentielles, à distance, de niveau débutant et avancé), organisées par les différents « RAP Ceibal« , le réseau de soutien au Plan Ceibal, les centres de technologie éducative (ou CTE), par exemple le Centro de Tecnología Educativa de Tacuarembó), etc.
  • Des activités en classe faisant appel à ces outils didactiques, comme les propositions d’activités avec le XO, élaborées par des enseignantes de Canelones (voir Variations telluriques à Canelones). Des animations réalisées avec Scratch par les élèves de Bella Unión illustrent par ailleurs ce que l’on peut s’attendre à voir.

Réalisation Scratch, élève de Bella Unión

La planète Scratch

La promesse selon laquelle le projet CEIBAL donnerait aux élèves du pays des perspectives de réduction du fossé numérique et d’inclusion numérique n’est pas vaine, puisqu’ils sont désormais en mesure d’échanger d’égal à égal avec les jeunes créateurs Scratch appartenant à une communauté internationale à laquelle on doit déjà près d’un million de projets (projets Scratch) de par le monde.

Quant à l’environnement Etoys, il n’est pas en reste puisque l’on trouve également de nombreux projets, comme ceux recueillis par EtoysIllinois.

Par ailleurs, la créativité ne se limite pas à la programmation d’animations, puisque l’on peut utiliser des périphériques matériels, tels que la carte PicoBoard, pour des tâches plus « hardware ».

Et pour nous ?

Pour nous qui pensions être du « bon » côté de la fracture numérique, il y a là de quoi se réconcilier avec la programmation, si l’on en croit l’article « Scratch: un langage de programmation interdit aux grands » car tout cela ne vaut certainement pas que pour les élèves uruguayens ! A bon entendeur, « Scratch the planet » ! Aurons-nous la chance d’assister ici aussi à une telle profusion de créativité ? Plus proche de chez nous, peut-être le salon Intertice, sur les usages pédagogiques du numérique, sera-t-il l’occasion de découvrir des choses intéressantes dans ce domaine ? Il n’est pas interdit d’espérer !

Uruguay : publication de rapports sur le Plan Ceibal

5 mai 2010

Le rapport final de l’étude sur le fonctionnement et les retombées du « Plan Ceibal« , le déploiement OLPC en Uruguay, vient d’être publié.

Ce document a été élaboré dans le cadre du projet « Flor de Ceibo« , piloté par l’ « Université de la République » (Universidad de la República) à Montevideo, en partenariat avec le Plan Ceibal. En 2009, 345 étudiants universitaires et 40 enseignants de disciplines diverses ont travaillé dans les écoles et les communautés dans l’ensemble du pays dans différentes activités de sensibilisation, utilisation du XO, production de contenus et appropriation de l’outil informatique au profit de la communauté.

Le rapport de 140 pages est téléchargeable sous le lien suivant :

Informe Flor de Ceibo 2009

Un extrait du document (p. 136) :

FlorDeCeibo2009_136

La publication d’un autre rapport (Circular 10 Técnica) a suscité de premières réactions dans les médias, notamment sur le site indépendant d’informations « OLPC News », dans l’article (en Anglais) : First Ever Objective XO Laptop Usage Research Results.

Enfin, une évaluation (accessible sur la page Evaluación del Plan Ceibal) a été publiée par le Plan Ceibal :

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